Près du Musée-Aquarium : la Maison Universelle

Posté par admin le 23 09 2017
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Il y avait longtemps que nous ne vous avions pas raconté une histoire.
Intéressons-nous aux tribulations récentes de la Maison Universelle sise 194, boulevard de la Plage.

Site leonc.fr

Façade nord actuelle de l’immeuble

Tout près du Musée-Aquarium…
Nous ne vous raconterons pas tout son historique en détail mais nous pouvons quand même vous dire que cette villa avait été construite par Madame veuve Lallier du Coudray, sur deux terrains contigus qu’elle avait acquis en 1871 de Marie, Anne, Robert, épouse d’Adalbert, Alexandre Deganne.
D’abord villa Marie Louise elle était devenue la Maison Universelle dont un guide de 1892 disait que son stock permettait « de meubler un chalet, de quelque importance qu’il soit, dans les 24 heures ». Cliquez pour agrandir.

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Dans un commerce un stock trop important est signe d’une mauvaise gestion laquelle avait assez rapidement conduit cette Maison Universelle à la déconfiture.

On devine encore le nom « MAISON UNIVERSELLE »

Si bien qu’à l’audience des criées du 4 mars 1897 du Tribunal Civil de Bordeaux, Paul Soulié-Cottineau se rendait adjudicataire de cette maison pour un prix de 35 000 francs.
Cinq ans plus tard, le 9 mars 1902, ce nouveau propriétaire la donnait à la ville d’Arcachon « sous les diverses charges et conditions suivantes, que M. Soulié-Cottineau impose à la ville donataire ».
Voici exactement ces conditions et charges :
« 1° – L’immeuble objet de la donation portera le nom de « Maison Paul Soulié-Cottineau ».
2° – Il sera affecté autant que possible à une œoeuvre humanitaire, telle que hospitalisation de vieillards, sanatorium ou à défaut à un service public, dépendant soit de l’État, soit de l’administration municipale.
3° – Au cas où la ville recevrait une redevance quelconque pour loyers de l’administration tributaire, cette redevance serait versée au bureau de bienfaisance avec mention de la provenance du don « Soulié-Cottineau » ».
Le Conseil Municipal acceptait la donation et les affaires maritimes s’installaient dès 1905 dans la maison qu’elles louaient à la ville.
La Maison Universelle devenait l’Inscription Maritime.
Elle le restait jusqu’en 2007, soit durant plus d’un siècle.
À cette date, les Affaires Maritimes quittaient la maison on ne sait pas pour quelles raisons.

De leur plein gré où parce que la ville avait besoin d’argent et souhaitait la vendre ?
L’Inscription Maritime était vendue à Bouygues qui s’engageait dans la commercialisation d’un immeuble d’habitation en béton qu’il entendait construire en lieu et place de cette très belle maison.
Las, quelqu’un s’apercevait que compte tenu de la donation de 1902 cette vente n’était peut-être pas très régulière.
D’ailleurs elle était annulée et en compensation Bouygues était autorisé à aller bétonner du côté des rues François Dumora et François Legallais.
Ce qu’il s’empressait de faire.
« En 2010, la commune a sollicité l’accord des héritiers de Paul Soulié-Cottineau en vue de leur renonciation au bénéfice des charges et conditions stipulées, afin qu’il soit procédé à l’aliénation du bâtiment ».
La grande majorité de ces héritiers, ou peut-être même tous, ont refusé de donner cet accord.
Si bien que « par actes d’huissier datant du mois de novembre 2012, la commune d’Arcachon a fait assigner les dix-huit héritiers qui ont refusé de donner leur accord en vue d’obtenir la révision judiciaire des charges. »
Il y a des jours où l’on ne devrait pas se lever.
Et il ne faut pas réveiller le chat qui dort.
« Par jugement du 5 mai 2015, le tribunal de grande instance de Bordeaux a :
– déclaré recevable la demande de révision des charges et d’autorisation d’aliéner,
– déclaré recevable la demande reconventionnelle en révocation,
– débouté la commune d’Arcachon de sa demande,
– prononcé la révocation de la donation,
– ordonné en conséquence le retour de l’immeuble dans les mains des héritiers de Paul Soulié-Cottineau,
– condamné la commune d’Arcachon à réparer le préjudice subi par les héritiers à raison du défaut d’entretien fautif et de la dégradation de l’immeuble objet de la donation. »
La commune a fait appel.
C’est le contribuable qui paie les honoraires des avocats.
La Cour d’Appel de Bordeaux a rendu son arrêt le 28 mars 2017 dans lequel elle confirme le premier jugement en toutes ses dispositions…
Et condamne la commune d’Arcachon aux dépens de la procédure d’appel.
Non pas sans avoir fait remarquer au préalable « qu’en l’espèce, la commune admet ne jamais avoir exécuté la première et la troisième condition puisqu’elle estime constant et non contesté que l’immeuble n’a jamais porté le nom Paul Soulié-Cottineau et qu’il est constant et non contesté que la redevance qui a été versée par les Affaires Maritimes n’a pas davantage porté la mention de la provenance du don. »
Voilà comment nous autres, contribuables arcachonnais, avons perdu la propriété de cette maison.
Par l’appât du gain de l’équipe municipale en place.
Mais ce n’est pas fini.
Cette maison est remarquable par son architecture et à l’évidence elle appartient à part entière au patrimoine architectural de notre ville.
Mais curieusement, nos édiles et les divers architectes qui s’occupent de la préservation de celui-ci n’ont pas jugé bon de la classer ERB (Elément Remarquable du Bâti).
Sans doute parce que quand on veut tuer son chien on l’accuse de la rage.
Il faut espérer que maintenant des associations vont prendre sa défense.
Nous vous avons raconté cette histoire pour nous rembourser de tous les efforts que nous avons dû faire depuis plusieurs années pour savoir ce qui se passait autour de cette maison qui était bien curieusement abandonnée.
Elle est néanmoins classée dans la zone UD, la même que celle qui englobe notre Musée-Aquarium. Cliquez pour agrandir.

La Mairie d’Arcachon pratique, en effet, la rétention d’informations systématique comme stratégie de communication.
Et le journal SudOuest, pour ne pas être en reste, lui emboîte le pas.
Si bien que nous ne savons pas grand-chose de ce qui se passe dans notre ville.
Mais peut-être que les Arcachonnais ne sont pas curieux de nature.
Il ne nous semble pas, par exemple, qu’il y en ait beaucoup qui s’interrogent comme nous pour essayer de savoir pourquoi on a été obligé d’occulter toutes les fenêtres de deux façades sur quatre de l’ancienne maison des associations, sur le cours Tartas.
Pour échapper à l’impôt sur les portes et fenêtres ?
Mais celui-ci a été supprimé en 1926.
Sans doute une nouvelle méthode d’isolation thermique encore plus efficace que le double vitrage ?
Nous hésitons encore à l’appliquer sur nos propre maison.
Affaire à suivre…
Voici quelques photos actuelles de cet intéressant bâtiment arcachonnais. Cliquez pour agrandir.

Façades ouest et sud

Détail du mur ouest

Linteau sur le mur ouest

L’immeuble est situé au n° 194 boulevard de la Plage

Le portail d’accès

Détail du linteau au-dessus de l’entrée principale

L’entrée principale

Un des linteaux de la façade nord.

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23Sep

Le bassin du Musée-Aquarium d’Arcachon

Posté par admin le 20 09 2017
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Notre Piéton est passé près du Musée-Aquarium du Bassin… Pardon… nous voulions écrire… prés du bassin du Musée-Aquarium. Après réflexion, les deux formulations sont valables. À vous de choisir.

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20Sep

Miscellanées estivales (1)

Posté par admin le 17 09 2017
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La Synagogue rénovée (Cliquez sur la photo pou l'agrandir)

La Synagogue rénovée (Cliquez sur la photo pour l’agrandir)

Chapelle de la villa algerienne - Photo Marion B. (1) (Cliquez sur la photo pour l'agrandir)

Chapelle de la villa algérienne – Photo Marion B. (1) (Cliquez sur la photo pour l’agrandir)

La Synagogue, la Chapelle et le Musée-Aquarium : même combat !!

Arcachon est trop jeune pour posséder de nombreux monuments historiques. Peut-être deux ou trois. Il y a par exemple la villa Teresa, en Ville d’Hiver et aussi la Synagogue dans l’avenue Gambetta.

La Synagogue qui a justement fait l’objet d’une restauration complète qui l’a rendue magnifique.
Elle fait le pendant avec la Chapelle de la Villa Algérienne, qui de l’autre côté du Bassin a bénéficié du même traitement et qui est aujourd’hui véritablement somptueuse.

On peut rêver qu’un jour notre Musée-Aquarium retrouve lui-aussi son lustre d’antan et ne fasse plus pâle figure au milieu de ces lieux de culte tout pimpants.

Que ce serait-il passé si nos décideurs, jamais avares de bévues, avaient décidé qu’il n’y avait pas de meilleur endroit pour implanter le nouveau Pôle Océanographique Aquitain que le terrain de la Synagogue ou bien celui de la Chapelle de la Villa Algérienne ?
Opération nécessitant, dans les deux cas, la destruction de ces lieux de cultes alors en bien triste état.
Vous imaginez les cris d’orfraie que l’on aurait entendus, ici et là, pour vilipender cette atteinte intolérable à la liberté de culte.

Le Musée-Aquarium d’Arcachon est pourtant aussi un lieu de culte voué, lui, à la Science.
La Science vecteur du progrès, valeur de la République.
On nous rebat assez les oreilles avec le caractère laïc de cette République.
Alors qu’en vérité pour qu’elle soit aussi laïque qu’elle le prétend faudrait-il encore que le projet de démolition du Musée-Aquarium d’Arcachon fasse autant de vagues qu’aurait faites la démolition de la Synagogue ou de la Chapelle de l’Herbe.

On est encore loin du compte…

Le Musée-Aquarium, au début du 20e siècle (Cliquez sur la carte postale pour l'agrandir)

Le Musée-Aquarium, au début du 20e siècle (Cliquez sur la carte postale pour l’agrandir)

1) –  Photo Marion B. Cette photo de la chapelle de la Villa Algérienne provient du site de Marions B. , une merveille : https://ducoteduteich.com/. Merci à son auteur de nous avoir permis de la reproduire.

17Sep

Ernest Esclangon à la Société scientifique d’Arcachon

Posté par admin le 14 09 2017
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Combien d’Arcachonnais savent que l’inventeur de l’horloge parlante a été fidèle pendant si longtemps à cette Société scientifique d’Arcachon dont on veut aujourd’hui démolir les murs ?

Ernest Esclangon est un savant bien atypique qui aura été membre de la Société Scientifique d’Arcachon depuis le 17 juin 1906, il a alors 30 ans, et où il avait sans doute été intronisé par son ami le docteur bordelais Jean Sellier, jusqu’à sa mort intervenue en 1954.

Pour mieux le découvrir, écoutons ce qu’en disait le Docteur Georges Fleury lors de l’assemblée du 27 février 1955 de cette société savante :

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14Sep

1866 – Visite à l’Exposition Internationale de Pêche et d’Aquiculture d’Arcachon

Posté par admin le 12 09 2017
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Oscar Comettant (Wikipédia)

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Cette visite nous est proposée par Oscar Comettant, journaliste au Siècle. Né à Bordeaux en 1819, attiré par la composition musicale, il entre au Conservatoire de Paris en 1839. À 33 ans, il accompagne son épouse cantatrice de renom pour une longue tournée aux Amériques. A son retour, il publie Trois ans aux États-Unis, étude des mœurs et des coutumes américaines. Devenu critique musical au Siècle, il poursuit parallèlement sa carrière de musicien, composant plus de cent cinquante morceaux de musique, surtout pour piano, qu’il joue lui-même en concert. Il était lié d’amitié avec, entre autres, Charles Gounod.

Lire sur Wikipédia

En Vacances

 

 

 

 

 

 

À l’été 1862, il vient « villégiaturer » à Arcachon et en 1864, il publie un nouvel ouvrage dans lequel il est beaucoup question de notre ville et sur la couverture duquel apparaît une gravure stylisée la montrant. Cette gravure est reprise, en un plus grand format, dans le livre et bien sûr le Musée-Aquarium qui n’avait pas encore été édifié n’y apparaît pas.

Ce livre lui valait, dans le Moniteur universel, une critique particulièrement élogieuse qui débordait vers une description dithyrambique de notre ville, dont nous avons tiré ces quelques lignes.

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12Sep