L’aquarium en 1872
Cette photo légendée La plage à l’aquarium date de 1872. Il est probable qu’elle ait été prise par le photographe bordelais E. Derode, dont Pierre Bardou nous dit, dans son ouvrage Photographes en Gironde, qu’il aurait officié de 1842 à 1873.
On remarque tout de suite l’absence du débarcadère d’Eyrac que l’ingénieur des Ponts-et-Chaussées, Jean-Charles Alphand, avait construit au début des années 1840.
L’âge et les tempêtes avaient fini par avoir raison de lui et les hostilités de 1870 auront sans doute empêché que sa reconstruction soit considérée comme une priorité. Celle-ci sera toutefois évoquée lors de la réunion du Conseil Municipal du 9 décembre 1871 à l’occasion de la présentation des plans d’un nouveau débarcadère d’Eyrac qui allait venir en remplacement de l’ancien.
Le château Deganne est encore dépourvu de son mirador central.
L’Aquarium, au milieu de la photo, est dans sa configuration d’origine. Un important bâtiment, assez haut, comportant un rez-de-chaussée surélevé surmonté d’un premier étage, édifié selon un axe perpendiculaire à la plage et flanqué sur sa façade côté mer, de deux longs hangars, plus bas, à couple et parallèles au rivage.
Le plus en avant possède en son centre un pavillon perpendiculaire élevé d’un étage.
Cette photo montre le cadre exact dans lequel s’était tenue, six ans auparavant, l’Exposition internationale de pêche et d’aquiculture d’Arcachon.
Un premier agrandissement de la photo laisse voir que toutes les ouvertures sont closes.
Le pignon le plus proche de la mer porte une grande inscription signalant la présence d’un aquarium.
Un autre agrandissement permet une meilleure appréhension du bâtiment le plus proche de la mer, tout en long, avec son pavillon central.
C’est celui-ci qui fera l’objet d’une reconstruction, en dur, à partir des années 1880.
Les finances limitées de la Société Scientifique obligeront celle-ci à procéder par étape. En 1884, le pavillon occidental et le premier tiers du pavillon central sont construits. Il faudra attendre 1902 pour que les travaux reprennnent. Ils permettront de finir le pavillon central doté d’un premier étage et de construire le pavillon oriental à l’identique de l’occidental.
Pour obtenir finalement un bâtiment en dur tout à fait semblable dans son emplacement et ses mesures à celui en bois, édifié en 1866.
Et enfin en 1952, les deux pavillons d’aile seront surélevés d’un étage pour donner ce joli bâtiment que l’on appelle la Station Marine.
En 2004, le Président d’alors de la Société Scientifique avait fait une démarche auprès de l’autorité compétente pour demander le classement de la façade de cette Station Marine. Une première fois le dossier se serait perdu et la seconde le classement sera refusé au motif d’un manque d’homogénéité. Effectivement, le bâtiment a été construit en plusieurs fois.
Ce qui n’est pas le cas, bien sûr, de l’ensemble de nos plus prestigieux monuments historiques. Comme par exemple, le château de Blois qui affiche une parfaite homogénéité pour avoir été construit tout en une seule fois…


