Le Musée-Aquarium d’Arcachon au travers des guides touristiques

Posté par admin le 08 01 2010
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Très souvent, c’est en lisant ces guides que les touristes en villégiature à Arcachon découvraient l’existence du Musée-Aquarium auquel ils réservaient une visite, traditionnellement lors d’un jour de pluie.

Le plus ancien guide à traiter du Musée-Aquarium a été publié l’année même où celui-ci a été ouvert au public, en 1867. Il est dû à Oscar Dejean, qui était membre de la Société Scientifique sous le n° 26.

Très curieusement, cet Oscar Dejean est manifestement boudé par les historiens locaux qui ne se sont guère étendus sur son histoire.

Jacques Ragot l’avait rapidement présenté dans une conférence prononcée en novembre 1980 à l’occasion du centenaire de la mort d’Alphonse Lamarque de Plaisance :

OSCAR DEJEAN

Le 30 Juillet 1848, aux élections municipales qui suivirent les élections législatives du 23 Avril, Oscar Dejean fut élu conseiller municipal de La Teste. Le 12 Août, les maires ne devant plus être nommés mais élus, il est choisi par ses collègues pour diriger la municipalité. En Avril 1852, nommé juge de paix de Pessac, il donne sa démission de maire de La Teste mais reste conseiller municipal.

Oscar Dejean fait toujours partie du Conseil Municipal quand, en 1852, Lamarque de Plaisance est nommé maire de La Teste ; il y est toujours quand, le 8 Mai 1856, le conseil municipal, par 13 voix contre 11, vote la séparation de la section d’Arcachon d’avec celle de la Teste. Il suivra Lamarque de Plaisance à Arcachon et fera partie du premier conseil municipal de la nouvelle commune.

En 1858 il fait paraître «Arcachon et ses environs», ouvrage de 223 pages, écrites à la gloire des bains de mer d’Arcachon qui ne sont « ni Ostende, ni les Sables-d’Olonne, ni Boulogne, ni Dieppe… prétendus lieux de plaisir. Arcachon est une sorte d’Océanie française. C’est Tahiti à quelques kilomètres de Bordeaux, la vie sauvage à portée de fusil du foyer de la civilisation. »

Maire de La Teste, pendant le choléra, il fit preuve d’un tel courage et d’un tel dévouement que le Conseil Municipal lui vota un témoignage de reconnaissance.

L’abbé Mouls ne l’aimait pas et dit à son sujet dans sa « Simple Note » : « On a voulu se rendre maître, même de mon église. On a voulu me ravir le mérite de la construction de l’église et du clocher d’Arcachon et me déshonorer dans cette œuvre capitale. Maîtresse au sein du conseil de fabrique et dans mon église, l’administration de la commune a placé à la tête de mon conseil d’administration, en qualité de président, M. Oscar Dejean, que tout le monde regarde comme mon ennemi juré et la cause des déplorables divisions d’Arcachon ».

Le vicomte Héricart de Thury est du même avis. Quand il a succédé à Lamarque de Plaisance, il a trouvé Oscar Dejean, directeur des Services Municipaux, et préposé en chef de l’octroi : « Cette magnifique position, écrit Héricart de Thury au préfet, le 25 Septembre 1865, n’a pu modifier le caractère despotique de M. Dejean, l’empêcher de créer de nombreuses difficultés à M. Lamarque de Plaisance malgré tout le dévouement qu’il lui portait. Ainsi il l’a mis mal avec l’autorité ecclésiastique. Il l’a même amené à froisser les intérêts de la Compagnie du Midi. Il a rendu mauvaises les relations entre le maire et M. Pereire. Il a enlevé au maire sa popularité. Enfin il a si mal dirigé les choses qu’aux dernières élections municipales, par suite des funestes conseils qu’il donnait, M. Lamarque de Plaisance s’étant refusé à toute espèce de conciliation, son adjoint et tous les Conseillers municipaux dont il était la personnification, ont été, sans exception, laissés de côté par la population ».

De Thury demandait la révocation d’Oscar Dejean comme préposé en chef de l’octroi d’Arcachon et son éloignement loin de cette ville.

En fait Oscar Dejean démissionnera de toutes ses fonctions, ainsi qu’il est rapporté dans le procès verbal de la séance du Conseil Municipal du 11 Novembre 1865.

Ce même Jacques Ragot précisera plus tard en avant-propos d’une réédition d’Arcachon et ses Environs qu’Oscar Dejean « appartenait à une famille de marchands et de négociants connue à La Teste-de-Buch depuis le XVIIe siècle, dont un membre, Pierre Dejean, joua un rôle important dans la fixation des dunes mobiles comme directeur des semis. »

Ce Pierre Dejean (28/08/1775-19/05/1845) avait épousé Marie Peyjehan (01/11/1780-06/05/1864) qui était la fille de Jean-Baptiste Peyjehan (13/01/1753-12/12/1803) que l’on voit fixer les dunes au côté de Nicolas Brémontier.

Il avait eu un fils, Jean-Baptiste Dejean, qui était le père de Pierre Dejean dit Alfred-Dejean qui a laissé son nom à une rue d’Arcachon.

Alfred-Dejean était né en 1827 et François, Oscar, Dejean, en 1818. Étaient-ils frères ?

Oscar Dejean, maire de la Teste de Buch de 1848 à 1850, s’installe par la suite à Arcachon au 103 du cours Sainte-Anne où il est dit propriétaire.

En 1856, chez Chaumas à Bordeaux, il propose un très sérieux Traité théorique et pratique de l’action rédhibitoire dans le commerce des animaux domestiques, contenant la législation, la doctrine et la jurisprudence sur la matière qui fera référence si l’on en croit ses nombreuses rééditions, pas moins de quatre.

En 1858, encore chez Chaumas à Bordeaux mais aussi chez Dentu à Paris, il publie cet important guide intitulé Arcachon et ses environs qui sera beaucoup utilisé par la suite par les historiens compte tenu de sa proximité avec la création de la ville d’Arcachon.

D’ailleurs, dans la préface de la réédition proposée par les éditions Esmeralda en 1983, Jacques Ragot écrira qu’il s’agit du plus ancien guide portant le nom d’Arcachon. A tort, puisque F. Gufflet avait déjà publié à l’imprimerie de J. Delmas, à Bordeaux, en 1855, son Guide du Voyageur à Arcachon.

De toute façon, ce premier guide d’Oscar Dejean ne pouvait pas parler d’un Musée-Aquarium qui n’existait pas encore.

En 1861, Oscar Dejean est l’auteur d’un Code annoté des sociétés de secours mutuels, recueil complet de la législation et de la jurisprudence qui régissent ces associations dans l’Empire français.

Il nous faudra attendre, pour satisfaire notre curiosité au sujet du Musée-Aquarium, la seconde édition de son guide, parue cette fois chez Féret à Bordeaux, en 1867, avec comme sous titre : Monographie Historique.

Elle est beaucoup plus rare que la première et personne ne semble s’y être référé.

L’auteur se présente, sur la page de titre, comme l’ancien maire de La Teste mais aussi comme membre de la Société Scientifique d’Arcachon.

Le dernier chapitre, le chapitre X, de cette nouvelle édition nous raconte la création de cette Société Scientifique et la tenue de l’Exposition Internationale de pêche et d’aquiculture d’Arcachon que celle-ci avait organisée en 1866.

Oscar Dejean en fait dix pages dans lesquelles il réussit à ne jamais citer le nom de Paul Lacoin, pourtant directeur officiel de cette exposition internationale.

Peut-être avons-nous surestimé, dans une communication précédente, le rôle réel joué par ce jeune ingénieur agronome, gendre d’Élisa de Vilmorin ?

Désigné directeur de cette exposition dès le mois d’août 1865, il propose, pour se faire aider, en février de l’année suivante, de nommer un Commissaire Général. Il suggère même le nom d’un certain Salomon, pas même adhérent à la Société, qui d’ailleurs déclinera l’offre.

Par la même occasion et pour le remplacer lors de ses très fréquents déplacements vers la capitale, il fait nommer deux directeurs adjoints. Oscar Dejean qu’il présente lui-même et Alexandre Lafont. Ce dernier ayant la lourde responsabilité de remplacer le directeur lors de ses nombreuses absences.

Oscar Dejean n’avait donc, semble-t-il, aucune raison de taire le nom de Paul Lacoin dans son guide. D’autant plus que si ce Paul Lacoin se présente, le 9 février 1864 à la mairie d’Arcachon pour déclarer la naissance de sa première fille, accompagné, à titre de témoins, du docteur Gustave Hameau et du curé Xavier Mouls, le 3 mars de l’année suivante, quand il revient faire la même démarche pour déclarer la naissance de son fils, c’est de Gustave Hameau et d’Oscar Dejean, cette fois, qu’il est accompagné pour servir de témoins.

En février 1864, Xavier Mouls soutenait l’action d’Alphonse Lamarque de Plaisance à la mairie d’Arcachon. L’année suivante, il avait changé d’avis et Paul Lacoin de témoin.

Ce qui nous permet de penser que Paul Lacoin était un fervent partisan d’Alphonse Lamarque de Plaisance.

Voici le texte d’Oscar Dejean :

Arcachon et ses environs

Arcachon et ses environs

CHAPITRE X.

Histoire naturelle. – Société scientifique

d’Arcachon.

Si les alentours du bassin d’Arcachon n’offrent rien de très curieux aux archéologues ni aux antiquaires, les amateurs d’histoire naturelle pourront du moins y faire d’amples et riches moissons.

Tous les embranchements du règne animal : vertébrés, articulés, mollusques, rayonnés et protozoaires, offrent ici aux zoologistes des sujets rares et nombreux. Le règne végétal n’est pas moins fertile, et on chercherait vainement dans d’autres parties de la France des plantes que ce pays fournit abondamment ; nous citerons notamment la Lobelia Dortmanna et l’Erica polytrichifolia, qui sont très communes, la première au bord de l’étang de Cazeaux, et la seconde dans les marais de Braouet et la Grande-Forêt. Le règne minéral est beaucoup moins riche ; néanmoins le pays offre aux minéralogistes et aux géologues de sérieux objets d’études.

Le cadre de cet ouvrage ne nous permet pas d’entrer dans des détails, qui rempliraient facilement un gros volume. Une semblable mission incombe d’ailleurs tout naturellement à la Société scientifique d’Arcachon, dans le sein de laquelle sont des hommes spéciaux, qui s’acquitteront certainement, avant peu, de cette tâche avec autant de zèle que d’autorité.

On peut, en attendant, consulter avec fruit la Statistique de la Gironde, de Jouannet ; la Promenade sur les côtes de Gascogne, du docteur Thore ; la Flore de la Gironde, de Laterrade père ; les Actes de la Société Linnéenne de Bordeaux, qui contiennent notamment la Faune conchyliologique marine du département de la Gironde (1865), par M. le docteur Fischer, membre honoraire de la Société scientifique d’Arcachon, et le Catalogue des plantes phanérogames et cryptogames qui croissent spontanément aux environs de La Teste de Buch, publié, en 1844, par M. A. Chantelat, pharmacien à La Teste et plus tard à Gujan, savant modeste, au cœur franc et généreux, qu’une mort prématurée a enlevé à la vive affection de sa famille et à notre sincère amitié.

De tout temps le bassin d’Arcachon, les landes, les dunes, les étangs d’eau douce et les forêts qui l’avoisinent ont été un sujet d’études et de curiosité ; mais il manquait un centre d’observations permanentes, un noyau d’hommes sérieux, de chercheurs patients, d’amateurs dévoués, qui voulussent bien consacrer à des recherches scientifiques leur intelligence et leurs loisirs. Le développement d’Arcachon a rendu la chose possible. A l’élite des habitants de la localité sont venues se joindre quelques personnes distinguées des communes environnantes, de Bordeaux, de Paris, etc., et une association, assez nombreuse maintenant pour offrir des garanties réelles de succès, a été formée.

La Société scientifique d’Arcachon date du mois d’août 1863. Sa première année d’existence n’a été, en quelque sorte, qu’une période préparatoire, et sa vie scientifique n’a réellement commencé que vers la fin de 1864. A cette époque, pénétrée de l’importance qu’il y a pour le pays à constater d’une manière exacte et permanente les conditions atmosphériques de cette station médicale, la Société a établi, dans la forêt, un observatoire météorologique pourvu des instruments nécessaires, tels que baromètre, thermomètre centigrade, à dixièmes, à maxima et à minima, hygromètre, ozonomètre, pluviomètre, etc. Tous ces instruments ont été soigneusement étalonnés sur ceux de l’observatoire de Paris ; les chiffres qu’ils indiquent sont exactement recueillis deux fois par jour, et, à la fin de chaque mois, le tableau détaillé de ces observations et des moyennes qu’elles produisent est adressé à M. le sénateur Leverrier, directeur de l’Observatoire Impérial de Paris, et aux deux journaux de médecine de Bordeaux, dans lesquels il est régulièrement publié.

Ce fut également dans les derniers mois de l’année 1864, que quelques membres de la Société scientifique eurent l’idée d’organiser une Exposition de pêche et d’aquiculture ; ils s’occupèrent, avec autant d’intelligence que d’activité, de jeter les bases de ce hardi projet, qui fut communiqué à la Société, en assemblée générale, le 15 janvier 1865, et adopté à l’unanimité. Une œuvre aussi utile devait naturellement obtenir les plus hautes sympathies ; aussi prit-elle rapidement une extension que ses promoteurs eux-mêmes étaient loin de prévoir.

Pour aider et éclairer le Comité administratif, qui avait été institué à Arcachon et auquel appartenait la direction de l’entreprise, des Comités consultatifs, composés d’hommes éminents dans la science, la marine, le commerce, l’administration, furent créés à Paris, à Bordeaux, à Marseille, à Bayonne, à Nantes, à Brest, au Havre, à Dunkerque, à Besançon et à Montauban. M. le comte de Bouville, préfet de la Gironde, qui avait été le premier à reconnaître l’importance du projet d’Exposition et à lui accorder un ferme et gracieux appui, fut nommé président de la Commission générale, comprenant tous les Comités réunis.

LL. EExc. les Ministres de la Marine et des colonies, de l’Agriculture, du commerce et des travaux publics, et des Affaires étrangères acceptèrent, le premier, la présidence d’honneur de la Commission générale, et, les deux autres, celle du Jury des récompenses.

Enfin, S. M. l’Empereur daigna permettre que l’Exposition, qui de simple concours régional était devenue une Exposition internationale, fut placée sous son auguste patronage.

Les puissances étrangères s’empressèrent également de répondre à l’appel qui leur avait été fait par la voie diplomatique ; des Commissaires généraux spéciaux furent désignés par les Gouvernements de la Grande-Bretagne, des Pays-Bas, de la Belgique, de l’Espagne, de la Suède et la Norvège, etc.

Ce fut dans ces conditions, – on ne peut plus favorables, – de patronage et de concours que la Société scientifique entreprit, avec un courageux dévouement, et qu’elle poursuivit avec énergie la tâche qu’elle s’était imposée.

Le succès fut complet. Six cent soixante-quinze exposants apportèrent leurs produits, leurs instruments et leurs écrits, qui furent divisés en vingt-deux classes, et rangés, avec beaucoup d’ordre et de soin, dans un vaste local construit sur l’esplanade du débarcadère, mise à la disposition de la Société par l’Administration des ponts-et-chaussées. Enfin, pour mettre sous les yeux de ses visiteurs le monde de la mer vivant, la Société scientifique voulut elle-même leur offrir, dans un vaste Aquarium et sept grands bassins, la meilleure manière de connaitre les innombrables espèces de poissons, de crustacés, de mollusques, de polypes, etc., etc., que les eaux salées et les eaux douces renferment dans leur sein ; d’en étudier les mœurs, les habitudes, les conditions d’existence, et d’élargir ainsi, par des observations exactes, le cercle des connaissances humaines, en même temps que les moyens de pourvoir plus largement à l’alimentation publique.

Ouverte le 2 juillet 1866, sous la présidence de M. le baron Travot, député, et de M. le comte de Bouville, préfet de la Gironde, l’Exposition internationale d’Arcachon, qui devait être close à la fin de septembre, dut être prolongée jusqu’au 31 octobre ; elle a ainsi duré quatre mois au lieu de trois. La distribution des récompenses, présidée par M. Hubert-Delisle, sénateur, eut lieu le dimanche, 21 octobre 1866, dans la salle du Casino. La France, les Pays-Bas, la Belgique, la Grande-Bretagne, l’Espagne, la Suède et la Norvège, la Confédération germanique, l’Autriche et la Turquie eurent chacune leur part de ces récompenses, au nombre de deux cent cinquante-trois et consistant en 31 diplômes d’honneur, 15 médailles d’or, 84 médailles d’argent, 76 médailles de bronze et 47 mentions honorables.

L’Exposition avait admirablement réussi ; c’était la première fois que l’Industrie des eaux avait été, en France, l’objet d’une exhibition spéciale, et ce coup d’essai avait été un coup de maître. La Société scientifique d’Arcachon aurait donc pu se contenter de ce succès et ne pas se livrer à de nouveaux hasards. Mais, ardente et ambitieuse comme tout ce qu’anime la vigueur de la jeunesse et l’amour du bien public, elle voulut tout de suite acquérir de nouveaux titres à la reconnaissance du pays. Son Exposition n’était pas encore terminée, que déjà quelques-uns de ses membres étudiaient les moyens de conserver l’Aquarium et les bassins, en y ajoutant un laboratoire ; de former un musée à la fois scientifique et pratique, et une bibliothèque d’ouvrages spéciaux.

Bien que les résultats financiers de l’Exposition ne fussent pas entièrement satisfaisants, et que des appuis sur lesquels la Société avait le droit de compter lui fissent défaut, elle poursuivit audacieusement son entreprise, et, le 3 février 1867, l’Assemblée générale adopta les nouveaux projets qui lui furent présentés ; elle vota, le même jour, un emprunt de 45,000 francs, révisa ses statuts, et procéda au renouvellement du Conseil d’administration, qui est, depuis lors, composé comme suit :

Président : M. le docteur G. HAMEAU, médecin-inspecteur des bains de mer, à Arcachon ;

1er Vice-président: M. LAMARQUE DE PLAISANCE, membre du Conseil général de la Gironde ;

2e Vice-Président : M. E. MÉRAN, juge de paix, à La Teste ;

Secrétaire-général : M. Oscar DEJEAN, ancien magistrat, président de la Société Saint-Joseph, à Arcachon ;

1er Secrétaire : M. le docteur ROUGIER, médecin, à Arcachon ;

2e Secrétaire : M. O. MOUREAU fils, négociant, à La Teste ;

Trésorier : M. DMOKOWSKI, conducteur des ponts et chaussées, à Arcachon ;

Vice-Trésorier : M. C. CASPARY, négociant, à Bordeaux ;

Conservateur : M. P. FILLIOUX, pharmacien, à Arcachon.

D’après ses statuts, la Société scientifique a pour but : 1° l’étude et la propagation des sciences ; – 2° la recherche et la conservation des monuments et antiquités qui se rattachent à l’histoire de la contrée, – 3° la création et l’entretien d’un musée d’histoire naturelle, de pêche, d’aquiculture et d’archéologie, d’une bibliothèque spéciale, d’un Aquarium et de bassins destinés à des expériences physiologiques et aquicoles ; – 4° la fondation de conférences et de cours publics spéciaux.

Elle compte actuellement soixante-treize membres titulaires et quatorze membres honoraires, tant en France qu’à l’étranger.

Le Musée, la Bibliothèque et l’Aquarium, établis sur l’esplanade du débarcadère, à la place qu’occupait l’Exposition, sont ouverts depuis le dimanche 14 juillet 1867. Le laboratoire est également installé ; comme toutes les collections de la Société, il est mis à la disposition des personnes qui veulent faire des études spéciales, ou se livrer à des expériences physiologiques ou aquicoles.

Nous n’insisterons pas sur l’utilité des résultats que l’Aquarium de la Société scientifique d`Arcachon est appelé a produire, maintenant que, son existence permanente étant assurée, il est devenu le centre d’un établissement d’études qui n’a pas son pareil en France ; et nous nous bornons à rappeler, en terminant, ce que disait, à ce sujet, dans un de ses lumineux rapports, le jury de l’Exposition de 1866 : (1) « Là, et là seulement, le zoologiste, observant les animaux marins, vivants et libres, pourra se faire une idée exacte de leur apparence extérieure, étudier leurs allures, leurs instincts, leurs guerres et leurs amours ; là, et là seulement, le physiologiste, recherchant les fonctions de leurs organes et les conditions de leur existence, pourra établir fructueusement ses expériences et forcer la vie à lui révéler les secrets de la vie ; là, et là seulement, l’embryologiste, suivant pendant des mois et des années l’évolution des êtres, pourra découvrir la série des modifications morphologiques, parfois si étranges, qu’ils subissent dans le cours de leur existence, métamorphoses que la science, il y a vingt ans, soupçonnait à peine, et dont la connaissance sape aujourd’hui sur tant de points l’édifice des vieilles classifications… – Et, comme toute bonne pratique doit procéder de la science, l’aquiculture, à qui sera ainsi enseignée l’histoire complète des habitants des eaux, pourra, grâce à elle, éviter de dispendieux essais, trop souvent infructueux. »


(1) Rapport de M. le docteur Bert, professeur à la Faculté des sciences de Bordeaux.

08Jan

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