L’aquarium où l’on aime les sciences
« L’aquarium où l’on aime les sciences » est le titre d’un article publié dans l’Arcachon-Magazine de 2002. Son auteur, Carine Arribeux, nous a aimablement autorisés à le reprendre ici, sur notre site, ce dont nous la remercions très chaleureusement.
Comme vous pourrez le voir, cet article est sous-titré : « Comment, à l’abri de ses modestes bâtiments arcachonnais, l’un des plus anciens aquariums du monde a entrepris, pendant près d’un siècle et demi, de savantes recherches en biologie marine… »
L’un des plus anciens aquariums du monde…
Déjà dans un « Guide-excursions » d’Arcachon publié en 1948, le docteur Georges Fleury alors président de la Société Scientifique et le professeur Robert Weill, directeur de la station biologique, écrivaient :
« La Station Biologique d’Arcachon, fondée en 1867, est, après celle que le Collège de France possède à Concarneau depuis 1859, la plus ancienne non seulement de France, mais du monde. Elle est en outre, en France, la seule organisation de ce genre qui n’appartienne pas à une administration d’Etat : le mérite de l’avoir créée, développée, et entretenue, non sans peine ni difficultés, revient à une association locale privée, la Société Scientifique d’Arcachon, fondée en 1863 et reconnue d’utilité publique en 1924. […]
Elle s’efforce de rester fidèle à son passé et à sa mission désintéressée[1]. »
Nous voudrions profiter de l’occasion de la reproduction de cet article de Carine Arribeux pour lever toute éventuelle ambiguïté au sujet de l’ancienneté de l’aquarium d’Arcachon. Quand nous avons ouvert notre site, nous avons tout de suite été confrontés à la difficulté de définir cette ancienneté. Nous le savions bien sûr très vieux. Nous avons très rapidement été persuadés que c’était même l’un des plus anciens sinon le plus ancien de France.
En publiant sur notre site, un à un, tous les éléments qui racontaient son histoire, nous avons acquis la certitude qu’il s’agissait en effet du plus ancien aquarium public de France, resté dans sa configuration d’origine. Après quoi, nous avons essayé d’en trouver un, quelque part dans le monde, qui puisse se revendiquer plus ancien que le nôtre. Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire de faire le tour du monde en avion pour se lancer dans pareille recherche. Internet permet de faire la même chose, en étant certainement plus exhaustif, tout en restant assis tranquillement derrière son écran d’ordinateur.
Le problème est simple. Il a effectivement existé des aquariums publics plus anciens, pas très nombreux, il faut bien le dire. D’abord, les éphémères parce que créés dans le cadre d’une exposition. Par définition, ils ont tous disparus, à la seule exception du nôtre. Comme par exemple, celui de Bologne.
Et les autres. Tout le monde s’accorde pour considérer que le tout premier aquarium ouvert au public est celui du Regent’s Park de Londres, inauguré en 1853. Il avait été établi suivant les préceptes de Philip Henry Gosse qui préconisait de faire cohabiter les poissons avec les plantes aquatiques. Celui-ci exposait son concept, dès l’année suivante, dans son ouvrage : The Aquarium : an unveiling of the Wonders of the Deep Sea, John van Voorst, London-1854. Cet aquarium sera par la suite déménagé dans les anciens bâtiments administratifs de la ville, avant d’être supplanté, en 1871, par le Crystal Palace Aquarium qui disparaîtra à son tour.
Aux Etats-Unis en 1856, Phineas Taylor Barnum munissait d’un aquarium son American Museum de New-York. Ce même Barnum rachetait, en 1862, l’Aquarial Gardens qui avait été ouvert trois ans auparavant à Boston. Mais il le fermait l’année suivante pour le regrouper avec son installation new-yorkaise, laquelle était détruite par un incendie en 1865. Si bien que les américains devront attendre 1876 pour disposer du Great New-York Aquarium qui depuis lors a souvent été déplacé.
En 1859, Victor Coste persuadait le Collège de France de construire à Concarneau la première station de biologie marine française. Celle-ci comportait effectivement un aquarium, mais tous les bâtiments ont été entièrement reconstruits en 1967 et aujourd’hui, son aquarium est devenu un « marinarium ».
En 1861, un autre anglais, William Alford Lloyd, participait à la création du superbe aquarium, aujourd’hui disparu, du Jardin d’acclimatation du Bois-de-Boulogne.
Trois ans plus tard, fort de l’expérience acquise à Paris, ce même anglais était appelé à Hambourg où il aidait à la définition des bacs de l’aquarium de cette ville. Un aquarium que l’on disait le plus beau du monde après la mer, mais qui devait fermer en 1930, avant même les terribles destructions subies par cette ville sous les bombardements d’août 1943.
Tous ces anciens aquariums ayant disparu, nous nous autorisons donc à considérer l’aquarium d’Arcachon comme le plus ancien du monde dans sa configuration d’origine. Non seulement à le considérer, mais aussi à le prétendre, à le dire et à l’écrire.
Cela paraîtra à beaucoup une affirmation péremptoire quelque peu osée, sinon une exagération, voire même une galéjade. A ceux-là, nous les mettons au défi de nous proposer un aquarium existant qui soit plus ancien que celui d’Arcachon. Au cas improbable où ils y parviendraient, nous prenons ici l’engagement solennel de nous rendre alors sur place pour bien en vérifier la réalité.
Place maintenant à l’article de Carine Arribeux qui va nous montrer qu’en 2002, en effet, la Société Scientifique d’Arcachon restait fidèle à son passé.
Mais le reste-t-elle encore aujourd’hui ?
[1] Georges Fleury, Robert Weill, La Station Biologique et le Musée-Aquarium, in Guide-Excursions, Arcachon et ses environs, Imprimerie Talon-Vidal, Arcachon-1948, p. 36-37.
[Pour lire l'article cliquez sur les vignettes ci dessous]






Rester fidèle au passé peut également signifier rester fidèle à l’esprit novateur de nos ancêtres scientifiques arcachonnais. Ceux là n’ont jamais hésité à détruire pour reconstruire quand c’était nécessaire, même si j’imagine bien les serrements de coeur afférents à ces chamboulements. Je l’imagine d’autant mieux que, pour avoir passé des mois dans les vieux batiments de la station marine comme étudiante, m’être affairée dans le musée et dans l’aquarium, m’être remplie les narines des odeurs fortes de vieux livres, d’eau de mer et de salpètre, cette destruction programmée me touche comme si on allait toucher là à ma jeunesse. Toutefois, il est bien évident qu’il s’agit d’un mal nécessaire, les recettes de l’aquarium périclitant d’année en année, et l’université s’attachant à fabriquer un beau projet, dans lequel l’aquarium non seulement aura sa place, mais retrouvera, grâce aux efforts de tous, son lustre « moderne » qu’ont toujours voulu les précédents.
A tuer le passé d’ arcachon, la mairie va réussir a faire de cette ville un joli bloc de béton façon cote d’azur. Cette ville est belle, bien qu’on l’ai déjà défigurée… Faire disparaitre ce musée aide un peu plus a sa décapitation. Quelle dommage que la ville d’hiver soit classée, la mairie y aurait bien vu un stade de foot et quelques HLM …..