Décision négative de l’Administration

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Nous avons le regret d’informer tous nos sympathisants que la délégation permanente de la Commission Régionale du Patrimoine et des Sites que nous avions sollicitée dans le cadre de la protection de notre Musée-Aquarium aurait rendu, contre toute attente, une décision négative dans des circonstances qui ne sont pas sans nous stupéfier.

Des circonstances qui montrent qu’il s’agit bien plus d’un « arrangement entre amis » que d’une analyse objective du caractère éminemment historique de cet établissement arcachonnais. Toutes les « parties prenantes » à l’affaire, la Mairie, l’Université, la Société Scientifique, qui se sont liguées dans le même objectif de voir rapidement détruit notre Musée-Aquarium, semblent avoir reçu par courrier une annonce officielle de cette décision, quand nous, les demandeurs, sommes toujours tenus dans son ignorance.

Comme si on n’avait pas voulu les informer mais plus certainement les rassurer au plus tôt. Et ne faisant pas partie du cercle des « amis », personne n’aura songé nous faire destinataires de cette décision inique.

Laquelle reconnaît, selon les fuites qui sont parvenues jusqu’à nous, que cet aquarium est sans doute le plus ancien en activité, du monde, mais qu’il a subi en 1934 sous la direction de l’architecte Ormières un important réaménagement qui lui a fait perdre tout caractère d’authenticité. Cette perte d’authenticité ajoutée à sa soi-disant absence totale d’intérêt architectural font qu’il ne mériterait pas d’être préservé.

Alors ça, c’est un baratin que nous avons déjà entendu. De la part de ces « parties prenantes ».

On peut imaginer la scène :

« Bon, les amis, donnez-nous des arguments pour habiller notre décision de nous opposer à la préservation de cette bâtisse qui vous gêne tant. »

Dans les mœurs politiques cela s’appelle « la rédaction des éléments de langage communs » pour qu’un soir d’élection, à la télévision, tous les intervenants chantent la même chanson…

Quant à la perte d’authenticité de notre Musée-Aquarium, il est à parier qu’il n’y a pas beaucoup de membres de cette délégation permanente qui auront pris la peine de venir la constater sur place avant de soutenir pareille ânerie. Pour bien mesurer l’énormité de cette prise de position de la délégation permanente, il n’y a pas besoin d’aller bien loin. Faisons un parallèle, par exemple, avec le phare du Cap Ferret qui bénéficie, pas depuis longtemps, il est vrai, mais depuis l’année dernière, d’une protection au titre des Monuments Historiques. C’est vrai que ce n’est pas le plus ancien phare en activité du monde. Celui de Cordouan, une centaine de kilomètres plus au Nord, est plus âgé d’au moins 250 ans. Mais il est quand même très ancien, puisqu’il date de 1840.

Et s’il a été entièrement démoli par les allemands en 1944, il a été reconstruit dans les années 1946-47 en béton armé, ce qui lui permet à la fois de conserver toute son authenticité et de présenter une qualité architecturale que tout le monde s’accorde à trouver remarquable. Sans doute, n’a-t-il pas été contraint de passer par le filtre de la délégation permanente pour bénéficier de la protection des Monuments Historiques. Mais soyons sûrs qu’il aurait passé, compte tenu de toutes ses qualités, ce filtre sans le moindre encombre.

Devant une délégation permanente qui semble confondre service public avec service rendu…

Il y a encore un autre aspect de cette décision qui ne laisse pas de nous étonner.

Quand notre agriculture s’en va à vau l’eau, quand les restes de notre industrie s’étiolent un peu plus chaque jour, il ne faut pas être grand clerc pour prévoir que le tourisme a vocation à jouer un rôle économique de plus en plus important pour les générations de nos enfants et de nos petits-enfants. Ce qui fait le succès touristique de la France, c’est plus son patrimoine historique, culturel et architectural que ses paysages ou l’accueil de ses habitants. Les sites les plus visités restent dans l’ordre, la tour Eiffel, le château de Versailles et le Mont Saint-Michel.

Le touriste de demain pourra toujours trouver des plages plus exotiques que les nôtres, une mer plus bleue que la nôtre, des autochtones plus sympathiques que nous, mais il n’y a qu’à Arcachon qu’il pourra visiter le plus vieil aquarium, en service, du monde.

Quand la délégation prétend, comme elle le fait, que notre Musée-Aquarium ne mérite pas d’être conservé, elle ne fait pas qu’une faute de goût, elle se fait l’auteur d’une faute grave.

Nous allons derechef déposer un recours devant le Tribunal Administratif de Bordeaux pour tenter de la faire corriger.

Celui-ci n’est pas suspensif.

Notre Musée-Aquarium est à nouveau en danger.

Nous continuons, bien sûr, à compter sur le soutien attentif de tous nos sympathisants, ce dont nous les remercions chaleureusement.

Pour le CPDAC

Jean-Pierre Ardoin Saint Amand.

4 commentaires

  1. Il ne faut pas baisser les bras, mais là, à chaud et après avoir déploré il y a trois jours la démolition de l’ancienne poste du Teich, cette nouvelle menace m’attriste.

  2. En appeler au Ministre de la culture… Lui demander, par exemple, s’il préfère les horreurs du front de mer actuel à l’ancienne architecture rasée… Pourquoi ne pas démolir les villas de la ville d’hiver pour y installer des éoliennes ( il y a un peu de vent) ou au Pyla ou au Cap Ferret, mais non ! cela dérangerait ces Messieurs qui préfèrent mettre ces monstres (1/2 hauteur de la Tour Effel) à Lue, dans les Landes, là ou c’est presque le calme plat ! mais les Avides de subventions, eux par contre, y pullulent ! …

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