Recours devant le tribunal adminsitratif

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L’un de nos sympathisants a donc déposé un recours, devant le Tribunal Administratif de Bordeaux, contre la décision de la délégation permanente de la Commission Régionale du Patrimoine et des Sites rejetant la protection du Musée-Aquarium d’Arcachon au titre des Monuments Historiques.

Le Préfet de la Région et le Directeur Régional des Affaires Culturelles, toutes les deux d’Aquitaine, viennent d’émettre, par l’intermédiaire de leur avocat commun, un mémoire en réponse.

Qui commence par ergoter sur la recevabilité de la requête.

Circulez, braves gens, y a rien à voir.
Occupez-vous de ce qui vous regarde.
Laissez-vous spolier sans rien dire.

Et qui présente ensuite des arguments au fond.  Ce n’est pas tant leur pauvreté que leur mauvaise foi qui surprend. Il est vrai qu’il est toujours difficile de défendre l’indéfendable. L’avocat de l’Administration prétend alors le recours irrecevable au motif que la délégation permanente de la Commission Régionale du Patrimoine et des Sites n’aurait qu’un rôle consultatif et qu’à ce titre, elle n’émettrait que des avis et ne rendrait donc pas de décisions.  C’est vrai quand elle donne un avis positif, puisque la décision finale est du ressort de la Direction Régionale des Affaires Culturelles. Mais c’est faux quand elle donne un avis négatif. Puisque celui-ci empêche de recourir à l’arbitrage de la Direction Régionale des Affaires Culturelles.  Quand elle donne un avis négatif, cette Commission est donc tout-à-fait décisionnaire.

Après quoi, on rentre dans les détails pour nous expliquer que notre Musée-Aquarium n’est en rien historique.

Et en premier lieu, il ne peut pas être historique puisque l’Aquarium de 1866 a été « totalement démoli, y compris le sol en carreaux de Gironde pour faire place à un nouvel aquarium ».  Pour affirmer cette contrevérité patente, l’avocat s’appuie sur une lettre, datée du 27 juillet 2010, du Président de la Société Scientifique d’Arcachon, propriétaire dudit Musée-Aquarium. Le menteur !!!

L’avocat conforte son point de vue en citant une phrase extraite du discours prononcé par le docteur Jules Lalesque lors de l’assemblée générale de la Société Scientifique d’Arcachon, tenue le 9 février 1936 : « Pour empêcher l’Aquarium de s’effondrer, nous l’avons fait démolir. C’est un moyen qui a fait ses preuves. »  Où l’on prend pour argent comptant ce qui n’est qu’une galéjade.

En vérité, la Société Scientifique avait été négligente, comme elle l’est toujours aujourd’hui, quant à l’entretien de son Musée-Aquarium. L’ouverture, en 1933, du Musée de la Mer-Aquarium, Art-déco, de Biarritz en créant une nouvelle concurrence rendait insupportable cette négligence. Il avait donc été décidé de réaménager l’intérieur de l’Aquarium et d’en changer tous les bacs qui fuyaient. Avec les moyens financiers modestes qui étaient ceux de la Société Scientifique.  En aucune façon, on n’a touché aux bâtiments qui sont restés, et qui restent aujourd’hui, ceux édifiés en 1866.  N’en déplaise à Monsieur le Président de la Société Scientifique d’Arcachon.

Si l’avocat de l’Administration avait été un tant soit peu plus consciencieux, il aurait pu remarquer, dans l’une des pièces mêmes qu’il a jointes au débat, que le coût de ce réaménagement s’était élevé aux alentours de 35 000 francs. Comme le franc de 1935 s’évalue à 0,35 €uros d’aujourd’hui, il s’agit d’un budget global de 12 250 €uros. Et si cet avocat avait voulu avoir une notion plus précise de l’importance et aussi de la réalité de la démolition-reconstruction supposée du Musée-Aquarium d’Arcachon en 1935, il lui suffisait de comparer ce budget de 12 250 €uros avec celui de 35 millions d’€uros prévu pour la future démolition-reconstruction envisagée aujourd’hui.

Le changement des bacs de l’Aquarium fait-il perdre à celui-ci son caractère historique ?  Le château de Versailles, que l’on sache, est toujours un monument historique et pourtant les miroirs de la galerie des glaces ne sont plus tous d’origine : ” Tous les miroirs ont été déposés et les glaces endommagées remplacées par des miroirs au mercure, comme ceux d’origine dont il restait encore dans la galerie, à l’étonnement général, 70 %. Le miroitier a ainsi restauré 309 miroirs et en a remplacé 48, cassés ou datant d’autres époques. ”

Après quoi, dans ce mémoire, il est prétendu que « la façade avant a elle-même été complètement modifiée et a perdu tout caractère original. »  Ce qui est parfaitement faux. Elle n’a fait que subir des ans le réparable outrage. C’est la formule même employée par Jules Lalesque dans son discours avant de faire croire à ses adhérents, par boutade, qu’il avait tout démoli avant de tout reconstruire.

Le remplacement des bacs et l’usure de la façade autorise cependant l’avocat de l’Administration à affirmer, en parlant de notre Musée-Aquarium : « Il s’agit d’un bâtiment entièrement nouveau et l’argument manque par le fait. »  L’argument peut-être, mais la mauvaise foi dans ce mémoire, elle, elle ne fait pas défaut !

Celui-ci conteste ensuite à notre Musée-Aquarium le titre de plus ancien aquarium public du monde dans sa configuration d’origine. Il réserve cette performance à l’Aquarium Marinarium de Concarneau. C’est une tartarinade. La Station Marine de Concarneau a entièrement été rasée et reconstruite en béton en 1967. Un siècle exactement après la construction de la nôtre, toujours dans son jus !

Dans le recours, on s’étonnait que dans la justification de sa décision, la délégation permanente de la Commission Régionale du Patrimoine et des Sites prétendît que le Musée-Aquarium d’Arcachon, « ne présentait plus les qualités suffisantes pour qu’une protection au titre des Monuments Historiques puisse être envisagée. » Alors que le phare du Cap Ferret, reconstruit en 1949, c’est-à-dire dénué de toute histoire, en béton armé avec les pauvres moyens de l’après-guerre, c’est-à-dire dénué de tout intérêt architectural, avait obtenu son classement, pas plus tard que le 6 novembre 2009.  Le mémoire justifie ce classement par « une constante depuis le classement en 1862 du phare de Cordouan ».  Rapprocher le phare du Cap Ferret avec celui de Cordouan, c’est mélanger les torchons et les serviettes. Et c’est faire un amalgame pour le moins tendancieux.

Et dans ce mémoire, à court d’arguments, on en arrive enfin à la cerise sur le gâteau :  « Par ailleurs, l’Université de Bordeaux I, propriétaire du terrain, et la société scientifique d’Arcachon, propriétaire du bâtiment, se sont déclarées opposées à la protection au titre des Monuments Historiques de même que la commune d’Arcachon. » Ce qui est, en aucune façon, un argument recevable. Parce que justement, l’Université de Bordeaux I, la société scientifique d’Arcachon et la commune d’Arcachon se sont associées, on a envie de dire comme l’auraient fait des malfaiteurs, pour réaliser une spéculation foncière nécessitant justement la démolition de l’historique Musée-Aquarium d’Arcachon.  Manigance qui aura pour conséquence de priver le peuple en général et les Arcachonnais en particulier d’une partie essentielle de leur patrimoine culturel et historique qu’est pour eux ce même Musée-Aquarium.

Face à une si pauvre argumentation, peut-on être véritablement optimiste ?
Le Préfet et le Directeur de la Drac sont des serviteurs de l’Etat.
Ils se défendent devant ce qui reste une Justice d’Etat.

Qui vivra verra.

6 commentaires

  1. Pourquoi inclure un nouveau casino dans le projet de construction de l’ hôtel ” de luxe” alors qu’il en existe déjà un de l’autre côté de la rue.
    Peut-être parce que ce dernier a été noyé et fondu dans cet affreuse construction qui a fait perdre tout son charme sur le front de mer, surtout vu de la mer.

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