Révisions simplifiées du PLU (Plan Local d’Urbanisme) d’Arcachon.

Partagez cet articleShare on Facebook
Facebook
Tweet about this on Twitter
Twitter
Share on LinkedIn
Linkedin
Email this to someone
email

La ville d’Arcachon s’est dotée d’un premier PLU (Plan Local d’Urbanisme) en octobre 2003. Lequel a été remanié en janvier 2007.

Les modifications apportées à cette occasion faisaient perdre à l’ilot Peyneau, sur lequel est édifiée le Musée-Aquarium, les protections attachées à la zone du front de mer. Et auraient autorisé, sur cet emplacement, une sur-densité immobilière parfaitement extravagante.

Le 28 janvier 2010, le Tribunal Administratif de Bordeaux a donné raison aux riverains, qui avaient déposé un recours, en annulant purement et simplement l’ensemble du PLU 2007.

La ville d’Arcachon aurait formé appel de cette décision. Si elle l’a fait, c’est sans grande conviction, tant le caractère des stipulations de 2007 paraît scandaleux.

Peu sûre de son bon droit, elle a parallèlement engagé une double révision simplifiée du PLU.

La première permettra la destruction du Musée-Aquarium et son remplacement par un « barnum commercial » allant de l’hôtel-casino en passant par toute une ribambelle de boutiques saisonnières.

La seconde, l’édification au Petit Port, en bordure de mer, d’une énorme verrue en béton pour y entreposer, entre autres, les restes de feu notre Musée-Aquarium.

Ces révisions font l’objet d’une enquête publique qui dans sa première phase consiste à recueillir l’avis du public au moyen de registres ouverts au Centre Administratif.

Ces registres seront fermés à la fin du mois d’Avril 2011, nous a confirmé le service d’urbanisme qui en a la charge.

Nous vous encourageons à aller dare-dare inscrire votre opposition aux stipulations proposées pour la zone UD3, correspondant à l’ilot Peyneau, qui permettraient la démolition de notre Musée-Aquarium et à vous dépêcher de signer la pétition internationale que vous trouverez en ouverture de notre site.

A la signer et à la faire signer par vos parents et amis avant que nous ne la déposions dans le registre idoine dont nous vous parlions plus haut.

La loi dit que le recours à la procédure de la révision simplifiée du PLU n’est possible, dans le cas qui nous intéresse c’est-à-dire celui de la zone UD3 sur laquelle est édifiée notre Musée-Aquarium, que si elle « a pour seul objet la réalisation d’une construction ou d’une opération à caractère public ou privé, présentant un intérêt général. »

Élément remarquable du bâti

Élément remarquable du bâti

Un projet est d’intérêt général s’il est « destiné à la réalisation d’une opération d’aménagement ou d’équipement, au fonctionnement d’un service public, à l’accueil et au logement des personnes défavorisées ou de ressources modestes, à la protection du patrimoine naturel ou culturel, à la prévention des risques, à la mise en valeur des ressources naturelles ou à l’aménagement agricole et rural. »

Le rapporteur de cette affaire nous explique :
« La nécessité de déplacer l’actuel Casino, afin de libérer l’espace nécessaire à l’extension du Palais des Congrès, revêt un incontestable intérêt général qui justifie, entre autre aménagement, la mise en œuvre de la procédure de révision simplifiée. »

PLU

PLU

Le départ du Casino du Palais des Congrès permettra d’agrandir celui-ci.
En considérant qu’il offre un service public, même s’il est géré par une société privée, l’opération présenterait, soi-disant, un intérêt général.
Le déplacement du Casino n’oblige pourtant en rien à modifier les règles d’urbanisme en vigueur sur la parcelle UD3.
Si, si, il n’y a pas d’autre endroit possible dans la ville, pour installer un nouveau Casino.
Il y aurait bien le jardin du Casino Mauresque, mais une association de proches de Monsieur le Maire s’est opportunément constituée, sous le vocable de Mauresque-2013, pour tenter de geler l’emplacement.

Mais la construction d’un nouveau Casino sur la zone UD3 pourrait très bien se faire sans modifier les règles d’urbanisme auxquelles elle est soumise, dès lors que l’Université libèrerait son terrain.
5 000 m2 de terrain permettent en effet de construire un joli Casino même s’il ne peut pas mesurer plus de 11 mètres 50 de haut.
Mais voilà, il faut encore encourager l’Université à vendre son terrain et quel meilleur encouragement que la promesse d’une substantielle plus-value.
Et pour que la valeur de ce terrain augmente, il faut qu’il soit autorisé à supporter des constructions d’au moins 20 mètres de hauteur.
D’où la modification du PLU.
CQFD.

Que de chemins tortueux doit parcourir, à Arcachon, l’intérêt pour devenir général !
Ce n’est plus une recherche d’intérêt général, n’en déplaise au rapporteur, c’est un véritable coup de billard à trois bandes !!
Et le billard est un jeu qui se joue à plusieurs.

Alors tous ceux qui devraient nous prémunir de ces combines, les Universitaires qui travaillent sur le site, les fonctionnaires de la Direction Régionale des Affaires Culturelles, tous ces gens cultivés auxquels nous sommes spontanément enclins à faire confiance, tous se couchent comme un seul homme.
Et notre Aquarium, le plus vieil aquarium du monde dans sa configuration d’origine, quelque chose d’éminemment historique qui est l’honneur de nos anciens et fait notre fierté, se trouve menacé.
Au point que sa préservation s’est maintenant invitée dans la campagne électorale cantonale.

Au CPDAC, nous restons définitivement apolitiques, ce qui ne nous empêche pas de trouver rassurant quand même, que certains se lèvent pour dénoncer l’inacceptable.
Soyez sûrs que tous ensembles nous parviendrons à préserver notre Musée-Aquarium des vandales.

Jean-Pierre Ardoin Saint Amand

6 commentaires

  1. Bonjour,

    Je ne comprends pas que l’annulation de PLU 2007 n’ait pas conduit automatiquement à l’annulation de cette nouvelle charte architecturale ne classant plus le musée “ERB”.
    Le fait avait-il été soumis au tribunal ?

    Il faut continuer à se mobiliser…

    Cordialement

    MB

  2. Je ne suis pas d’ici ! Mais je suis un grand amoureux des collections d’histoire naturelle anciennes, que je consulte, que j’étudie, que j’admire depuis plus de quarante ans, partout en France. Il m’est arrivé de descendre dans des caves infâmes, insalubre, poussiéreuses, humides, et de découvrir des choses magnifiques, des objets d’histoire naturelle “passés”, car le temps avait pris le dessus, parce que les Hommes n’avaient pas su en prendre soin pour leur donner un avenir. Je ne citerai pas de nom, mais une ville du Nord ouest de la France m’a bouleversée un jour, en 2007, par l’état d’abandon de ses collections. Un jeune chercheur respectueux de ces collections d’autrefois, et pourtant celles de l’avenir, s’évertuait à “récoler”… les morceaux de ce qui restait, dans une odeur de naphtaline qui essayait – pour combien de temps encore ?-de préserver quelques plumes et quelques poiles à des spécimens rares, pointés un jour par un fusil, et aujourd’hui tués une deuxième fois. Dans 100 ans, que restera-t-il de ces chefs d’œuvre en péril, et que restera-t-il de notre société ? Exposerons-nous des téléphones portable, des ordinateurs, des panneaux solaires ??? en lieu et place de cette “image” d’un monde qui fut, peuplé d’oiseaux, d’insectes, de mollusques, tous disparus. Au moins préservons pour nos enfants, l’ombre qu’il en restera, dans les collections d’histoire naturelle. J’ai visité ce petit musée il y a une dizaine d’année et j’avais déjà été écœuré de voire le sort donné à ces crabes, ces coquilles, aux couleurs “passées”… Les premiers à s’en émouvoir devraient être les gens de mer, car ont-ils oublié qu’ils vivent de ce monde ? Ne tuez pas ce bâtiment, vos petits enfants le regretteront !

  3. Ah la la …. Quelle chance vous n’avez pas vous Arcachonnais d’avoir le triste privilège d’habiter un des littoral les plus salopé par les politiques en tout genres. Combien n’ont ils pas gagné en détruisant pour reconstruire …. Rien ne les arrete même pas le passé le plus intime de leur ville. L’aquarium a fait rêver bien des ” petites gens ” mais celà …..

  4. En attendant, le financement du projet au petit port avance.
    Lu sur APS : “La Région Aquitaine a donné son feu vert pour financer à hauteur de 500 000 € le concours d’architecte et les études préalables à l’obtention du permis de construire du “Pôle océanographique aquitain” qui va être érigé sur le petit port d’Arcachon (APS 1544 et 1733). L’Etat apportant 200 000 € sur un montant global de 945 000 €.”

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.