Le préfet convoque une réunion “dans l’objectif de poursuivre l’avancement de ce projet”

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Afin de “mener à bien la réalisation du pôle océanographique d’Arcachon”, le préfet de a région Aquitaine, Patrick Stefanini, a convoqué par une lettre aux “destinataires in fine” (admirez la beauté du jargon administratif) une réunion “dans l’objectif de poursuivre l’avancement de ce projet”  :

Lettre du Préfet

Lettre du Préfet (cliquez pour agrandir la lettre)

Ce à quoi nous avons répondu :

Monsieur le Préfet de la Région Aquitaine

Préfet de la Gironde

4 B, esplanade Charles de Gaulle

33077 – Bordeaux


Arcachon, le 27 mars 2012.





Objet : Pôle océanographique d’Arcachon (POA)


Monsieur le Préfet,

Nous tenons tout d’abord à vous présenter nos excuses pour n’avoir pas répondu à votre invitation à participer à la réunion que vous avez tenue vendredi dernier à 10 heures, dans la salle Jean Moulin de la Préfecture, autour du projet de pôle océanographique d’Arcachon.

Non seulement votre convocation nous est parvenue avec retard, mais en vérité nous n’étions pas absolument certains que cette invitation s’étendît jusqu’à nous.

Qu’à cela ne tienne, ce n’est sans doute que partie remise et nous pouvons très bien vous expliciter notre point de vue par la présente.

Comme vous le savez, ou plutôt comme on vous l’aura répété, nous sommes, nous autres gens du peuple réunis en collectif populaire, foncièrement et définitivement opposés à la construction du pôle océanographique aquitain sur le territoire de notre commune et ce, dans les conditions qui semblent prévaloir aujourd’hui.

Ce projet réussit à rassembler une somme invraisemblable d’inconvénients qui sont les conséquences des trois vices majeurs qu’il présente :

1)  la démolition de notre historique Musée-Aquarium ;

2) le bétonnage à outrance que permettra la libération de la parcelle supportant ce Musée-Aquarium ;

3) l’édification d’un véritable mur de la honte qui, sur 150 mètres de long pour 25 mètres de haut, défigurera cruellement l’environnement du Petit Port.

Rien de moins.

Nous nous demandons comment tant de gens aussi sérieux, que nous avaient semblé être nos universitaires, le Préfet de notre région comme la Ministre du Budget, des comptes publics et de la réforme de l’État, peuvent encourager une opération cumulant autant d’agressions rédhibitoires à l’égard des populations locales.

Au moins autant que pourrait le faire l’installation d’une centrale nucléaire sur la plus grande plage d’Arcachon. Mais elle au moins nous apporterait en contrepartie du courant électrique. Alors que les avantages du POA paraissent tellement aléatoires que l’Université n’a pas hésité à sélectionner, par appel public à la concurrence, une agence de publicité, lui donnant comme mission de « développer la perception positive du projet. »

Mission impossible s’il en est.

Laquelle agence de publicité sera rémunérée avec de l’argent collecté pour financer la recherche. Plus qu’un crime, c’est une faute : l’Université n’entend respecter ni la population locale, ni les contribuables qui la composent.

La réunion comportait comme ordre du jour de faire le point sur la cession de la station marine. Sans doute que cette cession englobe celle du Musée-Aquarium appartenant à la Société Scientifique d’Arcachon. Cette société savante, l’une des plus anciennes du département, est l’honneur de notre ville.

Aujourd’hui son Conseil d’Administration est anschlussé par des universitaires qui s’opposent à l’adhésion de nouveaux membres et dont plusieurs sont parties prenantes dans le projet de nouveau POA. Dans la spoliation de cette Société Scientifique qui se prépare, la confiscation de sa propriété, l’éparpillement scandaleux de ses collections, le conflit d’intérêt nous paraît dès lors parfaitement constitué et nous sommes bien décidés à le faire sanctionner, le jour venu, devant les tribunaux compétents.

Un autre point de l’ordre du jour concernait l’hypothèse de calendrier de réalisation. Personne ne nous demande notre avis, mais nous vous proposons de privilégier comme hypothèse les calendes grecques. Parce qu’à choisir une particularité grecque vous nous laisserez préférer les calendes à l’austérité qui nous paraît de même nature que celle qui attend notre pays s’il continue à se fourvoyer dans des projets aussi mal ficelés que coûteux, du genre de ce pôle océanographique d’Arcachon.

L’ordre du jour s’intéressait également à l’état d’avancement des procédures foncières sur le petit port et des procédures d’urbanisme.

Nous avons bien compris que ce projet, et ce n’est pas le moindre de ses défauts, s’appuyait essentiellement sur le dérogatoire.

Pour s’autoriser à bétonner en hauteur et en toute impunité l’îlot Peyneau et construire au niveau du petit port il a fallu pas moins de deux révisions simplifiées du Plan Local d’Urbanisme. Lesquelles permettraient d’apporter des allègements dérogatoires aux règles qui s’appliquaient précédemment sur les zones concernées.

Dans votre convocation, vous vous dites « particulièrement satisfait » d’avoir obtenu que la règle sur le prélèvement « mutualisation » ne s’applique pas dans la vente de l’ilot Peyneau. Il s’agit encore d’une dérogation. Quand un serviteur de la République se dit « particulièrement satisfait » d’avoir obtenu que la loi ne s’applique pas c’est que vraiment la situation du pays est bien plus dégradée qu’on veut bien nous le laisser croire. Aujourd’hui la loi ne doit plus être une contrainte que pour le peuple et ne doit en aucune façon être une gêne pour les décideurs.

Vous avez mentionné dans votre convocation comme objet, le pôle océanographique d’Arcachon (POA). Nous préfèrerions que POA continue à signifier Pôle Océanographique Aquitain, ce qui permettrait éventuellement de le délocaliser dans quelque endroit plus défavorisé de l’Aquitaine profonde, loin, le plus loin possible de notre chère ville d’Arcachon. Où il pourrait emporter avec lui toutes les nuisances dont il la menace.

Mais mieux encore que Pôle Océanographique Aquitain pourquoi ne pas lui donner le nom qui lui serait bien plus approprié : Pôle Océanographique Dérogatoire.

Vous allez devoir en effet compter avec la création du Parc naturel Marin que l’on nous dit imminente. Lequel parc aura autorité sur tout le Domaine Public Maritime qui entoure le Bassin d’Arcachon. Et devra donc, en toute logique, donner son avis sur le permis de construire de cet infâme bunker que l’université veut nous imposer au petit port.

Une fois encore il va vous falloir recourir au dérogatoire.

Soyez tranquille, il ne semble pas y avoir urgence. Cela vous laisse le temps de préparer votre intervention pour dénier toute responsabilité future à ce Parc Marin dans l’attribution d’éventuels permis de construire dans la zone du petit port d’Arcachon.

Bien sûr, nous restons à votre totale disposition si vous souhaitez nous rencontrer comme nous sommes prêts à participer à toute prochaine réunion que vous décideriez d’organiser autour de ce projet de POA.

En espérant n’avoir pas trop abusé de votre temps, veuillez croire, Monsieur le Préfet, en l’assurance de nos sentiments les plus respectueux.



Pour le CPDAC

Jean-Pierre Ardoin Saint Amand.

Monsieur le Préfet de la Région Aquitaine

Préfet de la Gironde

4 B, esplanade Charles de Gaulle

33077 – Bordeaux

Arcachon, le 27 mars 2012.

Objet : Pôle océanographique d’Arcachon (POA)

Monsieur le Préfet,

Nous tenons tout d’abord à vous présenter nos excuses pour n’avoir pas répondu à votre invitation à participer à la réunion que vous avez tenue vendredi dernier à 10 heures, dans la salle Jean Moulin de la Préfecture, autour du projet de pôle océanographique d’Arcachon.

Non seulement votre convocation nous est parvenue avec retard, mais en vérité nous n’étions pas absolument certains que cette invitation s’étendît jusqu’à nous.

Qu’à cela ne tienne, ce n’est sans doute que partie remise et nous pouvons très bien vous expliciter notre point de vue par la présente.

Comme vous le savez, ou plutôt comme on vous l’aura répété, nous sommes, nous autres gens du peuple réunis en collectif populaire, foncièrement et définitivement opposés à la construction du pôle océanographique aquitain sur le territoire de notre commune et ce, dans les conditions qui semblent prévaloir aujourd’hui.

Ce projet réussit à rassembler une somme invraisemblable d’inconvénients qui sont les conséquences des trois vices majeurs qu’il présente :

1) la démolition de notre historique Musée-Aquarium ;

2) le bétonnage à outrance que permettra la libération de la parcelle supportant ce Musée-Aquarium ;

3) l’édification d’un véritable mur de la honte qui, sur 150 mètres de long pour 25 mètres de haut, défigurera cruellement l’environnement du Petit Port.

Rien de moins.

Nous nous demandons comment tant de gens aussi sérieux, que nous avaient semblé être nos universitaires, le Préfet de notre région comme la Ministre du Budget, des comptes publics et de la réforme de l’État, peuvent encourager une opération cumulant autant d’agressions rédhibitoires à l’égard des populations locales.

Au moins autant que pourrait le faire l’installation d’une centrale nucléaire sur la plus grande plage d’Arcachon. Mais elle au moins nous apporterait en contrepartie du courant électrique. Alors que les avantages du POA paraissent tellement aléatoires que l’Université n’a pas hésité à sélectionner, par appel public à la concurrence, une agence de publicité, lui donnant comme mission de « développer la perception positive du projet. »

Mission impossible s’il en est.

Laquelle agence de publicité sera rémunérée avec de l’argent collecté pour financer la recherche. Plus qu’un crime, c’est une faute : l’Université n’entend respecter ni la population locale, ni les contribuables qui la composent.

La réunion comportait comme ordre du jour de faire le point sur la cession de la station marine. Sans doute que cette cession englobe celle du Musée-Aquarium appartenant à la Société Scientifique d’Arcachon. Cette société savante, l’une des plus anciennes du département, est l’honneur de notre ville.

Aujourd’hui son Conseil d’Administration est anschlussé par des universitaires qui s’opposent à l’adhésion de nouveaux membres et dont plusieurs sont parties prenantes dans le projet de nouveau POA. Dans la spoliation de cette Société Scientifique qui se prépare, la confiscation de sa propriété, l’éparpillement scandaleux de ses collections, le conflit d’intérêt nous paraît dès lors parfaitement constitué et nous sommes bien décidés à le faire sanctionner, le jour venu, devant les tribunaux compétents.

Un autre point de l’ordre du jour concernait l’hypothèse de calendrier de réalisation. Personne ne nous demande notre avis, mais nous vous proposons de privilégier comme hypothèse les calendes grecques. Parce qu’à choisir une particularité grecque vous nous laisserez préférer les calendes à l’austérité qui nous paraît de même nature que celle qui attend notre pays s’il continue à se fourvoyer dans des projets aussi mal ficelés que coûteux, du genre de ce pôle océanographique d’Arcachon.

L’ordre du jour s’intéressait également à l’état d’avancement des procédures foncières sur le petit port et des procédures d’urbanisme.

Nous avons bien compris que ce projet, et ce n’est pas le moindre de ses défauts, s’appuyait essentiellement sur le dérogatoire.

Pour s’autoriser à bétonner en hauteur et en toute impunité l’îlot Peyneau et construire au niveau du petit port il a fallu pas moins de deux révisions simplifiées du Plan Local d’Urbanisme. Lesquelles permettraient d’apporter des allègements dérogatoires aux règles qui s’appliquaient précédemment sur les zones concernées.

Dans votre convocation, vous vous dites « particulièrement satisfait » d’avoir obtenu que la règle sur le prélèvement « mutualisation » ne s’applique pas dans la vente de l’ilot Peyneau. Il s’agit encore d’une dérogation. Quand un serviteur de la République se dit « particulièrement satisfait » d’avoir obtenu que la loi ne s’applique pas c’est que vraiment la situation du pays est bien plus dégradée qu’on veut bien nous le laisser croire. Aujourd’hui la loi ne doit plus être une contrainte que pour le peuple et ne doit en aucune façon être une gêne pour les décideurs.

Vous avez mentionné dans votre convocation comme objet, le pôle océanographique d’Arcachon (POA). Nous préfèrerions que POA continue à signifier Pôle Océanographique Aquitain, ce qui permettrait éventuellement de le délocaliser dans quelque endroit plus défavorisé de l’Aquitaine profonde, loin, le plus loin possible de notre chère ville d’Arcachon. Où il pourrait emporter avec lui toutes les nuisances dont il la menace.

Mais mieux encore que Pôle Océanographique Aquitain pourquoi ne pas lui donner le nom qui lui serait bien plus approprié : Pôle Océanographique Dérogatoire.

Vous allez devoir en effet compter avec la création du Parc naturel Marin que l’on nous dit imminente. Lequel parc aura autorité sur tout le Domaine Public Maritime qui entoure le Bassin d’Arcachon. Et devra donc, en toute logique, donner son avis sur le permis de construire cet infâme bunker que l’université veut nous imposer au petit port.

Une fois encore il va vous falloir recourir au dérogatoire.

Soyez tranquille, il ne semble pas y avoir urgence. Cela vous laisse le temps de préparer votre intervention pour dénier toute responsabilité future à ce Parc Marin dans l’attribution d’éventuels permis de construire dans la zone du petit port d’Arcachon.

Bien sûr, nous restons à votre totale disposition si vous souhaitez nous rencontrer comme nous sommes prêts à participer à toute prochaine réunion que vous décideriez d’organiser autour de ce projet de POA.

En espérant n’avoir pas trop abusé de votre temps, veuillez croire, Monsieur le Préfet, en l’assurance de nos sentiments les plus respectueux.

Pour le CPDAC

Jean-Pierre Ardoin Saint Amand.

3 commentaires

  1. cet aquarium a été fonde par mes ancêtres les docteurs LALESQUE il est dommage de le détruire !ce bâtiment est l âme de la ville .

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