La complainte du baliste d’Arcachon

Posté par admin le 18 04 2012
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En 2012, les Arcachonnais et les touristes pouvaient lire un pamphlet qui avait circulé et dont on parle encore, “farouchement opposé à la démolition [du Musée-Aquarium] et au transfert d’iceluy”.

Il avait fat l’objet d’un article de David Patsouris dans SudOuest. Pour lire cet article cliquez sur l’image.

Le baliste, poisson vivant habituellement en milieu récifal subtropical mais qui, avec le réchauffement climatique, est remonté plus au nord. photo « sud ouest »

Ce récit transcrivait la complainte d’un baliste sanctumundi, pensionnaire depuis le 7 juin 1946 du MusAq, “une abrév’ dans le style Met’ ou MOMART”. Ce baliste, CloClo MonHet, en avait très lourd sur le coeur.

Nous en avons extrait quelques paragraphes mais le document intégral peut être téléchargé au format pdf en cliquant sur le baliste ci-après.

Baliste

Cliquez sur l’image pour télécharger le document complet.

“Ce sont des chats qui nous ont les premiers parlé des projets de la Mairie d’Arcachon, de la Faculté de Bordeaux-1, et de la Société Scientifique d’Arcachon. Mon scribe insiste pour ajouter à ces prescripteurs la corporation des architectes urbanistes, vaccinés lors de leurs études sur l’importance majeure de leur art dans l’évolution de la Société. On les persuade de leur devoir d’agir -d’édifier -et ils finissent par se prendre pour des démiurges. Or il y a bien loin entre l’épure, la planche à dessin et in fine un bâtiment, une construction.

“Certes, les bâtiments sont vétustes, plus du tout « aux normes », comme je l’entends dire (ou chuchoter) par les partisans du déménagement au Petit Port d’Arcachon. Certes, l’Aquarium est vieillot, en comparaison de magnifiques réalisations récentes, comme à Biarritz, à La Rochelle, à Dunkerque (…)”Cependant j’ai décidé de lutter, de bagarrer pour de multiples et très honorables raisons que je vais finir par citer, même si le fait de les écrire réveille en moi une douleur que j’essaie en permanence d’oublier  (…)


“C’est monstrueux ce projet, initié par le Maire d’Arcachon au nom de gros insecte, au nom de l’ « expansion économique », ce qu’ avait écrit en toutes lettres un opposant au projet dans le cahier « ad-hoc », comme on m’a raconté. «Ad-Hoc » : ces trois mots latins m’ont toujours fait rire : rien à voir avec du poisson séché et fumé : sale destin quand-même, qui est le nôtre ! Puis le relais a vite été pris par le Directeur, alias le « Patron » -c’est le nom que lui donnent les étudiants, les chercheurs, le personnel de la Station Marine (l’ un des nombreux noms de l’Établissement au fil des ans, en passant) « Boss », disais-je, au nom voisin de la variété de crevettes d’eau douce, mes cousines, les « gamarres » dont la chair délicate (court-bouillon à la badiane, comme dans les guinguettes de bord de Garonne) donne aux saumons leur couleur rose si appréciée,  si « vendeuse ».
“Je sais bien qu’il est très vilain, ou malvenu, de faire de l’esprit avec le nom de famille des gens, particulièrement de ceux qu’on déteste… ça m’est égal, j’ assume: je sais que vu mon grand-âge jamais je ne passerai à la poêle à frire ou au court-bouillon… trop vieux = racorni, pas bon !


“Je pose la question : est-il nécessaire de faire venir plus de monde pour plus d’équipements en amont et en aval, des hôtels, des restaurants, des lieux de détente et d’accueil pour les accompagnants : équipements de qualité à l’aune des ambitions déclarées, donc onéreux pour une population qui trouve la pression des impôts bien assez lourde : des investissements à long terme, trop long terme. Et puis quelle est l’utilisation, le taux d’occupation prévu, possible, probable ou seulement espéré, hors saison « traditionnelle» d’Eté, qui a tendance à rétrécir comme peau de chagrin depuis quelques années, et même si cette ambition de faire tourner la machine à son meilleur rendement semble louable.

“Pourquoi déplacer le Casino et y accoler un hôtel de très bon standing? Pour mettre des bandits-manchots dans les chambres, façon Las Vegas ? Pourquoi rajouter du béton au béton, comme s’il n’y en avait pas assez pour défigurer la façade de la ville, vue depuis la mer ? Trop de nombreuses et belles villas du bord de mer qui faisaient tout autant le charme de la Station que celles de la Ville d’Hiver ont été démolies pour faire place à toujours plus de cubes de béton, des immeubles vides pour la plupart du temps. Pourquoi encourager l’Université (au sens le plus large) à de telles dépenses publiques : cette Institution au passé agité (le scribe en sait quelque chose, puisque l’un de ses ancêtres Avocat au Barreau de Bordeaux, élu de la deuxième Convention Nationale, avait voté la reprise des cours que la Terreur avait supprimés) n’arrête pas de pleurnicher après des subventions, des dotations, des enveloppes … et comme il n’y a jamais assez d’argent, v’là t’ il pas qu’il leur est suggéré de quémander des fonds aux entreprises privées. Et puis quel débouché pour des études de Biologie marine ou d’Océanographie, déjà enseignées ailleurs, voire même dans des universités de plus grand renom?

“Pourquoi faire dans le grand, l’imposant, sinon pour qu’un jour les études universitaires deviennent payantes, payantes et de préférence bien chères, afin de faire croire aux parents que ce seront des études de qualité, destinées à ouvrir une carrière pavée d’or et de diamants à leurs enfants … ? Pourquoi aussi faire payer des impôts supplémentaires à ces parents, « des banquiers offerts par la nature », qui n’auront pour récompense que celle de voir partir pour de lointains rivages leur progéniture, occupée à regarder de l’eau de Mer à la loupe binoculaire, grossissement X 50, sur arrière-fond d’ours blancs affamés et de permafrost fondu … ? Brrr !

“Comme si les universitaires n’étaient pas eux aussi des contribuables, comme si jeter l’argent public par les fenêtres leur était permis, comment admettre une telle collusion entre Fac’ et municipalité mélangeant allégrement torchons et serviettes, argent et études, fric et formation!! !

“La logique uniquement « carbone », de celle qui nous est martelée devrait inciter des scientifiques, des « penseurs », des gens qui réfléchissent quand-même un peu, à se garder de telles monstruosités. Quid des problèmes logistiques pour ce P.O.A tels que le logement des étudiants, résidents permanents, personnel d’entretien? Où créer des parcs de stationnement pour ces gens et pour ceux inévitablement venus de Bordeaux, ou du Campus Universitaire: je ne fais que citer de simples échantillons des tâches à résoudre ?

“L’Université n’est pas non-plus un univers gentil-gentil. .. Les conversations dont les briques des murs actuels contiennent encore la trace font état de sombres jalousies, -toujours à base d’argent, de « tableau» d’avancement dans la carrière universitaire, où le patron domine ses assistants : « Monsieur le Professeur », ça claque mieux que « Untel, Chargé de Cours », ou « Machin, Maître de Conférences » … et puis il n’est pas rare de voir des « chers » Professeurs ayant atteint l’âge de la retraite qui tentent de faire du « rab » pour achever les travaux en cours, sous prétexte qu’ils sont les seuls à pouvoir le faire … et surtout pas les laisser achever par les jaloux de la basse-cour qui caquettent dans les couloirs et se répandent en imprécations dans les dîners en ville, partout. .. La lutte pour la vie, c’est bien connu n’est pas le seul apanage des animaux!

Le baliste sur Wikipédia, cliquez ICI

18Avr

Un commentaire pour “La complainte du baliste d’Arcachon”

  1. THOMAS dit :

    Je me défoule
    Tu te défoules
    Il se défoule
    DéFoulon-nous !!!

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