LETTRE OUVERTE au Président de l’Université de Bordeaux.

Posté par admin le 26 05 2014

La raison d’être de notre Collectif Populaire de Défense des Aquaria Convoités (CPDAC) est la défense, en général, des aquariums publics menacés et en particulier de celui de la ville d’Arcachon.

Il est totalement apolitique et n’a pas à s’occuper d’autre chose.
Toutefois à Arcachon, en ce moment, est organisée une quadruple enquête publique préalable à la construction sur un nouveau site d’un Pôle Océanographique Aquitain qui aurait vocation à remplacer le Musée-Aquarium actuel.
C’est donc une opération tiroir qui entraînera la démolition de notre cher Musée-Aquarium et face à laquelle nous ne pouvons pas rester indifférents.
Les tenants et les aboutissants de ce projet sont présentés dans une version officielle :
Les locaux actuels de l’Université sont devenus obsolètes, et pour cause ils ne sont plus entretenus depuis plus de 15 ans et portent encore les séquelles de la tempête de 1999.
L’Université doit donc investir lourdement mais elle est tragiquement impécunieuse.
Seule la vente du terrain qu’elle occupe aujourd’hui lui permettrait de dégager un budget pour financer un nouvel établissement, dit Pôle Océanographique Aquitain, tout en restant à Arcachon.
Différentes localisations dans la ville ont été étudiées tour à tour dont il ressort que celle du Petit Port serait la meilleure.
D’où la quadruple enquête publique pour confirmer ou infirmer l’opportunité et la possibilité de ce choix.
Tout cela n’est que poudre aux yeux.
Les véritables motivations sont bien différentes.
L’objectif essentiel, porté par la municipalité, est de libérer le terrain de la place Peyneau pour permettre de juteuses opérations de promotion immobilière.
Il ne s’agit en aucune façon d’une recherche de l’intérêt général mais de satisfaire des intérêts privés, sans doute mal cernés mais au goût amer de béton.
La lourde détérioration de l’aspect de la ville, tant à la place Peyneau qu’au Petit Port, qui en découlera en est la preuve.
C’est le prix à payer par les Arcachonnais pour que soient satisfaits ces intérêts privés.
Et pour libérer ce terrain, la municipalité a choisi de s’appuyer sur l’ambition frustrée d’un universitaire rêvant de la direction d’un Pôle Océanographique Aquitain flambant neuf.
Ce mariage de la carpe et du lapin a très vite retenu le site du Petit Port comme nouvel emplacement.
Les pseudos études d’autres localisations éventuelles n’ont été utilisées que comme leurre.
Le site du Petit Port cumule nombre d’inconvénients loin devant tous les autres.
Mais il a un charme particulier : situé sur le Domaine Public Maritime (DPM) il ne s’achète pas, il est gratuit.
C’est cette gratuité qui permet cette opération extravagante laquelle s’assimile à de la folie furieuse sans que ses promoteurs n’en aient seulement conscience.
Et pour ajouter à la mascarade, les quatre enquêtes publiques organisées aujourd’hui le sont au nom de l’Université de Bordeaux I représentée par son président, Monsieur Dean Lewis.
Alors que l’Université de Bordeaux I n’existe plus depuis l’automne dernier et qu’elle a été absorbée au 1er janvier de cette année par la nouvelle Université de Bordeaux dont le président est le docteur Manuel Tunon de Lara.
Un nom qui n’apparaît jamais dans les dossiers soumis au public.
Ce docteur hésiterait-il à endosser la responsabilité d’un pareil désastre ?
Au CPDAC, nous supposons, au risque d’être démenti, que l’Université de Bordeaux et son président Manuel Tunon de Lara viennent aux droits de l’Université de Bordeaux I et de son ancien président Dean Lewis.
Et c’est donc à lui que nous adressons tout notre ressentiment, par l’intermédiaire d’une lettre ouverte intitulée : 35 millions… pour faire nager une pinasse dans un aquarium !

35 millions… pour faire nager une pinasse dans un aquarium !

LETTRE OUVERTE à Monsieur le docteur Manuel Tunon de Lara, Président de l’Université de Bordeaux.

Arcachon, le 26 mai 2014.
Monsieur le docteur Manuel Tunon de Lara, Président de l’Université de Bordeaux,
L’enquête publique ouverte le 12 de ce mois officialise enfin votre improbable projet de Pôle Océanographique Aquitain dont on nous menaçait depuis bientôt une douzaine d’années.
Lequel cumule tant d’inconvénients et de défauts qu’il nous apparaît difficile à la fois de les hiérarchiser et d’être sûrs de ne pas en oublier.
Mais le premier de ceux-ci est sans conteste possible son coût : 35 millions d’€uros !
Pour faire nager une pinasse dans un aquarium !
Dans un pays qui se débat dans une situation financière alarmante contre une dette vertigineuse, dans un pays qui connaît plus de 5 millions de chômeurs, ce mépris affiché de l’effort général actuel relève de la pure provocation :
« Le Pôle Océanographique Aquitain étant le fruit d’une centralisation des activités de recherche et d’enseignement de l’Université de Bordeaux I, il n’est pas donc générateur de créations d’emplois directs relatif au personnel qui travaille sur le site. ».
L’édification de ce monstre de béton ne nécessite pas moins de quatre enquêtes publiques.
L’une pour pallier les restrictions du Plan Local d’Urbanisme et une autre pour s’affranchir des particularités protectrices du Domaine Public Maritime.
Le voisinage qui croyait son logement et sa propriété protégés par des lois et des règlements va se voir scandaleusement spolié.
Pour celui-ci, il ne s’agit plus d’une provocation mais d’une véritable déclaration de guerre.
En faisant ainsi fi des règlements établis, vous vous faites, Monsieur le Président, le serviteur d’une république bananière.
Et le caractère d’intérêt public bien timidement évoqué ici ou là, mais en aucune façon avéré, ne vous exonère en rien de cette infamante accusation.
Du béton sur 30 mètres de haut et sur 130 mètres de long au bord même de notre Bassin, cela s’appelle saloper le paysage.
Cela ne peut pas s’appeler autrement.
« Le projet de création du P.O.A. ne va pas entraîner de modifications importantes du paysage, cependant la phase de travaux, peut entraîner une perturbation visuelle au niveau du paysage. »
Non seulement vous vous apprêtez à massacrer leur environnement mais en plus vous vous moquez des Arcachonnais et des touristes toujours plus nombreux à leur rendre visite.
Qu’un médecin affiche pour autrui un tel mépris nous stupéfie.
Enfin, pour financer une partie de vos extravagants délires vous n’avez pas hésité à confisquer à la Société Scientifique d’Arcachon son Musée-Aquarium qui faisait le charme de son quartier et qui va laisser la place à encore plus de béton.
Un aquarium public le plus ancien du monde, un véritable monument historique même s’il a fallu recourir à quelques manœuvres peu reluisantes pour qu’il ne soit pas classé comme tel.
En vous faisant complice de sa destruction, vous vous faites barbare.
Votre projet n’est qu’une folie furieuse.
Nous formons des vœux pour qu’une voix autorisée, une Administration pertinente, un commissaire-enquêteur consciencieux, le voue aux gémonies.
Universitaire, président d’Université, vous vous voulez l’exemple de la nation, mais par ce projet scandaleux de Pôle Océanographique Aquitain que vous portez et que vous voulez nous imposer, vous n’en êtes que la honte !
Il fallait que quelqu’un ose vous le dire.
Veuillez recevoir, Monsieur le docteur et Président, l’expression de la considération qui vous est due.
Pour le CPDAC,
Jean-Pierre Ardoin Saint Amand.
Catégories: Situation actuelle.
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26Mai

2 commentaires pour “LETTRE OUVERTE au Président de l’Université de Bordeaux.”

  1. […] Lire la lettre et en savoir + sur les vrais tenants et aboutissants de ce projet (*) […]

  2. […] Lire la lettre et en savoir + sur les vrais tenants et aboutissants de ce projet […]

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