Une enquête publique quelque peu pipeautée…

Posté par admin le 29 07 2014
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Dans sa livraison du 23 juillet dernier, le journal Sud-Ouest propose un article sur les réactions aux avis favorables des enquêtes publiques relatives au projet du Pôle Océanographique Aquitain.

Et dans cet article, il fait dire au député-maire d’Arcachon :

« C’est une satisfaction pour l’Etat et l’université qui portent ce projet. Je ne suis pas surpris de ces avis favorables : les populations sont conscientes des enjeux, à savoir la présence de l’université de biologie sur le Bassin, qui contribue à la préservation de notre environnement et la construction d’un nouvel aquarium neuf pour remplacer l’actuel, qui est un peu désuet. »

Nous ne raillerons pas une université de biologie qui entend préserver notre environnement en nous infusant un mur de béton de cent mètres de long sur vingt mètres de haut qui va saccager une partie de notre littoral, mais nous devons remarquer cette nouvelle qualification de notre Musée-Aquarium qui devient seulement « un peu désuet ».

« Un peu désuet », c’est sans doute la nouvelle formulation politiquement correcte pour désigner un monument historique que l’on s’apprête à démolir.

Une enquête « un peu pipeautée. »

Peut-être que notre Musée-Aquarium est « un peu désuet » mais il est sûr que l’enquête publique unique, qui en fait en regroupe quatre, à laquelle se réfère le député-maire est, elle, « un peu pipeautée. »

Les populations auxquelles il fait allusion regroupe en tout et pour tout 293 personnes qui ont déposé 199 observations. (Certaines observations comportent en effet plusieurs signatures.)

293 personnes sur 11 000 Arcachonnais, cela ne représente que 2,66 %. Mais si on ramène le chiffre de 293 aux 135 000 habitants qui résident régulièrement autour du Bassin, on n’atteint plus que 0,002 %. Autant dire que l’on tombe dans l’epsilonesque et que dès lors on peut se demander si l’emploi du pluriel pour « populations » est bien approprié.

Sur les 199 observations émises, 122 étaient favorables soit 61,31 % et 77 étaient défavorables représentant 38,69 %.

Tout de suite cela paraît suspect.

En général, le citoyen favorable à un projet soumis à enquête publique ne prend pas la peine d’aller inscrire sa satisfaction sur les registres idoines.

Seuls ceux qui ont un ou plusieurs reproches à émettre font l’effort de se déplacer. En faisant semblant de croire que leur démarche pourrait changer quelque chose au processus engagé.

Donc, dans l’enquête qui nous intéresse s’il y a plus d’avis favorables que d’avis défavorables, c’est qu’il y a embrouille.

Voyons cela d’un peu plus près.

Des citoyens qui veulent voir leur littoral saccagé

Que rencontrons-nous parmi ces citoyens qui souhaitent voir leur littoral saccagé par un épouvantable mur de béton ?

A tout seigneur, tout honneur, il y a d’abord le député-maire d’Arcachon soi-même.

Suivant le principe que l’on n’est jamais mieux servi que par soi-même.

Qui s’empresse de venir nous préciser que ce n’est pas son projet mais que c’est celui de l’autre…

Faut bien prévoir les prochaines échéances électorales.

Ensuite le directeur d’EPOC Bordeaux (Environnements et Paléoenvironnements Océaniques et Continentaux), vous savez cet universitaire à qui nous avions fait les honneurs d’une banderole lors de l’une de nos manifestations pour la sauvegarde de notre Musée-Aquarium : « Grémare m’a tuer. ».

Qui nous dit en parlant du POA : « Deviendra élément architectural symbolique. Totalement adapté aux activités et à l’environnement. Musée-Aquarium moderne. »

Un Musée-Aquarium moderne, peut-être, sauf qu’aujourd’hui il est à nous et que demain il sera à lui.

Eh bien, il est favorable à la construction d’un Pôle Océanographique Aquitain au Petit Port.

Il était essentiel qu’il levât toute ambiguïté sur ce point.

Il y a aussi la Société Scientifique d’Arcachon, l’actuelle propriétaire de notre Musée-Aquarium que l’on se prépare à spolier de son bien.

« La Société Scientifique d’Arcachon a été associée au projet architectural, culturel et l’approuve. »

Tu parles !

Cela fait plusieurs fois qu’à l’assemblée générale de cette société savante des membres exigent que soit passée une convention avec l’Université pour savoir exactement à quelle sauce va être mangée cette pauvre Société Scientifique.

Sans jamais être entendus.

Les félons de son Conseil d’Administration n’auront pas pris la peine de s’enquérir de l’avis de l’assemblée générale avant de déterminer le sens des observations communiquées au commissaire-enquêteur.

Et son président d’en rajouter même une couche : « La Société Scientifique d’Arcachon se réjouit d’occuper un local neuf et rationnel au sein du POA, sur ce site à vocation maritime. »

Ferait mieux de se rappeler qu’un petit chez soi est toujours mieux qu’un grand chez les autres.

Et de se méfier de la vocation maritime du site. Ce Président ne devrait pas se rapprocher du bord de mer, le Général de Gaulle nous a déjà expliqué que la vieillesse était un naufrage.

Bric à brac

Après quoi suit tout un bric-à-brac d’intervenants dans lesquels on trouve :

– des organismes essentiellement bordelais :

Incubateur Régional d’Aquitaine,

Le rectorat de l’Académie de Bordeaux,

Cobaty Convergence(S),

Association des Professeurs de Biologie et Géologie,

Université Club de Bordeaux.

Dont nous avons du mal à croire à leur désintéressement et donc au caractère impartial de leurs observations.

– quelques rigolos :

« L’Aquarium d’Arcachon est obsolète, il en faut un grand accueillant les gros poissons du Bassin. »

Cent mètres de long, sera-ce suffisant ?

« Le POA favorisera la mixité des âges. »

– un ancien président de l’Université de Bordeaux :

« Projet à la fois ambitieux et réaliste, défini avec l’aval des collectivités territoriales : Mairie, Cobas, CG33, CR d’Aquitaine. »

Pourquoi diable perdre son temps à demander l’avis du peuple ?

Il y a l’ancien Président de l’Université, mais il n’y a pas le nouveau.

Silence radio.

Doit réfléchir avant de se prononcer.

N’a pas répondu à notre lettre ouverte.

Les fayots académiques

Viennent ensuite ceux que l’on peut désigner comme de véritables corps constitués et que l’on retrouve à chaque occasion.

Les fayots endémiques.

Les affidés de la mairie qui espèrent obtenir quelque prébende en contrepartie de leur démarche.

Comme par exemple cette Association des Pêcheurs Plaisanciers du Bassin d’Arcachon qui espère qu’en échange de son satisfecit la Mairie attribuera quelques places de parking à ses adhérents.

Ceux qui se croient obligés de renvoyer l’ascenseur après avoir obtenu une petite faveur.

Par charité chrétienne, nous tairons leurs noms.

Tout cela n’aura pas suffi à rendre majoritaires les observations favorables.

Alors on a recouru aux bonnes vieilles méthodes utilisées pour les élections municipales quand la mairie affrète des autobus pour faire voter toute la maison de retraite.

Et plutôt que les vieux, cette fois on a choisi de privilégier les jeunes.

Il ne faut pas hésiter à innover.

Mais on ne nous dit rien de qui leur aura payé le voyage collectif jusqu’à Arcachon pour déposer leurs intéressantes remarques :

Etudiants et personnel de l’EPOC de Talence, 47 personnes.

Etudiants de Master et Doctorat, 14 personnes.

Etudiants de 1ère année de biologie, 22 personnes.

Il n’y a pas de raton laveur.

Mais il y a toutefois un représentant d’une espèce menacée sinon en voie de disparition : un ostréiculteur.

Pour dire que ce « projet est magnifique préservant et s’inscrivant parfaitement dans le site ».

Devrait aller voir son oculiste, il a la vue qui baisse, l’ostréiculteur.

Mais il n’explique pas ce qu’il souhaite en échange de son geste d’allégeance.

Plus loin, il rajoute que ce POA est un outil performant – qu’en sait-il ? – favorisant les espèces locales.

Nous avons envie de lui dire que s’interroger sur ce que favorise ce projet scandaleux est un terrain particulièrement glissant sur lequel il est préférable de ne pas s’engager.

L’agence d’architecture Brochet-Lajus-Pueyo

Et puis, et puis il y a Frida.

Non ce n’est pas Frida.

D’abord c’est un utilisateur du port d’Arcachon.

E. Lajus : L’architecture du bâtiment me paraît de bonne facture, sobre et ancrée dans son temps.

D’être un utilisateur du port lui aura fait découvrir le rôle de l’ancre.

Puis O. Brochet : le bâtiment restitue le site avec une valeur ajoutée.

Qu’est-ce que ça peut bien vouloir dire ?

Et encore, C. Pueyo : Façades en cohérence avec leur environnement, fenêtres urbaines les plus larges possibles, résilles de bois en résonnance avec la qualité du port et du bassin.

Jouez hautboisrésonnez musettes. C’est du violon, doit être musicienne.

Brochet, Lajus, Pueyo, mais c’est bien sûr !

Brochet, Lajus, Pueyo, de l’agence d’architecture Brochet-Lajus-Pueyo, celle-là même qui a été retenue pour construire cette horreur !

Peut-être ont-ils du talent, mais il semble qu’ils n’aient pas beaucoup d’honneur.

Quand la faim justifie les moyens.

Réponse détaillée ?

Tous ces efforts pour nous faire croire à l’intérêt de ce projet nous paraissent bien dérisoires.

Parce que le rapport entre les observations favorables et les défavorables n’apporte strictement aucun renseignement intéressant d’aucune sorte.

Et cela doit être la même chose dans toutes les enquêtes publiques.

Seules comportent éventuellement un véritable intérêt les idées exprimées par les uns et les autres.

Ici les opinions favorables ne sont qu’un ramassis de lieux communs sans aucune idée originale qui aurait pu nous faire nous interroger.

Et dans celles qui sont défavorables, tout le monde a bien compris que les locaux de la station marine actuelle ont un besoin pressant d’être rénovés mais que leur déplacement au Petit Port n’a rien à voir avec l’intérêt général. Un point c’est tout.

Il faut laisser le commissaire-enquêteur se gargariser du rapport entre ces deux opinions :

« Une nette majorité des personnes qui se sont exprimées dans les registres est favorable au projet. »

«  Les thèmes abordés favorables au projet sont nettement majoritaires dans les quatre volets de l’enquête publique. »

Il n’aura rien trouvé d’autre pour tenter de justifier son invraisemblable avis favorable.

Ce même commissaire-enquêteur écrit :

« Les observations « plutôt défavorables au projet » ont fait l’objet d’une réponse particulièrement détaillée pour répondre aux attentes du public. »

Pour une fois, nous sommes d’accord avec lui.

Notre lettre ouverte au président de l’Université de Bordeaux, qui reste toujours sans réponse, semble avoir fait son effet et elle a dû mobiliser un peu de monde au sein de l’Université.

Mais ce n’est pas pour cela que les réponses particulièrement détaillées soient satisfaisantes.

Nous sommes loin du compte.

Dans cette lettre ouverte nous avons soulevé seulement quatre points qui nous paraissaient les plus graves.

Le coût du projet

1) Le coût de ce projet au moment où le pays traverse une crise financière aux conséquences désastreuses et en particulier au niveau du taux de chômage.

Les universitaires, qui sont des fonctionnaires, sont habitués à ce que leur paie tombe toutes les fins de mois, quoiqu’il arrive.

Ils ne savent pas ce que veut dire la précarité et ils nous opposent… le dictionnaire Larousse.

Ils auraient mieux fait d’apprendre à se servir d’une calculette.

Voilà ce qu’ils prétendent :

« Les deux tiers environ du financement reposent sur la valorisation économique du foncier existant, le terrain site Peyneau, de la station marine actuelle, vendu au plus offrant et permettant un apport net de 70 % du montant de cette vente, les 30 % restant étant intégralement versés au désendettement de l’état par un prélèvement direct du ministère des finances publiques. Conséquence de quoi, l’état ne puise pas dans les caisses publiques, ne transfert par cette charge financière sur le contribuable et de plus participe à soulager le contribuable par la diminution de la dette publique. »

Le coût du POA est de 35 millions d’€uros.

Les 2/3 de son financement représentent une somme de 23,33 millions d’€uros.

On essaye de vendre le site Peyneau 22 millions d’€uros.

70 % du montant de cette vente feront donc au cas où cette vente interviendrait : 15,4 millions d’€uros.

Il n’est donc pas vrai de dire que les 2/3 du financement seront assurés par la vente du foncier actuel.

Reste à demander au contribuable : 35 – 15,4 = 19,6 millions d’€uros.

Alors que la participation « intégralement versée au désendettement de l’état » n’atteindra que 30 % de 22 millions, soit 6,6 millions d’€uros.

Le compte n’est pas bon.

Et en plus, toute cette opération n’est rendue possible que grâce à une dérogation accordée par la ministre du budget, en mars 2012, à la veille de perdre son maroquin.

Dérogation aux termes de laquelle aucun prélèvement ne sera réalisé au titre de la constitution des produits de cessions mutualisés.

Combine qui n’a pas échappé aux reproches de la Cour des Comptes :

« A ces exceptions générales, de niveau législatif, est venue en 2012 s’ajouter une exception plus ponctuelle : par lettre du 12 mars 2012, la ministre du budget a donné au préfet de la région Aquitaine son accord, irrégulier au regard de la loi, pour que le produit de la cession des biens immobiliers destinés à financer la construction du pôle océanographique d’Arcachon ne soit pas soumis au prélèvement de 20 % pour mutualisation prévu par la circulaire du Premier ministre du 16 janvier

2009. »

Conséquence de quoi… conséquence de quoi ces universitaires feraient mieux de continuer à disséquer des hippocampes plutôt que de jongler avec des millions d’€uros, tout cela pour tenter de faire nager une pinasse dans un aquarium.

Sans même prendre la peine de créer un seul emploi !

Quand nous disons que l’Université de Bordeaux affiche un mépris total de l’effort financier demandé à tout le pays, nous avons parfaitement raison.

L’Université de Bordeaux prétend le contraire.

L’Université de Bordeaux nous ment.

Spoliation

2) La spoliation qu’entraînera pour les riverains cette monstrueuse construction.

Ce sujet délicat, s’il en est, n’est pas véritablement abordé par l’Université dans son mémoire en réponse aux observations du commissaire-enquêteur.

Elle se contente de faire remarquer que la vue sur mer de ces propriétaires est aujourd’hui gênée à la fois par les mats des bateaux à voile stationnés dans le port de plaisance et par « la présence d’une allée de platanes qui forme une barrière végétale dense et continue parallèle au boulevard de la Plage. ».

Et le nouveau POA, en leur supprimant la vue sur mer, aura le grand avantage de faire disparaître cette double gêne.

De quoi se plaignent-ils ?

Et un peu plus loin, elle continue d’ergoter en prétendant :

« Le POA ne se situe pas en front de mer, son emplacement est de nature à préserver le littoral d’Arcachon en prise directe sur la mer. »

Le commissaire-enquêteur ne peut toutefois éviter de convenir :

« Cette nuisance pour ces riverains sera cependant indéniable et permanente. »

L’Université de Bordeaux nous ment.

Caractère dérogatoire

3) Nous avons également dénoncé le caractère dérogatoire de ce projet qui nécessite une énième modification du PLU et de s’affranchir des particularités protectrices du DPM.

Pour justifier une énième révision du PLU de l’endroit, l’Université n’a d’autres ressources que de prétendre que son projet présenterait un intérêt général.

Nous verrons plus loin qu’il n’en est rien.

Quant au DPM, elle nous explique qu’il y a deux types de DPM, le naturel et l’artificialisé.

Et que pour ce qui concerne l’artificialisé, tout est permis.

Les lois sont faites pour les autres, pas pour l’Université de Bordeaux.

L’Université de Bordeaux nous ment.

Destruction du Musée-Aquarium

4) Et enfin et surtout nous avons fait remarquer que le projet soumis à enquête entraînait de facto la démolition de notre cher Musée-Aquarium que nous considérons comme étant un élément essentiel du patrimoine de notre ville.

Plutôt que de nous arrêter à la réponse exacte de l’Université sur ce point, intéressons-nous à la présentation qu’en a faite le commissaire-enquêteur :

« La station marine d’Arcachon ne relève pas d’une démarche de création architecturale qui pourrait lui conférer aujourd’hui une valeur patrimoniale. Elle ne porte pas non plus la signature d’un illustre architecte nécessaire à un classement au titre des monuments historiques. La direction régionale des affaires culturelles de la Gironde s’est d’ailleurs prononcée défavorablement à une demande de classement le 26 mars 2010.

La notion d’état d’origine ne peut de même s’appliquer car le musée aquarium est dès l’origine un édifice construit avec le réemploi d’ouvrages en bois récupéré pour être assemblés et adaptés sur le site de Peyneau. Cet édifice a depuis été reconstruit en 1927 puis profondément remanié et transformé en 1967 perdant ainsi toute valeur originale. »

Ne pas avoir été construit dans le cadre d’une démarche architecturale n’a jamais empêché un bâtiment de présenter une valeur patrimoniale.

La loi n’exige pas qu’un bâtiment soit dessiné par un architecte illustre pour être classé monument historique.

La Direction Régionale des Affaires Culturelles de la Gironde ne s’est jamais prononcée sur notre demande de classement.

C’est bien ce que nous lui reprochons d’ailleurs.

C’est la Délégation Permanente de la Commission Régionale du Patrimoine et des Sites qui a refusé que la Direction Régionale des Affaires Culturelles de la Gironde étudie l’éventualité d’un classement du Musée-Aquarium d’Arcachon.

Les débats du procès devant la Cour Administrative d’Appel qui a suivi ce refus ont montré que cette Délégation Permanente de la Commission Régionale du Patrimoine et des Sites n’était pas régulièrement constituée lors de la séance où elle s’est penchée sur le cas de notre Musé-Aquarium.

Malheureusement quand nous l’avons découvert, le délai pour dénoncer cette irrégularité était prescrit.

Si bien qu’aujourd’hui encore personne de véritablement autorisé ne s’est posé la question du caractère historique de ce Musée-Aquarium.

Il n’a pas été reconstruit en 1927 pour la bonne et simple raison que pour être reconstruit il aurait fallu qu’il fût auparavant démoli, ce qui, grâce à Dieu, ne lui est encore jamais arrivé.

Et en 1967 a été essentiellement modifiée l’alimentation en eau des bacs d’aquarium.

L’Université de Bordeaux nous ment.

“Gratuité” du site du petit port

A ces quatre points que nous avons dénoncés au président de l’Université de Bordeaux nous pouvons aujourd’hui en ajouter un cinquième que nous avions évoqué dans la présentation faite le 26 mai dernier de notre lettre ouverte.

Nous disions alors, ce que personne n’avait encore dit avant nous, que le choix de l’emplacement du Petit Port pour ce nouveau POA était exclusivement dû au fait qu’il était gratuit.

Cet argument a été repris par des citoyens qui l’ont porté à la connaissance du commissaire-enquêteur.

Lequel a demandé son avis sur ce point à l’Université de Bordeaux.

Qui après une argutie particulièrement laborieuse a conclu :

« On ne peut donc considérer que le choix du site du Petit Port résulte uniquement de sa « gratuité » ou même simplement de son moindre « coût. » »

Dans cette affaire, de deux choses l’une.

Ou l’implantation à Arcachon d’un Pôle Océanographique Aquitain est véritablement d’intérêt général et l’Etat n’a pas d’autre alternative que d’ouvrir son carnet de chèques pour rénover et construire ce qu’il faut sur le terrain historique de la Station Marine, place Peyneau.

Ou alors l’intérêt général n’est pas avéré, ce que nous croyons, et c’est la porte ouverte aux combines et aux diverses dérogations.

Qui s’étalent ainsi devant nous.

Avec la complicité d’une université.

Pauvre France.

L’Université de Bordeaux nous ment.

“Le Rocher”….

Pour nous aider à avaler la pilule, elle a cru donner un petit côté sympathique à son projet qui en est tout à fait dénué, en l’affublant d’un nom commun : « Le rocher ».

« L’originalité architecturale du projet POA réside essentiellement dans l’évènement créé par le volume dit « le rocher », constitué par le musée-aquarium surmonté du belvédère qui crée un signal susceptible de devenir très rapidement emblématique de la ville d’Arcachon. »

Susceptible, parce que rien n’est moins sûr.

Peut-être que bientôt tous les spéculateurs, les combinards et les bétonneurs de la planète viendront en pèlerinage à Arcachon.

Qui à l’instar de Jérusalem et de son mur des lamentations pourra désormais se prévaloir de son rocher des dérogations.

l’Université de Bordeaux ment

Restait au commissaire-enquêteur à éliminer d’une pichenette la pétition portant la signature de plus de 30 000 citoyens qui entendaient montrer leur opposition au projet présenté.

Pétition qui fait tâche en face de son avis favorable.

Ce sont des chinois qui ont signé !

Tout le monde sait que les chinois sont nombreux et comme il y a beaucoup de pétitionnaires, ce ne peut être que des chinois.

Et de considérer comme « assez déplacée l’allusion à un « Mur de l’Atlantique », correspondant à des fortifications réalisées sur le littoral français par l’Allemagne nazie. »

De quoi je me mêle.

Il nous donne envie d’oser, nous aussi, une allusion contemporaine de cette période.

A l’époque de ce Mur de l’Atlantique sévissait une radio de la collaboration du nom de Radio-Paris.

Pour laquelle on disait :

« Radio-Paris ment,

Radio-Paris est allemand ! »

Et bien nous, au CPDAC, nous pensons que l’Université de Bordeaux ment.

Elle ment aujourd’hui tout comme Radio-Paris mentait hier.

Et n’en déplaise au commissaire-enquêteur, ce que l’on découvre à la lecture attentive de son rapport, de cette Université de Bordeaux nous donne envie de vomir.

Comité de direction du C.P.D.A.C.

29Juil

2 commentaires pour “Une enquête publique quelque peu pipeautée…”

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