POA : Déclaration de guerre.

Posté par admin le 29 11 2014

Le 26 mai dernier nous avons écrit une lettre ouverte au Président de l’Université de Bordeaux qui s’est bien gardé d’y répondre.

Dans laquelle nous disions :
« Le voisinage qui croyait son logement et sa propriété protégés par des lois et des règlements va se voir scandaleusement spolié. Pour celui-ci, il ne s’agit plus d’une provocation mais d’une véritable déclaration de guerre. »

Le journal Sud Ouest, dans sa livraison du 25 novembre, nous apprend qu’effectivement la guerre vient d’être déclarée :
« Un autre recours concernant le projet du Petit Port a été déposé par une centaine de propriétaires individuels et de copropriétaires de deux résidences dont la vue sur le Bassin devrait être bouchée par le POA, plus l’association arcachonnaise de plaisanciers CDROM. »

L’Université de Bordeaux n’entend pas faire dans la dentelle et ne se sent pas gênée de spolier une centaine de propriétaires. Et quelques plaisanciers.
Le Pôle Océanographique Aquitain rejoint ainsi les peu glorieux aérodrome de Notre-Dame-des-Landes, le barrage de Sivens et tutti quanti, dans le club des projets contestés. Alors qu’il n’était pas encore mentionné sur la carte de ces dits projets contestés que le Monde a publiée dans sa livraison du 8 novembre dernier.
Les « zadistes » vont pouvoir ériger leurs tentes sur l’esplanade du Petit-Port. Cela leur permettra une villégiature somme toute plus agréable que la gadoue et les frimas qu’ils doivent affronter en Loire Atlantique ou dans le Tarn.
Et ils apporteront un peu d’animation à une ville qui en a bien besoin l’hiver.

Rappelons rapidement le contexte.
Un maire qui se fait élire pour lutter contre l’envahissement du béton dans une ville qui n’en est pas encore trop gangrénée et qui tout à coup tourne casaque.
Pourquoi ? Dans quel but ?
Allez savoir.
Une chose est sûre, ce n’est pas dans l’intérêt de sa ville.
Et pour arriver à ses fins, il va exciter l’ambition d’un chercheur qui ne trouve pas mais auquel la direction d’un pôle tout neuf laisse espérer un avancement d’échelon.
Et c’est 11 000 mètres carrés de béton à l’emplacement du Petit Port, et c’est 18 000 mètres carrés sur la parcelle Peyneau.
Et vas-y petit.
Sans compter les dégâts collatéraux.
Dont le plus scandaleux est le massacre du Musée-Aquarium d’Arcachon, le plus ancien aquarium public en activité dans sa configuration d’origine.
La ville compte 11 000 habitants.
30 000 citoyens ont signé une pétition pour s’opposer à ces projets.
Personne ne les a écoutés.

A Sivens, il a fallu la mort d’un manifestant pour que la collectivité prenne conscience de la débilité du projet contre lequel il luttait.
Au même moment, deux experts indépendants ont dit tout le mal qu’il fallait penser de ce barrage et l’Europe a fini par porter l’estocade en ouvrant une procédure d’infraction contre la France.
Laissant les politiques locaux coupables de cette ineptie face à leur conscience.

Mais les projets arcachonnais sont encore bien plus débiles que le barrage de Sivens.
On peut s’amuser à imaginer ce qu’en diraient deux experts indépendants.
35 millions d’euros pour permettre à des universitaires devenus fous de faire nager une pinasse dans un aquarium.
En salopant le bord de mer.
Et avec l’argent des contribuables qui n’en peuvent mais.

Le président Tunon de Lara assume aujourd’hui la même responsabilité que celle des politiques qui ont imaginé et se sont accrochés au projet de Sivens.
Lequel a abouti à la catastrophe que nous connaissons.
Et c’est sans doute parce qu’il le sait, qu’il se tait.
Jamais il ne s’est exprimé publiquement pour tenter de défendre l’indéfendable.
Cent propriétaires ont déposé un recours contre son projet débile et il n’a pas même un mot pour eux.
Peut-être est-il l’otage de l’ambition de quelques sous-fifres ?
Aujourd’hui le Président de la République promet une démocratie participative pour éviter la reproduction du scandale de Sivens. Et il prône enfin le recours à des « référendums locaux ».
Le maire d’Arcachon ne peut plus aujourd’hui s’engager dans ses deux projets de bétonnages à outrance du bord de mer de notre ville sans s’appuyer sur un minimum de légitimité.
Que seul un référendum local peut lui apporter.
Et si les Arcachonnais lui donnent raison, nous perdrons notre Musée-Aquarium, mais nous ne pourrons plus rien dire.
Le peuple aura décidé.
Et ce n’est pas le fait de découvrir vivre au milieu des barbares qui nous consolera…

Pour le CPDAC
Jean-Pierre Ardoin Saint Amand.

29Nov

Un commentaire pour “POA : Déclaration de guerre.”

  1. Dixon jacqueline dit :

    Bonjour,
    Je n’ai pas vu passer cette pétition. J’en conclus que je ne suis pas la seule. Je ne sais pas si beaucoup plus de signatures aurait changé grand chose. En tout cas, je veux bien, au cas où ce serait encore utile que vous me l’adressiez. Je la ferai circuler. Je viens de découvrir avec enthousiasme le musée aquarium sur internet et je découvre en même temps sa destruction programmée pour une cause plus que douteuse.
    J’habite dans le Tarn. Il y a à Gaillac un petit muséum qui est aussi resté dans son jus comme votre aquarium. Nous tremblons aussi à l’idée de ce qu’il risque de devenir.
    Bien à vous
    J.Dixon

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