Louis Boutan – Biographie

Posté par admin le 25 06 2017
Partagez cet articleShare on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterShare on LinkedInEmail this to someone

Louis Marie-Auguste BOUTAN (1859-1934)

  • Biologiste
  • Pionnier de la photographie sous-marine

Il naquit à Versailles le 6 mars 1859. Il est le fils d’Augustin Boutan, Inspecteur Général de l’Instruction Publique. Il fait des études de biologie et d’histoire naturelle à l’Université de Paris et devient préparateur adjoint à la Sorbonne à l’âge de 20 ans. En 1880, il est nommé chef-adjoint  par le ministère de l’Instruction publique, et chargé d’une mission en Australie : organiser la section française à l’exposition universelle de Melbourne. Il y reste dix-huit mois, parcourt le continent et identifie de nombreuses nouvelles espèces animales. Il étudie, au cours du même voyage, les progrès du phylloxéra dans le vignoble australien, la flore des plateaux désertiques et, dans le détroit de Torrès, les mollusques producteurs de nacre et de perles. Lors du voyage du retour, il collecte un nombre important de bénitiers.

Rentré en France, il devient, le 9 mars 1883, préparateur à la Faculté de Paris et attaché au laboratoire de zoologie expérimentale de Henri de Lacaze-Duthiers.

À l’invitation de ce dernier, il se rend en 1884 au Laboratoire Arago de Banyuls-sur-Mer. Il va y étudier sur place, pendant six étés, la biologie marine. En 1886, il apprend à plonger et obtient son doctorat ès-Sciences à Paris avec une thèse intitulée « Recherches sur l’anatomie et le développement de la fissurelle. Comparaison de la fissurelle avec les types voisins ». Utilisant le scaphandre pour étudier les animaux dans leur milieu naturel, il regrette alors de ne pouvoir en ramener des images. C’est au cours de ces recherches qu’il fut littéralement émerveillé par la découverte des paysages sous-marins « avec leurs prairies aux hautes herbes, leurs escarpements de rochers aux cavités peuplées de toute une faune ».

Le 1er mars 1888, il est nommé au poste de Maître de Conférences en Zoologie à la Faculté des Sciences de Lille. En 1889, il assure l’enseignement des Sciences Naturelles à l’école professionnelle d’Armentières. Dès son installation dans le Nord, il assiste le Professeur Paul Hallez dans la mise en place d’un petit laboratoire de recherches au Portel et se met à pratiquer à l’aide d’une simple barque de pêcheur, de multiples dragues. Son goût pour l’aventure et les missions de recherches reprenant le dessus, il organise un voyage de trois mois pour étudier les mollusques des côtes de la Mer Rouge et, sur la plage d’Ataka, il  complète sa documentation sur les huîtres perlières.

En 1892, Louis Boutan décide de photographier la vie sous-marine. Il fait construire en 1893, avec son frère Auguste, une boîte étanche pour un appareil de type Détective à 6 plaques de 9cm x 12cm, avec lequel il prend plusieurs clichés en pose entre 3,5 et 11 m de fond. Encouragé par ces premiers résultats, il fait construire ensuite un gros appareil amphibie à plaques de 18 x 24 cm et muni d’un objectif plus lumineux avec lequel il prend des photos instantanées. Il compense parfois l’absorption de la lumière solaire en profondeur avec un flash où un fil de magnésium brûle dans de l’oxygène, avec un temps de pose inférieur à la seconde. Il prendra enfin une photo télécommandée à l’aide d’un électroaimant et de deux arcs électriques étanches, en instantané à 50 m de profondeur. En 1893, il fit des explorations sous-marines dans les fonds des environs de Banyuls à l’aide de scaphandres, inaugurant l’éclairage artificiel et la photographie sous-marine. L’ensemble de ses travaux le fera considérer par la suite comme un précurseur dans le domaine de la photographie sous-marine.

En 1904, il est nommé en Indochine et envoyé en mission à Hanoï. Il doit notamment faire des études sur l’amélioration du riz et la culture des huîtres perlières, un sujet attractif pour ce passionné de la mer. Si Louis Boutan est très motivé par ce travail dont il a la charge officielle, il a aussi l’opportunité de s’adonner à d’autres recherches, sur lesquelles nous reviendrons.

En janvier 1907, lors d’une expédition dans le nord du Laos, Boutan acquiert un gibbon femelle aux joues blanches (Hylobates leucogenys) qu’il baptise « Pépée ». Boutan est fasciné par la dextérité de cet animal à marcher debout, son agilité, et surtout son chant mélodieux et envoûtant. De retour à Hanoï avec l’animal capturé, il se met en quête de percer le mystère de l’origine de ses vocalisations.

Son retour définitif en France, avec Céline son épouse et Pépée, se fait en 1908 ; la mission française est en effet supprimée par le gouvernement contre l’avis de l’Académie des Sciences. Louis Boutan entreprend des études comparées sur les capacités mentales de son gibbon et celles d’enfants âgés de deux à dix ans. Son but est alors de comprendre comment s’articulent le langage et la pensée abstraite. Il participe ainsi à l’émergence de la psychologie de l’enfant et jette, d’une certaine manière, les bases de la psychologie expérimentale.

Le 1er février 1910, il est nommé Professeur de Zoologie et de Physiologie Animale à la Faculté des Sciences de Bordeaux.

Dès 1914-1915, Louis Boutan participe à l’effort de guerre. C’est durant cette période que Louis et son frère Auguste vont travailler notamment à l’élaboration d’un appareil de plongée pour l’armée : le scaphandre autonome.

A la paix, il reprit ses travaux sur les mollusques porteurs de nacre et s’intéressa à la production artificielle des perles, sujet dont il avait été l’un des premiers initiateurs. Ses capacités de travail, son efficacité, son goût pour l’enseignement et ses travaux pour la défense nationale, sont les traits essentiels qui ressortent des fiches de renseignements généraux jusque dans les années vingt où l’on apprend sa nomination, en 1921, au poste de Directeur de la Station Biologique d’Arcachon.

En 1924, Louis Boutan, âgé de 65 ans, participe au Congrès des Pêches Maritimes de Boulogne. Il y rencontre le Professeur Bourniol d’Alger et décide de permuter avec lui : il prend la chaire de Zoologie Générale à la Faculté des Sciences d’Alger. Il est nommé dans le même temps Directeur de la Station d’Aquaculture et de Pêches de Castiglione, et Inspecteur technique des pêcheries algériennes.

Sa carrière s’achève après qu’il eut été nommé Professeur honoraire à la Faculté des Sciences : le 9 décembre 1929.  Il se retire alors à Tighzirt-sur-Mer, une région de Kabylie près d’Alger, où il avait fait construire  « sa perle » : « Djouara ». Il y décède le 6 avril 1934.

 

D’après Arnaud FELICI, nov. 2001
Mémoire de Maîtrise d’Histoire

Faculté des Lettres et Sciences Humaines
de l’Université de Perpignan

http://biologie.univ-lille1.fr/Culture-et-Patrimoine/grands-scientifiques-honores-UFR/

Consultez quelques oeuvres de Louis Boutan :

A lire également :

 

25Juin

Laisser un commentaire