La Société scientifique d’Arcachon vue par ses contemporains (1887 – 1892)

Posté par admin le 21 12 2017
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Arcachon ne doit pas seulement être un investissement financier rentable pour ses promoteurs; elle ne doit pas seulement devenir la station balnéaire de l’Europe, le sanatorium des riches, un port de pêche de premier rang.

Elle doit aussi compter au nombre des villes qui font progresser la science. Nous sommes au milieu du XIXe siècle, les hommes ont encore la foi dans la Science qui va permettre de résoudre tous les problèmes de la Terre.

Quelques années seulement après la création de la ville, l’abbé Xavier Mouls, son premier curé, crée une société scientifique le 23 août 1863: la ville a 6 ans… En juillet 1866, cette société organise une exposition internationale sur la pêche et l’aquiculture (comme on disait à l’époque) avec 600 exposants dont une centaine d’étrangers et crée en 1867 une des premières stations de biologie marine du monde. L’aquarium ouvert en 1867 est le quatrième au monde après Londres, Paris et Hambourg.

Une revue illustrée britannique, The illustrated London news, publie dans son édition du samedi 25 août 1866, cette étonnante gravure de l’exposition:

L'exposition de 1866 vue par la revue britannique The illustrated London news

Voici ce qu’écrit en 1887 et en 1892 le journal de Gaston Tissandier, La Nature, à propos de la station zoologique. (Je vous recommande la pose du chercheur perdu dans ses réflexions à la fenêtre de son laboratoire …).

1887

Le Laboratoire de Zoologie de la Société scientifique d’Arcachon

Les lecteurs de La Nature, habitues à suivre pas à pas les progrès des laboratoires officiels, et mis au courant des difficultés que comporte l’organisation d’une station maritime, trouveront peut-être quelque intérêt à la description d’un établissement de ce genre, dû entièrement à l’initiative privée, et destiné à rendre de grands services à l’Université, tout en restant complètement indépendant.

L’histoire de ce laboratoire est résumée tout entière dans les quelques mots qui ne manquent pas de frapper tout d’abord le visiteur, lorsqu’il arrive devant le grand bâtiment où sont inscrits ces mots : Musée-aquarium et laboratoire marin.

Ce local avait servi en 1866 pour une exposition de pêche et d’aquiculture, organisée par la Société encore à ses débuts, et c’est là qu’on eut alors l’idée d’installer un musée d’histoire naturelle, destiné surtout à l’étude de la région, et un tout petit laboratoire qui dut suffire pendant de longues années à tous les besoins. Il s’agissait alors pour la Société, obligée de lutter contre des difficultés financières de toutes sortes, de subsister un peu au jour le jour, et pour cela, d’intéresser le plus possible le public à ses travaux. De cette préoccupation résulta la fondation d’un magnifique aquarium, composé, comme celui du Jardin d’Acclimatation, d’une vingtaine de grandes cuves où s’accumulent toutes les richesses zoologiques de la faune maritime du Sud-Ouest. Là, tous les ans, plus de 4000 personnes viennent admirer les poissons bizarres qui pullulent dans le bassin d’Arcachon, les magnifiques Vérétilles de 30 centimètres, étalant leurs longs polypes rosés, les délicates Méduses bleues aux mille filaments enchevêtrés, et les innombrables petits Cténophores, transparents comme le plus pur cristal dans l’eau limpide des aquariums.

De tous ces animaux, les uns comme les Actinies se conservent presque indéfiniment dans les bassins, les autres y sont placés temporairement par les travailleurs qui les ont ainsi plus facilement sous la main. Une machine à vapeur permet d’y renouveler l’eau chaque jour.

En sortant de l’aquarium, on aperçoit cinq grands bacs bien abrités, où peuvent vivre assez longtemps les animaux de grande taille, tandis que de nombreux aquariums portatifs permettent de séparer ceux que leur petite taille exposerait à être perdus ou mangés par les plus gros.

Tout à côté sont les laboratoires proprement dits, installés dans les bâtiments nouveaux faisant face à la mer, les seuls qui soient indiqués sur la figure ci-jointe. L’édifice, lorsqu’il sera achevé, aura fort bonne mine avec ses neuf salles parfaitement éclairées, où pourra trouver asile toute une armée de travailleurs. Quoique moins grandiose assurément que les monuments qui dépendent des établissements de l’État, un semblable édifice ne se construit pas en un an avec un budget aussi restreint que celui de la Société scientifique. On a du aller au plus pressé, et dès aujourd’hui, quatre salles sont mises à la disposition des hôtes du laboratoire.

C’est un véritable plaisir que de travailler dans une de ces chambres si claires et si gaies, où l’on a sous la main, par un système ingénieux de canalisation, le gaz, l’eau douce et l’eau de mer, innovation qui, à ma connaissance, n’a pas été réalisée encore dans les laboratoires officiels.

Me sera-t-il permis, toutefois, d’émettre un vœu au sujet des nouvelles salles que la Société a l’intention de faire construire incessamment ? Il me semble qu’il y aurait avantage à réserver une large et longue salle pour le cas où plusieurs jeunes gens désireraient étudier ensemble la zoologie. Cette disposition, adoptée par exemple à Roscoff et à Banyuls, présente des avantages si évidents qu’il est inutile de les mettre longuement en lumière.

Pour achever l’énumération des locaux mis par la Société à la disposition de ses hôtes, il nous reste a citer encore deux chambres meublées réservées aux jeunes étudiants qui désirent prolonger quelque temps leur séjour à Arcachon. Ce nombre sera doublé le jour où seront réalisés les autres agrandissements qui permettront de recevoir un plus grand nombre de travailleurs.

Au premier étage, au-dessus de l’aquarium, se trouve d’abord le musée, commencé dès 1866, et renfermant avec les principales curiosités de la région, une collection zoologique d’étude qui va s’augmentant de jour en jour grâce aux dons volontaires. En face est la bibliothèque, fort spacieuse, qui peut recevoir un nombre de volumes au moins double de celui qui existe actuellement; il y a peu d’années, en effet, que la Société scientifique a définitivement dirigé ses efforts vers la création d’une importante Station zoologique ; or rien n’est long et coûteux à établir comme une bibliothèque de zoologie un peu complète. Mais sur ce point encore, on est frappé des progrès accomplis en si peu de temps; déjà les principaux recueils français arrivent régulièrement à Arcachon, et il y a tout lieu d’espérer que bientôt, grâce à la bienveillance de beaucoup de nos savants les plus éminents, la station n’aura plus rien à désirer sous ce rapport.

La perfection semble au contraire bien près d’être atteinte au point de vue de l’outillage scientifique. Les instruments nécessaires aux zoologistes, soit pour la pèche, soit pour les dissections, soit pour les recherches histologiques, ont été acquis peu à peu : tout récemment encore on a fait l’acquisition d’un microtome Henneguy, instrument précieux qui permet de faire des coupes épaisses seulement de 1/2000éme de millimètre, avec plus de facilité qu’on n’en avait jusqu’ici pour dilacérer les éléments anatomiques d’un animal, et qui a acquis une précision telle que les étrangers, connaisseurs en fait de microtome, l’adoptent de tous côtés pour leurs laboratoires.

Un grand canot à voile a été donné par l’Association scientifique de France, il s’appelle l’Amphyoxus, en l’honneur du célèbre petit animal dont M. Paul Bert a repris à Arcachon l’étude approfondie. Il suffit parfaitement à l’exploration du bassin.

Il y a. certes, de belles et intéressantes récoltes à faire à Arcachon, comme on peut s’en convaincre en parcourant les listes dressées par M. Alexandre Lafont, reprises ensuite par M. Fischer, aide-naturaliste au muséum, listes qui sont encore loin d’être achevées. Cependant il ne faut pas s’attendre à rencontrer sur ces plages sablonneuses et uniformes du golfe de Gascogne, la faune merveilleusement variée des côtes rocheuses de la Manche ou de la Méditerranée. Les riches collections de poissons, d’annélides, de cœlentérés que fournissent les recherches dans le sable et la pèche pélagique, suffiraient, il est vrai, à justifier le succès qu’a obtenu la station zoologique d’Arcachon dans la région du Sud-Ouest. De plus, les conditions toutes spéciales de la vie dans cette petite mer intérieure, véritable aquarium naturel, chauffée incessamment par le soleil du Midi, favorise la multiplication extraordinaire de certaines espèces intéressantes et rares au moins dans l’Océan.

Malgré tout cela, malgré le voisinage de Bordeaux qui tend de plus en plus à devenir le centre d’un grand mouvement scientifique, il semblait y avoir encore quelque chose de désavantageux dans la situation d’Arcachon; il fallait absolument se procurer avec rapidité tous les animaux qu’on rencontre sur les autres grèves, et les avoir sous la main pour répondre aux demandes qui commençaient à arriver de tous les points de la France. Voici comment on y est arrivé.

Il existe, au fond du golfe de Gascogne, entre Biarritz et Saint-Jean-de-Luz, une plage d’une richesse admirable : c’est Guéthary. Rochers, larges flaques d’eau, anses découpées à l’infini, rien n’y manque. Quelle nulle magnifique situation pour une station zoologique, si Guéthary n’était pas à 55 lieues de Bordeaux, et à 200 de Paris ! La Société scientifique a su pourtant tirer parti du ces avantages. Une petite succursale du Laboratoire a été installée à Guéthary : un marin y a été attaché, et l’on peut, en une demi-journée recevoir à Arcachon les animaux les plus varies, et les y conserver presque indéfiniment. Mais ce n’est pas tout encore. Que penserait-on d’un laboratoire qui aurait à sa disposition cinq bateaux à vapeur, occupés à draguer jour et nuit en pleine mer jusqu’à 80 brasses et dont l’un rapporterait chaque jour le produit de la pêche de tous les autres ? C’est ce qui est réalisé à Arcachon, grâce à la bienveillance d’un riche propriétaire de pêcheries, M. Johnston, membre de la Société scientifique. Depuis cette année, tout travailleur inscrit au laboratoire peut obtenir l’autorisation d’assister à la grande pêche au chalut sur un de ces bateaux. Il peut recueillir ainsi une foule d’échantillons de cette faune, si connue depuis les grandes explorations sous-marines, mais dont il est encore difficile de se procurer à volonté de nombreux représentants.

Laboratoire : élévation et plan

N’est-ce pas là une bonne fortune pour un jeune zoologiste ? Ceux que la mer, assez peu clémente sur ces côtes, pourrait effrayer, envoient à leur place le marin du Laboratoire, et la récolte n’est pas moins satisfaisante.

On voit que les matériaux pouvant servir à d’intéressants travaux de zoologie, ne sont pas près de manquer à Arcachon. L’avenir scientifique de cette station semble donc assuré pour de longues années. Il est d’ailleurs garanti par son passé glorieux. Un laboratoire qui, avant d’être complètement organisé a été illustré par la présence de MM. de Quatrefages, P. Bert, Ranvier, Moreau, Fischer, Fr. Franck, appelé à rendre encore d’éclatants services à la science française. Aujourd’hui, on le sait, le goût de la zoologie se répand de plus en plus parmi nous. Tandis que de nouvelles stations s’ouvrent ou vont s’ouvrir sur nos côtes, jamais les anciens laboratoire, fondés par nos maîtres les plus éminents n’ont été fréquentés avec plus d’enthousiasme. Celui d’Arcachon, avec une installation plus modeste, mais favorisé par des conditions toutes spéciales, ne peut manquer d’attirer aussi des travailleurs.

Telle est l’œuvre qu’a pu fonder, à force de persévérance et malgré des difficultés de toutes sortes, la Société scientifique d’Arcachon. Si les encouragements ne lui ont pas manqué, de la part des différents Ministères, et surtout des grandes associations scientifiques de France, ses aînées, il n’en reste pas moins acquis qu’elle est arrivée à ce résultat, grâce à sa propre initiative, grâce au dévouement et à l’activité de son sympathique directeur, M, E. Durègne, grâce surtout à son indépendance qu’elle entend à bon droit maintenir. Elle ne se réclame d’aucune école scientifique; elle offre ses services a toutes, et se propose de réaliser chaque jour dans cette voie de nouveaux progrès.

F.Bernard

La Nature – 1887 : Quinzième année, premier semestre

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1892

La Station Zoologique d’Arcachon

Dans un récent travail dont l’auteur, M. le Pr. H. Viallanes, directeur de la Station zoologique d’Arcachon, a communiqué les principaux résultats à l’Académie des sciences, il vient d’être déterminé nettement la cause du dépérissement de la culture huîtrière dont se plaignaient, depuis plusieurs années, les parqueurs arcachonnais.

“L’eau de mer, qui tient toujours en suspension des particules solides, se clarifie avec une rapidité surprenante quand, dans le vase qui la contient, on place une Huître ou une Moule. Ces animaux, en effet, dès qu’ils sont plongés dans leur milieu naturel, établissent un rapide courant d’eau entre leurs valves écartées; parmi les particules que ce courant entraîne, les unes sont agglutinées en volumineux grumeaux, par une sécrétion muqueuse du manteau, puis aussitôt rejetées; les autres traversent le tube digestif pour être ensuite expulsées sous forme d’excréments solides.”

Le Laboratoire

II résulte des expériences comparatives précises de M. le Pr. H. Viallanes, dans le détail desquelles je ne saurais entrer ici, que la Moule, dont la valeur commerciale est nulle à Arcachon, absorbe trois fois autant de nourriture que l’Huître française, et que l’Huître portugaise consomme cinq fois et demie autant que cette même Huître française.

Or, à la suite de l’établissement, en clayonnages de bruyères, des digues de soutènement des parcs, les Moules ont envahi le bassin arcachonnais au point d’atteindre, à l’heure actuelle, le nombre de trois milliards d’individus – consommant par conséquent, en pure perte, la nourriture de neuf milliards d’Huîtres.

La destruction des Moules et des Huîtres portugaises, qui sera la conséquence des recherches si intéressantes de M. H. Viallanes, sera aussi le remède efficace apporté à une crise de l’industrie ostréicole, dont les causes nous avaient jusqu’ici échappé.

L’expérimentation précise d’un biologiste éminent a donc, une fois de plus, permis de résoudre un problème confus dont la portée économique est cependant considérable; mais ces travaux appellent plus spécialement l’attention sur la station marine où ils ont été exécutés et dont l’histoire comporte d’assez beaux résultats scientifiques pour mériter de nous arrêter un peu longuement.

Voici environ trente années qu’il se forma, à Arcachon, une société d’hommes éclairés, amis des sciences sinon hommes de sciences eux-mêmes (aimant aussi beaucoup leur pays), qui conçurent le projet de créer, avec leurs propres ressources, des laboratoires et des collections pouvant servir à l’étude scientifique des industries locales. Au nombre de celle-ci se trouvaient la Pèche et l’Ostréiculture pour lesquelles la Société arcachonnaise organisa une Exposition qui réunit près de 700 adhérents. Ce fut là une hardie et coûteuse tentative, dont le plus franc succès couronna du reste la conception, et qui dota la Société d’un musée et d’un aquarium. Construit d’abord dans le seul but d’attirer le public à l’Exposition, celui-ci fut maintenu dans la suite, en raison de son utilité pour l’étude physiologique des animaux marins, et la Société décida bientôt de lui adjoindre un laboratoire ” où il fût possible d’instituer des expériences de pisciculture et de faire des préparations anatomiques “.

L'aquarium

Il ne fut naturellement pas édifié d’un coup un établissement luxueux, où la seule construction put engloutir le capital, assez faible d’ailleurs, dont disposait la Société scientifique d’Arcachon. L’installation fut modeste, sage, peu bruyante. Néanmoins, on y put faire d’excellents travaux et Paul Bert puis Armand Moreau y exécutèrent des recherches sur la biologie des animaux marins.

La Station zoologique ainsi créée et consacrée par l’importance des travaux qui y étaient exécutés, traversa cependant une période de crise, ne pouvant maintenir qu’assez difficilement l’équilibre entre les exigences pécuniaires d’un pareil établissement et les ressources modiques d’un budget que soutenaient heureusement des subventions du Conseil général de la Gironde et de la municipalité arcachonnaise.

Elle se releva vaillamment, toutefois, grâce à l’énergie et au dévouement des hommes qui en avaient pris la charge. Ce n’étaient cependant pas des spécialistes, au sens strict du terme, des zoologistes professionnels. Peu à peu, du reste, bien que la Société entendit conserver toute son indépendance, et malgré la création des si nombreux laboratoires de nos côtes, il lui vint (de tous les points de France) des professeurs, des savants, qui usèrent d’une hospitalité qu’elle donnait très large et très discrète.

Aujourd’hui, la Station zoologique d’Arcachon, encore qu’elle ait conservé une grande modestie d’allures, est l’une des mieux comprises et aussi des plus florissantes stations de biologie marine française.

Elle comprend plusieurs laboratoires pourvus d’une double canalisation d’eau douce et d’eau marine, un aquarium très vaste et parfaitement installé, une bibliothèque, fort riche qui se développe tous les jours, enfin, un Musée de l’histoire naturelle locale, où la faune conchyliologique du sud-ouest est complètement représentée et que M. Giard, l’éminent professeur de la Sorbonne, a voulu doter de types comparatifs des mers du nord.

Plan de la station

Plan de la station

Très profitable aux savants qui veulent se livrer à des recherches dans ses laboratoires, la Station zoologique d’Arcachon a voulu être utile encore à ceux que leurs occupations retiennent éloignés du bord de la mer. Elle est parvenue à étendre ainsi sa mission d’utilité scientifique et publique, en organisant un service d’envois d’animaux marins pour nos établissements universitaires ou pour les particuliers, service que facilitent la richesse faunique du bassin d’Arcachon et les pèches pratiquées au large de nos côtes gasconnes par les vapeurs de la ” Société des Pêcherie de l’Océan “.

Enfin, ne reculant devant aucun sacrifice, elle a voulu organiser un service d’observations océanographiques.

Depuis quelques années, grâce surtout aux efforts de M. le professeur J. Thoulet, l’océanographie, science relativement nouvelle, préoccupe un certain nombre d’esprits scientifiques, non seulement dans le monde des hydrographes et des physiciens, mais aussi dans celui des naturalistes.

Tous ceux qu’intéresse la biologie des êtres marins – et qui, ne se bornant pas à la connaissance des dissemblances et des parentés morphologiques de ces êtres, veulent essayer de comprendre les conditions obscures de leur existence, – saisissent facilement quelle importance présente la connaissance physique, chimique et dynamique du milieu océanique.

Si précises que soient aussi les expériences de physiologie expérimentale, elles ne peuvent servir que de preuves a posteriori dans l’étude des relations des animaux marins et du milieu où ils vivent. La base nécessaire de cette étude doit être l’observation minutieuse de la distribution de ces êtres suivant les variations de l’élément où ils sont plongés. Encore faut-il connaître exactement cet élément dans sa composition, sa densité, sa température, sa photométrie, ses mouvements, etc.; et ce n’est, en somme, qu’assez récemment, à la suite des grandes explorations sous-marines, que l’on a abordé ces problèmes divers, avec une méthode scientifique et une instrumentation spéciale.

Il appartient bien à la Station zoologique d’Arcachon, qui fut fondée autrefois (1867) par l’initiative privée, avant qu’aucun laboratoire maritime existât en France ou à l’étranger, d’être aussi le premier établissement de ce genre à entreprendre l’étude méthodique et suivie du milieu océanique qui l’avoisine.

Comme consécration de cette heureuse innovation, M. le professeur J. Thoulet a bien voulu instituer le programme des observations qui seront faites et lever lui-même la carie géologique du bassin d’Arcachon.

Dans la voie nouvelle où vont s’engager ses recherches, la Station zoologique rendra de signalés services aux sciences philosophiques à coup sur, mais aussi elle sera grandement utile a l’étude des pêcheries scientifiques, établissant une méthode rigoureuse pour l’examen des relations des poissons et autres animaux comestibles avec le milieu où ils vivent. Aussi bien, après les remarquables et pratiques recherches de M. le Dr H. Viallanes, que ne, devons-nous pas espérer pour l’avenir?

GEORGES ROCHÉ

La Nature
3 septembre 1892
n°1005
page 209 et suivantes

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21Déc

Un commentaire pour “La Société scientifique d’Arcachon vue par ses contemporains (1887 – 1892)”

  1. sigaut dit :

    elles sont très intéressantes vos informations

    je travaille actuellement sur la construction sociale et culturelle du littoral

    merci

    et bien cordialement

    olivier sigaut

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