Le Notre-Dame-des-Landes arcachonnais, ou Jean-Bedel Foulon pris par la folie des grandeurs

Posté par admin le 22 02 2018
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Le Notre-Dame-des-Landes arcachonnais qui consiste à déplacer la station marine d’Arcachon, entraînant la destruction de notre cher Musée-Aquarium, est symptomatique de la folie des grandeurs qui s’est emparé sur le tard du maire d’Arcachon.

En lieu et place de ce véritable monument historique qu’est le Musée-Aquarium d’Arcachon, le plus vieil aquarium public du monde en activité dans sa configuration d’origine, cet édile local veut faire édifier, pratiquement côte à côte, deux pâles copies, l’une du Carlton de Cannes et l’autre du Musée Océanographique de Monaco.

Rien de moins.

Jean de La Fontaine nous a raconté l’histoire de cette grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le bœuf :

Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages :

Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs.

Et nous autres, au CPDAC, nous allons vous raconter l’histoire de ce maire « qui veut bâtir comme les grands Seigneurs.»

Ou qui croit pouvoir bâtir comme les grands Seigneurs.

En premier lieu, exit le Musée-Aquarium d’Arcachon. Le saccage ne fait plus peur. Et à sa place, 18 000 mètres carrés de béton sur 25 mètres de haut construit, pour partie, au milieu même de la rue et comportant un hôtel-casino : le Carlton de Cannes. Enfin une caricature en béton bon marché au style on ne peut plus pompier.

Le Carlton de Cannes, l’original, dont aucune façade n’est construite dans la rue-même.

 

La copie arcachonnaise, à cheval sur la rue du Professeur-Jolyet.

“Ce programme est ancré dans l’histoire de la ville d’Arcachon. Il propose de nouveaux bâtiments qui résonnent avec une atmosphère architecturale fin XIXe–début XXe siècle“.

« Il permettra de favoriser un meilleur « épannelage » des constructions depuis l’hyper centre-ville. »

Et patati et patata.

Et pour faire le pendant, cinq cents mètres plus loin, construit sur le domaine public maritime, inconstructible par définition, le Pôle Océanographique Aquitain. Du béton, encore du béton, 15 000 mètres carrés sur 100 mètres de long, tant qu’à saccager le littoral autant en saccager le plus possible, pareille opportunité n’est pas prête de se représenter. Cent mètres de long sur 15 mètres de haut. Pour être sûr que derrière lui, plus personne ne pourra voir la mer.

Et comme pour l’hôtel on a copié le Carlton de Cannes, pour le Pôle Océanographique Aquitain on s’est servilement inspiré du Musée Océanographique de Monaco.

Enfin, la classe en moins.

Le Musée Océanographique de Monaco construit au bord de l’eau, mais pas sur le Domaine Public Maritime.

 

Le Pôle Océanographique Aquitain, usurpateur du Domaine Public Maritime.

« Ancré sur une parcelle remarquable face au bassin d’Arcachon, le Pôle Océanographique Aquitain intègre dans sa volumétrie un parcours extérieur qui prolonge la promenade publique des quais le long du port et offre des vues inédites. Tout en exprimant les enjeux d’un programme réunissant des laboratoires et un musée aquarium, l’architecture les met en exergue à l’échelle de la ville et du site. Entre le boulevard de la plage, le port et le Bassin, le nouvel îlot préserve une large percée visuelle. En front de port, les laboratoires de recherche et les bureaux dessinent une longue séquence paysagère aux faux airs de dune arborée. Tel un rocher minéral sculpté en proue face au port, le musée aquarium s’impose comme un nouveau bâtiment emblématique en référence aux phares et aux architectures balnéaires qui rythment la côte atlantique. Ouvert sur l’esplanade des Marins, le volume vertical vitré du hall d’entrée articule ces deux entités, tout en scénographiant d’emblée quelques pièces de la collection. Sur le boulevard de la Plage, la longue façade urbaine qui regarde la ville abrite derrière ses ventelles protectrices un univers de travail serein pour les chercheurs et les étudiants. Etc., etc. »

 Si l’on ne prend pas les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages et les Arcachonnais pour des imbéciles, Dieu que cela lui ressemble…

Le maire d’Arcachon croit et veut nous faire croire qu’il va bâtir comme un grand seigneur. Il ne va en fait réussir qu’à transformer la sympathique station d’Arcachon en Benidorm au petit pied. Voilà ce qu’attend ses habitants avec la réalisation du Notre-Dame-des-Landes arcachonnais.

La sympathique baie de Benidorm

Arcachon, le 22 février 2018.

                                                             Pour le CPDAC.

22Fév

3 commentaires pour “Le Notre-Dame-des-Landes arcachonnais, ou Jean-Bedel Foulon pris par la folie des grandeurs”

  1. brocker dit :

    j’espère que ce projet capotera !!!

  2. landry dit :

    moi je dis qui vivra verra!!!comme j’ai quitté arcachon depuis 1970 afin de construire ma carrière ailleurs,on ne m’a pas permis d’avoir un mot à dire sur l’occupation de la cabane tchanquée construite par mon grand-père.alors,que vaudra mon avis sur des sujets dont je n’ai pas connaissance!!!

  3. PLOUX dit :

    Ce projet est une aberration.
    Remplacer le musée-aquarium d’Arcachon (le plus ancien aquarium public en activité du monde et bijou de la mémoire arcachonnaise) par un bâtiment inesthétique de 25 m de haut…..!
    Les Arcachonnais n’en veulent pas, ils souhaitent garder le bien vivre actuel d’Arcachon.
    Maintenons la pression pour ne pas voir aboutir ce projet et lors des prochaines élections, pensons à ne pas reconduire ce maire qui a une folie des grandeurs complètement décalée.

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