Bientôt une ZAD[1] à Arcachon ?

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Samedi 10 février 2018, s’est tenue sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes (Loire Atlantique) la super teuf de la victoire.

Le CPDAC ne pouvait pas ne pas y envoyer une délégation.

D’abord, pour montrer notre gratitude à l’égard de tous ceux qui se sont battus sur place victorieusement évitant ainsi, une fois encore, à notre pauvre pays de se fourvoyer dans une bien coûteuse bévue.

Et ensuite, pour prendre des contacts, rechercher des aides et tirer des enseignements, toutes choses propres à nous aider dans notre propre combat.

Certains se radicalisent en prison, nous, nous préférons le faire en arpentant le bocage normand.

L’impression que nous a laissée cette joyeuse manifestation est restée mitigée.

L’affluence tout en n’étant pas négligeable, tant s’en faut, nous est apparue moindre que ce que nous en attendions.

Mais ce sont les zadistes qui nous ont le plus surpris.

Leur nombre, leur détermination, les défenses militaires qu’ils avaient installées et dont il restait encore ici et là quelques réminiscences, tout cela ajouté ne nous a pas semblé véritablement suffisant pour obliger à se coucher un pays moderne et structuré de 67 millions d’habitants.

Les zadistes à l’évidence ont servi de prétexte pour permettre un abandon le moins honteux possible d’un projet de transfert d’aéroport qui au fil du temps se révélait être une aberration calamiteuse.

Surtout de par son coût.

Les zadistes n’étaient pas cette force militaire contre laquelle les décideurs hésitaient soi-disant à opposer leurs compagnies de CRS.

Mais par leur présence, par leur pugnacité, par leur opiniâtreté, par leur persévérance, ils ont fait prendre conscience à l’opinion publique de la stupidité d’un projet contre lequel ils avaient décidé de combattre.

Et c’est comme cela qu’ils ont fini par obtenir gain de cause.

Et pas du tout par crainte de la force militaire tout à fait surévaluée qu’il pouvait représenter[2].

Ils ont permis au bon sens de triompher.

Et c’est rassurant.

La délégation du CPDAC s’était munie, à toutes fins utiles, d’un tract tiré à 250 exemplaires qu’elle a distribué sur place.

Sur place où l’on pouvait voir le seul et unique avion qui n’utilisera jamais l’ineffable aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

Mort avant d’avoir existé.

Le centre stratégique, on pourrait dire le donjon, de la Zad était localisé dans la ferme dite de Bellevue. Sur le toit de laquelle avait été édifié un mirador qui permettait aux guetteurs de prévenir toute attaque surprise des compagnies républicaines de sécurité.

Quand s’ouvrira la Zad d’Arcachon, les zadistes installeront leurs tentes et leur cabanes sur la place Peyneau et sur les deux plages environnantes de chaque côté de celle-ci.

Le climat plus doux que celui de Notre-Dame-de-Landes, l’absence de cette boue omniprésente que l’on trouvait partout là-bas feront aux zadistes des conditions de vie bien plus enviables que celles qu’il leur fallait affronter dans le bocage.

Il leur faudra aussi occuper le belvédère, dit de l’observatoire Sainte Cécile, ce qui  les mettra à l’abri de toute attaque surprise des forces de l’ordre.

Leur laissant ainsi le temps de se mettre en ordre de bataille face à toute agression.

Comme à Notre-Dame-des-Landes, où les champs avaient été entourés de frise de bâtons pour empêcher l’infanterie adverse de manœuvrer utilement, les zadistes d’Arcachon devront défendre les plages qu’ils muniront de chevaux de frise, de tranchées et autres défenses variées comme on en a déjà vu du temps du mur de l’Atlantique et cela pour se préserver de tout débarquement intempestif de la part des autorités.

Mais les zadistes à Arcachon devraient pouvoir obtenir le même succès que celui obtenu par les zadistes du bocage nantais.

Le projet de transfert de la station marine est bien aussi funeste que l’était celui de l’aéroport de Nantes. Et leur présence dans un lieu habituellement si paisible, ne pourra que mettre en exergue le caractère éminemment néfaste de ce projet.

Et ses conséquences désastreuses sur l’environnement et par là sur les conditions de vie des autochtones.

Dépenser 50 millions d’€uros pour déplacer de 500 mètres 50 chercheurs qui depuis qu’ils sont là n’ont jamais trouvé quoi que ce soit qui ait pu améliorer de façon sensible la condition humaine.

Un gaspillage de 50 millions d’euros qui vient s’ajouter à tellement d’autres que le pays croule sous une dette que les déficits successifs s’ingénient à toujours aggraver.

Au point qu’il a fallu, en début d’année amputer sauvagement les pensions des retraités.

Fort nombreux à Arcachon.

Et qui croient devoir cette punition au gouvernement actuel alors que ce sont les erreurs des gouvernements précédents qu’il leur faut aujourd’hui payer.

Et ils ne se rendent même pas compte que le Pôle Océanographique Aquitain dont l’inutilité le dispute à son coût démesuré ne manquera pas d’être pris en charge dans le cadre de la nouvelle prochaine réduction des retraites qui leur pend au nez.

Le Pôle Océanographique Aquitain tel qu’imaginé par des politiques locaux irresponsables et leurs complices de l’Université, en plus d’accentuer inutilement une situation financière nationale par ailleurs particulièrement préoccupante, sera destructeur de notre patrimoine par la démolition de notre historique Musée-Aquarium et dévastateur de notre environnement par toutes les dizaines de milliers de mètres carrés de béton qu’il va nous infliger.

S’y opposer est un devoir de citoyen responsable.

 

                                                           Arcachon, le 2 mars 2018.

                                                           Pour le CPDAC

[1] Zad = Zone à Défendre.

[2] D’ailleurs l’évacuation sans difficulté de la Zad de Bure, qui était très largement représentée le 10 février à Notre-Dame-des-Landes, intervenue une quinzaine de jours plus tard n’a fait que nous conforter dans cette opinion.

1 commentaire

  1. en ce qui me concerne,natif d’arcachon,né au bord de l’eau à l’aiguillon le 24 mai 1947 et,petit fils de rené landry constructeur de la cabane tchanqué(la noire aux volets rouges) ou j’y ais de nombreux souvenirs,j’ai vu de bonnes choses mais aussi des mauvaises telles que l’arrasement de la dune à l’entrée d’arcachon et la naissance d’arcachon marine,le creusement du chenal arrivant au port de la teste et la perte de la plage de la pointe(plage de l’aiguillon) donc..perte des marais salants…donc perte de la faune et flore marine ect…ect…ce projet coûteux ne me paraît pas être un bon projet.

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