Sauvetage de la Société Scientifique d’Arcachon (suite)

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La position de l’Université de Bordeaux présentée dans l’article de Sud Ouest du 28 janvier est véritablement surprenante de candeur.

Elle nous est expliquée par Serge Dulucq, vice-président de l’Université de Bordeaux, en charge du patrimoine.

Un nouveau venu dans la bande organisée qui entend spolier la Société Scientifique d’Arcachon.

Qui ne comprend même pas que cette Société Scientifique se préoccupe du devenir de ses immeubles.

Ils ne sont déjà plus à elle, ils sont déjà à lui.

Et que nous dit-il de la position de l’Université qu’il vice-préside ?

« L’ensemble du foncier de l’îlot Peyneau, bâtiment compris, appartient à l’État. Tout a été vérifié avant que la promesse de vente ne soit signée. Et ce par les deux parties, le vendeur et l’acquéreur, et par les notaires des deux parties. Toutes ces vérifications ont été faites, évidemment. »

Il faut le lire pour le croire.

Parce que bien sûr, si tout a été vérifié par le vendeur et l’acheteur, les deux se sont entendus dans le dos de la Société Scientifique, propriétaire d’immeubles sis sur le dit terrain, pour surtout ne pas lui en parler.

Ce qui avait stupéfait à l’époque le président de cette docte société :

« Enfin, un projet d’acte de vente du terrain Peyneau mis en ligne en décembre et que nous avons découvert par hasard a provoqué notre réaction. »

Pierre-Jean Labourg in Comptes rendus administratifs pour l’année 2014, page 6.

Tout aurait été vérifié, eh bien à nous, cela ne nous semble pas l’avoir été.

Intéressons-nous à l’histoire de la parcelle AL n° 322, sur laquelle sont construits les immeubles appartenant à la Société Scientifique :

Le Musée-Aquarium a été construit en 1866 par la Société Scientifique. Dès l’année suivante (arrêté du 25 février 1867), celle-ci était autorisée à « conserver provisoirement sur l’Esplanade du débarcadère d’Eyrac bordant le Bassin d’Arcachon, l’Aquarium et une partie du bâtiment de l’Exposition de 1866 qui a eu lieu dans la ville d’Arcachon. » Un arrêté du préfet de la Gironde du 23 août 1890 et un autre du 29 septembre 1901 ont concédé à titre précaire et révocable à la Société Scientifique d’Arcachon une surface de 1 240 mètres carrés dépendant de cette esplanade du débarcadère d’Eyrac. Laquelle avait dépendu du domaine public maritime mais avait été par la suite affectée à l’administration des ponts et chaussées, service maritime de la Gironde.

Par la suite, un décret présidentiel du 25 octobre 1928 affecte « au ministère de l’instruction publique et des beaux-arts, à l’effet d’y maintenir la station de biologie entretenue par la société scientifique d’Arcachon, dans les conditions où cette station fonctionne actuellement sous le contrôle de l’université de Bordeaux, les terrains ci-après. »

Dans ces terrains ci-après, on retrouve les 1240 mètres carrés précédents et 2 300 mètres carrés supplémentaires dont l’affection ne sera effective que quand ils seront libérés par les services du balisage.

Un autre décret présidentiel, en date du 29 octobre 1929, nous apprend que les 2 300 mètres carrés en attente du décret précédent se sont transformés en 829,72 mètres carrés et qu’une nouvelle petite parcelle de 61,79 mètres carrés est affectée « au ministère de l’instruction publique et des beaux-arts, à l’effet d’y maintenir la station de biologie entretenue par la société scientifique d’Arcachon, dans les conditions fixées au décret du 25 octobre 1928. »

Après quoi, il ne s’est plus rien passé pendant plus de 85 ans, si ce n’est que le Ministère de l’Éducation Nationale est venu aux droits du Ministère de l’Instruction Publique et des Beaux-Arts.

Et c’est le Ministère de l’Éducation Nationale qui apparaît comme vendeur dans la promesse de vente signée le 17 avril 2014.

Alors que le terrain qu’il vend ne lui avait été affecté qu’à la condition sine qua non d’y maintenir la Station Marine.

Quelle est la légitimité de cette promesse de vente ?

Elle ne tient qu’aux vérifications faites par le vendeur, l’acquéreur et leurs notaires.

C’est dire qu’elle ne tient à rien !

N’en déplaise à Serge Dulucq.

Et nous autres, Gilets de Sauvetage, prochains membres de la Société Scientifique allons exiger que celle-ci demande officiellement au Tribunal Administratif de Bordeaux de lui dire la réelle valeur d’une pareille promesse de vente.

On apprend aussi, dans les Comptes rendus administratifs pour l’année 2016, page 6 de la Société Scientifique, que « l’Université a obtenu le droit à la dévolution de son patrimoine immobilier et devient donc propriétaire des terrains et des bâtiments qu’elle occupe ; elle pourra récupérer l’intégralité du montant de la vente de la Station Marine pour financer le projet de POA. »

Mais l’Université n’occupe pas le Musée-Aquarium, c’est à la Société Scientifique que revient ce rôle.

Enfin, c’est ce que tout le monde a vu et voit depuis plus de 150 ans.

Si bien que la propriété de la parcelle AL n° 322 reste on ne peut plus litigieuse.

Un litige que seul, encore une fois, le Tribunal Administratif de Bordeaux pourra éclaircir.

Le vice-président Serge Dulucq, à force d’étudier les bernard-l’ermite, a fini à l’évidence par embrasser leurs mœurs.

Au CPDAC nous en avons assez de ces universitaires en costume-cravate qui brandissent leurs titres à tout bout de champ pour se revendiquer premiers de cordée alors qu’en fait, ils se comportent comme des voleurs.

Surtout quand nous nous rappelons cet industriel, premier de cordée, auquel le Président de la République ne manquait pas une occasion de servir du Mon cher ami, qui nous était présenté comme l’exemple à suivre et qui aujourd’hui se morfond au fond d’une geôle nippone.

Aussi, si nous avons un conseil à donner au vice-président Serge Dulucq, c’est d’éviter, autant que faire se peut, pour ses prochaines vacances, la destination de Tokyo !

Arcachon, le 4 février 2019.

Le CPDAC

Lire aussi Les Gilets de Sauvetage et Sauvetage de la la Société Scientifique d’Arcachon

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