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	<title>Sauvons le Musée-Aquarium d&#039;Arcachon &#187; La Société Scientifique – la Station Biologique</title>
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		<title>Paul Bert et Arcachon</title>
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		<pubDate>Fri, 21 Jan 2011 10:03:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[La Société Scientifique – la Station Biologique]]></category>
		<category><![CDATA[Les chercheurs ayant fréquenté le Musée-Aquarium]]></category>
		<category><![CDATA[Paul Bert]]></category>
		<category><![CDATA[Bert]]></category>

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		<description><![CDATA[Un bien curieux personnage que ce Paul Bert.
Curieux, attachant et surtout brillant.
Il naît à Auxerre le 19 octobre 1833. Son père, Joseph, est avoué avant de devenir conseiller à la Préfecture de l’Yonne, et la famille est aisée. Il a un frère aîné, Jules, de dix ans plus âgé que lui qui poursuit des études [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Un bien curieux personnage que ce Paul Bert.</p>
<p>Curieux, attachant et surtout brillant.</p>
<p>Il naît à Auxerre le 19 octobre 1833. Son père, Joseph, est avoué avant de devenir conseiller à la Préfecture de l’Yonne, et la famille est aisée. Il a un frère aîné, Jules, de dix ans plus âgé que lui qui poursuit des études de droit quand il meurt à 23 ans d’une phtisie galopante.</p>
<p>Ce drame fait de lui un fils unique auquel ses parents n’osent rien refuser.</p>
<p>« Son tempérament impétueux mit bien souvent à l’épreuve la patience de sa mère. Elle lui donnait sans cesse en exemple son frère Jules, bien en vain. Les rapports de Paul avec son père furent, par contre, rarement marqués d’affection. Ils étaient également autoritaires, et Joseph Bert n’aimait pas qu’on lui résistât, ce dont son fils, il faut l’avouer, ne se privait guère<a href="#_ftn1">[1]</a>. »</p>
<p>A 19 ans, Paul Bert, monte à Paris entreprendre des études supérieures. Il s’inscrit tout d’abord dans une école préparatoire pour se présenter au concours d’entrée à l’Ecole Polytechnique. Mais très vite, il comprend qu’il se trompe de voie, n’aimant guère les mathématiques et, sur les conseils de son père, s’engage dans des études de droit. Quatre ans plus tard, en 1857, il soutient deux thèses, l’une en droit romain et l’autre en droit français, qui lui permettent d’obtenir sa licence et lui donnent le titre d’avocat. Mais il n’a aucune affinité pour ce métier. Son adhésion à la Société des Sciences Historiques et Naturelles de l’Yonne et surtout sa rencontre avec le docteur Pierre Gratiolet, très grand médecin natif de Sainte-Foy la Grande qui avait fait son droit avant de faire des études de médecine, lui font découvrir son intérêt pour les sciences naturelles. Il s’inscrit alors à la faculté de Médecine de Paris. En 1860, il soutient une licence ès-sciences naturelles devant un jury dont Claude Bernard fait partie et auquel il n’hésite pas à tenir tête. Le 8 août 1863, il devient docteur en médecine en soutenant une thèse intitulée <em>De la greffe animale</em>.</p>
<p><span id="more-733"></span></p>
<div id="attachment_738" class="wp-caption alignleft" style="width: 219px"><a title="Josephina Clayton à l’époque   de son mariage." href="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2011/01/PB01w.jpg" rel='gb_imageset[paul-bert-et-arcachon]'><img class="size-medium wp-image-738 " title="Josephina Clayton à l’époque   de son mariage." src="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2011/01/PB01w-298x450.jpg" alt="Josephina Clayton à l’époque   de son mariage." width="209" height="315" /></a><p class="wp-caption-text">Josephina Clayton à l’époque   de son mariage.</p></div>
<p>Claude Bernard le prend alors comme préparateur de son cours de médecine expérimentale. Parallèlement, il poursuit des études en sciences naturelles et la soutenance, le 13 janvier 1866, de sa thèse <em>Recherches expérimentales pour servir à l’histoire de la vitalité propre des tissus animaux</em> lui vaut de devenir docteur ès sciences naturelles.</p>
<p>Mais l’année précédente, le 16 février, le docteur Pierre Gratiolet mourait, laissant une famille dans le besoin. Paul Bert était nommé tuteur des trois enfants. Au même moment, il faisait connaissance, dans l’Yonne, de Josephina Clayton d’origine écossaise, fille d’un pharmacien. Sans doute n’était-ce qu’une simple coïncidence, mais son grand-père maternel à lui, Henry Massy, était aussi d’origine écossaise.</p>
<p>Josephina n’avait pas 19 ans, il allait en avoir 32. Elle était anglicane, il était catholique.</p>
<p>« Le 17 avril 1865, il avait épousé à Auxerre une jeune Ecossaise de grande beauté, mais de fortune nulle<a href="#_ftn2">[2]</a>. »</p>
<p>De grande beauté, son biographe nous met l’eau à la bouche.</p>
<p>Mais pour nous intéresser à Paul Bert nous nous sommes assurés, le CPDAC ne reculant devant aucun sacrifice, de quelques photographies originales, sans doute inédites, provenant des papiers personnels d’un ami d’enfance de Paul Bert, Alfred Thiénot qui sera colonel au 57<sup>ème</sup> Régiment d’Infanterie<a href="#_ftn3">[3]</a> de ligne. Peut-être s’agit-il du fils d’Edme, Nicolas Thiénot (1791-1858), lui-même colonel au 20<sup>ème</sup> de ligne et mort à Auxerre où il s’était retiré.</p>
<p>Claude Bernard, soi-même, est le témoin de mariage de Paul Bert.</p>
<p>Qui, le 30 janvier de l’année suivante, dûment diplômé, est nommé chargé de cours de zoologie et de physiologie comparée à la Faculté des Sciences de Bordeaux.</p>
<p>Bordeaux, où le jeune couple s’installe.</p>
<p>Trois mois plus tard, le 11 avril 1866, Paul Bert est intronisé à la Société des Sciences Physiques et Naturelles de Bordeaux dont il devient membre titulaire.</p>
<p>Il se lance alors dans des tas de recherches scientifiques qui l’amènent jusqu’à Arcachon, au siège de la Société Scientifique, où il s’établit un petit laboratoire de deux pièces, qu’il finance lui-même :</p>
<p>« Il consacrait tous les loisirs que lui laissait l’enseignement de la Zoologie à des recherches originales sur l’Anatomie comparée. Il avait même installé, à ses frais personnels, un petit laboratoire d’études maritimes<a href="#_ftn4">[4]</a>. »</p>
<p>Une Société Scientifique qui vit dans l’effervescence de la préparation de sa prochaine Exposition Internationale de pêche et aquiculture, mais qui prend quand même le temps de l’accueillir comme membre, sous le numéro 54. Quatre de ses collègues de la Société des Sciences Physiques et Naturelles de Bordeaux y siègent déjà : le docteur Léopold Micé (n° 14) professeur à l’Ecole de Médecine et fondateur d’une école privée, Ernest Royer (n° 17) directeur de la dite école, par ailleurs président de la Société des Sciences Physiques et Naturelles de Bordeaux, Daniel Guestier (n° 35) négociant et Paul Béro (n° 48) ingénieur de l’Ecole Centrale des Arts et Manufactures. Ce qui lui aura permis de bénéficier facilement des deux parrainages indispensables, exigés par les statuts.</p>
<div id="attachment_739" class="wp-caption alignright" style="width: 198px"><a title=" Paul  Bert" href="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2011/01/PB06.jpg" rel='gb_imageset[paul-bert-et-arcachon]'><img class="size-medium wp-image-739 " title=" Paul  Bert" src="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2011/01/PB06-313x450.jpg" alt=" Paul  Bert" width="188" height="270" /></a><p class="wp-caption-text"> Paul  Bert</p></div>
<p>L’image de Paul Bert dans l’inconscient collectif est restée celle d’un quinquagénaire un peu fort à la chevelure telle une crinière soulignée d’une moustache que l’on nous dit coupée à l’américaine.</p>
<p>Ce n’est pas celle que vont connaître les Arcachonnais.</p>
<p>L’homme est encore jeune.</p>
<p>Nous possédons deux portraits du couple, pris par un photographe arcachonnais, Antoine Petit-Breuilh. Quand Paul Bert arrive à Bordeaux, au début de l’année 1866, sa jeune épouse est enceinte de deux mois. Elle accouchera, à Bordeaux, le 31 juillet d’une fille qui portera le même prénom que sa grand-mère maternelle, Henriette.</p>
<div id="attachment_740" class="wp-caption alignleft" style="width: 169px"><a title="Henriette Bert, âgée de 3 ans et demi." href="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2011/01/PB05.jpg" rel='gb_imageset[paul-bert-et-arcachon]'><img class="size-medium wp-image-740 " title="Henriette Bert, âgée de 3 ans et demi." src="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2011/01/PB05-265x450.jpg" alt="Henriette Bert, âgée de 3 ans et demi." width="159" height="270" /></a><p class="wp-caption-text">Henriette Bert, âgée de 3 ans et demi.</p></div>
<p>Sur ces deux photos elle est délivrée, ce qui permet de dater les clichés de l’automne 1866.</p>
<p>« Le jeune professeur est un homme brun, les cheveux assez longs, partagés par une raie dégageant le front ; le regard est franc, volontaire, le nez droit, la bouche protégée par une moustache assez courte, l’expression attentive. Il a l’aspect des paysans du Morvan, ne haïssant personne mais ne se laissant pas intimider<a href="#_ftn5">[5]</a>. »</p>
<p><img class="size-medium wp-image-742 alignright" title="PB03V" src="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2011/01/PB03V-450x207.jpg" alt="PB03V" width="270" height="124" />Le premier cliché n’est pas signé par le photographe. Sans doute n’en aura-t-il pas été satisfait. Il est légèrement sous-exposé. Le revers du second porte les noms des personnages représentés. Tout laisse croire, sans que nous en ayons la certitude, que cette mention est de la main même de Paul Bert.</p>
<p>Paul Bert, professeur à la faculté mais aussi assidu aux réunions de la Société des Sciences Physiques et Naturelles de Bordeaux, prend alors l’habitude de publier les résultats de ses différentes recherches et il le fait le plus souvent dans les mémoires de cette société savante. La liste de leurs titres montre la diversité de ses centres d’intérêt et l’avidité de sa curiosité.</p>
<div id="attachment_744" class="wp-caption alignleft" style="width: 221px"><a title="Paul Bert et sa femme" href="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2011/01/PB02.jpg" rel='gb_imageset[paul-bert-et-arcachon]'><img class="size-medium wp-image-744  " title="Paul Bert et sa femme" src="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2011/01/PB02-274x449.jpg" alt="Paul Bert et sa femme" width="211" height="345" /></a><p class="wp-caption-text">Paul Bert et sa femme</p></div>
<div id="attachment_745" class="wp-caption alignright" style="width: 228px"><a title="Deuxième cliché" href="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2011/01/PB03.jpg" rel='gb_imageset[paul-bert-et-arcachon]'><img class="size-medium wp-image-745 " title="Deuxième cliché" src="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2011/01/PB03-272x450.jpg" alt="Deuxième cliché" width="218" height="360" /></a><p class="wp-caption-text">Deuxième cliché</p></div>
<p>Durant l’année 1866, il publie :</p>
<p><em>Recherches sur les mouvements de la sensitive (</em>Mimosa pudica<em>,</em> <em>Linn.)</em></p>
<p><em>Note sur la mort des poissons de mer dans l’eau douce</em>, dans laquelle il ne manque pas de préciser : « Le magnifique aquarium d’Arcachon, où se conservent dans le plus parfait état de santé les poissons, même de haute mer, m’a permis de faire, pour m’éclairer sur cette difficulté, les expériences suivantes<a href="#_ftn6">[6]</a> : » ;</p>
<p><em>Note sur l’action élémentaire des anesthésiques (éther et chloroforme) et sur la période d’excitation qui accompagne leur administration ;</em></p>
<p><em>Note sur la présence, de l’</em>Amphioxus lanceolatus<em> dans le bassin d’Arcachon, et sur ses spermatozoïdes</em> qu’il débute par : « Au commencement du mois de mars, M. Fillioux, pharmacien à Arcachon, me montra, conservé dans l’alcool, un petit animal capturé sur un des bancs du bassin, dans une promenade zoologique faite avec M. Lafont, d’Arcachon, naturaliste distingué. Ma joie fut grande en reconnaissant le fameux et paradoxal <em>Amphioxus lanceolatus</em><a href="#_ftn7"><em><strong>[7]</strong></em></a> » et qu’il termine par : « Dans la note actuelle, j’ai seulement voulu donner à la découverte qu’ont faite MM. Fillioux et Lafont la publicité qu’elle mérite<a href="#_ftn8">[8]</a>. » Longtemps plus tard, en souvenir des travaux de Paul Bert, la première embarcation dont se munira la Société Scientifique d’Arcachon s’appellera <em>L’Amphioxus.</em></p>
<p><em><img class="size-medium wp-image-748 alignright" title="PB03V2" src="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2011/01/PB03V2-274x449.jpg" alt="PB03V2" width="192" height="314" />Notes diverses sur la locomotion chez plusieurs espèces animales ;</em></p>
<p><em>Note sur la présence, dans la peau des holoturies, d’une matière insoluble dans la potasse caustique et l’acide chlorhydrique concentré ;</em></p>
<p><em>Note sur un signe certain de la mort prochaine chez les chiens soumis à une hémorragie rapide ;</em></p>
<p><em>Note sur quelques points da la physiologie de la lamproie (</em>Petromyzon marinus<em>, Linn.).</em></p>
<p>Le 26 juillet, il écrit à Louis Pasteur une lettre qui, si elle laisse deviner la légitime ambition de son auteur, montre aussi la pauvreté de l’Université, déjà !, et prouve par opposition tout l’intérêt de la démarche des quelques Arcachonnais qui avaient créé cette Société Scientifique :</p>
<p>« Très Honoré Monsieur, les deux petites brochures que vous recevez en même temps que cette lettre me donnent une occasion de me rappeler à votre bienveillant souvenir. Je suis installé à Bordeaux, j&#8217;y ai été parfaitement reçu, et je crois pouvoir dire, sans nulle vanité, que mon cours a été favorablement accueilli. Mais les moyens matériels de travail me font presque absolument défaut ; je n&#8217;ai qu&#8217;un demi-préparateur, et une faction beaucoup plus faible de garçons de laboratoire, ce qui n&#8217;est que justice, car de laboratoire, point. Et ce n&#8217;est pas là ce qui me manque le plus. Les conseils, la fréquentation des maîtres me font plus défaut que je ne l&#8217;eusse imaginé. Je suis le maître ici, et c&#8217;est un rôle auquel je n&#8217;étais pas suffisamment préparé. Combien il eut été préférable pour moi que le désir par vous obligeamment manifesté eut pu être accompli, et que j&#8217;eusse trouvé à l&#8217;École normale, avec une position si haut placée dans l&#8217;estime publique, cet appui dont je ressens tant le besoin. Permettez-moi d&#8217;espérer que, si les circonstances devenaient favorables, votre bienveillant secours ne me ferait pas défaut. Si j&#8217;avais en main les destinées, j&#8217;arrangerais les choses en telle sorte que M. Larage donnerait sa démission à la fin de 1867, ce qui me permettrait – si toutefois je vous agréais encore – de rentrer à Paris avec le <span style="text-decoration: underline;">titre de Professeur</span> de Faculté et non de chargé de cours. Mais si pareille vacance arrivait bien plus tôt, et que vous voulussiez bien vous souvenir de moi, je n&#8217;hésiterais pas. J&#8217;ai reçu, il y a deux semaines, de bonnes nouvelles de M. Bernard, que l&#8217;ouverture d&#8217;un abcès dans l&#8217;intestin avait beaucoup soulagé [...]. Pardonnez-moi cette longue lettre, Très Honoré Monsieur, et n&#8217;y voyez pas seulement, je vous prie, l&#8217;expression de mon intérêt personnel, je vous ai été profondément reconnaissant de la bienveillance honorable que vous m&#8217;avez spontanément témoigné et j&#8217;ai été heureux d&#8217;avoir une occasion de vous présenter mes remerciements et mes respects.</p>
<p>Paul Bert, 60, rue de l&#8217;Église Saint Sevin<a href="#_ftn9">[9]</a>. »</p>
<p>L’Exposition Internationale de pêche et d’aquiculture qui a ouvert ses portes le 2 juillet 1866 et dans les allées de laquelle on rencontre souvent Paul Bert, doit se terminer le 30 septembre. Mais devant son succès, il est décidé de la prolonger jusqu’à la fin octobre. Toutefois, le 21 octobre, se tient dans la grande salle du Casino Mauresque la cérémonie de remise des récompenses décernées aux exposants les plus méritants par un jury qui, pour l’occasion, a rédigé plusieurs rapports. L’un d’entre eux l’aurait été par Paul Bert, ce qui laisse penser qu’il faisait partie de ce jury. Cependant, il nous a été impossible de trouver la moindre trace de ce rapport dans quelque bibliothèque que ce soit. Dans ce texte, Paul Bert aurait écrit en parlant du Musée-Aquarium d’Arcachon :</p>
<p>« Là, et là seulement, le zoologiste, observant les animaux marins, vivants et libres, pourra se faire une idée exacte de leur apparence extérieure, étudier leurs allures, leurs instincts, leurs guerres et leurs amours ; là, et là seulement, le physiologiste, recherchant les fonctions de leurs organes et les conditions de leur existence, pourra établir fructueusement ses expériences et forcer la vie à lui révéler les secrets de la vie ; là, et là seulement<sub>,</sub> l’embryologiste, suivant pendant des mois et des années l’évolution des êtres, pourra découvrir la série des modifications morphologiques, parfois si étranges, qu’ils subissent dans le cours de leur existence, métamorphoses que la science, il y a vingt ans, soupçonnait à peine, et dont la connaissance sape aujourd’hui sur tant de points l’édifice des vieilles classifications… – Et, comme toute bonne pratique doit procéder de la science, l’aquiculture, à qui sera ainsi enseignée l’histoire complète des habitants des eaux, pourra, grâce à elle, éviter de dispendieux essais, trop souvent infructueux. »<strong> </strong></p>
<p>Le 15 novembre 1866, la Société des Sciences Physiques et Naturelles de Bordeaux renouvelle son bureau et Paul Bert entre dans son Conseil d’Administration.</p>
<p>L’année suivante, il organise, à Bordeaux, dans les locaux de la gare Saint-Jean, sous le titre général de <em>La Machine Humaine,</em> des conférences destinées aux employés du chemin de fer. Dans l’une d’entre elles, s’appuyant sur son expérience personnelle « il dénonça solennellement la misère des laboratoires de recherches scientifiques et des collections dans les Universités françaises, alors que les Universités allemandes regorgent de ressources. « Sans parler de Bordeaux, une des villes les plus mal installées… et bien inférieure à Nancy, par exemple, j’ai vu les plus illustres physiologistes français travailler en plein Paris, dans un taudis infect, décoré du nom de laboratoire. »<a href="#_ftn10">[10]</a> »</p>
<p>Justifiant par là, encore une fois, la démarche des Arcachonnais qui après avoir créé leur Société Scientifique venaient au même moment de la pourvoir du Musée-Aquarium que nous connaissons.</p>
<p>La même année, il publie :</p>
<p><em>Mémoire sur la physiologie de la seiche (</em>sepia officinalis<em>, Linn.)</em> qu’il termine par une déclaration dont nous ne pouvons pas faire l’économie :</p>
<p><span style="color: #ff0000;">« Les expériences dont les résultats viennent d&#8217;être rapportés ont été exécutées dans le laboratoire annexé à l&#8217;Aquarium de la Société scientifique d&#8217;Arcachon. Il n&#8217;est pas déplacé, je pense, d&#8217;entrer ici dans quelques détails touchant cette belle institution scientifique.</span></p>
<p><span style="color: #ff0000;">Elle se compose de trois parties : un musée, un aquarium, un laboratoire.</span></p>
<p><span style="color: #ff0000;">Au musée, qui devra recueillir toutes les productions du riche bassin d&#8217;Arcachon, est annexée une salle où des conférences ont été faites pendant la dernière saison des bains.</span></p>
<p><span style="color: #ff0000;">L&#8217;aquarium comprend trente et quelques bacs vitrés, de 1 à 2 mètres de capacité, dont l&#8217;éclairage est disposé de manière à permettre l&#8217;observation facile des animaux qui y sont contenus.</span></p>
<p><span style="color: #ff0000;">En outre de ces bacs, six vastes bassins, mesurant de 10 à 25 mètres cubes, sont destinés à conserver les animaux de grande taille et ceux qui ne s&#8217;accommoderaient pas d&#8217;une captivité plus rigoureuse.</span></p>
<p><span style="color: #ff0000;">Un courant d&#8217;eau de mer continu, puisé à quelques mètres de distance (car l&#8217;établissement est installé sur le bord même du bassin), entretient dans ces bacs et ces bassins les conditions les plus favorables possibles à la longue conservation des animaux vivants.</span></p>
<p><span style="color: #ff0000;">Enfin, le laboratoire, que la Société va encore agrandir, a déjà fourni un emplacement suffisant pour les recherches simultanées de plusieurs anatomistes ou expérimentateurs.</span></p>
<p><span style="color: #ff0000;">Tel est, en quelques mots, cet établissement, fondé par les seuls efforts de l&#8217;initiative privée, nonobstant de mesquines rivalités locales. Tel il est, ouvert généreusement à tous les hommes de science, que la Société convie, par tous les moyens de publicité dont elle dispose, à venir profiter des coûteux sacrifices qu&#8217;elle a faits.</span></p>
<p><span style="color: #ff0000;">En exposant les faits qui précèdent, je n&#8217;ai pas seulement cédé au sentiment de gratitude inspiré par le secours que j&#8217;ai reçu dans mes travaux, j&#8217;ai la certitude de faire un acte utile à mes confrères en science naturelle, à ceux surtout qui sont engagés dans la voie expérimentale. En venant à Arcachon, ils éviteront les ennuis, les pertes de temps et les petits déboires que connaissent tous ceux qui ont essayé d&#8217;aller travailler seuls sur le bord de la mer. Ils y trouveront des facilités de travail qu&#8217;il est impossible à un homme isolé de se procurer ; et, enfin, ils y seront reçus par le président et les membres de la Société scientifique avec une expansion et un désir d&#8217;être utile dont j&#8217;ai personnellement éprouvé les bienveillants effets.                                                                     .</span></p>
<p><span style="color: #ff0000;">Il en coûte à ma reconnaissance de terminer ces quelques lignes sans citer un seul nom propre ; mais, faut-il le dire, je devrais en citer trop. Chacun, dans l&#8217;accomplissement de cette œuvre utile, a mis son argent, son temps, son dévouement. II n&#8217;a rien moins fallu que ce concours exceptionnel de forces pour triompher des difficultés immenses, aggravées par des oppositions qu&#8217;il me serait désagréable de qualifier. Ainsi a été fondé, ainsi est entretenu, ainsi est ouvert aux savants, par de simples particuliers, un établissement scientifique qui n&#8217;a son analogue nulle part en Europe ; un établissement d&#8217;utilité publique de l&#8217;ordre de ceux dont, dans d&#8217;autres branches, la création incombe à l&#8217;État. Une telle chose faite, et faite en France, dispense de tout commentaire louangeur.</span></p>
<p><span style="color: #ff0000;">Paris, le 1<sup>er</sup> novembre 1867<a href="#_ftn11">[11]</a>. »</span></p>
<p>Si ça n’est pas là un magnifique certificat de monument historique en bonne et due forme, c’est à rien n’y connaître.</p>
<p>Et s’il vous plaît, un certificat qui n’est pas signé de n’importe qui.</p>
<p>Quatre ans plus tôt, n’avait-il pas écrit dans une lettre personnelle :</p>
<p>« Avant d’être naturaliste, je me sens citoyen, et j’applaudis à celle loi de Solon qui notait d’infamie tout citoyen resté inactif au sein des discordes civiles<a href="#_ftn12">[12]</a>. »</p>
<p>Arcachonnais, nous ne pouvons qu’applaudir avec lui.</p>
<p>« Chacun, dans l’accomplissement de cette œuvre utile, a mis son argent, son temps, son dévouement. Il n’a rien moins fallu que ce concours exceptionnel de forces pour triompher des difficultés immenses, aggravées par des oppositions qu’il me serait désagréable de qualifier. »</p>
<p>Nous n’aurons pas les scrupules de ce grand homme.</p>
<p>C’est un triumvirat qui s’oppose aujourd’hui à la préservation de ce monument historique, triumvirat constitué de l’Université de Bordeaux, de la Société Scientifique d’Arcachon et de la Mairie d’Arcachon.</p>
<p>Les décideurs de ces organismes qui entendent dénier tout caractère historique à ce Musée-Aquarium seraient bien inspirés de mettre leurs idées et leurs actions en perspective avec celles d’un homme comme Paul Bert. Parce que s’ils ne le font pas, ils peuvent être assurés que le peuple d’abord et l’histoire ensuite, le feront pour eux.</p>
<p>Quelque temps avant cette déclaration, le 22 octobre 1867, Paul Bert est nommé suppléant de Pierre Flourens alors souffrant, à la chaire de physiologie au Muséum d’Histoire Naturelle de Paris.</p>
<p>Paul, Josephina et Henriette Bert quittent alors Bordeaux pour Paris. Paul ne sait pas qu’il y reviendra, trois ans plus tard, dans des circonstances dramatiques.</p>
<p>Mais encore en 1867, il publie, toujours dans les mémoires de la Société des Sciences Physiques et Naturelles de Bordeaux :</p>
<p><em>Sur la mort dans l’eau douce des poissons de mer (deuxième note)</em> pour laquelle il se présente comme « ancien professeur à la Faculté des Sciences de Bordeaux, professeur suppléant au Muséum d’histoire naturelle de Paris. »</p>
<p>Le 21 novembre lors du renouvellement du bureau de cette société savante bordelaise, il abandonne son Conseil d’Administration tout en restant adhérent et se disant professeur à la Faculté des Sciences de Paris.</p>
<p>Et en 1868, il publie dans les mémoires de cette société :</p>
<p><em>Les animaux voient-ils les mêmes rayons lumineux que nous ?</em></p>
<p>Professeur à Paris, il habite rue des Ecoles où naît, le 23 juin 1869, sa deuxième fille, Pauline. Mais c’est dans son Yonne natale qu’il va s’intéresser à la politique locale, à la veille même de l’effondrement du second Empire. C’est l’époque aussi où il va prendre goût aux livres se constituant une importante bibliothèque qui finira par atteindre plus de vingt mille volumes et qui passait pour être l’une des plus complètes sur la guerre de 1870.</p>
<p>En juin 1870, il est candidat aux cantonales dans le canton d’Aillant-sur-Tholon et il est battu au second tour, n’obtenant que 29,50% des voix.</p>
<p>Le 30 septembre suivant, dans la débâcle, il est nommé Secrétaire général de la préfecture de l’Yonne, mais il n’aura même pas le temps d’être officiellement installé dans son poste, ayant rejoint Bordeaux pour se mettre à la disposition du gouvernement qui s’y est réfugié.</p>
<p>Le 15 janvier 1871, il est bombardé préfet du Nord. Le 25, il atteint Lille avec beaucoup de difficultés après avoir pris un bateau à Bordeaux. Trois jours plus tard, la France signe l’armistice et le 7 février, Paul Bert est contraint d’abandonner son poste de Préfet.</p>
<p>Le 1<sup>er</sup> mai suivant, il est élu conseiller municipal d’Auxerre et en septembre de la même année, il prend sa revanche à Aillant-sur-Tholon dont il devient le conseiller général.</p>
<p>La fin du second Empire avait poussé à la retraite le père de Sophie Wallerstein, l’ancien banquier Léopold Javal, qui s’était installé en son château d’Arès, sur les bords du Bassin d’Arcachon. Pourtant, c’est à Paris qu’il meurt le 28 mars 1872 en laissant vacant son siège de député d’Auxerre qu’il occupait depuis quinze ans.</p>
<div id="attachment_754" class="wp-caption alignleft" style="width: 200px"><a title="Paul Bert au moment de son entrée à la Chambre des Députés." href="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2011/01/PB04.jpg" rel='gb_imageset[paul-bert-et-arcachon]'><img class="size-medium wp-image-754 " title="Paul Bert au moment de son entrée à la Chambre des Députés." src="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2011/01/PB04-272x450.jpg" alt="Paul Bert au moment de son entrée à la Chambre des Députés." width="190" height="315" /></a><p class="wp-caption-text">Paul Bert au moment de son entrée à la Chambre des Députés.</p></div>
<p>Paul Bert n’est pas homme à s’effrayer du cumul des mandats. Il se présente aux élections législatives partielles organisées le 9 juin 1872, et il parvient à empêcher Emile Javal, fils aîné de Léopold, ingénieur des Mines qui s’était fait médecin ophtalmologiste dans le but de guérir sa sœur d’un vilain strabisme, de s’asseoir à l’Assemblée Nationale dans le siège de son père<a href="#_ftn13">[13]</a>.</p>
<p>Il va rester député de l’Yonne jusqu’à sa mort.</p>
<p>Chercheur précoce, la quarantaine à peine entamée, l’essentiel de son œuvre scientifique est maintenant achevée. Ses derniers travaux concernent surtout la pression barométrique et les conséquences de sa variation sur les êtres vivants. Il publie chez Masson, en 1873 : <em>Recherches expérimentales sur l&#8217;influence que les modifications dans la pression barométrique exercent sur les phénomènes de la vie. </em>Il complètera ce travail en publiant, cinq ans plus tard, et toujours chez Masson : <em>La Pression barométrique, recherches de physiologie expérimentale</em>, un ouvrage de plus de mille pages qui fera l’objet d’une réédition par le C.N.R.S. en 1979.</p>
<p>On se souvient que trois aéronautes, Joseph Crocé-Spinelli, Théodore Sivel et Gaston Tissandier avaient souhaité mettre en pratique, à l’aide de leur ballon <em>Zénith</em>, les expériences de laboratoires faites par Paul Bert. Après avoir tenté le « plus loin », accompagnés de Claude Jobert et d’Albert Tissandier, en décollant le 23 mars 1875 de l’usine à gaz de la Villette pour atterrir le lendemain dans la ferme de Monplaisir à Lanton, ils s’étaient, cette fois seulement tous les 3, attaqués au « plus haut ». Le 5 avril suivant, ils s’envolaient de l’usine à gaz de la Villette à bord du <em>Zénith</em> avec lequel ils atteignaient l’altitude de 8 600 mètres. Malheureusement, quand le ballon s’était posé dans l’après-midi dans la petite commune de Ciron, dans l’Indre, la nacelle contenait les corps sans vie de Joseph Crocé-Spinelli et de Théodore Sivel. Seul Gaston Tissandier avait pu en réchapper.</p>
<p>Les attaques dont Paul Bert fera l’objet après cette catastrophe semblent avoir quelque peu douché son enthousiasme de chercheur scientifique.</p>
<p>Ami intime de Léon Gambetta, le 20 mars 1876 il a une troisième fille qu’il prénomme Léonie et qui sera la filleule laïque du grand tribun. Il entre dans son gouvernement le 14 novembre 1881 comme ministre de l’Instruction publique et des Cultes. Le 26 janvier suivant, le gouvernement tombe. Paul Bert ne sera resté ministre que neuf semaines.</p>
<p>Après la mort de Léon Gambetta, intervenue le 31 décembre 1882, il devient président du parti de l’Union Républicaine.</p>
<p>A la tête de ce parti, il va entreprendre la réforme de l’enseignement public. Il sera, avec Jules Ferry, le fondateur de l’école obligatoire, gratuite et surtout laïque. Il déposera devant l’Assemblée de nombreuses propositions de loi et sera le rapporteur de la majorité des projets de l’époque relatifs à l’enseignement primaire et supérieur.</p>
<p>Le 24 novembre 1884, on le rencontre à nouveau Arcachon. C’est le journal local qui nous le rapporte :</p>
<p>« Il est bon de rappeler que M. Paul Bert, a, il y a vingt ans, trouvé à Arcachon les éléments qui lui étaient nécessaires pour l’accomplissement de travaux de physiologie des animaux marins. Depuis cette époque, il s’est toujours intéressé aux succès de notre station, et il n’a pas voulu quitter le département de la Gironde sans avoir visité Arcachon<a href="#_ftn14">[14]</a>. »</p>
<p>Le 31 janvier 1886, il est nommé résident général en Annam et au Tonkin. Il quitte Paris le 12 février. Huit mois plus tard, le 11 novembre 1886, il meurt de dysenterie à Hanoï.</p>
<p>Il avait 53 ans.</p>
<p>Avec sa ma mort s’ouvre alors le temps des hommages.</p>
<p>Hommages tardifs.</p>
<p>Le pays s’aperçoit qu’il vient de perdre un grand homme.</p>
<p>Qui n’était même pas décoré de la Légion d’Honneur, ce qui le rend éminemment sympathique.</p>
<p>En 1898, à Arcachon, le Conseil Municipal décide de donner à l’école communale, alors située dans la rue François Legallais, le nom de Paul Bert.</p>
<div id="attachment_755" class="wp-caption alignright" style="width: 325px"><a title="Ecole Paul Bert en 1910." href="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2011/01/PB07.jpg" rel='gb_imageset[paul-bert-et-arcachon]'><img class="size-medium wp-image-755 " title="Ecole Paul Bert en 1910." src="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2011/01/PB07-450x321.jpg" alt="Ecole Paul Bert en 1910." width="315" height="225" /></a><p class="wp-caption-text">Ecole Paul Bert en 1910.</p></div>
<p><span style="font-family: Arial; font-size: x-small;">Si de très  nombreuses villes françaises ont donné à l’une de leurs rues, de leurs places,  de leurs écoles ou à leur collège ou leur lycée le nom de  Paul Bert pour honorer ce grand homme, à la démarche similaire d’Arcachon  s’ajoutait la reconnaissance de l’avoir vu fréquenter et défendre son  Musée-Aquarium.</span></p>
<p>Il avait dit, dans un discours prononcé à l’occasion d’un banquet que lui avaient offert les instituteurs et les institutrices de France : « L’école d’abord. Je la souhaite belle, je la souhaite splendide. Je voudrais voir en elle, jusque dans le plus petit des hameaux de France, la plus belle des maisons du village. Je voudrais qu’elle soit ce qu’était pour nos pères, aux âges de foi, l’Eglise, la plus belle maison aussi du village. Car elle est comme l’Eglise, à la fois un lieu consacré et un symbole<a href="#_ftn15">[15]</a>. » L’école de la rue François Legallais ne devait pas être la plus belle maison de la ville puisque la municipalité décidait, en 1905, de la reconstruire cours Tartas.</p>
<div id="attachment_756" class="wp-caption alignleft" style="width: 325px"><a title="Ecole Paul Bert en 2010." href="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2011/01/PB08.jpg" rel='gb_imageset[paul-bert-et-arcachon]'><img class="size-medium wp-image-756 " title="Ecole Paul Bert en 2010." src="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2011/01/PB08-450x254.jpg" alt="Ecole Paul Bert en 2010." width="315" height="178" /></a><p class="wp-caption-text">Ecole Paul Bert en 2010.</p></div>
<p>Cette école Paul Bert reste pour beaucoup d’Arcachonnais, et pour d’autres aussi comme pour Jean-Paul Sartre par exemple, l’école communale de leur enfance.</p>
<p>Et si demain la Mairie mène jusqu’au bout son funeste projet de démolition de notre Musée-Aquarium, elle va faire des Arcachonnais, non seulement des vandales, ce qui n’est pas très glorieux, mais aussi de fieffés hypocrites pour laisser croire qu’en donnant à leur école le nom de Paul Bert, ils se seraient libérés de ce qu’ils lui devaient.</p>
<p>Et s’ils ne veulent pas ajouter le ridicule à la bêtise, il leur faudra donc débaptiser leur école communale.<img class="size-medium wp-image-759 alignright" title="PB09" src="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2011/01/PB09-450x367.jpg" alt="PB09" width="270" height="220" /></p>
<p>Une fois mort, Paul Bert fera donc l’objet de nombreuses commémorations sous différentes formes. Une souscription nationale permettra l’érection d’une imposante statue à son effigie au milieu du pont qui enjambe l’Yonne à Auxerre. Le statuaire était Emile Peynot. Coïncidence qui n’est pas sans nous interpeller, le Musée-Aquarium d’Arcachon, si cher à Paul Bert, se trouve aujourd’hui domicilié place du docteur Bertrand Peyneau.<br />
Paul Bert repose au cimetière d’Auxerre dans une sépulture due à Frédéric Bartholdi, celui-là même qui a pourvu New York de la liberté éclairant le monde.</p>
<p>Le statuaire a fait graver comme épitaphe deux mots dans la pierre : Science et Patrie. Aujourd’hui, l’Université de Bordeaux, la Société Scientifique d’Arcachon et la Mairie d’Arcachon entendent ensemble substituer à ces deux concepts de Science et Patrie, ceux moins respectables de Spéculation et Profit.</p>
<div id="attachment_763" class="wp-caption aligncenter" style="width: 459px"><a title="Staue de Paul Bert à Auxerre" href="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2011/01/Pb11.jpg" rel='gb_imageset[paul-bert-et-arcachon]'><img class="size-medium wp-image-763  " title="Staue de Paul Bert à Auxerre" src="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2011/01/Pb11-449x289.jpg" alt="Staue de Paul Bert à Auxerre" width="449" height="289" /></a><p class="wp-caption-text">Staue de Paul Bert à Auxerre</p></div>
<p>La France ne perd pas sa mémoire, elle la vend.</p>
<div id="attachment_764" class="wp-caption aligncenter" style="width: 460px"><a title="La tombe de Paul Bert" href="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2011/01/PB10.jpg" rel='gb_imageset[paul-bert-et-arcachon]'><img class="size-medium wp-image-764  " title="La tombe de Paul Bert" src="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2011/01/PB10-450x329.jpg" alt="La tombe de Paul Bert" width="450" height="329" /></a><p class="wp-caption-text">La tombe de Paul Bert</p></div>
<p style="text-align: right;">Janvier 2011</p>
<p style="text-align: right;">Jean-Pierre Ardoin Saint Amand</p>
<hr size="1" /><a href="#_ftnref1">[1]</a> Léon Dubreuil, <em>Paul Bert</em>, Librairie Félix Alcan, Paris-1935, p. 8.</p>
<p><a href="#_ftnref2">[2]</a> Ibid., p. 16.</p>
<p><a href="#_ftnref3">[3]</a> Régiment qui n’est pas sans rappeler quelques souvenirs à votre serviteur, du temps où il était cantonné au camp de Souge.</p>
<p><a href="#_ftnref4">[4]</a> D<sup>r</sup> Edgar Bérillon, <em>L’œuvre scientifique de Paul Bert</em>, Picard-Bernheim, Paris-1887, p. 74.</p>
<p><a href="#_ftnref5">[5]</a> Stéphane Kotovtchikhine, <em>Paul Bert et l’Instruction publique,</em> Editions Universitaires de Dijon, Dijon-2000, p. 36n.</p>
<p><a href="#_ftnref6">[6]</a> <em>Mémoires de la Société des Sciences Physiques et Naturelles de Bordeaux</em>, Tome IV, 1<sup>er</sup> Cahier (suite), Chez J.-B. Baillière, Paris-1866, p. 47.</p>
<p><a href="#_ftnref7">[7]</a> Ibid., p. 55.</p>
<p><a href="#_ftnref8">[8]</a> Ibid., p. 58.</p>
<p><a href="#_ftnref9">[9]</a> Stéphane Kotovtchikhine, <em>Paul Bert et l’Instruction publique,</em> op. cit. p. 35n.</p>
<p><a href="#_ftnref10">[10]</a> Léon Dubreuil, <em>Paul Bert</em>, op. cit., p.18.</p>
<p><a href="#_ftnref11">[11]</a> <em>Mémoires de la Société des Sciences Physiques et Naturelles de Bordeaux</em>, Tome V, Chez J.-B. Baillière, Paris-1867, p. 137-138.</p>
<p><a href="#_ftnref12">[12]</a> Lettre adressée en 1863 à Pierre Savatier-Laroche, ancien député d’Auxerre, in P. De la Brosse, <em>Une des grandes énergies françaises, Paul Bert</em>, Imprimerie d’Extrême-Orient, Hanoï-1925, p. 62.</p>
<p><a href="#_ftnref13">[13]</a> Emile Javal s’en consolera en parvenant à se faire élire député de l’arrondissement de Sens, en 1885.</p>
<p><a href="#_ftnref14">[14]</a> <em>L’Avenir d’Arcachon</em> du dimanche 30 novembre 1884.</p>
<p><a href="#_ftnref15">[15]</a> <em>Discours prononcé par M. Paul Bert à l’occasion du banquet qui lui a été offert par les instituteurs &amp; les institutrices de France, le 18 Septembre 1881</em>, Librairie Picard-Bernheim et Cie, Paris-1882, p. 28.</p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Une visite à  l’Exposition Internationale de Pêche et d’Aquiculture d’Arcachon</title>
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		<pubDate>Wed, 19 Jan 2011 17:36:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[La Société Scientifique – la Station Biologique]]></category>
		<category><![CDATA[Le Musée Aquarium]]></category>
		<category><![CDATA[Comettant]]></category>

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		<description><![CDATA[Cette visite nous est proposée par Oscar Comettant, journaliste au Siècle. Né à Bordeaux en 1820, attiré par la composition musicale, il entre au Conservatoire de Paris en 1839. A 33 ans, il accompagne son épouse cantatrice de renom pour une longue tournée aux Amériques. A son retour, il publie Trois ans aux Etats-Unis, étude [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_724" class="wp-caption alignright" style="width: 170px"><a title="En Vacances" href="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2011/01/Oscar01a.jpg" rel='gb_imageset[une-visite-a-lexposition-internationale-de-peche-et-daquiculture-darcachon]'><img class="size-medium wp-image-724   " title="En Vacances" src="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2011/01/Oscar01a-285x450.jpg" alt="En Vacances" width="160" height="252" /></a><p class="wp-caption-text">En Vacances</p></div>
<p>Cette visite nous est proposée par Oscar Comettant, journaliste au <em>Siècle</em>. Né à Bordeaux en 1820, attiré par la composition musicale, il entre au Conservatoire de Paris en 1839. A 33 ans, il accompagne son épouse cantatrice de renom pour une longue tournée aux Amériques. A son retour, il publie <em>Trois ans aux Etats-Unis, étude des mœurs et des coutumes américaines</em>. Devenu critique musical au <em>Siècle,</em> il poursuit parallèlement sa carrière de musicien, composant plus de cent cinquante morceaux de musique, surtout pour piano, qu’il joue lui-même en concert. Il était lié d’amitié avec, entre autres, Charles Gounod.</p>
<p>A l’été 1862, il vient villégiaturer à Arcachon et en 1864, il publie un nouvel ouvrage dans lequel il est beaucoup question de notre ville et sur la couverture duquel apparaît une gravure stylisée la montrant. Cette gravure est reprise, en un plus grand format, dans le livre et bien sûr le Musée-Aquarium qui n’avait pas encore été édifié n’y apparaît pas.</p>
<p>Ce livre lui valait, dans le <em>Moniteur universel,</em> une critique particulièrement élogieuse qui débordait vers une description dithyrambique de notre ville, dont nous avons tiré ces quelques lignes.</p>
<p><strong><em><span id="more-720"></span>Moniteur universel</em></strong><strong> du 4 mai 1864 :</strong></p>
<p><em>Sans doute ce voyage est plein d&#8217;intérêt, en compagnie d&#8217;un pareil guide, pour qui ne connaît pas encore les lieux parcourus ; mais combien on aime à retrouver ses propres impressions si bien traduites, quand on a visités soi-même quelques-uns des endroits où l&#8217;auteur s&#8217;est arrêté. C&#8217;est ce que nous avons éprouvé en lisant et relisant le chapitre daté d&#8217;Arcachon.</em></p>
<p><em> Arcachon, c&#8217;est le pays des fées. Mais non : il y a deux puissances qui font des prodiges bien autrement extraordinaires que ceux de ces vieilles compagnes de notre enfance : c&#8217;est Dieu et l&#8217;intelligence humaine. Dieu a prodigué toutes ses richesses à ce petit coin de terre. Il a commandé à la mer de venir s&#8217;endormir en lac sur sa plage de sable, il lui a donné une forêt toujours verte, une température toujours douce, des horizons toujours changeants. </em></p>
<p><em>L&#8217;intelligence humaine a pris ce chef-d’œuvre de Dieu, et l&#8217;a paré de tous ses luxes. La vie y était poétique et saine : elle y est devenue facile et élégante. Beaucoup regretteront sans doute cet envahissement, par la civilisation, des derniers points de notre sol où la nature était restée maîtresse de se faire belle à sa guise. </em></p>
<p><em> </em></p>
<div id="attachment_725" class="wp-caption alignleft" style="width: 262px"><em><em><a title="Arcachon" href="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2011/01/Oscar03a.jpg" rel='gb_imageset[une-visite-a-lexposition-internationale-de-peche-et-daquiculture-darcachon]'><img class="size-medium wp-image-725  " title="Arcachon" src="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2011/01/Oscar03a-450x295.jpg" alt="Arcachon" width="252" height="165" /></a></em></em><p class="wp-caption-text">Arcachon</p></div>
<p><em>Moi-même, j&#8217;ai été péniblement affecté en rencontrant un omnibus sur la route macadamisée, en trouvant le gaz installé sous les pins, et en lisant le cours de la Bourse affiché à deux pas de la plage. Ce n&#8217;était pas là ce que je venais chercher. Mais un jour qu&#8217;une ondée furieuse m&#8217;avait surpris en jaquette blanche loin du logis, je fus bien heureux de m&#8217;abriter et de continuer ma route dans le prosaïque véhicule ; un soir qu&#8217;en descendant après l&#8217;heure du Casino, je faillis me rompre le col, en buttant contre un pieu, je trouvai que le gaz avait du bon, et, en songeant que les gens de lettres n&#8217;étaient pas en majorité à Arcachon, je reconnus que la cote de la Bourse pouvait avoir de l&#8217;intérêt pour quelqu&#8217;un : les résiniers sont devenus si riches depuis l&#8217;ensemencement des landes ! Tout est donc pour le mieux, et M. Comettant partage cette opinion. D&#8217;ailleurs il y a deux choses au moins qui n&#8217;ont pas changé à Arcachon, c&#8217;est le ciel et le bassin : et quels admirables aspects ils savent prendre, et comme ils se prêtent mutuellement leurs magiques parures !</em></p>
<p style="text-align: center;">-o-</p>
<p>Oscar Comettant revient fréquenter nos rivages à l’été 1866, alors que s’y tient l’Exposition Internationale de Pêche et d’Aquiculture, à l’origine de la création de notre Musé-Aquarium, et qu’il ne manque pas de visiter.</p>
<p>En 1869, son nouvel ouvrage, <em>De Paris à… quelque part,</em> comporte un chapitre consacré à cette exposition :</p>
<div id="attachment_726" class="wp-caption alignright" style="width: 251px"><a title="Une visite à l'exposition internationale" href="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2011/01/Oscar04b.jpg" rel='gb_imageset[une-visite-a-lexposition-internationale-de-peche-et-daquiculture-darcachon]'><img class="size-medium wp-image-726 " title="Une visite à l'exposition internationale" src="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2011/01/Oscar04b-344x450.jpg" alt="Une visite à l'exposition internationale" width="241" height="315" /></a><p class="wp-caption-text">Une visite à l&#39;exposition internationale</p></div>
<p align="center"><span style="color: #000080;"><strong>V.</strong></span></p>
<p align="center"><span style="color: #000080;"><strong> </strong></span></p>
<p align="center"><span style="color: #000080;"><strong>UNE VISITE A L&#8217;EXPOSITION INTERNATIONALE</strong></span></p>
<p align="center">
<p align="center"><span style="color: #000080;">DE PÊCHE ET D&#8217;AQUICULTURE D&#8217;ARCACHON.</span></p>
<p align="center"><span style="color: #000080;">_______________</span></p>
<p align="center">
<p align="center"><span style="color: #000080;">A M. CHARLES WALLUT.</span></p>
<p align="center">
<p><span style="color: #000080;">Je suis parti de Paris pour aller à… quelque part.</span></p>
<p><span style="color: #000080;">Me voici à Arcachon, dont je ne vous décrirai pas les agréments, je l&#8217;ai fait ailleurs<a href="#_ftn1">(1)</a>, mais dont il me sera fort agréable de vous parler de l&#8217;exposition internationale de pêche et d&#8217;aquiculture.</span></p>
<p><span style="color: #000080;">Je suis de ceux qui pensent que l&#8217;industrie des eaux est encore dans l&#8217;enfance. Si l&#8217;agriculture de la terre laisse toujours beaucoup à désirer, malgré de récents et si importants progrès accomplis, combien l&#8217;exploitation de la mer est moins avancée encore !</span></p>
<p><span style="color: #000080;">On pêche aujourd&#8217;hui comme on pêchait du temps d&#8217;Homère, lequel dans son <em>Odyssée </em>parle de la pêche à l&#8217;hameçon et de celle au filet. Il est même permis de croire que les anciens connurent mieux que nous ne le connaissons cet art éminemment productif, car ce furent les fameuses pêcheries de Byzance qui valurent à ce port le nom significatif de <em>corne dorée.</em></span></p>
<p><span style="color: #000080;">Plus de quatre cents noms de poissons connus des Grecs sont parvenus jusqu&#8217;à nous : « Cette abondance de mots, dit Buffon, cette richesse d&#8217;expressions nettes et précises ne supposent-elles pas la même abondance d&#8217;idées et de connaissances ? Ne voit-on pas que ces gens, qui avaient nommé beaucoup plus de choses que nous, en connaissaient par conséquent beaucoup plus ? » En effet, ce que Noël de la Morinière a écrit sur l&#8217;art de la pêche pendant la période grecque, ce qu&#8217;Aristophane et les autres poëtes satiriques disent sur la diététique des Grecs, démontre clairement que le commerce du poisson était, dans ce temps-là, un commerce d&#8217;une importance majeure.</span></p>
<p><span style="color: #000080;">Je sais bien que trente mille marins de notre littoral, exploitant la grande et la petite pêche, versent annuellement dans le commerce environ cent vingt millions de francs de produits, et que cette somme, comme aurait dit Balzac, n&#8217;est pas déshonorante ; mais qu&#8217;est-ce que cent vingt millions quand on veut se donner la peine de considérer tout ce qu&#8217;on pourrait retirer de l&#8217;Océan, cet immense domaine dont la propriété n&#8217;est à personne, dont la jouissance appartient à tous.</span></p>
<p><span style="color: #000080;">Les géographes nous ont appris à connaître la mer, mais seulement sous le rapport de son étendue, des phénomènes météorologiques qui s&#8217;opèrent à sa surface, et de la configuration des côtes ; ses profondeurs sont restées à peu près ignorées jusqu&#8217;ici. Nous savons seulement que la mer comme la terre a sa végétation, ses plaines, ses montagnes, ses volcans, ses frimas, ses parties fertiles, ses endroits arides, et qu&#8217;elle nourrit des myriades d&#8217;animaux dont nos filets et tous nos engins de pêche n&#8217;atteignent qu&#8217;une partie relativement insignifiante. La pêche des poissons voyageurs, quoique fort abondante, est restée stationnaire sur nos côtes, et les produits ne sont plus en rapport avec les besoins de la consommation. Quant à la pêche des poissons fixes, si elle s&#8217;est accrue d&#8217;un côté par la découverte des bancs de Terre-Neuve, elle s&#8217;est amoindrie étonnamment dans certains parages de l&#8217;océan Atlantique, qui, avec un peu d&#8217;efforts, pourraient devenir le siège d&#8217;une pêcherie abondante.</span></p>
<p><span style="color: #000080;">Ces parages, qui s&#8217;étendent le long de l&#8217;Afrique occidentale, depuis le cap de Geer jusqu&#8217;à l&#8217;embouchure de la Gambie, sont peut-être, d&#8217;après un auteur accrédité, les plus poissonneux de tout l&#8217;Océan. Mais la routine, qui escorte l&#8217;homme sur l&#8217;onde aussi bien que sur la terre, la routine veut qu&#8217;on aille à grand&#8217;peine et à grands frais chercher la morue sur les bancs de Terre-Neuve, et qu&#8217;on dédaigne les espèces de grades analogues à la morue qui pullulent dans l&#8217;archipel canarien.</span></p>
<p><span style="color: #000080;">Est-il permis de croire que les moissonneurs de l&#8217;Océan, guidés par les hommes de science, exploiteront plus habilement et sur une plus vaste échelle qu&#8217;ils ne l&#8217;ont fait jusqu&#8217;à présent les inépuisables produits de leur champ sans limites ? Oui, certes, mais il faudra du temps, beaucoup de temps.</span></p>
<p><span style="color: #000080;">Rien n&#8217;a été plus difficile que de décider les marins à aller exploiter cette mine vivante dont on a tiré des centaines de millions de produits sans cesse renouvelés, et qui s&#8217;appelle le grand banc ; rien non plus ne sera plus difficile que de les arracher à leurs habitudes pour les décider à s&#8217;enrichir ailleurs. Longtemps après la découverte de Terre-Neuve par le Vénitien Jean Cabot, en 1497, on dédaigna les trésors poissonneux de cette aquatique Californie. Hore, qui visita ces parages près de quarante ans après, en 1536, manqua d&#8217;y périr de faim avec tous ses hommes, quand le poisson solidifiait pour ainsi dire la mer autour de lui.</span></p>
<p><span style="color: #000080;">Il a fallu, dit M. Berthelot, le secours des primes et toute la protection du gouvernement, pour que la pêche à la morue s&#8217;élevât au rang des grands commerces. Les chartes octroyées par Henri VII pour fonder des pêcheries à Terre-Neuve ne produisirent d&#8217;abord aucun résultat. L&#8217;île ne comptait que soixante-deux colons en 1612, et le nombre des navires pêcheurs s&#8217;élevait au plus à une cinquantaine. Aujourd&#8217;hui la pêche, dans ces mêmes parages, emploie, pour la France seulement, 12,000 marins, répartis en 400 navires environ, jaugeant plus de 54,000 tonneaux. Tout le monde pêche sur les bancs, jusqu&#8217;aux chiens de Terre-Neuve qui tiennent des lignes à leur gueule.</span></p>
<p><span style="color: #000080;">Mais rien n&#8217;est éternel dans ce bas monde, les bancs de morue pas plus que les nations, et dans l&#8217;avenir on pourra dire de Terre-Neuve comme de l&#8217;empire romain, qu&#8217;elle a eu sa grandeur et sa décadence. Déjà nos marins croient s&#8217;apercevoir de la diminution de la morue sur les bancs de Terre-Neuve. Ne serait-il pas prudent, dès lors, de se préparer de nouvelles ressources en étudiant les autres endroits de la mer où le poisson aime à se fixer, et aussi en imaginant des engins un peu moins primitifs que le grossier hameçon et le filet insuffisant ?</span></p>
<p><span style="color: #000080;">C&#8217;est pour stimuler l&#8217;émulation des pêcheurs autant que pour donner satisfaction à la science que la société scientifique d&#8217;Arcachon a organisé l&#8217;exposition de pèche, enrichie d&#8217;un aquarium offrant le spectacle en miniature du monde vivant de la mer.</span></p>
<p><span style="color: #000080;">« Tout homme, a dit Franklin, qui pêche un poisson, tire de la mer une pièce de monnaie. » Fort bien, mais voyons avec quels instruments on retire cette espèce de monnaie de l&#8217;immense coffre-fort.</span></p>
<p><span style="color: #000080;">L&#8217;exposition d&#8217;Arcachon nous permet d&#8217;apprécier d&#8217;un seul coup-d&#8217;œil les moyens de pêche employés par toutes les nations, et de dresser l&#8217;inventaire des ressources lacustres et fluviatiles du sol maritime de la France, particulièrement du littoral d&#8217;Arcachon.</span></p>
<p><span style="color: #000080;">D&#8217;après la première édition du livret de cette exposition, le nombre des exposants s&#8217;élevait à 523 : la France en comptait 402 ; les colonies françaises 20 ; les pays étrangers 95 ; mais de nouveaux exposants se sont présentés, au nombre d&#8217;environ 500, qui ont nécessité une nouvelle édition du livret, sous presse en ce moment.</span></p>
<p><span style="color: #000080;">Mes yeux se portent tout d&#8217;abord sur d&#8217;immenses filets appelés <em>madragues, </em>et destinés à la pêche du thon. Ce poisson, que les Parisiens ne connaissent guère que mariné, vit dans l&#8217;Océan, mais plus encore dans la Méditerranée, et il est, pour les côtes de la Provence et du Languedoc, aussi bien que pour Gênes et la Sicile, l&#8217;objet d&#8217;un commerce très-important. C&#8217;est un poisson tout en chair, d&#8217;une longueur moyenne d&#8217;un mètre, qui voyage par bandes comme le hareng, le maquereau et la sardine.</span></p>
<p><span style="color: #000080;">Le thon se prend dans les madragues, qui forment comme un labyrinthe dans lequel le poisson ne sait plus retrouver son chemin pour en ressortir. La madrague, nous explique M. Gervais, est un engin fixe consistant en une série de cloisons formées avec des filets maintenus verticalement. Chacune de ces enceintes est ouverte du côté de la terre, et le tout est fermé par un autre filet qui relie cette sorte de labyrinthe à la terre et arrête les thons dans leur course, dont la direction est bien connue des pêcheurs. Ces poissons passent d&#8217;abord entre la madrague et la mer ; mais, arrêtés par le filet de barrage, ils se détournent et pénètrent dans les enceintes, où ils s&#8217;égarent jusqu&#8217;à ce qu&#8217;ils aient abouti au dernier compartiment dit <em>corpou, </em>ou chambre des morts. Le nombre des thons pris simultanément dans la madrague se compte dans certains cas par centaines. Des hommes apostés préviennent les marins de l&#8217;entrée des thons dans la madrague, et une petite flottille prend aussitôt la mer pour pousser le poisson jusque dans la chambre des morts. Cette chambre est un véritable abattoir, car chaque thon y est saigné et mis à mort avant d&#8217;être retiré de l&#8217;eau.</span></p>
<p><span style="color: #000080;">Ce système de filets est assurément ingénieux, et les pêcheurs de sardines d&#8217;Arcachon (prononcez royans), ont grandement besoin de s&#8217;en inspirer.</span></p>
<p><span style="color: #000080;">Pour capturer ces délicats petits poissons, les pêcheurs d&#8217;Arcachon ne savent que jeter un filet étroit et court, qui fait, dans la mer, l&#8217;effet d&#8217;un mouchoir de poche tendu sur une corde. Quand ce bout de filet est ainsi posé, les pêcheurs jettent de la rogue à deux ou trois pas d&#8217;une des faces du filet. La rogue qui n&#8217;est autre chose que des œufs de morue, attire les sardines, qui en sont très-friandes. Dans leur ardeur à se précipiter sur la rogue, les plus étourdies des sardines s&#8217;embarrassent dans le filet sans l&#8217;apercevoir, et s&#8217;y étranglent. Mais la presque totalité de ces poissons mange la rogue et passent à côté du filet. Toutes les routes leur sont ouvertes, et on ne comprend pas que les pêcheurs, avec quatre filets, n&#8217;emprisonnent pas les sardines. Ce moyen est trop simple, trop facile et trop sûr, pour qu&#8217;on songe, de longtemps encore peut-être, à l&#8217;employer.</span></p>
<p><span style="color: #000080;">On compte à Arcachon sur la bonne volonté des sardines à aller se faire garrotter dans les mailles d&#8217;un filet qu&#8217;il leur est si facile d&#8217;éviter, comme on compte un peu partout sur la bonne volonté des grands poissons à venir s&#8217;accrocher à un hameçon qui se voit au milieu de l’appât dont il est garni comme le nez au milieu du visage. Mais on n&#8217;a pas l&#8217;idée de la stupidité et de la voracité de certains poissons, notamment des morues, qui au fond de l&#8217;eau, font littéralement queue pour attendre leur tour d&#8217;être prises.</span></p>
<p><span style="color: #000080;">Je crois l&#8217;avoir dit ailleurs, le pêcheur de morue, quand le poisson est abondant, n&#8217;a que le temps juste d&#8217;amorcer et de jeter à l&#8217;eau sa ligne, entraînée rapidement au fond par un lourd morceau de plomb, pour amener une morue suspendue à l&#8217;hameçon. La morue voisine prend alors dans l&#8217;eau la place de celle que l&#8217;on vient de pêcher, et semble attendre avec impatience, quoiqu&#8217;elle attende avec calme, le retour de la ligne pour se faire pêcher de même. Et ainsi de suite de toutes les morues jusqu&#8217;à la dernière, qui a vu successivement disparaître toutes ses compagnes aquatiques sans concevoir pour cela le moindre soupçon.</span></p>
<p><span style="color: #000080;">Mais on a beau être poisson, à force d&#8217;avaler des hameçons on finit par s&#8217;en lasser. Il était aisé de prévoir que les morues et tous les autres poissons, voulant suivre les progrès du temps, demanderaient un hameçon perfectionné. Un vœu aussi légitime devait être pris en considération, et des pêcheurs norwégiens viennent d&#8217;accorder aux morues un piège mécanique, très-perfectionné, en effet, et qui ne peut manquer d&#8217;être généralement bien accueilli par toutes les espèces qui cultivent l&#8217;hameçon et désirent sincèrement le progrès de la science. C&#8217;est toujours un hameçon, mais un hameçon à deux branches dissimulées dans l&#8217;appât.</span></p>
<p><span style="color: #000080;">Au moment où le poisson avale l&#8217;appât, un petit crochet se déplace et permet au double hameçon de s&#8217;écarter brusquement en éventail dans la bouche de l&#8217;animal, transpercée en deux endroits à la fois. A la bonne heure ! et si la <em>morue, </em>la<em> boca-négra, </em>le <em>mero, </em>la <em>vaca, </em>la<em> cabrilla, </em>le<em> thon, </em>la<em> bonite, </em>le <em>verrugato </em>et tous les autres habitants des mers qui goûtent l&#8217;hameçon ne sont pas satisfaits de celui-là, c&#8217;est qu&#8217;ils seront bien difficiles.</span></p>
<p><span style="color: #000080;">Si je pouvais oublier que ce petit volume n&#8217;est pas un traité de pêche, j&#8217;aurais grand plaisir à vous parler de quelques autres engins qui témoignent de louables efforts pour rendre la capture du poisson plus sûre et plus abondante. Mais j&#8217;ai hâte d&#8217;entrer avec vous dans l&#8217;aquarium, et je ne citerai que pour mémoire les filets mécaniques pour la pêche en mer de MM. Broquant et C<sup>e</sup>, à Dunkerque ; un modèle de seine à fond et à coulisse pour la pêche de la sardine, qui, d&#8217;après son inventeur, M. Dubois (de Nantes), économise les deux tiers de la rogue ; une trappe perfectionnée pour prendre les homards et les chevrettes, de M. Kulbach, à Southampton ; un appareil lumineux à attirer le poisson, de M. Widows, à Londres ; un modèle du nouvel appareil de pêche, de M. Bryson, à Edimbourg ; des engins pour détruire le gros poisson nuisible, de M. Dubois (de Nantes) ; enfin les mouches anglaises perfectionnées pour pêcher certains poissons d&#8217;eau douce.</span></p>
<p><span style="color: #000080;">J&#8217;ai cherché vainement à l&#8217;exposition d&#8217;Arcachon des modèles de système de rets pour prendre le marsouin, qui abonde parfois dans le bassin d&#8217;Arcachon, mais que nos pêcheurs semblent dédaigner. Ils ignorent sans doute que la pêche de ce cétacé dans le fleuve Saint-Laurent fut, dès la découverte du Canada, l&#8217;objet d&#8217;un commerce très-lucratif. L&#8217;huile du marsouin et sa peau se vendent à un prix très-élevé. L&#8217;onctuosité extrême de cette huile, d&#8217;ailleurs inodore, fournit une lumière des plus brillantes ; elle est supérieure à toute autre pour l&#8217;éclairage des phares, parce que le plus grand froid ne la coagule pas. Elle est inappréciable pour le graissage des cuirs et surtout des pièces mécaniques.</span></p>
<p><span style="color: #000080;">Le poids moyen d&#8217;un marsouin est de 1,300 kil. Il en est qui atteignent 2,000 kil. La longueur de ces derniers est de six mètres, et leur circonférence d&#8217;environ deux mètres et demi. Un marsouin de moyenne grandeur est vendu en Amérique par le pêcheur 100 dollars (500 francs). En une seule année, une société de six pêcheurs captura 800 de ces cétacés, Allons, Arcachonnais, à l&#8217;œuvre ! Un marsouin vaut bien quelques royans, comme vous voyez.</span></p>
<p><span style="color: #000080;">Depuis les <em>Travailleurs de la mer </em>de Victor Hugo, tout aquarium qui se respecte ne peut se dispenser d&#8217;avoir une <em>pieuvre. </em>Cette espèce de mollusque de l&#8217;ordre des céphalopodes, comme disent les savants, est devenue à la mode, et il est encore aujourd&#8217;hui de bon goût, dans les salons, d&#8217;en faire un sujet de conversation.</span></p>
<p><span style="color: #000080;">– Avez-vous eu occasion, me disait une dame, de voir quelqu&#8217;un de ces terribles poulpes ?</span></p>
<p><span style="color: #000080;">– J&#8217;en ai mangé plus de cent, madame.</span></p>
<p><span style="color: #000080;">– Est-il possible ? Et où cela, monsieur ?</span></p>
<p><span style="color: #000080;">– A Rio-de-Janeiro, madame, où ce mollusque abonde sur les marchés.</span></p>
<p><span style="color: #000080;">– Et c&#8217;est bon ?</span></p>
<p><span style="color: #000080;">– Très-bon, madame, à la sauce tomate.</span></p>
<p><span style="color: #000080;">– Et comment est-ce fait, au juste ?</span></p>
<p><span style="color: #000080;">– L&#8217;aspect du poulpe, j&#8217;en conviens, n&#8217;a rien de gracieux, mais l&#8217;estomac est souvent moins difficile que les yeux, et ce que l&#8217;un rejette, l&#8217;autre l&#8217;accepte avec plaisir témoin les huîtres, pour ne citer qu&#8217;une chose. La <em>pieuvre, </em>madame, puisque c&#8217;est aujourd&#8217;hui le mot consacré, est un animal pourvu de huit grands tentacules, dont la coquille est réduite à deux grains coniques de substance cornée. Sous le ventre de cette bête se trouvent des ailes latérales qui ne lui sont que d&#8217;un médiocre secours. Les poulpes, en effet, nagent difficilement, ce qui les oblige à rester près des côtes, où ils se reposent sur le sable repliés sur eux-mêmes. La puissance de cet animal est tout entière dans la force prodigieuse de ces huit bras, six fois plus longs que son corps. Il faut plaindre l&#8217;être vivant, quel qu&#8217;il soit, que la pieuvre enlace dans ses organes. Il est étouffé, broyé, et le récit du grand poëte n&#8217;a rien d&#8217;impossible, dès qu&#8217;on suppose un poulpe exceptionnellement grand.</span></p>
<p><span style="color: #000080;">En général ils mesurent soixante centimètres de diamètre, mais il est des poulpes qui atteignent plusieurs mètres de longueur. Je ne sais plus où j&#8217;ai lu que le bateau à vapeur l&#8217;<em>Alecton, </em>se rendant à Cayenne, dans le cours de l&#8217;année 1851, rencontra entre Madère et Ténériffe, assez loin de la côte, un poulpe gigantesque de cinq à six mètres, et dont les huit bras avaient, par conséquent, de trente à trente-six mètres de longueur chacun. L&#8217;équipage tira sur ce monstre plusieurs coups de fusil, mais les balles glissèrent sur sa chair gluante, et le harpon n&#8217;eut pas plus de prise que les balles. On eut l&#8217;idée de charger une carabine à mitraille, et un clou ayant pénétré dans ce rempart de matière mollasse, il en sortit en grande abondance du sang et de l&#8217;écume répandant une forte odeur de musc. L&#8217;animal, affaibli par cette blessure, put être pris dans un nœud coulant. Mais en le hissant à bord, le corps, d&#8217;un poids énorme, se sépara en deux, et la partie postérieure seule resta sur le navire.</span></p>
<p><span style="color: #000080;">– On s&#8217;explique aisément, répliqua la dame, qu&#8217;un monstre comme celui-là ne craigne pas d&#8217;attaquer un homme. S&#8217;il y a quelque chose d&#8217;invraisemblable dans le récit de Victor Hugo, c&#8217;est que Giliatt ait triomphé d&#8217;un semblable ennemi.</span></p>
<p><span style="color: #000080;">La pieuvre qu&#8217;on voit dans l&#8217;aquarium d&#8217;Arcachon est un bébé de pieuvre ; néanmoins elle est fort intéressante à étudier. Quand on la force, en la menaçant d&#8217;une verge, à changer de place, elle le fait avec des mouvements brusques et menaçants qui semblent témoigner de sa mauvaise humeur.</span></p>
<p><span style="color: #000080;">On ne lui donne à manger que deux fois par semaine, et la voracité avec laquelle elle saisit sa proie, au moyen de ses huit bras qui se tendent comme huit ressorts pour se replier avec une incroyable énergie sur eux-mêmes, est vraiment effrayante.</span></p>
<p><span style="color: #000080;">A côté de la pieuvre, je vois un rouget, poisson appartenant à la grande famille des mules, Il nage avec grâce, et sa jolie couleur m&#8217;a remis en mémoire la singulière passion des anciens Romains pour ces poissons, qu&#8217;ils se faisaient apporter vivants sur leurs tables, afin de jouir du spectacle varié des couleurs de ces animaux mourants. Le poisson mort, un affranchi l&#8217;emportait dans les cuisines, et on le servait sur des plats enrichis de pierres précieuses. Le goût désordonné de ces hommes blasés pour le rouget fut poussé jusqu&#8217;à la folie. Tibère, au témoignage de Sénèque, mit à l&#8217;encan, entre Apicius et Octavius, un rouget du poids de quatre livres, adjugé pour la somme extravagante de quatre mille sesterces. La tête et le foie étaient les parties les plus recherchées de l&#8217;animal.</span></p>
<p><span style="color: #000080;">Mais on se dégoûte de tout, même des têtes et des foies de rouget, et nous voyons Héliogabale ordonner, suivant Lampride, qu&#8217;on lui servît un plat composé seulement de barbillons de rougets. Un semblable ragoût, d&#8217;un prix énorme, rappelle le frugal déjeûner de Cléopâtre avalant une perle évaluée à cinq millions de notre monnaie.</span></p>
<p><span style="color: #000080;">Les rougets du bassin d&#8217;Arcachon sont estimés des gastronomes, autant peut-être que l&#8217;étaient ceux qu&#8217;on pêchait dans le détroit de Gadès ; mais très-heureusement ils coûtent infiniment moins cher aujourd&#8217;hui que dans le temps de la Rome dégénérée ; ce qui prouve que tout n&#8217;a pas renchéri, comme le disent les ména<em>gères.</em></span></p>
<p><span style="color: #000080;">Nous nous arrêtons devant un appétissant échantillon d&#8217;huîtres tirées de la baie d’Arcachon, et qu&#8217;on appelle <em>gravettes </em>à cause du fond de graves et de sable sur lequel elles reposent. Pour étudier avec fruit cette reine des mollusques, nous avons soin de nous munir de l&#8217;excellent petit ouvrage récemment publié par l&#8217;abbé Mouls, curé d&#8217;Arcachon.</span></p>
<p><span style="color: #000080;">La sagesse des nations dit : « Bête comme une huître ». Sans doute ces délicieux mollusques n&#8217;ont pas inventé le fusil à aiguille ; mais on se tromperait fort si on les croyait dépourvus de toute intelligence. Si l&#8217;huître n&#8217;a ni tête, ni pieds, ni bras, ni squelette intérieur, du moins elle possède un système nerveux, une bouche, un appareil de digestion, un appareil de respiration, un système vasculaire très-curieux et un appareil de reproduction plus curieux encore. Elle est susceptible d&#8217;éducation, observe comme un académicien, et sait tourner ses remarques au profit de sa conservation. En effet, les huîtres exposées à l&#8217;alternative des marées, dit M. Mouls, semblent avoir appris qu&#8217;elles seront à sec à la marée basse, et profitent de la haute marée pour faire provision d&#8217;eau. Celles qui sont constamment submergées ne prennent pas ce soin.</span></p>
<p><span style="color: #000080;">D&#8217;un autre côté, plusieurs observateurs assurent que les huîtres ont la faculté de changer de place. Elles peuvent avancer en frappant l&#8217;eau vivement de leurs valves. Convenez que quand on est prévoyant au point de se faire des provisions de bouche, et qu&#8217;on va se promener, on n&#8217;est déjà pas si bête. Les crétins de l&#8217;espèce humaine qui ne savent ni manger, ni bouger, sont plus bêtes que les huîtres.</span></p>
<p><span style="color: #000080;">Ce qui manque absolument à ce mollusque, ce sont des moyens de défense pour lutter contre ses ennemis, et ils sont nombreux. Ce sont, sur la terre, tous les gastronomes, si friands de ce mollusque, et, dans l&#8217;eau, l&#8217;étoile de mer, la moule, la pétoncle, le crabe et plus encore le courmailleau. L&#8217;étoile de mer, la moule et la pétoncle étouffent l&#8217;huître sous un monceau de vase ; c&#8217;est une guerre terre à terre qui n&#8217;a rien de chevaleresque. Le crabe est passé maître dans l&#8217;art d&#8217;attaquer ce mollusque ; il épie, avec la patience d&#8217;un chat guettant une souris, le moment où l&#8217;huître, qui ne pense point à mal, ouvrira ses écailles pour placer dextrement entre les deux valves entre-baillées une petite pierre qui les empêche de se joindre. On n&#8217;est pas plus gamin, car cet acte est un acte de véritable gaminerie. Quand la porte de la demeure de l&#8217;huître est ainsi tenue ouverte, le crabe y pénètre, lui donne la mort, et, ajoute M. Mouls, fait un festin délicieux. Auriez-vous jamais cru le crabe capable d&#8217;une ruse pareille ?</span></p>
<p><span style="color: #000080;">Le courmailleau n&#8217;use pas des artifices du crabe : comptant sur la vigueur de sa trompe, qui fonctionne comme un vrille, il s&#8217;attache aux valves de l&#8217;huître sur le battant supérieur, se colle contre le test, et manœuvre de son outil, qui perce l&#8217;écaille du mollusque avec plus de précision et de régularité qu&#8217;une vrille. Heureusement la nature, qui semble avoir créé certaines espèces d&#8217;animaux pour la nourriture de certains autres, a fait que l&#8217;huître se reproduit d&#8217;une manière prodigieuse.</span></p>
<p><span style="color: #000080;">La ponte de chaque huître est d&#8217;environ cinquante à soixante-mille œufs par an. La plupart de ces œufs, il est vrai, servent à l&#8217;état de naissain de nourriture aux polypes, mais un bon nombre est épargné.</span></p>
<p><span style="color: #000080;">Aussi la consommation des huîtres est-elle considérable partout. Aux Etats-Unis, où la pêche et le commerce des huîtres ne sont point réglementés, il s&#8217;en consomme annuellement pour une valeur de cent millions de francs, soit vingt millions de dollars. On n&#8217;est pas étonné de ce chiffre quand on lit les lignes suivantes écrites par le célèbre pisciculteur, M. Coste : « On pourra créer quand on le voudra, sur les huit cents hectares de terrains émergeants susceptibles d&#8217;être mis en exploitation dans la baie d&#8217;Arcachon, un revenu annuel de douze à quinze millions. »</span></p>
<p><span style="color: #000080;">Connaissez-vous, lecteurs, ces étranges organismes que les naturalistes ont tous désigné depuis la plus haute antiquité sous le nom de <em>anatifes </em>? On les trouve au bord de toutes les mers, et ils se fixent sur toutes les pièces de bois flottantes, par agglomérations plus ou moins nombreuses. En cherchant l&#8217;étymologie de ce nom d&#8217;anatife, on est surpris de trouver <em>anas, </em>canard, et <em>fero, </em>je porte, ou je produis. En quoi ces animaux, rangés généralement entre les crustacés et les mollusques, peuvent-ils <em>porter des canards </em>?</span></p>
<p><span style="color: #000080;">Je vais vous le dire. Sachez donc que, depuis le douzième jusqu&#8217;au dix-septième siècle, les naturalistes les plus sérieux crurent que ces singuliers êtres se transformaient en certaines espèces de canards ou d&#8217;oies. Encore à cette heure, bon nombre de pêcheurs, sur nos côtes, pensent que les troupes innombrables de macreuses, de bernaches et d&#8217;autres oiseaux sauvages du genre des canards, qu&#8217;on voit soudainement s&#8217;abattre sur les rivages sans qu&#8217;on puisse découvrir d&#8217;où ils arrivent, proviennent des anatifes transformés. « Jusqu&#8217;à ce qu&#8217;on ait découvert dans les mers polaires, dit le docteur La Bonnardière, les nids des macreuses et de certains autres canards voyageurs, on a fait sur l&#8217;origine de ces oiseaux, comme sur celle de beaucoup d&#8217;autres animaux inférieurs, les conjectures les plus bizarres. Les uns pensaient qu&#8217;ils naissaient du fruit d&#8217;un arbre sur la nature duquel on n&#8217;était pas d&#8217;accord ; d&#8217;autres voulaient qu&#8217;ils fussent engendrés par la pourriture ; mais l&#8217;opinion la plus accréditée leur attribuait une origine marine qu&#8217;on cherchait tantôt dans le bois de sapin pourri, tantôt dans les mousses, tantôt enfin dans l&#8217;anatife ou conque anatifère. » La science sait aujourd&#8217;hui à quoi s&#8217;en tenir sur les anatifes, dont on a découvert les œufs, lesquels, comme tous les autres œufs, produisent des êtres semblables à ceux dont ils émanent. Les anatifes sont très-gloutons, et je les ai vus manger d&#8217;un excellent appétit dans l&#8217;aquarium d&#8217;Arcachon. J&#8217;ai vu aussi une langouste rouge qui se promenait gravement avec un de ces animaux attachés à une de ses pattes, comme on porte une bague chevalière.</span></p>
<p><span style="color: #000080;">Mais c&#8217;est tout un monde que cet aquarium, et je ne puis que vous signaler en passant les sujets qui m&#8217;ont le plus frappé.</span></p>
<p><span style="color: #000080;">Un des compartiments de l&#8217;aquarium ressemble à la montre d&#8217;un magasin de fleuriste. J&#8217;y vois avec des plumes de mer, les unes d&#8217;un rouge cannelle, les autres d&#8217;un gris foncé, des aménodes que les poëtes ont appelé les roses du monde des zoophytes. Et, pour que l&#8217;illusion soit complète, apparaît soudain un poisson aux nageoires en forme d&#8217;ailes, aux couleurs variées comme les ailes des plus beaux papillons, et, comme les papillons aussi, pourvu de pattes au moyen desquelles il marche sur les fonds de sable. Ce papillon des mers passe et repasse en se jouant à travers les plumes et les aménodes, qui se balancent gracieusement dans son sillage comme un jardin suspendu et animé.</span></p>
<p><span style="color: #000080;">Voici la torpille, ce poisson foudre, pourvu d&#8217;un appareil électrique au moyen duquel il foudroie littéralement<sub> </sub>les petits poissons dont il veut faire sa proie. Sur le dos de cette torpille, et planté dans ses chairs, se trouve<sub> </sub>un parasite qui se tord vigoureusement sur lui-même et offre l&#8217;aspect d&#8217;une sangsue. Ainsi la torpille, qui comme Jupiter lance la foudre, ne peut pas se débarrasser des parasites ! Que de puissants de la terre qui, sous ce rapport, ressemblent à la torpille !</span></p>
<p><span style="color: #000080;">Enfin, et dans un seul compartiment, nage furieusement un petit requin. Il se sent mal à l&#8217;aise dans sa prison aquatique et cherche à gagner le large. A côté de ce tigre des mers se balancent à la surface de l&#8217;eau, des <em>galères </em>ou <em>vaisseaux portugais, </em>que j&#8217;ai vus par millions, sous les tropiques, chassés par le vent toutes voiles dehors, car c&#8217;est une sorte de navire que ce brillant zoophyte.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Charles Wallut (1829-1899) était un romancier, journaliste longtemps directeur du <em>Musée des familles</em>. Ami de Jules Verne avec lequel il collabora, il exerçait aussi une activité de financier non sans un certain succès.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Le docteur La Bonnardière dont il est question est celui-là même qui, le 31 décembre 1865, avait soutenu à Montpellier sa thèse intitulée <em>Introduction à la Thalassothérapie</em> et qui débute par ces mots : « Le mot <em>Thalassothérapie</em>, dont je viens proposer l’adoption dans le vocabulaire français… » Une proposition qui a été entendue puisqu’il est aujourd’hui considéré comme l’inventeur de cette dénomination.</span></p>
<p><span style="color: #000000;">Il se prénommait à l’état-civil : Joseph, Luc, François. Il avait signé sa thèse du prénom de Joseph, mais à Arcachon, où il s’était installé en 1866 et où il habitait au n° 93 du cours Saint Anne, il se faisait prénommer Louis.</span></p>
<hr size="1" /><a href="#_ftnref1">(1)</a> <em>En Vacances, </em>1 vol, in-8.</p>
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		<title>Quand la fin justifie les moyens</title>
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		<pubDate>Wed, 16 Dec 2009 17:19:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[La Société Scientifique – la Station Biologique]]></category>
		<category><![CDATA[Le Musée Aquarium]]></category>
		<category><![CDATA[Avenir d'Arcachon]]></category>
		<category><![CDATA[Presse]]></category>

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		<description><![CDATA[L’Avenir d’Arcachon dans sa livraison du 10 janvier 1897, informait ses lecteurs, avec quelque peu de retard, d’une très importante assemblée générale extraordinaire de la Société Scientifique de cette ville, qui s’était tenue le 9 août de l’année précédente :
SOCIÉTÉ SCIENTIFIQUE
La Société Scientifique d&#8217;Arcachon, a tenu le 9 août 1896, une séance générale extraordinaire, dont le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>L’Avenir d’Arcachon </em>dans sa livraison du 10 janvier 1897, informait ses lecteurs, avec quelque peu de retard, d’une très importante assemblée générale extraordinaire de la Société Scientifique de cette ville, qui s’était tenue le 9 août de l’année précédente :</p>
<p style="text-align: auto;" align="center"><span style="color: #0000ff;">SOCIÉTÉ SCIENTIFIQUE</span></p>
<p><span style="color: #0000ff;">La Société Scientifique d&#8217;Arcachon, a tenu le 9 août 1896, une séance générale extraordinaire, dont le procès-verbal contient un remarquable rapport de M. J. Saby, qui établit la situation à ce jour des comptes </span><em><span style="color: #0000ff;">Obligations et Intérêts</span></em><span style="color: #0000ff;"> de cette société, et propose les mesures à prendre pour assurer son avenir.</span></p>
<p><span style="color: #0000ff;"><span id="more-496"></span></span></p>
<p><span style="color: #0000ff;">Par quelques extraits de ce rapport, il nous paraît utile de porter à la connaissance du public, les efforts faits par une Société si méritante, et si digne d&#8217;attirer l&#8217;attention de ceux qui portent intérêt à la vitalité de notre station, à la prospérité de notre ville.</span></p>
<p><span style="color: #0000ff;">En 1866 la Société naissante avait entrepris l&#8217;organisation d&#8217;une Exposition internationale de Pêche et d&#8217;Aquiculture, dont les bénéfices devaient être employés à la création d&#8217;un Musée et d&#8217;un Aquarium définitifs.</span></p>
<p><span style="color: #0000ff;">Les prévisions ne se réalisèrent pas, et l&#8217;Exposition se solda par un déficit de 10.000 fr. Pour combler ce déficit, pour sauvegarder d&#8217;une disparition fatale le Musée et l&#8217;Aquarium créés, la Société décida, dans sa séance du 3 février 1867, de contracter un emprunt, non encore liquidé aujourd&#8217;hui.</span></p>
<p><span style="color: #0000ff;">En 1867, il avait été émis 150 obligations à 300 fr. l&#8217;une, sur lesquelles 17 sont éteintes par prescription, et 10 ont été généreusement abandonnées par les porteurs, savoir : MM. Paul Bert, Durègne, docteur Hameau, André Hameau, Léon Lesca, A. Lesca fils, Lespinasse, Méran père, Peyrelongue, de Volontat. Soit 27 à défalquer de 150, reste 123 obligations, qui remboursées au pair, eussent nécessité un débours de 36.900 fr. ; qui est loin d&#8217;exister en caisse. Sur ces 123 obligations, la Société décida de rembourser au pair et sans intérêts, 30 obligations d&#8217;origine, suivant annuités de 1.500 fr. jusqu&#8217;en l&#8217;an 1900 ; et les 93 autres obligations, à raison de100 fr. l&#8217;une, suivant même annuité de 1.500 fr., de 1901 a 1905.</span></p>
<p><span style="color: #0000ff;">Ce sacrifice, consenti sur le remboursement au tiers, de la valeur d&#8217;émission des obligations ; et sur l&#8217;annulation des coupons à dater de 1896, est très régulièrement et de droit imposé aux porteurs de titres, par la décision d&#8217;un comité, souverain en l&#8217;espèce, puisque la Société l&#8217;a toujours tenu pour conseil d&#8217;administration ayant pleins pouvoirs.</span></p>
<p><span style="color: #0000ff;">Il fait aussi le plus grand honneur à la générosité de M. Léon Lesca, principal actionnaire ; de telle sorte, comme l&#8217;a dit le président, qu&#8217;à l&#8217;origine de la Société ainsi qu&#8217;à l&#8217;heure actuelle, l’intervention de M. Léon Lesca aura été l&#8217;une des causes, de la vitalité de la Société scientifique.</span></p>
<p><span style="color: #0000ff;">Il est aussi rendu hommage à la libéralité de M. le docteur Lalesque, qui a fait à la Société un don de mille francs, à titre de bienvenue à la présidence.</span></p>
<p><span style="color: #0000ff;">Mais de tout ce qui précède, il résulte que les charges de la Société sont fort lourdes.</span></p>
<p><span style="color: #0000ff;">Or, quelles sont ses ressources ?</span></p>
<p><span style="color: #0000ff;">Les seules ressources de la Société, sont les cotisations des membres, les entrées au Musée et à l&#8217;Aquarium, la vente d&#8217;animaux aux Facultés, et les subventions accordées par l&#8217;Etat, par le Département, par la Ville, et par les Sociétés scientifiques.</span></p>
<p><span style="color: #0000ff;">Ces revenus qui sont très incertains et très variables, ont toujours été insuffisants : le produit des entrées, sur lequel dans le début, on avait surtout compté, puisqu&#8217;on avait espéré atteindre le chiffre de 13.000 fr. par an, va toujours en diminuant, atteignant, dans ces dernières années à peine le chiffre de 1.500 à 1.700 fr. ; alors que les dépenses nécessitées par le développement de la Société Scientifique, vont au contraire, toujours eu augmentant.</span></p>
<p><span style="color: #0000ff;">Et cependant, il serait bien à désirer que cette œuvre importante, toute scientifique et de patriotisme local, qui n&#8217;a été réalisée que par le courage de l&#8217;initiative privée, put être sauvegardée dans le présent, continuée pour l&#8217;avenir de notre jeune et vaillante cité.</span></p>
<p><span style="color: #0000ff;">C&#8217;est un vrai miracle que la Société soit parvenue à se former : ce n&#8217;est qu&#8217;avec de très grandes difficultés, à force de sagesse et d&#8217;économies, qu’elle est arrivée à se maintenir jusqu&#8217;à ce jour, et grâce surtout au dévouement et au zèle incomparables de ses fondateurs, parmi lesquels nous citerons volontiers M. le docteur Hameau.</span></p>
<p><span style="color: #0000ff;">Cependant, il est bien difficile de se défendre de la crainte qu&#8217;on éprouve à chaque instant de se trouver sans ressources.</span></p>
<p><span style="color: #0000ff;">Que les diverses subventions qui lui sont accordées tous les ans viennent à être refusées, et c&#8217;en est fait de la Société, elle ne pourrait plus vivre et elle serait dans l&#8217;obligation de liquider.</span></p>
<p><span style="color: #0000ff;">Cette Société a trente-deux ans d&#8217;existence, c&#8217;est un âge respectable pour une œuvre d&#8217;initiative toute privée, et dont elle peut être fière ; elle a rendu de grands services, mais elle se trouve dans le plus grand embarras, elle est sans ressources, sans réserves, et elle sait qu&#8217;elle ne peut réaliser aucune économie pour payer sa dette.</span></p>
<p><span style="color: #0000ff;">La dissolution de la Société, moyen extrême, contre lequel ont heureusement réagi au sein du comité, la générosité des uns et la persévérance des autres à croire en leur œuvre ; cette dissolution, eut réduit à néant les efforts de trente deux années de luttes et de sacrifices, faisant à jamais disparaître ces laboratoires marins qu&#8217;ont illustrés les travaux des Paul Bert, des Milne-Edwards, des Fischer, des Viallanes pour ne parler que de ceux aujourd&#8217;hui disparus.</span></p>
<p><span style="color: #0000ff;">Et pourtant ces collections du Musée, de la Bibliothèque ; ces bâtiments construits sur des terrains appartenant aux Ponts-et-Chaussées, en vertu d&#8217;une autorisation gracieuse ; indiquent bien l&#8217;importance de l&#8217;œuvre, son but éminemment scientifique.</span></p>
<p><span style="color: #0000ff;">Est-ce donc une loi fatale, pour tous les enfants de la Science, de la Littérature ou de l&#8217;Art, de se voir éternellement entravés par les détails de l&#8217;existence matérielle, et sans jamais pouvoir prendre leur essor, de se sentir les ailes brisées, par les journalières exigences du droit à la vie ?</span></p>
<p><span style="color: #0000ff;">Nous ne voulons pas nous arrêter à d&#8217;aussi désolantes hypothèses.</span></p>
<p><span style="color: #0000ff;">Le progrès constant et vivace de notre jeune cité ; les riches familles qui viennent demander à notre climat incomparable la guérison de leurs maux et la reviviscence ; l&#8217;inépuisable et patriotique générosité qui vibre aux cœurs de tous les arcachonnais ; nous assurent que cette œuvre ne saurait périr ; et que dans un avenir prochain, grâce au concours de tous, auxquels nous ne cesseront de faire appel, des jours plus heureux vont luire, pour la Société scientifique d&#8217;Arcachon.</span></p>
<p>La situation était grave, mais pas désespérée.</p>
<p>Tout comme aujourd’hui.</p>
<p>Suite à cette séance générale extraordinaire, cela avait dû phosphorer dur au sein du Conseil d’Administration de la dite Société Scientifique.</p>
<p>Jusqu’à ce que l’un des membres s’avise tout à coup que Brigitte Bardot n’était pas encore née.</p>
<p>Dès lors, il y avait une solution particulièrement lucrative et facile à mettre en place. On avait tout ce qu’il fallait sous la main.</p>
<p>Mais il fallait faire vite.</p>
<p>C’est <em>L’Avenir d’Arcachon</em> du 6 septembre suivant qui nous en explique les grandes lignes :</p>
<div id="attachment_500" class="wp-caption aligncenter" style="width: 460px"><a href="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2009/12/combat_pieuvre.jpg" rel='gb_imageset[quand-la-fin-justifie-les-moyens]'><img class="size-medium wp-image-500" title="Combats de pieuvres et de homards" src="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2009/12/combat_pieuvre-450x437.jpg" alt="Combats de pieuvres et de homards" width="450" height="437" /></a><p class="wp-caption-text">Combats de pieuvres et de homards</p></div>
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		<title>Archives</title>
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		<pubDate>Sat, 28 Nov 2009 11:56:57 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[La Société Scientifique – la Station Biologique]]></category>

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		<description><![CDATA[Les publications de la Station Biologique d&#8217;Arcachon sont archivées sur le web et accessibles à cette adresse:
http://www.archive.org/search.php?query=bulletin%20arcachon


16 volumes, de 1895 à 1922,  du Bulletin de la Station Biologique sont consultables
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les publications de la Station Biologique d&#8217;Arcachon sont archivées sur le web et accessibles à cette adresse:</p>
<div><span style="font-size: medium;"><a href="http://www.archive.org/search.php?query=bulletin%20arcachon">http://www.archive.org/search.php?query=bulletin%20arcachon</a></span></div>
<div><span style="font-size: medium;"><br />
</span></div>
<p>16 volumes, de 1895 à 1922,  du Bulletin de la Station Biologique sont consultables</p>
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		<title>1886 : notice sur la station zoologique</title>
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		<pubDate>Mon, 16 Nov 2009 18:32:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Intérêt historique]]></category>
		<category><![CDATA[La Société Scientifique – la Station Biologique]]></category>
		<category><![CDATA[Le Musée Aquarium d'Arcachon]]></category>
		<category><![CDATA[Durègne]]></category>

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		<description><![CDATA[SOCIÉTÉ SCIENTIFIQUE D’ARCACHON
_____
NOTICE
SUR LA
STATION ZOOLOGIQUE
D’ARCACHON

_____O_____
O

ARCACHON
IMPRIMERIE NOUVELLE G. TALON
213, Boulevard de la Plage, 213
__________
1886




Station Zoologique d&#8217;Arcachon
_______
RENSEIGNEMENTS GÉNÉRAUX
_______
Extrait des Statuts
ARTICLE PREMIER. – La Société Scientifique d&#8217;Arcachon, fondée en 1863, a pour but de faciliter l&#8217;étude, l&#8217;avancement et la vulgarisation des Sciences naturelles et des procédés d&#8217;aquiculture marine : 1° par l&#8217;organisation et l&#8217;entretien d&#8217;un établissement comprenant un [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2 style="text-align: center;"><strong>SOCIÉTÉ SCIENTIFIQUE D’ARCACHON</strong></h2>
<p style="text-align: center;">_____</p>
<h3 style="text-align: center;">NOTICE</h3>
<h3 style="text-align: center;">SUR LA</h3>
<h3 style="text-align: center;">STATION ZOOLOGIQUE</h3>
<h3 style="text-align: center;">D’ARCACHON</h3>
<p style="text-align: center;">
<h1 style="text-align: center;">_____O_____<br />
O</h1>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: center;">ARCACHON</p>
<p style="text-align: center;">IMPRIMERIE NOUVELLE G. TALON<br />
213, Boulevard de la Plage, 213<br />
__________</p>
<p style="text-align: center;">1886</p>
<p style="text-align: left;"><span id="more-351"></span></p>
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: left;">
<div id="attachment_205" class="wp-caption aligncenter" style="width: 460px"><a title="La société scientifique vers 1890" href="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2009/10/soc_scientifique_1890_web.jpg" rel='gb_imageset[1886-notice-sur-la-station-zoologique]'><img class="size-medium wp-image-205 " title="La société scientifique vers 1890" src="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2009/10/soc_scientifique_1890_web-450x288.jpg" alt="La société scientifique vers 1890" width="450" height="288" /></a><p class="wp-caption-text">La société scientifique vers 1890</p></div>
<p style="text-align: left;">
<h2 style="text-align: center;">Station Zoologique d&#8217;Arcachon</h2>
<p style="text-align: center;">_______</p>
<h3 style="text-align: center;">RENSEIGNEMENTS GÉNÉRAUX</h3>
<p style="text-align: center;">_______</p>
<p style="text-align: center;"><strong>Extrait des Statuts</strong></p>
<p>ARTICLE PREMIER. – <em>La Société Scientifique d&#8217;Arcachon, fondée en 1863, a pour but de faciliter l&#8217;étude, l&#8217;avancement et la vulgarisation des Sciences naturelles et des procédés d&#8217;aquiculture marine : 1° par l&#8217;organisation et l&#8217;entretien d&#8217;un établissement comprenant un Musée, une Bibliothèque et un Aquarium, avec des Laboratoires destinés aux recherches et aux études biologiques ; 2° par des conférences et des cours publics.</em><br />
ART. 23. – <em>Les Membres de la Société, les Professeurs et tous les attachés à l&#8217;enseignement scientifique, dans les Facultés ou autres Ecoles de l&#8217;Etat, les Elèves des Hautes-Études ou des Facultés, munis d’un certificat constatant leur mission à Arcachon, seront admis à jouir gratuitement des Laboratoires et de leurs annexes. Pour les autres travailleurs, il sera perçu une rétribution dont le taux sera fixé chaque année par l&#8217;Assemblée générale.</em></p>
<p style="text-align: center;">_________</p>
<p>Les travailleurs désirant être admis à occuper une place dans les cabinets d&#8217;Etude devront en faire la demande au Président de la Société ou au Directeur de la Station. Ils devront mentionner spécialement s&#8217;ils désirent être logés dans, une des chambres gratuites.</p>
<p>Les travailleurs des Laboratoires n&#8217;ont à leur charge que les réactifs. Ils sont responsables des instruments qui leur sont confiés et dont le contrôle est tenu sur un registre de prêts.</p>
<p>Les envois d&#8217;animaux sont faits, dans la mesure du possible d&#8217;après les de-mandes adressées au Directeur de la Station. En plus du port et de l&#8217;emballage, il est perçu une rétribution calculée d&#8217;après le temps employé par le marin chargé des pêches.</p>
<p>Toute personne qui en fera la demande par écrit au Président ou au Directeur pourra être admise à consulter les livres de la Bibliothèque.<br />
Les ouvrages ne pourront être prêtés qu&#8217;aux membres de la Société et aux travailleurs inscrits aux Laboratoires.</p>
<p>Les élèves de toutes écoles conduits et surveillés par leurs maîtres, sont toujours admis gratuitement à visiter le Musée et l&#8217;Aquarium, aux heures ordinaires d&#8217;ouverture.</p>
<p style="text-align: center;">______________</p>
<p style="text-align: center;">
<h2 style="text-align: center;">APERÇU HISTORIQUE</h2>
<p style="text-align: center;">_________</p>
<p>Avant de donner la description du Laboratoire et de ses annexes, nous croyons utile de faire connaître en quelques mots les diverses phases traversées par la Société qui l&#8217;a fondé.</p>
<p>La Société Scientifique est due à l&#8217;initiative de quelques propriétaires d&#8217;Arcachon désireux d&#8217;ajouter un attrait de plus à cette charmante station balnéaire. La propagation des sciences, la création d&#8217;un Musée d&#8217;Histoire naturelle et d&#8217;Archéologie, tel était le but des fondateurs de 1863.<br />
Trois ans après, la Société avait assez de force et de confiance en elle-même pour organiser sous les auspices de l&#8217;Etat, une Exposition Internationale de Pêche et d&#8217;Aquiculture qui réunit 675 exposants et obtint le plus grand et le plus légitime succès.</p>
<p>Cette tentative hardie dotait la Société, non sans peser lourdement sur son budget, d&#8217;un Musée et surtout d&#8217;un grand Aquarium construit dans le but d&#8217;attirer le public à l&#8217;Exposition et dont la haute importance au point de vue de l&#8217;étude des animaux marins justifia le maintien.<br />
Enfin, dans sa séance du 3 février 1867, la Société votait la construction d&#8217;un Laboratoire « où il fut possible d&#8217;instituer les expériences de physiologie et de pisciculture, et de faire les préparations anatomiques(1) ».</p>
<p>Ainsi donc, longtemps avant la création des célèbres Stations Zoologiques si largement dotées des côtes de France ou de l&#8217;Etranger, une petite Société de province mettait à la disposition de la Science les plus puissants moyens d&#8217;investigation et donnait, malgré la modicité de ses ressources des sujets d&#8217;Etude de premier ordre aux savants dont les noms sont cités à la fin de cette notice.</p>
<p>M. Paul Bert, alors professeur à la Faculté des Sciences de Bordeaux, était pour beaucoup dans l&#8217;importance du mouvement qui rendit souvent insuffisante notre installation rudimentaire : chacun de ses Mémoires est un témoignage rendu à l&#8217;utilité de notre œuvre.<br />
« …. Ainsi est ouvert aux savants, dit-il, par de simples particuliers, un établissement scientifique  qui n&#8217;a son analogue nulle part en Europe ; un établissement d&#8217;utilité publique de l&#8217;ordre de ceux dont, dans d&#8217;autres branches, la création incombe à l&#8217;Etat. Une telle chose faite, et faite en France, dispense de tout commentaire louangeur(2). »</p>
<p>Les événements de 1870 arrêtèrent net l&#8217;essor de la Société, toutes les subventions qui lui permettaient de supporter de trop lourdes charges lui firent défaut à la fois, aucune voix autorisée ne se fit plus entendre en sa faveur et il faut passer rapidement sur cette période qui devait conduire fatalement à une fin désastreuse pour arriver en 1881.</p>
<p>La Faculté de Médecine, créée à Bordeaux, devait avoir pour annexe nécessaire, un Laboratoire marin. La proximité d&#8217;Arcachon, la richesse de sa faune, les facilités qu&#8217;y offraient déjà les installations faites par la Société, étaient autant de raisons pour guider le choix des Professeurs.<br />
La Société alla au devant de leurs désirs, mit à leur disposition toutes ses ressources, à une condition toutefois, mais à une condition formelle : celle de ne pas aliéner sa liberté et de garder l&#8217;autonomie d&#8217;un établissement dû à sa seule initiative, devant être ouvert sans distinction à tous les travailleurs de bonne volonté.</p>
<p>Etablie sur ces bases, l&#8217;union ne pouvait être que féconde ; une loterie dont, il faut bien l&#8217;avouer, le résultat fut inférieur aux prévisions, permit d&#8217;ébaucher les constructions de la nouvelle Station, de nombreux professeurs de la Faculté de médecine vinrent augmenter de leurs cotisations le budget de la Société, le zèle et le dévouement de quelques nouveaux membres vint s&#8217;ajouter à l&#8217;expérience des créateurs du Laboratoire, épuisés par une lutte de vingt années, enfin, justement préoccupés de l&#8217;intérêt qui s&#8217;attachait à une telle œuvre, et sur l&#8217;insistance des membres les plus éminents de l&#8217;Université, le Conseil Municipal d’Arcachon et le Conseil Général de la Gironde permirent par leurs généreuses subventions d&#8217;amener le résultat dont il nous est possible à présent d&#8217;examiner les détails.</p>
<p style="text-align: center;">______________</p>
<h2 style="text-align: center;">LABORATOIRES ET ANNEXES</h2>
<p style="text-align: center;">_________</p>
<p>Les Laboratoires devaient d&#8217;après les prévisions malheureusement déçues de la loterie de 1882 réaliser les dispositions du plan et de l&#8217;élévation que nous reproduisons en tête de cette notice. Tous frais payés, il ne resta de disponible que la somme de 7.359 fr. qui fut consacrée entièrement à la construction de la partie ouest sur l&#8217;aménagement intérieur de laquelle la Société a depuis concentré tous ses efforts.</p>
<p>Quatre cabinets d&#8217;étude en sont la partie essentielle : les trois premiers ont une superficie de 15 mètres carrés, le quatrième en a 20.<br />
Complètement indépendants les uns des autres, ils sont largement éclairés par de grandes baies vitrées, donnant au Nord, sur le Bassin.<br />
Des tables et des étagères fixes, des armoires vitrées garnissent les murs et une canalisation complète permet à chaque travailleur de prendre à des robinets spéciaux l&#8217;eau douce et l&#8217;eau de mer. Les laboratoires sont éclairés et chauffés au gaz.</p>
<p>Deux pièces voisines contiennent les instruments de pêche, les approvisionnements d&#8217;animaux en alcool, une grande table à dissection en marbre pour l&#8217;étude des cétacés et autres animaux de grande taille, enfin une petite machine à vapeur verticale permet de remplir d&#8217;eau de mer puisée directement dans le Bassin un réservoir d&#8217;une contenance de 24 mètres cubes placé dans les combles. L&#8217;eau douce (eau de la ville) arrive sous une pression de 45 m. et un robinet indépendant permet l&#8217;emploi dans chaque cabinet des trompes d&#8217;aération pour la conservation des petits animaux et les études d&#8217;embryogénie.</p>
<p>Deux chambres meublées attenant au pavillon principal sont mises gratuitement à la disposition des travailleurs pour lesquels les frais de séjour en ville pourraient être une charge trop onéreuse ou dont les expériences nécessiteraient une surveillance continue. Les prochaines subventions extraordinaires seront affectées à l&#8217;augmentation de cette partie de l&#8217;Etablissement sur l&#8217;utilité de laquelle il n&#8217;est pas besoin d&#8217;insister.</p>
<p>Enfin, l&#8217;Aquarium construit en 1866 sur les plans d&#8217;Alexandre Lafont est pour les Laboratoires une annexe d&#8217;un intérêt capital. Il comprend 22 bacs, dont 18 ont une capacité de 720 litres et 4, 1 mètre cube 200. 5 grands bassins de profondeurs inégales servent de viviers d&#8217;approvisionnement et reçoivent les animaux de grande taille.</p>
<p>Par faveur spéciale de M. le Ministre de la Marine, un crassat(3) d&#8217;une superficie de plus de 12 hectares a été mis à la disposition de la Société pour les expériences d&#8217;ostréiculture. Placé dans une heureuse situation, au centre du bassin, sa faune est très riche et il constitue pour la Station un point d&#8217;approvisionnement, d&#8217;acclimatation et de recherches de la plus haute valeur.</p>
<p>Une embarcation légère, l&#8217;<em>Amphioxus</em>, munie de tous ses agrès fait également partie du matériel de la station pour les pêches dans le Bassin. Elle est facilement manœuvrée par le marin aux gages de la Société qui est chargé pendant toute l&#8217;année de l&#8217;approvisionnement de la Station.</p>
<p>Les espèces pélagiques ou des grands fonds draguées par les vastes chaluts de la <em>Société des Pêcheries de l&#8217;Océan</em> sont mises à la disposition des travailleurs qui sont en outre, et par permission spéciale de notre honoré collègue, M. Johnston, président de cette Société, admis <em>à titre exceptionnel</em> à bord de ses 5 vapeurs dont les dragages s&#8217;étendent jusqu&#8217;aux fonds de plus de 100 mètres. Enfin un correspondant spécial approvisionne la Station des animaux des roches récoltés dans la localité si riche de Guéthary (Basses-Pyrénées).</p>
<p>L&#8217;outillage des Laboratoires a été jusqu&#8217;ici un peu négligé devant la nécessité de réaliser des installations générales commodes et pratiques. Les premiers travailleurs ayant apporté avec eux leurs instruments, la Société s&#8217;était appliquée avant tout à améliorer ses moyens d&#8217;approvisionnement en animaux par l&#8217;achat de filets, dragues, etc, puis à se procurer les objets fragiles ou encombrants de première nécessité tels que cristallisoirs, petits aquariums, cuvettes à dissection, cloches, etc. Ce n&#8217;est qu&#8217;ensuite qu&#8217;il lui a été possible de s&#8217;occuper des instruments proprement dits, aussi ne possède-t-elle encore à ce jour que deux microscopes (et encore les doit-elle à de généreux donateurs), un microtome de Henneguy, permettant de pousser les coupes jusqu&#8217;au 2/1000e de millimètre, un appareil à dissection, modèle de M. de Lacaze-Duthiers, une balance d&#8217;analyse, un appareil à traîneau de Dubois-Reymond avec pile et accessoires, deux boites à réactifs, une étuve, une collection complète d&#8217;instruments de dissection et d&#8217;injection, etc.</p>
<p style="text-align: left;">Chaque année, une large part sera prélevée sur le budget des Laboratoires pour compléter cet outillage déjà suffisant pour deux travailleurs.<br />
Nous ne terminerons pas ce chapitre sans exprimer nos remercîments sincères à M. le Ministre de l&#8217;Agriculture, dont les subventions nous ont permis de faire dans les cabinets de travail l&#8217;installation des eaux et du gaz, ainsi qu&#8217;à l&#8217;Association française pour l&#8217;avancement des sciences à qui nous devons notre bateau de pêche et nos chambres gratuites.</p>
<p style="text-align: center;">______________</p>
<h2 style="text-align: center;">BIBLIOTHÈQUE ET MUSÉE</h2>
<p style="text-align: center;">_________</p>
<p>Dans un centre d&#8217;études zoologiques, il faudrait pour la BIBLIOTHÈQUE des ressources qui font défaut à celle d&#8217;Arcachon, négligée un peu devant les exigences du service des Laboratoires ; aussi doit-on renoncer à y trouver encore tous les ouvrages qui permettent de pousser jusqu&#8217;au bout et avec certitude les études et les déterminations. D&#8217;ailleurs, il y a lieu de remarquer, en passant, que les travailleurs qui s&#8217;établissent à Arcachon pour préparer une thèse ou toute étude importante ont recueilli au préalable leurs documents bibliographiques ; quant aux étudiants qui viennent, pendant les vacances, mettre à profit les leçons de leurs Maîtres, ils peuvent déjà trouver assez de ressources à la Bibliothèque de la Station pour se tirer d&#8217;embarras dans la plupart des cas. C&#8217;est surtout la série des ouvrages nécessaires à la détermination des espèces qu&#8217;il s&#8217;agira de compléter tout d&#8217;abord, et à laquelle s&#8217;appliqueront spécialement les modestes crédits alloués chaque année.</p>
<p>La Station reçoit actuellement les publications périodiques suivantes :</p>
<p style="padding-left: 30px;"><em>Bibliothèque de l&#8217;Ecole des hautes études (section des Sciences naturelles) ;<br />
Archives de Zoologie expérimentale de M. le Professeur H. de Lacaze-Duthiers ;<br />
Actes de la Société linnéenne de Bordeaux ;<br />
Mémoires de la Société des Sciences physiques et naturelles de Bordeaux ;<br />
Annales du Musée d&#8217;Histoire naturelle de Marseille ;<br />
Bulletin scientifique du département du Nord ;<br />
Mittheilungen aus der Zoologischen Station zu Neapel ;<br />
Annales des Sciences naturelles de Bordeaux et du Sud-Ouest ;<br />
Journal d&#8217;Histoire naturelle de Bordeaux et du Sud-Ouest, etc., etc.</em></p>
<p>Le Catalogue de la Bibliothèque ne peut être reproduit ici, même partielle-ment ; nous nous bornerons à citer plus spécialement :<br />
Trois dictionnaires d&#8217;Histoire naturelle de différentes dates et comprenant chacun une trentaine de volumes ;<br />
Les traités généraux de <em>Linné, Risso, Claus</em> ;<br />
Les diverses parties des <em>Suites à Buffon</em> consacrées à la faune marine (par <em>de Quatrefages, Milne-Edwards, Haime, Duméril,</em> etc.).<br />
Les ouvrages fondamentaux d&#8217;<em>Alder et Hancock, Meyer et Mœbius</em>, sur les nudi-branches ; <em>de Quatrefages,</em> <em>Claparède</em>, sur les annélides ; <em>Sowerby, Granger, Fischer,</em> sur les mollusques en général ; les <em>Faunes ichthyologiques de Duméril, Couch et E. Moreau </em>;<br />
De nombreux Mémoires de Zoologie et de Physiologie de<em> MM. Giard, Paul Bert, etc</em>. ;<br />
La plupart des brochures parues sur les industries des eaux, pisciculture, ostréiculture, plus particulièrement les beaux travaux sur l&#8217;anatomie et l&#8217;embryogénie de l&#8217;huître, de MM. <em>Hoek et Horst</em> ;<br />
Enfin, toutes les publications relatives à la faune locale, et plus spécialement celles de <em>Lafont et de M. P. Fischer.</em></p>
<p>Les visiteurs désireux de connaître les détails de l&#8217;histoire locale, trouveront également à la Bibliothèque une riche collection de brochures où le rapide développement d&#8217;Arcachon peut être suivi pas à pas. Ces études, qui sortent de notre sujet, sont facilitées par des plans manuscrits du plus haut intérêt.</p>
<p style="text-align: center;">__________</p>
<p>Le MUSÉE, où sont déposées au fur et à mesure les trouvailles faites dans la région, possède une des plus riches collections conchyliologiques locales de province ; les échantillons dus, pour la plupart, aux dragages d&#8217;Alexandre Lafont, facilitent singulièrement les déterminations et indiquent les lieux de recherches.<br />
Les crustacés, les échinodermes sont également représentés à peu près au complet ; l&#8217;absence de documents à consulter et l&#8217;imperfection des moyens de fixation et de conservation n&#8217;ont pas permis jusqu&#8217;ici de donner aux autres invertébrés la place à laquelle ils ont droit ; c&#8217;est une lacune qu&#8217;il nous est possible actuellement de combler, grâce aux déterminations dont M. le professeur Giard a bien voulu se charger, et, mieux encore, à la riche collection de types comparatifs qu&#8217;il nous a fait parvenir.</p>
<p>Le Musée spécial de la station, tel que notre désir est de le réorganiser, donnant par des exemplaires sûrement déterminés le résumé complet de la faune et de la flore locale, rendra plus de services que la Bibliothèque la plus richement dotée.</p>
<p>La détermination des poissons est assurée par les ouvrages cités plus haut, et la Société, qui possède un grand nombre de types provenant de l&#8217;Exposition de 1866, a jugé inutile pour le moment de faire une collection ichthyologique complète, qui eût nécessité l&#8217;emploi d&#8217;une trop grande quantité d&#8217;alcool.<br />
Les cétacés qui fréquentent le Bassin sont représentés par des crânes et les squelettes entiers des espèces rares. Citons, comme principal objet d&#8217;attention, une pièce unique : un crâne du Ziphius cavirostris (Cuvier), le seul exemplaire connu de cette espèce rarissime qui ait été recueilli sur les côtes de l&#8217;Atlantique(4).</p>
<p>Indiquons encore une collection intéressant particulièrement les géologues : la série des fossiles des diverses formations tertiaires que recouvre immédiatement le sable des Landes, de l&#8217;Adour à la Garonne.<br />
Le Musée renferme en plus :<br />
Une collection conchyliologiques générale comparative.<br />
Une collection minéralogique et pétrographique des Pyrénées.<br />
Une collection préhistorique générale et locale, de nombreuses vitrines renfermant des reptiles, oiseaux, mammifères locaux ou exotiques, des documents eth-nographiques intéressants, enfin de nombreux objets relatifs â la pisciculture, la pêche et la navigation.<br />
Un Musée spécialement consacré à l&#8217;ostréiculture est en voie de formation.</p>
<p style="text-align: center;">______________</p>
<h2 style="text-align: center;">FAUNE LOCALE</h2>
<p style="text-align: center;">_________</p>
<p>La faune du Bassin d&#8217;Arcachon et des côtes océaniques voisines est fort imparfaitement connue et son étude sera longtemps encore le principal but des membres de la Société Scientifique. Les seuls documents qui puissent être consultés à ce sujet sont les Notes publiées par A. Lafont, dans les Actes de la Société Linnéenne de Bordeaux, T. XXVI et XXVIII, les listes données par M. P. Fischer, dans le même recueil, T. XXV à XXIX ; enfin l&#8217;ouvrage d&#8217;E. Moreau Histoire Naturelle des poissons de la France.</p>
<p>Il résulte de l&#8217;examen de ces divers travaux que malgré les apparences de la région uniforme et stérile dans laquelle il forme une petite mer intérieure, le Bassin d&#8217;Arcachon est très riche en formes occupant tous les degrés de l&#8217;échelle zoologique. Placé comme un lieu de relâche au milieu du golfe de Gascogne où s&#8217;entrecroisent les courants venant du Nord et du Sud, non loin des plus grandes profondeurs des côtes d&#8217;Europe, sillonné de chenaux à la riche végétation de Zostères, chauffé par un soleil dont les visiteurs de la Station hivernale peuvent encore apprécier l&#8217;ardeur, il reçoit à chaque saison de l&#8217;année la visite d&#8217;une foule d&#8217;espèces qui viennent s&#8217;y reproduire à l&#8217;abri des grandes agitations et dans des eaux peu profondes, dont la salure, supérieure en certains points à celle de l&#8217;Océan, décroît insensiblement jusqu&#8217;au débouché des affluents du Bassin.</p>
<p>Entre les chenaux, découvrent à chaque marée des bancs ou crassats, dont la nature varie depuis le sable pur jusqu&#8217;à la vase molle et sur lesquels se développent une foule de formes animales et végétales.<br />
Toutes ces conditions réunies constituent, de l&#8217;avis des personnalités les plus compétentes, une importance exceptionnelle pour la Station d&#8217;Arcachon, principalement au point de vue des études embryogéniques.<br />
Les travaux importants de M. P. Fischer sur la distribution géographique des principaux groupes zoologiques de nos côtes, permettent de donner à la faune locale d&#8217;Arcachon une place intermédiaire entre la faune méditerranéenne et celle des Iles Britanniques, la première toutefois étant prépondérante. Cette remarque est particulièrement basée sur l&#8217;étude des mollusques, qui sert généralement de caractéristique en géographie zoologique. Ainsi, pour ne citer qu&#8217;un exemple, on trouve au large des passes d&#8217;Arcachon la dernière station méridionale du <em>Buccinum undatum</em> L., qui y atteint les plus grandes dimensions connues ; il s&#8217;y rencontre en compagnie de deux très belles espèces méditerranéennes : le <em>Cassis Saburon</em>, Brug., et la <em>Cassidaria Tyrrhena</em>, Kiener, qui ne remontent guère plus au Nord.</p>
<p>Il y a lieu de signaler à Arcachon deux catégories d&#8217;animaux spéciaux au Bassin :<br />
1° La faune des Zostères : de nombreuses espèces de bryozoaires, synascidies, mollusques (Nudi branches, aplysiens, etc.) enfin toute une série de poissons (neuf espèces de lophobranches presque tous méditerranéens, un grand nombre de labroïdes, etc.)<br />
2° La faune des sables purs ou vaseux : l&#8217;exploration des plages et des crassats amène les plus abondantes récoltes : citons en première ligne les Vers dont le très grand nombre d&#8217;espèces donne à la Station une importance toute spéciale, viennent ensuite les cérianthes, amphidetus, synaptes, molgules et nombreux autres tuniciers etc., enfin l&#8217;Amphioxus dont Arcachon fut une des premières localités connues en France.<br />
Le Bassin est visité à différentes époques par de nombreuses espèces de céphalopodes ; c&#8217;est à Arcachon qu&#8217;Alexandre Lafont a éclairci bien des questions relatives à ces animaux si intéressants ; la science lui est redevable de 7 espèces nouvelles qu&#8217;il avait étudiées avec un soin tout particulier.</p>
<p>Les dragages au large à l&#8217;aide des puissants engins des 5 vapeurs de la Cie des Pêcheries de l&#8217;Océan permettent d&#8217;explorer les fonds jusqu&#8217;à plus de cinquante brasses. On recueille ainsi les représentants variés de la zone dite des « Grands Buccins » (Fischer) : pennatules véretilles et autres alcyonaires, grandes Holothuries, plusieurs espèces d&#8217;actinies, entre autres le Chitonactis Richardi, Marion, découvert par des fonds de 300 à 1000 mètres lors de l&#8217;expédition du Travailleur et dont l&#8217;étude a été entreprise récemment au laboratoire d&#8217;Arcachon sur des individus ramenés de profondeurs beaucoup moindres et conservés dans l&#8217;obscurité.</p>
<p>Enfin la grande lacune qui existait dans la faune locale par suite de l&#8217;absence de rochers, est en partie comblée grâce au centre d&#8217;approvisionnement que la Station a su se ménager dans la région de Guéthary, ainsi qu&#8217;aux supports et abris artificiels : enrochements, collecteurs ostréicoles, et installations faites spécialement par la Société pour les expériences d&#8217;acclimatation.<br />
Terminons par quelques chiffres approximatifs empruntés aux ouvrages déjà cités :</p>
<ul>
<li>ANTHOZOAIRES                                                        21    espèces locales</li>
<li>ECHINODERMES                                                       26        &#8211;</li>
<li>CRUSTACÉS         PODOPTHALMAIRES               58        &#8211;</li>
<li>CRUSTACÉS         CIRRHIPÈDES                            13        &#8211;</li>
<li>MOLLUSQUES                                                          302        &#8211;</li>
<li>BRYOZOAIRES                                                            37        &#8211;</li>
<li>SYNASCIDIES                                                             17        &#8211;</li>
<li>POISSONS                                                                  162        &#8211;</li>
</ul>
<p>Rien ne nous permet de donner une idée, même approchée du nombre des espèces de spongiaires, cœlentérés divers, ascidies simples, vers, etc., sur lesquelles aucun travail local n&#8217;a été encore entrepris.<br />
Toutes ces richesses si facilement à la portée du naturaliste le moins aguerri contre les désagréments des expéditions en haute mer réservent donc encore bien des découvertes, et n&#8217;y a-t-il pas lieu de citer comme un point vraiment extraordinaire de nos côtes Françaises cette petite mer intérieure de 15,000 hectares, véritable « laboratoire » naturel longtemps ignoré, dont la Société d&#8217;Arcachon a su faire un champ d&#8217;études du plus haut intérêt pour la science et pour le pays ?</p>
<p style="text-align: right;">E. D.</p>
<h2 style="text-align: center;">SOCIÉTÉ SCIENTIFIQUE D&#8217;ARCACHON</h2>
<h2 style="text-align: center;">CONSEIL D&#8217;ADMINISTRATION</h2>
<p style="text-align: center;">________</p>
<p style="text-align: center;">M. LE MAIRE D&#8217;ARCACHON, Président honoraire.</p>
<p style="text-align: left;">MM. HAMEAU, Docteur en Médecine, Président.<br />
BOUCHARD, Professeur à la Faculté de Médecine de Bordeaux, Vice-Président.<br />
ROUGIER, Docteur en Médecine, Vice-Président.<br />
SÉMIAC, Pharmacien à Arcachon, Secrétaire,<br />
ARDOUIN, Conducteur des Ponts-et-Chaussées à Arcachon, Trésorier.<br />
FILLIOUX, Ancien pharmacien à La Teste, Conservateur honoraire.<br />
DURÈGNE, Ancien élève de l&#8217;Ecole Polytechnique, à Bordeaux, Directeur de la station  zoologique.<br />
BRANNENS, négociant à Arcachon, Administrateur,<br />
DMOKOWSKI, Conducteur des Ponts-et-Chaussées, en retraite, Bordeaux, Administrateur,<br />
GUILLAUD, Professeur à la Faculté de Médecine de Bordeaux, Administrateur<br />
JOLYET, Professeur à la Faculté de Médecine de Bordeaux, Administrateur,<br />
LALESQUE, Docteur en Médecine à Arcachon, Administrateur.</p>
<h3 style="text-align: center;">Travaux sortis du Laboratoire d&#8217;Arcachon</h3>
<p style="text-align: center;">________</p>
<p>PAUL BERT. – Note sur la présence de l&#8217;<em>Amphioxus lancéolatus</em> dans le Bassin d&#8217;Arcachon et sur ses spermatozoïdes (<em>Mémoires de la Société des Sciences Physiques et Natu-relles de Bordeaux</em>, t. IV, 1867).</p>
<p style="padding-left: 30px;">Sur la mort des poissons de mer dans l&#8217;eau douce (ibid, t., IV et t. V, 1867).<br />
Reproduction des parties enlevées chez les Annélides (ibid. t. V).<br />
Sur la respiration des jeunes hippocampes dans l&#8217;œuf (ibid.)<br />
Sur les appendices dorsaux des Eolis (ibid.)<br />
Sur le sang de divers invertébrés (ibid.)<br />
Mémoire sur la physiologie de la seiche (Sepia officinales, LIN.) (ibid., t. V. Extrait in Comptes rendus de l&#8217;Académie des Sciences, 1867).<br />
Sur l&#8217;Amphioxus (anatomie et physiologie) (Comptes rendus 1867).</p>
<p>CHÉRON. – Des conditions anatomiques de la production des actions réflexes chez les céphalopodes (<em>Comptes rendus </em>1868).</p>
<p>P. FISCHER. – Note sur un cétacé (<em>Grampus griseus</em>) échoué sur la côte d&#8217;Arcachon (<em>Annales des Sciences naturelles </em>1868).</p>
<p style="padding-left: 30px;">Mémoire sur les cétacés du genre Ziphius, CUV. (<em>Nouvelles Annales du Muséum d&#8217;Histoire naturelle de Paris</em>, t. III).<br />
Observations sur quelques points de l&#8217;histoire naturelle des céphalopodes (<em>Annales des Sciences naturelles</em>, t. VIII).<br />
Recherches sur les Actinies des côtes océaniques de la France (<em>Nouvelles Annales du Muséum</em>, t. X).<br />
Faune conchyliologique du département de la Gironde et du Sud-Ouest (<em>Actes de la Société Linnéenne de Bordeaux</em>, t. XXV, XXVII et XXIX).<br />
Bryozoaires. Echinodermes et Foraminifères du département de la Gironde, etc., (<em>ibid</em>., t. XXVII).<br />
Crustacés podopthalmaires et cirrhipèdes etc., (<em>ibid</em>., t. XXVIII).<br />
Anthozoaires, synascidies (<em>ibid</em>., t. XXX etc.,).</p>
<p>CHARLES DES MOULINS. – Note sur une forme allongée du <em>Tapes aurea Gmel</em>. (<em>Actes de la Société Linnéenne</em>, t. XXVI 1868)</p>
<p>ALEXANDRE LAFONT. – Note pour servir à la faune de la Gironde contenant la liste des animaux marins dont la présence a été constatée à Arcachon pendant les années 1867-1868. (<em>Actes de la Société Linnéenne</em>, t. XXVI).</p>
<p>Note sur l&#8217;organisation des pennatules (<em>ibid</em>.)<br />
Note sur les organes de la génération de l&#8217;Ommastrephes sagittatus. (<em>ibid</em>.)<br />
Observations sur la fécondation des céphalopodes (<em>ibid. et Annales des Sciences naturelles</em>, t. XI).<br />
Note pour servir à la faune&#8230;. etc&#8230;, années 1869-1870 (<em>ibid.</em> t. XXVIII).<br />
Observations sur l&#8217;Amphioxus, sur la Torpille, (<em>ibid</em>.)<br />
Observations sur les syngnathes (<em>ibid., et Actes de l&#8217;Académie de Bordeaux</em>).<br />
Journal d&#8217;observations faites sur les animaux marins du Bassin d&#8217;Arcachon pen-dant les années 1866, 1867, 1868. (<em>Bordeaux. Imp, Gounouilhou</em> 1870).<br />
Description d&#8217;une nouvelle espèce de raie (<em>R. Brachyura</em>) (<em>ibid.</em>, t. XXVII).<br />
Observations sur l&#8217;anatomie des cétacés capturés à Arcachon 1867-1868 (<em>in Fischer cétacés du Sud-Ouest ibid.</em>, t. XXXV).</p>
<p>A. MOREAU. – Recherches physiologiques sur la vessie natatoire.</p>
<p style="padding-left: 30px;">Recherches physiologiques sur la torpille électrique (1869).</p>
<p>E. MOREAU. – Note sur la région crânienne de l&#8217;Amphioxus etc., (<em>Comptes rendus </em>1870),</p>
<p style="padding-left: 30px;">Poissons de France, note sur quelques espèces nouvelles des côtes de l&#8217;Océan (<em>Revue et Man. de Zool. pure et appl.</em> 1874).<br />
Histoire naturelle des poissons de la France 1881, Paris, Masson, (Faune d&#8217;Arcachon étudiée en 1869).</p>
<p>DE QUATREFAGES. – Note sur quelques animaux invertébrés du bassin d&#8217;Arcachon (<em>Association Française pour l&#8217;avancement des sciences, session de Bordeaux</em> 1872).</p>
<p>G. JOBERT. – Étude d&#8217;Anatomie comparée sur les organes du toucher chez divers mammifères, oiseaux, poissons, insectes. (<em>Thèse de la Faculté des sciences Paris</em>, 1872).</p>
<p>VIAULT. – Recherches histologiques sur la structure des centres nerveux des Plagios-tomes (Thèse de la Faculté des sciences de Paris, 1877.</p>
<p>PÉREZ. – Ovologie des sacculines.</p>
<p style="padding-left: 30px;">Sur la fécondation chez l&#8217;oursin (<em>Comptes rendus </em>1877).</p>
<p>FR. FRANCK. – Observations graphiques des effets des nerfs sur le cœur des poissons.</p>
<p style="padding-left: 30px;">– Des effets de l&#8217;asphyxie graduelle (<em>travaux inédits</em>).</p>
<p>KÜNSTLER. – Histoire naturelle des infusoires parasites (description de deux espèces nouvelles) (<em>annales des sciences naturelles de Bordeaux et du Sud-Ouest</em>, 1- série n° 4).</p>
<p style="padding-left: 30px;"><em>Dumontia opheliarum</em>, type nouveau de la sous-classe des Sarcodines, (<em>Bull. soc. zool. </em>1885).</p>
<p>JOLYET. – Recherches sur la torpille électrique (<em>Ann. sc. nat, de Bordeaux et du Sud-Ouest</em>, 20 série, n° 2), <em>Mém. de la soc, des sc. phys. et nat, de Bordeaux</em>, t. V., 2° série).</p>
<p>_________</p>
<p>(1) Compte rendu présenté à l’Assemblée générale, p. 13.<br />
(2) Mémoires de la Société des Sciences Physiques et Naturelles de Bordeaux, Tome V, 1867, p. 138.</p>
<p>(3) Banc argilo-sableux, découvrant à marée basse.</p>
<p>(4) P. Fischer, Nouvelles Archives du Muséum, t. III. p. 41.</p>
<p><a href="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2009/11/plaquette_stationzoologique1886.pdf">Télécharger la plaquette</a></p>
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		<title>La Société Scientifique d’Arcachon : une société savante très heureuse…</title>
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		<pubDate>Fri, 13 Nov 2009 13:30:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[La Société Scientifique – la Station Biologique]]></category>
		<category><![CDATA[Fleury]]></category>

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		<description><![CDATA[Billet d’humeur.
La Société Scientifique d’Arcachon : une société savante très heureuse…
De 1945 à 1958, la Société Scientifique d’Arcachon était présidée par le Docteur Georges Fleury qui, à ce titre, rédigeait chaque année le traditionnel compte-rendu administratif. Toujours intéressants, parfois à caractère historique et alors très documentés, leur lecture laisse souvent deviner le plaisir que leur [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left;"><strong>Billet d’humeur.</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>La Société Scientifique d’Arcachon : une société savante très heureuse…</strong></p>
<p style="text-align: justify;">De 1945 à 1958, la Société Scientifique d’Arcachon était présidée par le Docteur Georges Fleury qui, à ce titre, rédigeait chaque année le traditionnel compte-rendu administratif. Toujours intéressants, parfois à caractère historique et alors très documentés, leur lecture laisse souvent deviner le plaisir que leur auteur prenait à leur rédaction. Au point de croire qu’il n’aurait accepté cette responsabilité présidentielle que pour pouvoir sacrifier à cette coutume.</p>
<p style="text-align: justify;">En voici un exemple :</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><em>Mesdames, Messieurs et Chers Collègues,</em></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><em>Vous avez sans doute constaté que je ne sais pas écrire brièvement, et chaque année vous écoutez bon gré mal gré un compte rendu administratif abondant et débordant qui peut paraître à plusieurs d’entre vous interminable. Aujourd’hui il est un peu moins long que d’habitude sans être, pour autant concis. Le style dense et serré m’est, hélas, étranger.<br />
Pourtant, j’ai bien connu le plus concis de nos grands écrivains. Et ceci m’amène à l’anecdote, parfaitement inutile, mais qui mettra fin à mon propos sur une petite note personnelle.<br />
En ce temps-là, j’étais au lycée de Nevers élève de la classe de philosophie. Un jour je soumis à mon compatriote Jules Renard ma dissertation. Elle avait pour sujet : « Qu’est-ce qu’être heureux ? » Jules Renard lut mes huit pages de copie. « C’est bien, dit-il, mais c’est long. C’est une question à traiter en trois lignes. Je te donnerai mon texte ce soir ». Et il ajouta : « Deux fois tu t’es servi du mot idéal. Défie-toi des grands mots. Ce sont les plus vides ». Le soir Jules Renard me dit : « Trois lignes… c’est long. J’ai condensé ». Et il me tendit son papier. Je lus : « Etre heureux, c’est être envié ».<br />
La Société Scientifique d’Arcachon, mes chers collègues, est présentement heureuse.</em></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;">Georges Fleury, Comptes-Rendus Administratifs pour l’année 1955, Bulletin n° 8 de la nouvelle série, Arcachon-1956, p. 19-20.</p>
<p style="text-align: justify;">Si la Société Scientifique d’Arcachon était heureuse en 1956, elle est aujourd’hui très heureuse…</p>
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		<title>Une visite du prince Albert Ier de Monaco</title>
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		<pubDate>Sun, 08 Nov 2009 16:22:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Intérêt historique]]></category>
		<category><![CDATA[La Société Scientifique – la Station Biologique]]></category>
		<category><![CDATA[Le Musée Aquarium]]></category>
		<category><![CDATA[Le Musée Aquarium d'Arcachon]]></category>
		<category><![CDATA[Albert Ier]]></category>
		<category><![CDATA[Lalesque]]></category>
		<category><![CDATA[Monaco]]></category>

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		<description><![CDATA[Le prince Albert 1er de Monaco, passionné d&#8217;océanographie, a passé quatre jours à Bordeaux et Arcachon du 25 au 28 mai 1902, à l&#8217;invitation de la Société d&#8217;Océanographgie et de Géographie commerciale de   Bordeaux.
Il passera la journée du lundi 26 mai à Arcachon pour y visiter avec sa nombreuse suite les installations de la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le prince Albert 1er de Monaco, passionné d&#8217;océanographie, a passé quatre jours à Bordeaux et Arcachon du 25 au 28 mai 1902, à l&#8217;invitation de la Société d&#8217;Océanographgie et de Géographie commerciale de   Bordeaux.</p>
<p>Il passera la journée du lundi 26 mai à Arcachon pour y visiter avec sa nombreuse suite les installations de la Société scientifique, ses laboratoires et son musée.</p>
<p>Voici le compte rendu de cette visite.</p>
<p style="text-align: center;">
<div id="attachment_299" class="wp-caption aligncenter" style="width: 304px"><a title="La plaquette commémorant la visite du Prince" href="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2009/11/monaco_couverture.jpg" rel='gb_imageset[une-visite-du-prince-albert-de-monaco]'><img class="size-medium wp-image-299 " title="La plaquette commémorant la visite du Prince" src="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2009/11/monaco_couverture-294x450.jpg" alt="La plaquette commémorant la visite du Prince" width="294" height="450" /></a><p class="wp-caption-text">La plaquette commémorant la visite du Prince</p></div>
<p><span id="more-298"></span></p>
<p style="text-align: center;"><strong>La journée du lundi à Arcachon</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">Invité par la Société scientifique d&#8217;Arcachon, le Prince a pris place, le lundi 26 mai, dans le rapide du matin avec MM. Saige, conseiller d&#8217;Etat de la principauté de Monaco et le capitaine de Gail. Dans le même train sont montés MM. le Préfet, le Maire, le Recteur, Thounens, président du Conseil général, de Nabias, doyen de la Faculté de Médecine, Thoulet, notre sympathique collègue de Nancy, qui devait donner le soir même la conférence présidée par le Prince, enfin, un grand nombre de membres des Sociétés d&#8217;Océanographie et de Géographie. Des wagons-salons avaient été réservés au Prince et aux excursionnistes qui l&#8217;accompagnaient.</p>
<p style="text-align: justify;">Reçu en arrivant à Arcachon par MM. Veyrier-Montagnères, maire, le docteur Lalesque, président de la Société scientifique, le docteur Jolyet, directeur du laboratoire, le Prince est conduit d&#8217;abord au local de la Société scientifique et au muséum-aquarium. M. Lalesque, dans une courte et charmante allocution, raconte les débuts modestes de la Société scientifique, fondée en 1863 ; il dit les services du regretté Gustave Hameau, qui en a, de 1864 à 1895, protégé la fortune, parfois chancelante ; il rappelle les visites des Paul Bert, des Quatrefages, des Fischer, des Moreau, montre combien l&#8217;Université de Bordeaux s&#8217;intéresse activement à l&#8217;œuvre, aujourd&#8217;hui prospère, et termine en remerciant le Prince de la sympathie qu&#8217;il veut bien lui témoigner. Le Prince Albert répond, en quelques mots pleins de bonne grâce, et commence aussitôt à parcourir les laboratoires où ses questions et ses remarques révèlent à chaque pas le spécialiste très informé. La promenade se termine à l&#8217;aquarium, dont les diverses installations, dues à M. Marcel Ormières, architecte, sont justement admirées de tous.</p>
<p style="text-align: justify;">
<div id="attachment_302" class="wp-caption aligncenter" style="width: 259px"><a title="Le Prince Albert Ier de Monaco" href="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2009/11/monaco_prince.jpg" rel='gb_imageset[une-visite-du-prince-albert-de-monaco]'><img class="size-medium wp-image-302 " title="Le Prince Albert Ier de Monaco" src="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2009/11/monaco_prince-249x450.jpg" alt="Le Prince Albert Ier de Monaco" width="249" height="450" /></a><p class="wp-caption-text">Le Prince Albert Ier de Monaco</p></div>
<p>Après une visite au parc aux huîtres de M. Michelet, tandis que le Prince se rend chez M. Veyrier-Montagnères à un déjeuner tout intime, les membres des Sociétés et les autres excursionnistes se réunissent au Grand-Hôtel où une table de plus de cent couverts est servie. Au dessert, des toasts nombreux ont été portés, et tout d&#8217;abord la santé du Prince de Monaco; MM. Ch. Pépin, docteur Gilbert Lasserre, Camena d&#8217;Almeida, Desbats, Dclboy, ont bu successivement aux trois Sociétés scientifique, d&#8217;Océanographie, de Géogra¬phie, aux villes d&#8217;Arcachon et de Bordeaux, à la presse, etc. Nous résumons ci-dessous le toast du docteur Lasserre, parce qu&#8217;il a très opportunément prononcé le nom d&#8217;un collègue qui méritait d&#8217;être à l&#8217;honneur pendant cette journée :</p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><em>MONSIEUR LE PRESIDENT, MESSIEURS,</em></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><em> Nous vous remercions d&#8217;autant plus de votre charmant accueil que nous pouvons ainsi rappeler publiquement comment le véritable héros de cette fête est l&#8217;un des nôtres. Vice-président honoraire de notre Société après vingt-cinq années d&#8217;activité, M. le lieutenant de vaisseau Hautreux, le père de l&#8217;océanographie dans notre région, a fait profiter la Société de Géographie de ses précieux travaux que notre Bulletin a publiés et portés à la connaissance du monde savant. Il fut un précurseur auquel je suis heureux de rendre ce public hommage.</em></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><em>Permettez-moi d&#8217;ajouter que l&#8217;action de la Société de Géographie commerciale de Bordeaux a produit dans notre pays des résultats dont elle est justement fière. Elle a réconcilié l&#8217;opinion publique bordelaise avec les idées coloniales : elle l&#8217;a fait au moyen de ses conférences publiques, mettant en présence d&#8217;auditoires nombreux les voyageurs et les explorateurs qui ont ainsi réussi à convaincre les plus déclarés adversaires de l&#8217;expansion coloniale de la France; elle a poursuivi le même dessein par son Bulletin que dirige avec tant d&#8217;autorité et de compétence notre éminent collègue, M. le professeur Henri Lorin; elle a fait ressortir la nécessité des musées commerciaux et coloniaux et le besoin de la création à Bordeaux d&#8217;un Institut colonial. Dans quelques jours sa riche bibliothèque va être ouverte deux fois par semaine à ses membres et au personnel, maîtres et élèves, de l&#8217;Institut colonial. Les travailleurs dans la science géographique et océanographique y trouveront de précieux documents.</em></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><em>Avec ses seules ressources, elle a créé une section coloniale dans laquelle fonctionne un bureau de renseignements coloniaux et commerciaux.<br />
En disant ainsi ce que notre Société s&#8217;efforce de faire, je n&#8217;ai voulu que mettre en évidence les nombreux points de contact par où se relient les sociétés ici représentées. Se connaissant mieux, elles s&#8217;estimeront plus et coopéreront avec plus de succès à l&#8217;œuvre commune : servir la Science et la Patrie.</em></p>
<p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><em>Messieurs, je termine en levant mon verre à la Société Scientifique d&#8217;Arcachon, à la Société d&#8217;Océanographie, à l&#8217;union fraternelle de toutes les sociétés savantes de notre région.</em></p>
<p style="text-align: justify;">Les toasts à peine terminés, les convives rejoignent le Prince et les invités du Maire d&#8217;Arcachon aux Pêcheries de l&#8217;Océan, où ils sont reçus par M. Charles Bénard, administrateur; ils examinent curieusement la poissonnière, desservie jusqu&#8217;au quai de débarquement par un tramway électrique, les ateliers de forge, de charpente, de chaudronnerie, de filets de pêche, les magasins à huîtres&#8230; Mais l&#8217;heure s&#8217;avance, parmi les occupations d&#8217;une journée si bien remplie ; on regagne la gare et, à six heures et demie, le Prince et ses compagnons d&#8217;excursion étaient rentrés à Bordeaux.</p>
<p style="text-align: center;">
<div id="attachment_304" class="wp-caption aligncenter" style="width: 460px"><a title="Un des laboratoires de la Société Scientifique" href="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2009/11/monaco_laboratoire.jpg" rel='gb_imageset[une-visite-du-prince-albert-de-monaco]'><img class="size-medium wp-image-304 " title="Un des laboratoires de la Société Scientifique" src="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2009/11/monaco_laboratoire-450x310.jpg" alt="Un des laboratoires de la Société Scientifique" width="450" height="310" /></a><p class="wp-caption-text">Un des laboratoires de la Société Scientifique</p></div>
<p style="text-align: center;">LABORATOIRE OCEANOGRAPHIQUE D ARCACHON<br />
(Dirigé par MM. Charles BENARD,  BARINCOU et MANLEY-BENDALL.)</p>
<p style="text-align: left;"><a href="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2009/11/monaco2.pdf">Télécharger la plaquette</a></p>
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		</item>
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		<title>Une institution respectable: une étude de Michel Boyé (2ème partie)</title>
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		<pubDate>Fri, 06 Nov 2009 18:42:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Intérêt historique]]></category>
		<category><![CDATA[La Société Scientifique – la Station Biologique]]></category>
		<category><![CDATA[Le Musée Aquarium]]></category>
		<category><![CDATA[Le Musée Aquarium d'Arcachon]]></category>
		<category><![CDATA[Boyé]]></category>

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		<description><![CDATA[UNE INSTITUTION RESPECTABLE
LA SOCIÉTÉ SCIENTIFIQUE
D’ARCACHON (II)
DEUXIEME PARTIE : AU SERVICE DE LA SCIENCE
(1882-1914)
L’assemblée générale du 18 décembre 1881 donna l’occasion au docteur Gustave Hameau de penser tout haut que «la Société pouvait entrer dans une voie de prospérité nouvelle» ; en effet « les professeurs agrégés, maîtres de conférences, préparateurs de la [nouvelle] Faculté de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><strong>UNE INSTITUTION RESPECTABLE<br />
LA SOCIÉTÉ SCIENTIFIQUE<br />
D’ARCACHON (II)</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>DEUXIEME PARTIE : AU SERVICE DE LA SCIENCE<br />
(1882-1914)</strong></p>
<p style="text-align: justify;">L’assemblée générale du 18 décembre 1881 donna l’occasion au docteur Gustave Hameau de penser tout haut que «la Société pouvait entrer dans une voie de prospérité nouvelle» ; en effet « les professeurs agrégés, maîtres de conférences, préparateurs de la [nouvelle] Faculté de Médecine et de Pharmacie [de Bordeaux] demandaient à être admis dans la Société », tout en désirant « en même temps que les statuts (fussent) mis en harmonie avec les besoins d’un personnel actif, pour lequel les laboratoires (étaient) une chose essentielle ». Prévoyant, le conseil d’administration avait fait le nécessaire. Il appartenait désormais aux membres présents de se prononcer sur le projet qui leur était soumis ; c’est ainsi que de nouveaux statuts furent adoptés et que 19 nouveaux membres furent admis, dont 15 œuvraient à l’Université.<br />
Le renouvellement du conseil d’administration fut remis à une date ultérieure, étant admis qu’il était « indispensable de faire une large place aux professeurs des Facultés de Bordeaux ». Pour Gustave Hameau, il n’était pas question de trop tarder. Le nouveau Conseil fut élu le 15 janvier 1882(1), après lecture d’un vœu «<em> adressé à Monsieur le Ministre de l’Instruction Publique par la Faculté de Médecine et de Pharmacie, attirant l’attention du ministre sur la Société Scientifique et sur les avantages que retirerait l’enseignement supérieur de l’existence de laboratoires à Arcachon </em>».</p>
<p><span id="more-285"></span><strong>I. LA SOCIETE SCIENTIQUE ET LES UNIVERSITAIRES</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Une semaine plus tard, le 22 janvier, le nouveau conseil d’administration, tout à sa passion d’entreprendre, examinait les plans dressés par Jean-Félix Ardouin, conducteur des Ponts-et-Chaussées et tout nouveau membre, « pour la construction des laboratoires à élever sur la façade de la plage » ; au vu des devis, décision fut prise de demander une subvention à l’Etat&#8230; et de procéder à la construction de la moitié de la bâtisse avant même la réponse du ministère concerné !<br />
Hélas ! Le 19 février 1882, force fut de constater que les ressources de la Société étaient insuffisantes pour mener à bien même la moitié du projet. Le professeur J. A. Guillaud suggéra une loterie pour se procurer les fonds nécessaires et le conseil se rallia à son idée. Lors de la séance générale du 5 mars, après que le président Hameau eut annoncé que sa demande de crédits adressée au recteur était restée sans réponse et qu’il eut soutenu que la Société Scientifique comptait plus d’ennemis que d’amis au sein du Comité des Laboratoires Marins à Paris, les administrateurs décidèrent d’organiser la loterie pour « la construction et l’outillage des cabinets d’étude dans le laboratoire biologique de la Société », en la dotant « d’objets d’art d’une valeur réelle ».<br />
Le 4 juin 1882, le conseil d’administration était informé que la loterie était autorisée par le ministre de l’Intérieur et que la ville d’Arcachon avait voté une subvention annuelle de 2.000 francs, que la Société Française pour l’avancement des Sciences avait accordé une allocation de 200 francs et que le rectorat allait intervenir auprès du Conseil Général de la Gironde. Mais on était encore loin des 10.000 francs escomptés ! Qui plus est, le recteur avait émis le vœu d’être assuré « que les constructions à élever pour les laboratoires marins reposeraient sur un terrain où la Société ne serait pas inquiétée » !<br />
Gustave Hameau entreprit alors une démarche auprès de la Préfecture. La réponse du préfet de la Gironde, en date du 30 juin 1882, mérite une attention toute particulière, d’autant plus que la Société Scientifique, après plusieurs tentatives infructueuses, sera reconnue d’utilité publique le 10 janvier 1924.<br />
« Monsieur le Président,<br />
«  Ainsi que je vous en ai informé, j’ai pris l’avis de M. l’Ingénieur en chef du service maritime, au sujet de l’établissement installé par la Société Scientifique d’Arcachon sur les dépendances du domaine public d’Eyrac. D’accord avec ce chef de service, j’ai l’honneur de vous faire connaître que, malgré son caractère provisoire, l’autorisation donnée à la Société ne lui serait retirée que dans des circonstances exceptionnelles et si l’intérêt public venait à l’exiger. J’ajoute que, <em>dans ce cas peu probable d’ailleurs, la Société obtiendrait en échange la concession d’un autre emplacement</em>. Agréez&#8230; »<br />
Signé : Saisset-Schneider, Préfet de la Gironde.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><strong>1°/ De nouveaux laboratoires (1882-1885)</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Plus rien ne s’opposait donc à ce que le 23 juillet 1882, l’architecte Fernand Pujibet, qui avait pris le relais d’Ardouin, présentât « l’avant-projet des plans de construction des laboratoires ». L’assemblée n’émit que de rares observations et demanda surtout que le plan définitif comportât « une division en trois parties pouvant être exécutées indépendamment l’une de l’autre. Ce plan définitif fut examiné le 16 décembre 1883 par le conseil d’administration qui, au vu de l’état des finances, considéra qu’il « serait possible de bâtir tout le pavillon ouest du plan d’ensemble et de réparer celui qui exist(ait) déjà » ; il souhaita cependant entendre l’architecte à ce sujet(2).<br />
De fait, les caisses ne s’étaient pas remplies aussi vite que prévu. Le 10 septembre 1882, G. Hameau n’avait pu que regretter que « le placement des billets [de la loterie] se fît avec beaucoup de lenteur ». Le professeur A. Bouchard, vice-président, fut sollicité pour faire une conférence publique et gratuite, « à l’issue de laquelle on pourrait proposer des billets aux assistants ». Il n’en demeurait pas moins que le tirage devait avoir lieu, légalement, le 24 novembre&#8230; sauf à obtenir un report. Le président sollicita le préfet qui opposa un refus catégorique(3) ; n’étant pas homme à abdiquer, G. Hameau réitéra sa demande, obtint un délai supplémentaire dans l’attente d’une réponse ministérielle(4) et put finalement organiser le tirage le 29 avril 1883, à l’occasion d’une « fête donnée au Casino »(5) !<br />
Ce fut un grand soulagement. Par ailleurs, ces cinq mois supplémentaires furent mis à profit par la Société pour faire face à des travaux d’urgence, suite aux dégâts occasionnés par la tempête du 29 octobre 1882 : réparation du « petit laboratoire », remise à flot du bateau acquis avec « l’allocation » de l’Association Française pour l’avancement des Sciences et baptisé <em>Amphyosus</em> sur la proposition du professeur Jolyet en souvenir des travaux de Paul Bert ; « acquis le matin même de la tempête, par un heureux hasard, il a(avait) été coulé par les premiers coups de mer et de la sorte n’a(vait) pas subi de graves dommages alors que toutes les autres barques du voisinage (avaient) été entièrement démolies ».<br />
Ajoutons que le conseil d’administration, au cours de l’année 1883, avait pris des décisions importantes : dans sa séance du 4 février 1883, il avait désigné comme « directeur des laboratoires », sans honoraires, le naturaliste Georges Gourg(6) ; dans celle du 29 juillet, il avait décidé de solliciter une nouvelle « allocation » de l’Association Française pour l’avancement des Sciences (1 000 francs) destinée à « l’aménagement de deux chambres pour les travailleurs qui viendraient faire des recherches dans les laboratoires » arcachonnais.<br />
Le 20 janvier 1884, F. Pujibet exposa « le résultat de ses études [...]. Du plan d’ensemble qu’il présenta, il [lui semblait] possible de faire un pavillon latéral tout entier, soit trois salles d’études et [d’] amorcer le pavillon central. Les frais de ces constructions s’élev(ai)ent exactement à l’argent dont la société dispos(ait) ». Les membres présents adoptèrent, comme un seul homme, les devis de l’architecte et confièrent la direction des travaux à l’entrepreneur arcachonnais Gabriel Busquet(7).<br />
La séance générale du 22 juin 1884 vit la reconduction du bureau et la réapparition du poste de « conservateur » &#8211; du musée-aquarium &#8211; confié à l’ingénieur des postes et télégraphes Emile Durègne(8). Et dans un ordre du jour chargé, le renouvellement des assurances, « en y comprenant les nouvelles bâtisses » (leur construction était donc sur le point d’être terminée), fut accepté, tout comme l’ameublement d’une chambre « à mettre à la disposition des travailleurs »(9). Tout naturellement, il semble qu’à l’automne 1884 Gabriel Busquet ait rempli son contrat puisque le conseil d’administration du 30 novembre évoqua une demande de subvention, lancée par l’intermédiaire du recteur, « pour l’achèvement des constructions ».</p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><strong>2°/ Une éphémère direction des pêches</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Tout n’est jamais totalement positif. Ce même 30 novembre, après avoir fait état de l’absence de crédits disponibles au ministère de l’Instruction Publique, le professeur Guillaud proposa « la réorganisation des services de l’aquarium et de laboratoires », mettant indirectement en cause M. Gourg, alors absent, qui, pendant l’été, n’avait pu fournir à deux jeunes chercheurs « les animaux nécessaires », ni même leur permettre d’aller sur le Bassin faire la pêche.<br />
A quoi, Gustave Hameau répliqua que le directeur des laboratoires avait « sous sa direction un marin et un bateau pour approvisionner aussi bien les laboratoires que l’aquarium ». Mais, avança-t-on, le marin n’avait pas d’engins de pêche ! Qu’importe ! Il lui suffisait « d’aller en mer acheter des poissons puisque la Société des Pêcheries de l’Océan (était) à l’entière disposition de la Société Scientifique » !<br />
Le 18 janvier 1885, la polémique monta d’un cran, en la présence de G. Gourg qui prétendit que « les bateaux de pêche de la Compagnie Johnston mett(ai)ent la plus grande difficulté à fournir des poissons » et annonça l’achat d’un filet de pêche. Le docteur Guillaud, soucieux de voir la Société consacrer toutes ses finances « au côté purement scientifique », demanda si la ville d’Arcachon ne pouvait pas reprendre « les services &#8211; l’aquarium par exemple &#8211; qui [...] coûtent et ne [...] rapportent pas » ! Le président rappela qu’il « n’avait trompé personne ; [que] depuis [1881-1882] on a créé, bâti des laboratoires&#8230; ». Certes, convint le professeur Guillaud, « les résultats acquis (étaient) beaux et val(ai)ent bien la peine que l’on s’en (fût) occupé. Seulement, sera(it)-il possible d’aller plus loin, si la ville n’intervenait pas d’une façon encore plus efficace&#8230; ».<br />
Pour couper court au débat, Fernand Lalesque réussit à faire désigner « une commission chargée d’étudier la proposition de M. Guillaud »(10). Le 23 janvier 1885, cette commission décida le maintien du statu quo ! Toutefois, le 7 avril 1885, le même docteur Lalesque proposa toute une série d’économies pour dégager des fonds « à reporter sur les dépenses afférentes aux laboratoires » ; si l’assemblée les prit en considération, elles ne furent cependant pas adoptées. Ragaillardi par une correspondance lui annonçant que le ministère de l’Agriculture serait prêt à aider la Société &#8211; peut-être parce que le professeur Ulysse Gayon travaillait alors à Arcachon,  Gustave Hameau proposa de ne confier à M. Gourg que « la direction des pêches » et de nommer Fernand Lalesque « directeur des laboratoires » ! Ce qui fut fait par acclamations, tandis que les postes de secrétaire et de trésorier étaient confiés respectivement à Clément Sémiac et Jean-Félix Ardouin, suite au décès d’Edouard Méran et à la démission d’Alban Brannens. En fin de séance, fut annoncée l’installation récente du gaz dans les laboratoires tandis qu’un membre suggérait qu’on y amenât l’eau de la ville.<br />
Le 27 juillet 1885, le président était mandaté pour demander à M. Gourg des explications sur ses fréquentes absences. Les correspondances échangées conduisirent le président Hameau à proposer à l’assemblée générale du 27 septembre 1885 la <em>suppression de la direction des pêches</em> et la mise du marin sous les ordres du directeur des laboratoires. Ce qui fut adopté et porta &#8211; semble-t-il &#8211; ses fruits puisque, le calme retrouvé(11), l’assemblée générale du 19 février 1886 décida à l’unanimité que les rapports du président, du directeur des laboratoires et du conservateur seraient réunis et imprimés ; cette innovation préfigurait le futur bulletin annuel de la Société et de la Station qui parut de 1895 à 1938.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><strong>3°/ Au secours de l’industrie ostréicole</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Le 11 avril 1886, Gustave Hameau relança l’idée d’obtenir la concession d’un parc, après avoir « insisté sur tous les avantages que la Société pourrait retirer, au seul point de vue scientifique, de la libre disposition d’un terrain dans le Bassin, sur lequel la Société se livrerait à des études d’aquiculture générale ». L’appui du commissaire de la Marine de La Teste était acquis, d’autant plus que « la Société avait mis à la disposition des ostréiculteurs sa salle des conférences pour les réunions du syndicat ostréicole en formation dans [la] ville [d’Arcachon] ». Le président proposa donc à ses collègues une sortie sur le Bassin le dimanche 18 avril « pour faire choix d’une terre convenable » [ce fut <em>Germanan</em>]. Emile Durègne annonça ensuite qu’il avait « fait construire un petit bateau-réservoir absolument indispensable au transport des poissons et mollusques vivants, des lieux de pêche à l’aquarium » et obtint d’être remboursé de la dépense de 40 francs qu’il avait engagée. Le conservateur du musée venait de faire la démonstration de son dévouement total à la société ; il en recueillit les fruits le 25 juillet.<br />
Ce jour-là, M. d’Eggourt, collaborateur de M. Bouchon-Brandely, fut autorisé, avant même d’être admis comme membre de la société(12), « à pratiquer une ouverture à la toiture du hangar sud qui abritait 3 bassins extérieurs pour donner de la chaleur et de la lumière aux réservoirs » qu’il était en train de disposer pour une série d’expériences ostréicoles ; il est vrai qu’il avait annoncé qu’il prenait en charge tous les frais d’installation. Puis il fallut aborder la question de la direction des laboratoires : trois jours auparavant, Fernand Lalesque avait présenté sa démission, son emploi du temps ne lui permettant plus de participer « à la marche progressive de la société ». Gustave Hameau proposa donc à Emile Durègne, qui accepta, « d’ajouter les fonctions de directeur des Laboratoires à celles qu’il exer(çait) déjà avec autant de tact que d’intelligence ».<br />
Ce fut à l’assemblée générale du 12 septembre 1886 que le président G. Hameau annonça aux membres présents que le ministre de la Marine, l’amiral Aube, venait d’accorder à la société, « non pas la concession, mais<em> la libre disposition </em>de l’huîtrière [connue sous le nom de Germanan], sous la réserve que la Marine reprendra(it) possession du terrain lorsqu’elle le jugera(it) utile ».</p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><strong>4°/ La station zoologique d’Arcachon</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Auparavant, Durègne, le tout nouveau « directeur de la Station » présenta « un travail qui résumait l’historique de la Société Scientifique et les ressources actuelles de son établissement » ; après avoir approuvé le règlement que ce document contenait à l’intention des « travailleurs désirant être admis dans les cabinets d’étude » de la Société, les membres présents votèrent son impression afin qu’il fût distribué aux participants du Congrès d’Hydrologie et de Climatologie de Biarritz, attendus à Arcachon le 7 octobre. L’installation des conduites pour l’eau douce étant achevée, Gustave Hameau fut mandaté pour négocier&#8230; un rabais sur le devis proposé par la Compagnie Générale des Eaux pour le branchement.<br />
A la réunion du conseil d’administration du 21 novembre 1886, Emile Durègne annonça la mort de Paul Bert, « le véritable fondateur de nos laboratoires » et rappela tous les travaux de l’illustre professeur sortis des laboratoires de la Société Scientifique. Décision fut prise de déposer « une couronne sur le cercueil de celui qui fut à la fois un grand savant et un grand patriote » &#8211; ce fut Félix Jolyet qui représenta la Société lors des obsèques.<br />
L’assemblée générale du 6 mars 1887(13), sur proposition du docteur Hameau, décida :<br />
« 1° que tous les services du Musée, de la bibliothèque, de l’aquarium, des laboratoires et des pêches ser(aie)nt réunis dans une même direction et que le chef de ce service prendra(it) le titre de <em>Directeur de la Station zoologique d’Arcachon</em> ;<br />
« 2° que M. E. Durègne (était) nommé directeur de la Station Zoologique ».<br />
Quant au renouvellement du bureau, il traduisit un net réchauffement des relations entre universitaires et non-universitaires qui s’étaient, au fil des mois quelque peu refroidies ; la vice-présidence échut au professeur A. Bouchard et au docteur Rougier tandis les professeurs Félix Jolyet et Charles Blarez étaient élus administrateurs(14).<br />
Le 29 mai 1887, le conseil entendit une importante communication d’Emile Durègne. Celui-ci, tout d’abord, rappela « la richesse de la faune ichtyologique de la plage rocheuse de Guéthary, petit village situé entre Biarritz  et St-Jean de Luz, avec lequel [la] société entret(enait) des relations constantes pour l’approvisionnement des laboratoires et des bacs de l’aquarium et où se rend(ai)ent bon nombre des travailleurs assurés à l’avance d’y trouver les sujets d’études qu’ils recherch(ai)ent » ; et  le directeur d’apprendre « à l’assemblée que sa mère, Mme Durègne, [leur] bienveillante collègue, a(vait) fait l’acquisition sur la plage de Guéthary d’une parcelle de terrain sur lequel elle [avait] fait bâtir une petite habitation qu’elle tiendra(it) à la disposition de la Société Scientifique d’Arcachon » et qu’elle « l’offr(ait) comme un premier jalon planté par la société sur cette plage renommée pour l’abondance de sujets marins qui f(aisaient) défaut dans le bassin d’Arcachon, et pouvant à ce titre devenir une succursale très utile à [la] station ». Le conseil vota des remerciements unanimes à Mme Durègne, imité en cela par l’assemblée générale du 5 février 1888 qui prit connaissance de la donation et vota l’impression  du compte rendu de l’exercice 1887.<br />
Le 8 janvier 1888, hommage fut rendu par le conseil d’administration à Osmin Baudens, récemment décédé, membre honoraire de la société et adjoint au maire d’Arcachon(15). Le 10 juin, le conseil se félicitait de voir « deux travailleurs occuper les laboratoires : MM. Dollfus et Boury qui, pour sa part, avait « donné son important travail sur les scalidés vivants et fossiles » et venait d’entreprendre le classement des collections conchyliologiques.<br />
Le 28 octobre 1888, revenait au premier rang des préoccupations du docteur Hameau la question récurrente des finances de la société, dont le déséquilibre lui avait fait ajourner l’impression du compte rendu de l’année 1887, au grand dam d’Emile Durègne. Soucieux de ménager le directeur de la station, le président réussit à convaincre ses collègues d’avancer en janvier 1889 la prochaine assemblée générale et d’envisager un compte rendu imprimé « embrassant les deux derniers exercices » ! Chose promise, chose (à moitié) due, puisqu’en réalité l’opération fut menée à bien le 10 février 1889, après l’admission comme membres titulaires du docteur André Hameau, de Félix Dmokowski, du comte de Damrémont, du pharmacien Henri Duphil et de M. Kunstler, professeur à la faculté des sciences de Bordeaux.<br />
Le 9 juin 1889, le bureau admettait comme membres M. Chevreux, zoologiste breton et la princesse Czartoryska(16), demeurant alors villa <em>Belzunce</em>, avant de s’interroger sur le devenir de ses marins Lateulère (par ailleurs concierge) et Labat, compte tenu des candidatures reçues : celles de MM. Croisel, ancien bibliothécaire du Casino(17) et Lassalle, marin d’Andernos. Avis favorable fut donné à la demande de prêt présentée par Gustave Dasté, au nom du syndicat ostréicole d’Arcachon candidat pour participer à l’Exposition Universelle de 1889, à laquelle était aussi inscrite la Station zoologique dont E. Durègne fit connaître le projet(18).<br />
La « réunion générale » du 22 février 1890 fut l’heureuse occasion pour le trésorier de présenter une situation financière quasiment équilibrée. Fernand Lalesque fut élu vice-président en remplacement du docteur Rougier, décédé, et Léon Saby fut promu administrateur. Le concierge-marin Lateulère qui venait de décider de prendre sa retraite fut doté d’une gratification et autorisé à garder son logement jusqu’au 1er mai ; le bureau qui se réunit à l’issue de l’assemblée générale choisit le marin Laurent Lassalle pour le remplacer.<br />
Le 7 septembre 1890, Emile Durègne annonça au conseil que la société était inscrite, au ministère de l’Agriculture, comme <em>station agronomique</em>, ce qui ouvrait une perspective de subventions renouvelées et d’allocations inespérées de la part de la Société d’Agriculture de France. Il y avait cependant une contrepartie à assurer : entreprendre une série de recherches sur la reproduction artificielle de certains poissons de mer et sur l’élevage de leurs alevins ; il fallait surtout espérer que les échecs dans cette direction du professeur Kunstler, dans les laboratoires d’Arcachon, feraient bientôt place à des succès.<br />
Gustave Hameau avait cependant d’autres soucis : non seulement les subventions n’étaient « plus ce qu’elles étaient », mais de surcroît « les Ponts-et-Chaussées avaient pris possession du terre-plein libre, « en avant des hangars et des laboratoires du côté du Bassin », pour assurer le service du balisage, malgré une requête du président de la Société Scientifique, mais en vertu d’un arrêté préfectoral du 23 août 1890 rapportant les arrêtés de 1866. Qui plus est, désormais la Société Scientifique devait acquitter une redevance annuelle de 1 franc pour prix d’occupation temporaire des dépendances du domaine public ! Ultime consolation, il était confirmé en contrepartie que la démolition des ouvrages de la Société ne pourrait intervenir que <em>dans un intérêt public</em>.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><strong>5°/ L’action déterminante de Henri Viallanes et de son successeur</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Le 15 février 1891, le conseil se saisit d’une polémique entre le professeur Kunstler et Emile Durègne et trancha en faveur de son directeur de station. De même, décida-t-il de surseoir au renvoi du marin Lassalle qui avait « manqué gravement de convenance et de délicatesse, tant en paroles qu’en action, à l’égard de M. Viallanes »(19). Lassalle dut vraisemblablement regretter sa conduite coupable. Le 10 mai 1891(20), Emile Durègne, nommé ingénieur-inspecteur des postes et télégraphes démissionnait de la direction de la station zoologique, tout en acceptant le titre &#8211; recréé pour l’occasion &#8211; de conservateur des collections ; ce fut le professeur Henri Viallanes qui fut alors nommé directeur de la station zoologique ! Cette passation de « pouvoirs » ne pouvait tomber mieux. Le 4 juillet 1891, M. Couat, recteur de l’Académie de Bordeaux, venait visiter l’établissement de la Société Scientifique : « la salle de conférences, les deux chambres d’étudiants, le Musée et la bibliothèque, l’aquarium et les laboratoires », dont la présentation échut plus particulièrement à Henri Viallanes et au chimiste Zune. Le recteur, qui connaissait « les laboratoires de Roscoff et de Vimereux, trouv(a) que les laboratoires d’Arcachon, avec leur outillage, leur bateau de pêche pour le Bassin et les bateaux Johnston pour la pleine mer, ne le céd(aien)t en rien aux laboratoires, entretenus ailleurs, <em>à grands frais, par le Gouvernement</em> » !<br />
M. Couat, tout en sachant que son prédécesseur M. Ouvré n’avait pas abouti dans des négociations analogues, se « propos(a) d’étudier une combinaison qui permette d’entrer en arrangement avec la Société pour qu’elle conserve un ou plusieurs de ses laboratoires aux élèves de licence, d’agrégation ou de doctorat des facultés de son ressort académique ». Le 3 septembre, informés du désir exprimé par le recteur, plusieurs membres firent remarquer que la Société n’avait eu de cesse de faciliter « dans la mesure de ses forces les études des travailleurs qui s’adress(ai)ent à elle » et qu’il était à craindre qu’elle perdît « son indépendance » si les Pouvoirs publics prenaient la direction « ou seulement la libre disposition de l’un ou plusieurs de ses laboratoires ». Gustave Hameau crut pouvoir apaiser les esprits en prétendant avoir compris que, pour le recteur, « l’intervention du ministre de l’Instruction Publique ne se manifesterait que par l’envoi de subventions plus importantes appropriées aux études spéciales de la licence ».<br />
Malgré « des embarras financiers passagers », devant le zèle infatigable du nouveau directeur des laboratoires et le nombre croissant des travailleurs, le président estima que la Société était, à nouveau, « dans l’obligation de créer de nouveaux laboratoires » (trois ?) ; l’acceptation unanime de l’assemblée consultée sur ce projet incita alors le professeur Jolyet à demander que l’un des futurs laboratoires construits fût « exclusivement affecté aux études physiologiques ».<br />
Mais il y a loin souvent du rêve à la réalité quand les finances sont désespérément dans le rouge : le 14 février 1892, pour que la construction des nouveaux laboratoires fût enfin entreprise, Henri Viallanes demanda que « la somme de 300 francs qu’il a(vait) versée pour sa cotisation de membre perpétuel(21) ne (fût) pas appliquée, comme cela s’est pratiqué jusqu’ici, à l’amortissement d’une action, mais bien à la création des nouveaux laboratoires ». Satisfaction lui fut donnée, bien que la demande fût « une dérogation aux habitudes de la société »(22). Le 8 mai 1892, le directeur de la station revint à la charge, appuyé par le professeur Jolyet, en estimant que deux laboratoires supplémentaires seraient suffisants : le premier &#8211; le laboratoire de physiologie &#8211; pourrait être établi dans l’appartement de façade, dit salon de Laborde &#8211; du  nom d’un employé, avec le petit cabinet aménagé ; le second &#8211; le laboratoire d’études océanographiques pourrait être installé dans la salle de conférences avec ouverture sur la façade principale. Le bureau, séduit par ces options, chargea Henri Viallanes de demander les devis correspondants à Gabriel Busquet.<br />
L’assemblée générale de février 1893 fut marquée par l’absence d’Henri Viallanes, atteint « d’une cruelle maladie »(23), absence d’autant plus regrettée par Gustave Hameau que le directeur de la Station, « dans une remarquable étude des conditions de la nutrition des huîtres, [était] arrivé à des résultats qui auront un grand retentissement dans la région et rendront de très grands services à l’ostréiculture »(24) ; Emile Durègne demanda que cette étude fut publiée in extenso dans le bulletin de la société pour l’année 1892.<br />
Un an plus tard, le 4 mars 1894, Félix Jolyet qui avait succédé à Henri Viallanes comme directeur de la station zoologique et souhaitait, comme son président, voir « des travailleurs plus nombreux venir mettre à profit les laboratoires ouverts généreusement à tous », donna lecture d’un vœu qu’il avait soumis au Conseil général de la Gironde pour que les laboratoires d’Arcachon fussent « utilisés à l’avenir pour l’enseignement des Hautes Etudes ». Sa démarche recueillit le ferme soutien d’Emile Durègne, qui se proposa de prendre contact à ce sujet avec Ulysse Gayon, professeur de chimie à la faculté des sciences de Bordeaux, du professeur Bouchard et de Clément Jobert, professeur à la faculté des sciences de Dijon. Une nouvelle chambre fut envisagée, que Fernand Lalesque se proposa de meubler, tandis que le docteur Hameau engageait F. Jolyet « à s’adresser aux fabricants les plus réputés » pour équiper le laboratoire de physiologie achevé, semble-t-il(25).</p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><strong>6°/ La démission de Gustave Hameau</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">L’assemblée générale du 3 mars 1895 marqua un nouveau tournant dans l’histoire de la Société Scientifique. Malade, Gustave Hameau n’assista pas aux travaux. Ce fut son vice-président Fernand Lalesque qui dirigea les débats et qui fit part aux membres présents de « la démission si imprévue du président », de  « sa retraite » après plus de trente années à la tête de la société ; élu président honoraire, le docteur Hameau fut remplacé par Fernand Lalesque. Le 31 mars, par la voix de son bureau unanime, la Société Scientifique, qui avait déjà accepté « d’approvisionner l’aquarium de l’Exposition de Bordeaux », consentit à apporter toute son aide au Comité regroupant tous les ostréiculteurs du Bassin d’Arcachon désireux de participer à la manifestation bordelaise. Félix Jolyet entretint ensuite le bureau « de l’utilité de mettre des laboratoires à la disposition de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes, [étant] d’avis que, sans aliéner [son] indépendance ce serait un moyen assuré [ pour la Société] d’obtenir de nouvelles subventions&#8230; ».<br />
Le 30 juin 1895, le bureau nomma membre honoraire M. A. Pitres, doyen de la faculté de médecine et de pharmacie de Bordeaux, et comme membres titulaires Louis Beaupuy, marin ostréiculteur d’Arcachon, et « M. Osiris Iffla, propriétaire à Arcachon ». Le 1er mars 1886, au cours de l’assemblée générale annuelle, Fernand Lalesque rendit hommage, en sa présence, à Gustave Hameau qui répondit, pour expliquer son retrait, qu’il « était temps d’infuser à la société un sang nouveau, plus jeune, plus profitable à son essor » ! De nouveaux membres furent élus au conseil d’administration : le professeur Bouchard promu membre honoraire fut remplacé à la vice-présidence par Barthélémy de Nabias, professeur à la faculté de médecine de Bordeaux, aux côtés de Clément Sémiac qui céda le secrétariat au docteur André Hameau, tandis que Marcel Ormières devenait administrateur à la place d’Alban Brannens démissionnaire.<br />
Fernand Lalesque avait à faire face aux même difficultés financières que son prédécesseur, d’autant plus que l’emprunt de 1867 devait expirer en 1896(26). A côté des subventions, toutes les idées étaient bonnes à prendre pour que les recettes fussent supérieures aux dépenses. Le 24 mai 1896, le conseil décidait d’acquérir deux phoques auprès de la Société de Zoologie d’Amsterdam pour améliorer sensiblement la fréquentation de l’aquarium de juillet à octobre. Le coût de l’annexe de Guéthary &#8211; en fait le coût du marin qui y était affecté, le dénommé Duhon -, inspectée par Lalesque,  parut mériter quelques observations mais en l’absence de Durègne rien ne fut décidé. Marcel Ormières fut chargé de résoudre la question de la fraude à l’entrée de l’aquarium et du musée. Et un effort de « recrutement » sans précédent  fut réalisé : en quatre mois, 22 nouveaux adhérents furent admis.<br />
L’assemblée générale extraordinaire du 16 août 1886 adopta à l’unanimité, grâce à l’appui « de M. Léon Lesca l’actionnaire de beaucoup le plus important » les conclusions du rapport de Léon Saby sur l’emprunt de 1867. Un rapport sans complaisance qui démontrait « l’urgence de prendre les mesures nécessaires pour assurer l’avenir [et] empêcher une liquidation » ; qui énonçait quatre « mesures » susceptibles de « sauvegarder l’existence d’une œuvre à la fois scientifique et de patriotisme local » et qui limitaient à neuf ans les efforts « d’une gestion sinon brillante, du moins très honorable » ! Le 7 février 1897, le conseil constatait avec soulagement que « l’emprunt n’avait suscité jusqu’à ce jour aucun ennui ; au contraire MM. Peyrelongue, Johnston, Pascault et Arthur Lesca (avaient) remis leurs obligations à la Société ». Décision fut prise de considérer « que tout membre possesseur d’une ou plusieurs obligations qui abandonnera(it) sa ou ses obligations à la société sera(it) considéré comme ayant perpétué sa cotisation ». Enfin, sur la proposition d’Emile Durègne, le bureau désigna une délégation, composée de MM. Lalesque, Sémiac, Jolyet et Durègne, pour faire une démarche auprès de Monsieur le Recteur afin d’obtenir pour la Société le patronage de l’Université de Bordeaux ».</p>
<p><strong>II. LA SOCIÉTÉ SCIENTIFIQUE ET L’UNIVERSITÉ<br />
(1897-1914)</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Cette démarche ne fut pas évoquée lors de l’assemblée générale du 21 février 1897 qui procéda à l’élection de Léon Saby au poste de trésorier, en remplacement de M. Ardouin, décédé, et à celles de Léopold Escarraguel et de Gabriel Busquet comme administrateurs, Marcel Ormières étant vraisemblablement démissionnaire(27).<br />
Le 11 août 1897, le conseil d’administration donnait son approbation au président qui avait « accordé un local à l’Ecole des Pêches d’Arcachon pour y faire des cours » ; il enregistrait surtout avec satisfaction la promesse du Recteur « de se mettre en relation avec les doyens des facultés de Médecine et des Sciences de Bordeaux pour faire nommer une commission qui viendrait visiter les locaux [de la Société Scientifique] et verrait comment <em>elle pourrait] faire partie de l’Université</em> ».<br />
Cette commission universitaire, composée du recteur Couat, de MM. Pitres, doyen de la faculté de médecine et Kunstler, doyen de la faculté des Sciences, et de MM. de Nabias et Jolyet, s’en vint à Arcachon en mai 1897, reconnaître les lieux et écouter les propositions de la Société Scientifique. Il fallait désormais formaliser les liens à établir. Près d’une année fut nécessaire et la discrétion semble avoir été de mise ; en effet lors du conseil d’administration du 19 août 1897, Fernand Lalesque, s’il informa ses collègues que le Conseil de l’Université de Bordeaux avait  accepté l’offre de la Société Scientifique, donna priorité à la lecture d’une lettre en date du 17, émanant du maire d’Arcachon Veyrier-Montagnères :<br />
« Une délégation de parqueurs s’est préoccupée auprès de moi du tort que pourrait causer à l’ostréiculture la question soulevée l’an dernier par un certain nombre de journaux relativement à la transmission de la typhoïde par les huîtres.<br />
« Ne pensez-vous pas comme moi, Monsieur le Président, qu’il y aurait lieu d’étudier cette question dans l’intérêt de nos ostréiculteurs si malheureux depuis quelques années ?<br />
« Je vous transmets cette idée estimant que la Société Scientifique est toute indiquée pour l’étudier et qu’elle pourra une fois de plus rendre service à la population d’Arcachon&#8230; ».<br />
Et pour répondre au désir du maire, le conseil décida d’organiser une conférence publique « dans laquelle le président de la Société fera(it) ressortir que les parcs à huîtres du Bassin d’Arcachon (étaient) placés dans les meilleures conditions d’hygiène ».<br />
De même, le 6 février 1898, Lalesque se contenta d’annoncer « que le préfet de la Gironde a(vait) autorisé la ville d’Arcachon à donner à une rue le nom d’Henri Viallanes, et le 20 février, lors de l’assemblée générale, ne fut-il question, s’agissant des laboratoires, que de « l’installation de l’outillage nécessaire pour entreprendre des travaux de pisciculture marine ».<br />
Ce fut le 4 avril 1898 que le conseil d’administration prit connaissance d’une lettre du recteur Couat par laquelle le président de la Société Scientifique était « informé officiellement que le Conseil de l’Université de Bordeaux acceptait les propositions faites à l’Université par la Société Scientifique » et des statuts « acceptés par chaque partie » &#8211; en réalité, ils ne furent approuvés par le Conseil de l’Université que le 21 juin 1899. Onze articles définissaient les conditions du « rattachement » de la Station Zoologique à l’Université de Bordeaux. Ainsi, la Société devait-elle mettre à la disposition de chaque faculté intéressée (médecine, sciences) un laboratoire particulier, tout en conservant son autonomie propre puisque, comme par le passé, elle devait administrer et régler son budget sans intervention de l’Université ; celle-ci, « entièrement indépendante dans les locaux mis à sa disposition, rentrait dans le règlement général commun de l’établissement pour tous les services généraux ».<br />
Le 25 août 1898, Fernand Lalesque annonçait enfin à son conseil que Barthélémy de Nabias avait été nommé délégué de l’Université auprès de la Station Zoologique.  Durègne, pour sa part, fit part des sentiments bienveillants du recteur à l’égard de la Société. A l’évidence, il fallait profiter de la situation. Le conseil d’administration du 22 janvier 1899 vota l’aménagement des deux laboratoires qui seraient exclusivement affectés à l’Université de Bordeaux ; à cet effet, la société se sacrifiait : elle abandonnait son laboratoire d’océanographie et demandait à l’architecte Marcel Ormières d’installer le second dans la salle des conférences. Cette solution fut entérinée par l’assemblée générale du 5 février 1899 qui accepta les plans soumis par l’architecte.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><strong>1°/ Une menace : le port de commerce d’Arcachon ?</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">La situation se compliqua à la fin de l’été 1899. Le 17 septembre, le président Fernand Lalesque fit savoir à ses collègues du conseil que le recteur, M. Bizos, était intervenu auprès de son ministère pour obtenir du ministre des Travaux Publics « l’autorisation de compléter le plan des laboratoires au nord, sur la mer », avant d’annoncer qu’il avait refusé de déférer à « la convocation officieuse » du conducteur des Ponts-et-Chaussées d’Arcachon en vue de <em>procéder à un échange de terrains</em>. Si les comptes rendus de l’assemblée générale du 18 février 1900 et du conseil d’administration du 17 juin ne se font l’écho d’aucune tractation ou décision sur le sujet, il n’en demeure pas moins qu’en coulisses, quelque chose se préparait.<br />
Le docteur Lalesque convoqua donc son conseil le 4 novembre 1900 « dans le but de décider si la Société Scientifique d(eva)it rester ce qu’elle (était) ou si elle d(eva)it modifier ses statuts et demander la <em>déclaration d’utilité publique</em> ». Après un bref historique sur l’installation à Eyrac, le président poursuivit : « &#8230; La Société Scientifique d’Arcachon, depuis son rattachement à l’université de Bordeaux, a besoin d’agrandir ses laboratoires et d’en fonder de nouveaux. Dans ce but, le recteur de l’université de Bordeaux a demandé à l’administration des Ponts-et-Chaussées l’autorisation d’étendre les dépendances de la société sur le terrain voisin de celui qu’elle occupe. Celle-ci a refusé en déclarant que, dans un temps très rapproché, elle aura besoin de tout son terrain. D’un autre côté, M. le maire d’Arcachon, en prévision de l’augmentation d’importance du port d’Arcachon a prié les Ponts-et-Chaussées de mettre à l’étude <em>la création d’un port sur l’esplanade d’Eyrac</em>. Le moment n’est donc pas favorable à une nouvelle concession de terrain à la Société Scientifique.<br />
« Dans ces conditions, la Société Scientifique peut-elle rester ce qu’elle est, c’est-à-dire conserver sa liberté d’action et la libre disposition de ses ressources, ou doit-elle, dans son intérêt, accepter le contrôle de l’administration et demander la déclaration d’utilité publique. Cette dernière alternative n’empêcherait pas d’ailleurs la société de commencer à bâtir sur le terrain concédé par les Ponts-et-Chaussées, en utilisant les ressources disponibles.<br />
« La Société Scientifique déclarée d’utilité publique serait probablement plus forte auprès de l’administration pour défendre son maintien sur place ou demander à l’Etat la concession d’un autre terrain remplaçant celui qui lui aurait été retiré&#8230; ».<br />
L’idée fut retenue pour être débattue lors de l’assemblée générale du 11 novembre. A l’unanimité, la modification des statuts y fut votée afin de pouvoir demander la déclaration d’utilité publique « pour mettre un terme aux conditions précaires au milieu desquelles la Société a[vait] vécu » jusqu’alors, même s’il lui fallait renoncer « à l’entière autonomie dont [elle avait] joui » et accepter « l’abandon d’une partie de [sa] liberté ». En toile de fond, l’agitation autour des terrains d’Eyrac persistait ; qui l’emporterait ? Les Ponts-et-Chaussées pour étendre « les bouées et le service du balisage », le recteur et la Société Scientifique pour créer de nouveaux laboratoires, la ville d’Arcachon pour agrandir le débarcadère d’Eyrac et créer son port de commerce ? Le 12 février 1901, une lettre du préfet indiqua clairement que c’était la demande de la ville qui « faisait opposition à la demande de la Société Scientifique ».<br />
A la suite de l’examen des projets portuaires arcachonnais par les conseillers municipaux, lors de la séance du 16 février 1901, le docteur Lalesque convoqua une assemblée générale pour le 3 mars 1901, à laquelle assista le maire Veyrier-Montagnères. Après un nouvel historique, Fernand Lalesque sut avec habileté tirer argument du vote du conseil municipal : celui-ci, « reconnaissant les services [rendus] à la science et à la ville par les laboratoires [de la société], reconnaissant son impossibilité de réaliser de long temps son projet de création d’un port », avait voté à l’unanimité qu’il ne s’opposerait pas, mais aiderait à ce que la demande [de la société] reçoive satisfaction, le terrain devant [lui] être concédé « aux conditions anciennes qui [la] régissent depuis 1866 ». Mieux. Le maire et le docteur Alfred Festal &#8211; lui aussi élu et membre de la Société Scientifique &#8211; n’hésitèrent pas à affirmer « que les ressources communales ne permettaient pas avant un certain nombre d’années, l’exécution du projet de la ville » ! On se demande bien pourquoi ce dossier, déjà agité avant la création même d’Arcachon, venait de ressortir&#8230; Lalesque reçut donc mandat « pour maintenir la demande de terrain et commencer les constructions ».<br />
En juin 1901, les démarches faites pour la concession des terrains et la déclaration d’utilité publique paraissaient être « en bonne voie ». Lors du conseil du 2 juin, Lalesque précisa cependant qu’il avait jugé bon d’attendre la réponse des administrations « pour entreprendre quoi que ce soit ». Marcel Ormières réussit toutefois à faire examiner ses plans et devis des nouveaux laboratoires ; le 23 juin, il se fit confier la surveillance des futurs travaux. L’assemblée générale extraordinaire du 7 juillet &#8211; qui octroya le titre nouvellement créé de membre bienfaiteur à Léon Lesca &#8211; se félicita que la concession de terrain fût accordée par les Ponts-et-Chaussées et le ministre des Travaux Publics. Dans l’euphorie, les plans dressés par Ormières furent approuvés et décision fut prise de mettre les premiers travaux en adjudication (il s’agissait de l’aile Est du bâtiment en bord de mer)  avec la condition expresse que les adjudicataires fussent Arcachonnais ! Quatre lots furent ainsi attribués le 27 juillet.<br />
1901 inaugurait vraiment « une ère nouvelle dans la marche de la Société ». Le conseil d’administration du 27 octobre enregistra avec satisfaction que les Ponts-et-Chaussées et le ministre des Travaux Publics avaient « autorisé de bâtir en pierre les nouveaux édifices » et que les travaux étaient commencés(28). Ces travaux devaient être terminés pour l’été 1902 ; notons que leur achèvement devait conduire (en 1902 ? en 1905 ?) au changement de nom de la Station qui deviendrait désormais « biologique »(29).<br />
L’assemblée générale du 16 février 1902 entérina la proposition de créer le titre de directeur-adjoint des laboratoires (ce fut le docteur Sellier qui fut nommé à ce poste) et créa une commission de quatre membres « pour poursuivre la déclaration d’utilité publique » qui n’avait toujours pas abouti. Et c’est avec une légitime fierté que les membres présents prirent connaissance de la venue à Arcachon, le 26 mai, de S.A. le prince Albert 1er de Monaco qui allait honorer de sa visite la Société Scientifique.<br />
Tout semblait s’accélérer et se conclure de la meilleure façon. Au conseil du 27 juillet, Fernand Lalesque annonça que le professeur François Franck avait établi le compte rendu des travaux de la Société scientifique dans la perspective de son rattachement à l’Ecole des Hautes Etudes.<br />
Mais le 15 février 1903, le docteur Lalesque eut « le regret d’annoncer que malgré des démarches réitérées de sa part même auprès du ministre compétent, le Conseil d’Etat a[vait] rejeté la demande de reconnaissance d’utilité publique sous prétexte que les services rendus par la société [étaient] insuffisants ». La désillusion fut grande. Lors du conseil d’administration du 28 février 1904, le président fit un constat désabusé : « rien de saillant n’est à signaler pendant l’année écoulée » ! Même le professeur Jolyet, dans son rapport à l’assemblée générale du 13 mars 1904, laissa percer quelque amertume : « L’aménagement des laboratoires au point de vue matériel et instrumental a fait beaucoup de progrès ; néanmoins il n’est pas encore complet. La partie complémentaire a été fournie par l’Université de Bordeaux grâce à notre annexion à cette université. C’est l’un des avantages de cette annexion. Autrement nos laboratoires seraient dépourvus d’instruments nécessaires et coûteux ». Qui plus est, même l’idée du rattachement à l’Ecole des Hautes Etudes, régulièrement mise en avant par le docteur Pauliet, « ne pouvant avoir lieu que par l’intermédiaire d’une faculté », fut abandonnée : « l’absorption par une faculté et la perte de l’indépendance » n’étaient pas jugées souhaitables.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><strong>2° La démission du docteur Lalesque</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">L’assemblée générale du 5 mars 1905 parut redonner des couleurs à la Société. Les motifs de satisfaction ne manquaient pas. Suite au rapport du docteur Sellier, le professeur Bergonié « <em>se dit heureux d’avoir fourni au professeur Mendelssohn, de Saint-Pétersbourg, le radium nécessaire à ses expériences sur la Torpille. Ses travaux, faits à Arcachon, ont fait l’objet d’une communication à l’Académie des Sciences </em>». Le professeur de Nabias, délégué de l’Université de Bordeaux, avait chaleureusement félicité et remercié le président ; dans son compte rendu en effet, Fernand Lalesque, avait déclaré « espérer qu’avant l’expiration de son mandat dans un an, le conseil d’administration aur(ait) remédié à tous les impedimenta signalés dans les différents rapports&#8230; ».<br />
Hélas ! Le 12 décembre 1905, Fernand Lalesque adressait au vice-président Sémiac sa lettre de démission.<br />
« &#8230; Si pendant onze années de présidence, mon dévouement et mon travail ont pu rendre quelques services à la Société Scientifique, tout fait présager qu’il n’en serait plus ainsi à l’avenir.<br />
« Le vote récent, qu’il soit ou non justifié, du Conseil municipal de la ville d’Arcachon, crée une situation tellement claire que tous mes efforts iraient à l’encontre de leur but.<br />
« Comme au surplus, ma personne importe peu, alors que la prospérité de la Société prime tout, j’ai l’honneur de vous adresser et de vous prier de transmettre à vos honorables collègues du Conseil d’administration, ma démission de la présidence de la Société Scientifique et Station Biologique d’Arcachon&#8230; ».<br />
Le 31 décembre 1905, participant à son dernier conseil d’administration, Lalesque suggéra un président « choisi parmi les sociétaires résidant à Arcachon » et avança le nom du docteur André Hameau qui accepta « par dévouement ». Frédéric Jolyet proposa alors le vote d’une motion « témoignant la plus profonde gratitude de la société pour le zèle, l’énergie et l’esprit de sacrifice avec lesquels [...] Fernand Lalesque présida la société scientifique qu’il laissait dans un état de prospérité inconnu jusqu’alors ». Que s’était-il donc passé  au cours des mois précédents ? Les archives de la Société Scientifique sont muettes sur le sujet. Même la presse locale &#8211; en l’occurrence <em>l’Avenir d’Arcachon</em> &#8211; d’ordinaire à l’affût de la moindre peccadille pouvant ternir l’image du maire d’Arcachon, si elle annonça la démission de Lalesque, se refusa à tout commentaire(30).<br />
La délibération du conseil municipal du 3 décembre 1905 n’est guère plus explicite, même si elle se veut motivée ; tout juste apprend-on à sa lecture qu’il y a eu un incident « protocolaire », entre le maire Veyrier-Montagnères et le docteur Fernand Lalesque au cours de la seconde visite d’Albert 1er de Monaco, le 9 juillet 1905 : « considérant qu’il résulte des renseignements recueillis que [...] le Président de la Société Scientifique a déclaré jusqu’au dernier moment qu’il refusait d’être présenté au Prince par M. le Maire d’Arcachon.. »(31). Plusieurs hypothèses peuvent être avancées. A l’évidence, les relations entre le maire d’Arcachon et le président de la Société Scientifique s’étaient pour le moins dégradées : à l’épisode &#8211; vraisemblablement électoraliste &#8211; du serpent de mer que constituait le port de commerce d’Arcachon, avaient succédé des escarmouches aujourd’hui oubliées qui avaient amené Fernand Lalesque à accepter d’être l’un des témoins du maire de La Teste-de-Buch Pierre Dignac pour le duel du 11 mars 1905 ! Les représailles n’avaient pas tardé et <em>l’Avenir d’Arcachon</em> en avait alors informé ses lecteurs(32).<br />
Soulignons aussi que le prétexte à l’invitation lancée par Veyrier-Montagnères au souverain monégasque avait été le lancement, pour le compte de la Société d’Océanographie du Golfe de Gascogne, du Daniel-Guestier, construit par les Pêcheries de l’Océan(33)&#8230; dont Veyrier-Montagnères était un des principaux actionnaires. Or, le directeur de ces pêcheries n’était autre que Charles Bénard, par ailleurs président fondateur de la Société d’Océanographie et membre depuis 1900 de la Société Scientifique ; mais les relations entre les deux sociétés s’étaient rapidement dégradées : à l’entente cordiale des débuts avait succédé une évidente animosité sur fond de concurrence « scientifique »(34). Même si elle ne fut annoncée officiellement que le 4 février 1906, la démission de Charles Bénard, de la Société Scientifique, intervint courant 1905 !</p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><strong>3°/ La présidence d’André Hameau</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Le 18 février, l’assemblée générale confirma André Hameau à la tête de la Société Scientifique, tandis que le professeur Jolyet et le docteur Sellier continuaient leur œuvre à la tête des laboratoires. Un an plus tard, le 17 mars 1907, la situation financière s’était encore améliorée, ce qui allait « permettre de commencer la réalisation du perfectionnement de l’outillage scientifique » ; la station biologique d’Arcachon était de plus en plus connue et appréciée si bien que le 27 octobre 1907 il fut décidé de nommé un préparateur rétribué &#8211; M. Delaunay &#8211; qui devait exercer à Arcachon une fois par semaine et rester à poste fixe pendant les vacances de Pâques et les grandes vacances. Par contre, il parut bon d’attendre avant d’engager une nouvelle demande de déclaration d’utilité publique.<br />
L’année 1908 fut marquée par la disparition de M. de Nabias. Le professeur Pérez le remplaça comme délégué de l’Université de Bordeaux, tandis que Camille  Sauvageau, professeur de botanique à la faculté des Sciences de Bordeaux, lui succéda comme vice-président de la Société Scientifique (28 février 1909).<br />
Début 1910, le professeur Sauvageau était désigné comme délégué de l’Université de Bordeaux auprès de la Société scientifique dont la Station était « toujours recherchée par les savants étrangers qui viennent y chercher des renseignements très utiles pour leurs études », sans oublier bien évidemment les scientifiques français : cette année-là Camille Mader eut les honneurs du rapport annuel pour son mémoire sur <em>la sardine du golfe de Gascogne</em>.<br />
Une nouvelle préoccupation apparut bientôt : comment amener l’électricité dans les laboratoires : le 12 mars 1911, Marcel Ormières fut chargé de s’enquérir des conditions à remplir.  Sujet à l’évidence ardu dont la résolution fut pour le moins laborieuse. Le 3 mars 1912, le professeur Jolyet ne put qu’insister « sur l’utilité de l’installation électrique qui permettra(it) d’avoir un arc lumineux pour microphotographies ». Le 16 février 1913, le président André Hameau se proposa pour relancer la question du branchement électrique, abandonné quelques mois auparavant pour des raisons de coût ; il est vrai que la Société avait dû faire face à des dépenses urgentes, notamment dans le Musée et l’aquarium. Et se posait à tous la question de la célébration du Cinquantenaire de la Société !<br />
L’assemblée générale du 2 mars 1913 se vit proposer un projet de fête ; l’état des finances suscita des arguments contradictoires, si bien que le président André Hameau suggéra de reporter l’anniversaire « au printemps 1914, une fois les grosse réparations payées » ; il fut suivi et une commission de 6 membres fut désignée pour mettre le programme au point.<br />
Le 1er mars 1914, l’assemblée générale applaudit enfin à l’installation de l’électricité ; la question avait été réglée, certes dans l’urgence : « la machine à vapeur, en mauvais état, risquait d’éclater » d’un moment à l’autre ! Quant aux festivités du Cinquantenaire, elles furent déplacées à la fin mai, « après les élections législatives des 26 avril et 10 mai » et se composeraient &#8211; économie oblige &#8211; d’une conférence sur l’ostréiculture par M. Dantan, naturaliste du service scientifique des Pêches Maritimes et d’un banquet.<br />
Ce programme fut-il respecté ? Le silence des archives de la Société et l’absence de presse locale pour 1914 ne permettent pas, dans l’immédiat, de répondre à la question.<br />
L’été 1914 allait constituer une nouvelle étape dans la vie de la Société Scientifique. Comme devait le souligner André Rebsomen, auquel nous renvoyons le lecteur(35), cette institution « devait jouer son rôle au cours de la guerre, et elle le fit de la façon la plus brillante et la plus fructueuse, grâce à la présidence, pleine de distinction et de valeur, de M. le docteur Hameau ».</p>
<p style="text-align: right;">Michel BOYÉ</p>
<p style="text-align: center;"><strong>NOTES  ET  RÉFÉRENCES</strong></p>
<p style="text-align: justify;">1)    Président : docteur Hameau ; vice-présidents : les professeurs A. Bouchard  et Pérez (qui refusa le poste et fut remplacé le 5 mars par le docteur Emile Rougier) ; secrétaire : Fernand Lalesque ; Jean-Alban Brannens ; administrateurs : Dmokowski (père ou fils ?), Edouard Méran (Georges Méran, alors maire d’Arcachon, était président honoraire), les professeurs J. A. Guillaud et Félix Jolyet.<br />
2)    Dans sa séance du 10 septembre 1882, le conseil avait repoussé l’idée du professeur Jolyet d’opter pour des constructions en briques et en fer, à l’image de ce qui ce faisait pour l’exposition de Bordeaux, afin de réaliser « une économie réelle ».<br />
3)    Séance du conseil d’administration du 22 octobre 1882 (fautivement marquée 2 décembre F° 88 R°).<br />
4)    Séance du conseil d’administration, non datée, se situant entre le 29 octobre 1882 et le 4 février 1883 : il s’agit selon toute vraisemblance de la séance du 2 décembre (cf. F° 236 R° et F° 248 R° portant la liste des membres admis en 1882).<br />
5)    Séance générale du 29 avril 1883.<br />
6)    Dans La Station Biologique d’Arcachon 1867-1968, le professeur Robert Weill indique que « L. Gourg » (sic) fut directeur de la station de 1880 à 1885 ; à l’évidence, il s’agit d’une double erreur puisque G. Gourg  était un membre de fraîche date, admis qu’il avait été le 22 octobre 1882. Les archives subsistantes ne permettent pas de connaître le nom de celui qui, au décès de Lamarque de Plaisance en décembre 1880, lui succéda à la tête du « laboratoire » : le second vice-président Frédéric Lesca ? un autre membre du bureau (Dmokowski fils, Edouard Méran, le docteur Emile Rougier, Oscar Moureau, Paulin Fillioux) ?<br />
7)    Gabriel Busquet avait été admis le 4 juin 1882 comme Fernand Pujibet.<br />
8)    Emile Durègne avait été admis le 29 juillet 1883. Il fut rejoint par sa mère le 10 mai 1885.<br />
9)    Leys (membre depuis le 22 octobre 1882) et Emile Durègne « désireux de concourir à la prospérité des laboratoires », offrirent chacun un lit pour l’ameublement des chambres destinées aux travailleurs.<br />
10)    Furent désignés pour en faire partie : Gustave Hameau, le professeur Guillaud, Emile Durègne, Clément Sémiac, Joseph Saby et Fernand Lalesque.<br />
11)    Gourg exclu en 1884 pour défaut de paiement de cotisation (F° 236 R°).<br />
12)    Si d’Eggourt ne figure pas sur la liste des membres qui clôture le registre des Délibérations, le compte rendu de la séance est pourtant très explicite : il fut admis membre titulaire avec l’ingénieur bordelais de Volontat, M. Motelay, membre de la Société Linnéenne, l’abbé Castelnau, naturaliste bordelais et l’architecte Marcel Ormières.<br />
13)    Cette assemblée fut précédée, une heure auparavant, par un conseil d’administration qui admit comme membre titulaire le docteur Chambrelent, de Bordeaux, et M. Charles Lejeune, domicilié villa Raoul, à Arcachon.<br />
14)    Président : G. Hameau ; vice-présidents : A. Bouchard et E. Rougier ; secrétaire : Clément Sémiac ; trésorier : Jean-Félix Ardouin ; administrateurs : Félix Jolyet, Charles Blarez, Fernand Lalesque, Alban Brannens ; autres membres : le maire d’Arcachon, Paulin Fillioux, conservateur honoraire, et Emile Durègne, directeur de la station.<br />
15)    Baudens Michel dit Osmin (12.02.1843 &#8211; 31.12.1887). Le conseil municipal envisagea  un hommage public ; mais le projet n’eut pas de suite.<br />
16)    On doit à la princesse Suzanne Czartoryska, née Chimay, la réplique de la Vierge de Czestochova (Pologne) qui se trouve à la basilique Notre-Dame ; ce tableau avait été offert le 12 mai 1890 en témoignage de reconnaissance, suite à la guérison de sa fille Rosalie, née le 12 mai 1872.<br />
17)    Il s’agissait selon toute vraisemblance de Frédéric Croisel(le), ancien brigadier des douanes et chef de la fanfare Saint-Michel de Mestras (voir M. Boyé, 1834-1904. Le bureau des douanes de Gujan, dans B.S.H.A.A. n° 55, 1er trim. 1988, p. 22).<br />
18)    La station zoologique devait s’afficher dans la classe 77 de l’exposition universelle.<br />
19)    Henri Viallanes, docteur ès sciences,  fut admis le 9 juin 1889.<br />
20)     Le conseil du 10 mai 1891 examina le programme « arcachonnais » de l’excursion que devaient faire sur le Bassin les participants au Congrès Pyrénéen qui allait se tenir à Bordeaux du 25 au 30 mai. La visite à Arcachon était programmée pour le 26 mai ; Durègne avait prévu le transfert des congressistes, accueillis par le maire de la ville, de la gare au Sanatorium, retour par la ville d’hiver, visite du Casino, visite du Musée et des laboratoires de la Société Scientifique, déjeuner rapide ; à midi, les congressistes qui le désiraient prendraient le bateau à vapeur pour aller à la Villa Algérienne visiter les vignobles et le parc à huîtres de M. Lesca ; les autres monteraient à cheval pour visiter la dune des Sablouneys et la vieille forêt. La ville d’Arcachon avait accepté de prendre en charge les frais de transport par bateau, voitures et chevaux.<br />
21)     La cotisation annuelle était passée à 20 francs en septembre 1891.<br />
22)     Le 14 février 1892, Gustave Hameau vit voter le règlement constitutif d’un « Comité spécial chargé du soin de recueillir tous les documents se rattachant à l’histoire du Captalat de Buch ». En février 1893, force lui fut de constater que « la commission du Captalat a peu fonctionné ». Les comptes rendus suivants sont muets sur l’histoire locale.<br />
23)     Henri Viallanes mourut, semble-t-il, fin 1893.<br />
24)     Cf. Pierre-Jean Labourg, La Société Scientifique d’Arcachon et l’ostréiculture, dans L’ostréiculture arcachonnaise,  SHAA, 1994, p. 67-83.<br />
25)     Au cours de cette réunion, Félix Jolyet déclara mettre à la libre disposition de la société son propre « bateau-canot ».<br />
26)     Léon Saby fut chargé d’établir un rapport sur le sujet qui fut adopté le 28 juin 1886 par le bureau et soumis à l’assemblée générale extraordinaire de septembre.<br />
27)     Lors de la reconduction intégrale du conseil, le 20 février 1898, Marcel Ormières ne figure pas parmi les administrateurs.<br />
28)    Dans le Compte rendu administratif pour l’année 1901, il est révélé que c’est « grâce à l’extrême bienveillance de M. l’Ingénieur en chef du service maritime de la Gironde, M. Voisin, à la largeur de vues, à la cordialité duquel nous ne saurions trop rendre hommage » que l’autorisation fut obtenue.<br />
29)    Les registres de délibérations ne permettent pas de situer ce changement d’appellation. Par contre, dans le Rapport général sur la marche scientifique des laboratoires (année 1905), qu’il présenta à l’assemblée générale du 18 février 1906, le professeur Félix Jolyet affirme clairement : « Vous remarquerez, messieurs, que nous avons appelé Institut de biologie marine l’établissement scientifique qui portait antérieurement le nom de Station zoologique d’Arcachon&#8230; »  (cf . Compte rendu administratif de l’année 1905). Mais, en 1903 &#8211; année d’édition du Compte rendu administratif pour l’année 1902, la mention « Station biologique » apparaît pour la première fois sur la couverture, comme si elle consacrait le terme de « l’édification de l’Institut de biologie marine commencé en 1883 » (propos du professeur Jolyet, p. 24) !<br />
30)    Même si l’information parut mériter un encadré.<br />
31)    Registre des délibérations du Conseil municipal d’Arcachon (années 1905-1906), F° 71 (paragraphe : Subvention à la Société Scientifique).<br />
32)    Relatant la visite du ministre de la Marine Gaston Thompson, à Arcachon le 26 avril 1905, l’Avenir d’Arcachon du 7 mai 1905 écrit : « Tous les personnages officiels de passage dans notre ville visitent le Musée, la bibliothèque et les laboratoires de la Société Scientifique qui, en 1863, fut la première station biologique maritime qu’eût connu le monde [...]. M. Thomson est passé deux fois devant la porte de la Société Scientifique sans entrer. Pourquoi ? Nous savons que le Président par voie protocolaire, de vive voix ensuite, avait sollicité du Ministre l’honneur d’une visite pour le jeudi matin [avant ou après la promenade sur le Bassin]. Alors ? Peut-être M. le Maire pourrait-il nous renseigner. »<br />
33)    Sur ce point, voir M. Boyé, L’histoire maritime du Bassin au début du XXe siècle (I), dans B.S.H.A.A. n° 118, 4è trim. 2003, p. 28-29.<br />
34)    En 1902, la Société d’Océanographie avait « inscrit, parmi ses présidents d’honneur à perpétuité, le président de la Société Scientifique d’Arcachon ». Pour preuve du « concours réciproque » que se portaient alors les deux sociétés, il y eut la visite d’Albert 1er de Monaco à la Société scientifique en mai 1902, « due à la bienveillante intervention de M. Bénard ». Et ensuite ? Dans le compte rendu administratif des exercices 1903 et 1904, si le docteur Lalesque cite Charles Bénard pour une distinction, il ne fait nullement mention de la Société d’Océanographie, totalement ignorée par ailleurs dans le rapport du docteur Sellier.  En 1905, intervenait la démission de M. Bénard (après « l’incident » ?). Et par trois fois fin 1905/début 1906 la Société d’Océanographie était remarquée par le conseil municipal d’Arcachon : 1° en appuyant sa démarche auprès du conseil général de la Gironde au motif qu’elle était « la seule et la première [société] a avoir entrepris d’une façon rationnelle l’étude du bassin d’Arcachon (délibération du 8 septembre) ; 2°  en lui accordant une subvention « pour son œuvre intéressant au plus haut point les marins, les pêcheurs et ostréiculteurs du bassin d’Arcachon [il s’agissait de la carte hydrographique] », le jour même où la Société Scientifique se voyait retirer la sienne (délibération du 3 décembre) ; 3° en « l’accompagnant » à l‘Exposition Coloniale de Marseille (délibération du 24 février 1906).<br />
35)    André Rebsomen, Arcachon et ses environs pendant la Guerre, Arcachon, 1924, p. 42-43.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2009/11/societe_scientifique2boye.pdf">Télécharger la deuxième partie de l&#8217;étude de Michel Boyé</a></p>
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		<title>Communication du Pr. Jolyet et du Dr Lalesque</title>
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		<pubDate>Thu, 05 Nov 2009 21:38:27 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[
LES RESSOURCES
DE
LA STATION BIOLOGIQUE D&#8217;ARCACHON
PAR
MM. JOLYET ET LALESQUE
_____________
Extrait des Comptes rendus du Congrès des Sociétés savantes en 1903, Sciences


PARIS
IMPRIMERIE NATIONALE
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MDCCCCIV
_____________

LES RESSOURCES
DE
LA STATION BIOLOGIQUE D&#8217;ARCACHON.
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La communication que nous nous proposons de faire au Congrès n&#8217;est pas directement scientifique, mais elle intéresse les savants, puisqu&#8217;elle a pour but de leur faire connaître les ressources que la Station [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;">
<div id="attachment_269" class="wp-caption aligncenter" style="width: 307px"><a title="La couverture de la plaquette du Pr. Jolyet et du Dr Lalesque" href="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2009/11/JolyetLalesque_couverture.jpg" rel='gb_imageset[communication-du-pr-jolyet-et-du-dr-lalesque]'><img class="size-medium wp-image-269 " title="La couverture de la plaquette du Pr. Jolyet et du Dr Lalesque" src="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2009/11/JolyetLalesque_couverture-297x450.jpg" alt="La couverture de la plaquette du Pr. Jolyet et du Dr Lalesque" width="297" height="450" /></a><p class="wp-caption-text">La couverture de la plaquette du Pr. Jolyet et du Dr Lalesque</p></div>
<p style="text-align: center;">LES RESSOURCES</p>
<p style="text-align: center;">DE</p>
<p style="text-align: center;">LA STATION BIOLOGIQUE D&#8217;ARCACHON</p>
<p style="text-align: center;">PAR</p>
<p style="text-align: center;">MM. JOLYET ET LALESQUE<br />
_____________</p>
<p style="text-align: center;">Extrait des Comptes rendus du Congrès des Sociétés savantes en 1903, Sciences</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-267" title="image002" src="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2009/11/image002.jpg" alt="image002" width="115" height="115" /></p>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: center;">PARIS</p>
<p style="text-align: center;">IMPRIMERIE NATIONALE<br />
_____</p>
<p style="text-align: center;">MDCCCCIV</p>
<p style="text-align: center;">_____________</p>
<p style="text-align: left;"><span id="more-265"></span></p>
<p style="text-align: center;"><strong>LES RESSOURCES</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>DE<br />
LA STATION BIOLOGIQUE D&#8217;ARCACHON</strong>.<br />
_______</p>
<p>La communication que nous nous proposons de faire au Congrès n&#8217;est pas directement scientifique, mais elle intéresse les savants, puisqu&#8217;elle a pour but de leur faire connaître les ressources que la Station maritime de biologie d&#8217;Arcachon, aujourd&#8217;hui achevée, peut mettre à leur disposition pour leurs recherches.</p>
<p>Cette Station marine, créée et entretenue par la Société scientifique d&#8217;Arcachon, fondée en 1863, a eu pour but de faciliter l&#8217;étude des sciences naturelles (anatomie comparée, zoologie, histologie, physiologie, botanique), en même temps que celle de l&#8217;océanographie et de l&#8217;aquiculture marine.<br />
Notre Institut de biologie, tel qu&#8217;il existe actuellement, consiste essentiellement en un vaste bâtiment en façade sur la mer. Il comprend au rez-de-chaussée les salles de travail, et au premier étage des chambres de logement pour les travailleurs. Huit cabinets d&#8217;études, d&#8217;une superficie de près de 15o mètres carrés, en forment la partie essentielle. Complètement indépendants les uns des autres, ils sont largement éclairés par de grandes baies vitrées donnant au Nord sur le bassin. Des tables, des étagères fixes et des armoires vitrées garnissent les murs. Une canalisation complète permet à chaque travailleur de prendre à des robinets spéciaux l&#8217;eau douce et l&#8217;eau de mer, ainsi que le gaz pour les usages divers. L&#8217;eau douce (eau de la ville) arrive sous une pression de 45 mètres, et un robinet indépendant permet l&#8217;emploi, dans chaque cabinet, des trompes d&#8217;aération des aquariums pour la conservation des petits animaux et les études d&#8217;embryogénie, ou encore sert à actionner un moteur hydraulique utile à divers usages.</p>
<p>Outre des salles de travail dont nous venons de parler, situées au Nord, et qui sont des laboratoires d&#8217;été, deux autres laboratoires, beaucoup plus spacieux, aménagés comme les précédents, sont orientés au Midi, en façade sur le jardin de l&#8217;établissement. Ils peuvent être facilement chauffés et sont mis à la disposition des travailleurs qui fréquentent la Station pendant l&#8217;hiver.<br />
En plus des aquariums particuliers des laboratoires, il existe un aquarium général, qui comprend 32 bacs vitrés de 1 à 2 mètres de capacité, dont l&#8217;éclairage est disposé de façon à permettre l&#8217;observation des animaux qui y sont mis en réserve et acclimatés. Outre ces bacs, 6 vastes bassins mesurant de 10 à 25 mètres cubes, sous un abri couvert, sont destinés à conserver des animaux de grande taille, tels que grands squales, marsouins, etc. Un courant d&#8217;eau de mer continu, alimenté par une pompe à vapeur, entretient dans ces bacs et ces bassins les conditions les plus favorables possible à la longue conservation des animaux vivants, que les pêcheurs attachés à l&#8217;établissement prennent dans le bassin ou au large.<br />
Aquariums et bacs forment ainsi une importante réserve pour les animaux d&#8217;études.<br />
L&#8217;approvisionnement de l&#8217;aquarium est assuré par un double service de pêches. Le service de la petite pêche, qui se pratique dans le bassin, est fait par une embarcation légère et deux marins attachés à la station. Les espèces pélagiques ou des grands fonds sont draguées par les vastes chaluts de la <em>Société des pêcheries de l&#8217;Océan</em> et sont mises à la disposition des travailleurs. Bien plus, grâce à l&#8217;extrême bienveillance de cette Société, tout travailleur peut être admis à être embarqué à bord de ses vapeurs, assister à la grande pêche au chalut et recueillir ainsi lui-même une foule d&#8217;échantillons rares et intéressants dragués jusqu&#8217;à des fonds de 1oo mètres.</p>
<p>La Société possède une annexe de sa station à Guéthary (Basses-Pyrénées). Depuis longtemps elle avait compris l&#8217;importance de se procurer avec rapidité les animaux qu&#8217;on rencontre sur certaines grèves. Grâce à la générosité de l&#8217;un de ses membres les plus actifs, M. Durègne, la Société a pu installer une petite succursale de ses laboratoires au bord de la plage de Guéthary. Là, une modeste construction en pierres, succinctement aménagée, peut abriter plusieurs travailleurs. Un marin y est attaché. On y peut travailler sur place, ou bien encore, en une demi-journée, recevoir à Arcachon les animaux les plus variés et les conserver pour l&#8217;étude.</p>
<p>L&#8217;outillage scientifique de la Station permet d&#8217;y entreprendre des recherches dans toutes les branches de la biologie marine.<br />
Pour les recherches de zoologie et d&#8217;histologie, tous les travailleurs apportent habituellement avec eux leur microscope, auquel ils sont habitués. Toutefois la station peut mettre à leur disposition trois microscopes pour les études ordinaires, une loupe montée et les réactifs divers. Elle dispose également de deux microtomes et d&#8217;étuves à inclusions. Un outillage tout à fait spécial et complet permet d&#8217;entreprendre des études de physiologie dans les diverses branches de cette science.</p>
<p>Pour les recherches par la méthode graphique, la Station possède un grand appareil enregistreur de Marey, à régulateur Foucault : des cardiographes, myographes, kymographions, tambours enregistreurs ; pour la mesure du temps, un signal de Deprez, un chronographe et diapason interrupteur ; pour les excitations, une bobine à chariot et des pinces excitatrices.<br />
Pour les recherches d&#8217;électro-physiologie, un laboratoire, dans lequel l&#8217;obscurité peut être faite, a été spécialement outillé à cet effet. Une colonne creuse en ciment, isolée complètement, sur tout son pourtour, du plancher de la pièce, et reposant sur le sable en dessous des fondations du bâtiment, supporte, à l&#8217;abri des trépidations, les appareils tels que galvanomètres et autres instruments qui servent pour ces expériences. La boussole de Wiedemann, l&#8217;électromètre capillaire, le galvanomètre de Thomson, peuvent être mis à la disposition des expérimentateurs, ainsi qu&#8217;un héliostat.</p>
<p>Pour les recherches de chimie physiologique et de bactériologie, la Station possède la pompe pneumatique à mercure, absolument indispensable dans un laboratoire marin, pour l&#8217;extraction et l&#8217;analyse des gaz du sang, de l&#8217;eau, etc. ; une étuve de Gay-Lussac, des bains de sable, une étuve à température constante de Roux ; un autoclave, un centrifugeur, etc. Une salle d&#8217;autopsie pour les grands animaux et une chambre noire pour la photographie complètent ces installations.<br />
Ajoutons que le rattachement de la Station d&#8217;Arcachon à l&#8217;Université de Bordeaux permet d&#8217;emprunter aux laboratoires de l&#8217;Université les instruments divers nécessaires aux recherches et que la Station ne possède pas.<br />
Un riche musée, où sont placés des échantillons déterminés de la faune du bassin et du golfe de Gascogne, permet la détermination facile des animaux employés pour l&#8217;étude et indique le lieu de l&#8217;habitat.</p>
<p>Une bibliothèque, qui est particulièrement développée en ouvrages de détermination tant français qu&#8217;anglais et allemands, ainsi qu&#8217;en périodiques spéciaux divers, est installée dans une vaste pièce contiguë au musée.<br />
La Station met gracieusement à la disposition des travailleurs qui en font la demande une chambre de logement, dont le service est assuré par la gardienne de l&#8217;établissement, moyennant une somme fixe de 7 francs par mois. Sept chambres sont actuellement disponibles et viennent ainsi en aide aux étudiants et aux savants pour lesquels les frais de séjour en ville pourraient être une charge trop lourde, ou dont les expériences nécessiteraient une surveillance constante.<br />
Dans l&#8217;exposé qui précède, nous n&#8217;avons pas parlé de l&#8217;utilité de la Station d&#8217;Arcachon au point de vue de la biologie. C&#8217;est un point qui lui est commun avec toutes les autres Stations du même genre. La multiplicité de celles-ci, le nombre de savants qui les fréquentent, montrent bien cette utilité. Toutefois l&#8217;institut de biologie marine d&#8217;Arcachon présente peut-être certains avantages sur les autres, et qui lui viennent de son voisinage d&#8217;un grand centre universitaire qui contribue, pour une large part, comme nous l&#8217;avons dit, à augmenter les ressources de ses laboratoires.</p>
<p>La liste est déjà longue des recherches sorties de la Station zoologique d&#8217;Arcachon depuis sa création. Depuis l&#8217;année 1896, grâce à ses ressources, la Société scientifique publie chaque année un Bulletin : <em>Travaux des laboratoires de la Station zoologique</em>, contenant, soit in extenso, soit en résumé, les travaux poursuivis dans ses laboratoires. Chaque Bulletin renferme, outre des dessins dans le texte, des planches hors texte.<br />
Dans chaque fascicule annuel, on trouve l&#8217;index bibliographique de tous les travaux de la station (137 jusqu&#8217;à ce jour).<br />
Comme nous l&#8217;avons dit, toutes les ressources des laboratoires sont mises gratuitement à la disposition des travailleurs. En retour, ils s&#8217;engagent à faire mention, dans leurs travaux, du nom de la Station dans laquelle ces travaux ont été poursuivis, et à nous fournir soit un mémoire, soit une note résumée de leurs recherches pour le Bulletin annuel(1).</p>
<p>(1) Voici la liste et le nombre exact des expéditions faites en 1898 et 1899, dont douze envois à l&#8217;étranger (6 en Hollande, 6 en Angleterre) : 1 Alconyum ; 35o Astéries ; 13 Actinies ;  410 Arénicoles ; 317 Aphrodites ; 1 Ange de mer ; 79 Aplysies ; 1,418 Crabes ; 18 Cassidaires ; 22 Calmars ; 11 Cassis saburon ; 33 Cérianthes ; 10 Dentales ; 4 Haliotis ; 24 Holoturies ; 1,325 Hippocampes ; 100 Myes ; 100 Nephtys ;  2,291 Oursins ; 25 Ophélies ; 1 Pennatule ; 6 Patelles ; 4 Pieuvres ; 11 Pagurus Bernhardus ; 66 Pecten ; 984 Roussettes ; 4 Raies ; 135 Sipuncles ; 918 Seiches ; 42 Synaptes ; 4 Syngnathes ; 15 Scaphandres ; 35 Solen ; 5 Torpilles ; 12 Trogues ; 4 Tritons ; 1 Vérétille ; 6 lots de fucus ; 2 lots d&#8217;Éponges ; 5 lots d&#8217;Ascidies ; 1 lot de Tubulaires ; 166 litres d&#8217;eau de mer ; 5 kilogrammes de sable.<br />
Soit, au total : 8,799 animaux et 16 lots divers.</p>
<p><a href="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2009/11/JolyetLalesque02.pdf"> Télécharger la plaquette du Pr Jolyet et du Dr. Lalesque</a></p>
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		<title>Une communication du Dr Lalesque, 1900</title>
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		<pubDate>Thu, 05 Nov 2009 20:06:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Intérêt historique]]></category>
		<category><![CDATA[La Société Scientifique – la Station Biologique]]></category>
		<category><![CDATA[Le Musée Aquarium]]></category>
		<category><![CDATA[Le Musée Aquarium d'Arcachon]]></category>
		<category><![CDATA[Lalesque]]></category>

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		<description><![CDATA[Extrait du Bulletin de la Société scientifique d&#8217;Arcachon.
_____________________________________________________
LES
RESSOURCES DE LA STATION ZOOLOGIQUE D&#8217;ARCACHON(1)
PAR
Le Dr F. LALESQUE,
Président de la Société scientifique d&#8217;Arcachon.
________
Fondée en 1863 par le fait de l&#8217;initiative privée, la Société scientifique et Station zoologique d&#8217;Arcachon (Pl. I) a eu pour but de faciliter l&#8217;étude des sciences naturelles (anatomie comparée, zoologie pure, physiologie, histologie, botanique, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;">Extrait du <em>Bulletin de la Société scientifique d&#8217;Arcachon.</em><br />
_____________________________________________________</p>
<p style="text-align: center;">LES<br />
RESSOURCES DE LA STATION ZOOLOGIQUE D&#8217;ARCACHON(1)</p>
<p style="text-align: center;"><em>PAR</em></p>
<p style="text-align: center;">Le Dr F. LALESQUE,</p>
<p style="text-align: center;">Président de la Société scientifique d&#8217;Arcachon.</p>
<p style="text-align: center;">________</p>
<p style="text-align: justify;">Fondée en 1863 par le fait de l&#8217;initiative privée, la Société scientifique et Station zoologique d&#8217;Arcachon <em>(Pl. I)</em> a eu pour but de faciliter l&#8217;étude des sciences naturelles (anatomie comparée, zoologie pure, physiologie, histologie, botanique, etc.), en même temps que celle de l&#8217;océanographie et de l&#8217;aquiculture marine.<br />
Elle a d&#8217;ailleurs été le point de départ de créations similaires ayant acquis aujourd&#8217;hui une grande célébrité. Paul Bert, qui avait aidé à sa création, écrivait, en 1867, que la Station zoologique d&#8217;Arcachon était le premier établissement scientifique de cet ordre. «  Ainsi, disait-il, est ouvert aux savants un établissement scientifique qui n&#8217;a son analogue nulle part en Europe ; un établissement d&#8217;utilité publique de l&#8217;ordre de ceux dont, dans d&#8217;autres branches, la création incombe à l&#8217;État. »<br />
Ainsi, longtemps avant la création des célèbres Stations zoologiques, si largement dotées par l&#8217;État, des côtes de France ou de l&#8217;étranger, une petite Société locale de province mettait <em>gratuitement</em> à la disposition de la science de puissants moyens d&#8217;investigations et donnait, malgré la modicité de ses ressources, des sujets d&#8217;étude, de premier ordre, aux naturalistes. Si la Station zoologique d&#8217;Arcachon a connu des jours difficiles, elle est aujourd&#8217;hui en plein essor. Si elle n&#8217;a pas eu la fortune rapide des Stations si richement pourvues dont nous parlions en commençant, elle représente encore la seule Station scientifique <em>privée</em> ayant trente-sept ans d&#8217;existence, et qui, mieux est, possède aujourd&#8217;hui une installation et des ressources qui, plus largement utilisées, lui permettraient de tenir un rang des plus honorables.</p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-246"></span></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Laboratoires et Annexes.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em><br />
A. LABORATOIRES. </em>– Ils sont au nombre de <em>six</em>, tous indépendants les uns des autres. Quatre autres, devenus indispensables, sont à la veille d&#8217;être créés. Dans chacun d&#8217;eux, on a, sous la main, par un ingénieux système de canalisation, le gaz, l&#8217;eau douce et l&#8217;eau de mer. Au sujet de cette installation, M. F. Bernard pouvait écrire, en 1887, dans le journal <em>la Nature</em>, c&#8217;est là « une innovation qui, à ma connaissance, n&#8217;a pas été réalisée encore dans les laboratoires officiels ». Tous sont largement éclairés par de grandes baies vitrées.<br />
Quatre de ces laboratoires sont en façade sur le bassin, orientés au nord. Les trois premiers mesurent une superficie de 15 mètres carrés ; le quatrième en a 20 <em>(Pl. III).</em> Ce dernier est occupé toute l&#8217;année par M. le professeur Jolyet, directeur scientifique de la Station.<br />
Les deux autres laboratoires <em>(Pl. II),</em> beaucoup plus spacieux, sont orientés au midi, en façade sur le jardin de l&#8217;établissement. Ils ont été aménagés d&#8217;une façon spéciale : l&#8217;un en vue des recherches physiologiques, l&#8217;autre pouvant répondre à de doubles recherches, soit océanogra-phiques, soit chimiques.<br />
Leur outillage matériel est complet : tables, chaises, étagères, armoires, linge, etc.<br />
<em>Outillage scientifique. </em>– A  l&#8217;origine, les travailleurs devaient apporter leurs instruments. A l&#8217;heure actuelle, il n&#8217;en est plus de même. La Station possède : trois microscopes, dont un grand modèle ; trois microtomes, dont le modèle de Henneguy, permettant de pousser les coupes jusqu&#8217;au 2000e de millimètre ; un appareil à dissection, modèle de Lacaze-Duthiers ; une grande pompe à mercure pour l&#8217;analyse des gaz du sang ; deux grands appareils enregistreurs de Marey : myographe, cardiographe ; balances de précision ; un appareil à traîneau de Dubois-Reymond ; un signal électrique de Marcel Deprez ; chronographe et diapason interrupteur ; électromètre capillaire de Lippmann avec un trépied support et vis de déplacement de l&#8217;électromètre ; une boussole de Widemann ; une étuve de Roux ; une étuve ; piles électriques ; capsules de platine, etc.<br />
Tel est l&#8217;outillage scientifique de première nécessité et d&#8217;un gros prix d&#8217;achat, auquel il faut ajouter deux grandes boîtes de réactifs, la verrerie usuelle, des fours à combustion intense, et le tout <em>mis gratuitement</em> à l&#8217;entière disposition des travailleurs.<br />
Ajoutons que le rattachement de la Station à l&#8217;Université de Bordeaux peut faciliter le prêt momentané, à la Station, de certains instruments.</p>
<p style="text-align: justify;">B. ANNEXES. – <em>1° Salle de dissection.</em> – Une grande salle carrée, largement éclairée par la partie supérieure, très aérée, sert de salle de dissection pour l&#8217;étude des cétacés et autres animaux de grande taille, de même que pour les dissections et démonstrations d&#8217;ensemble. Elle est munie d&#8217;une grande table en marbre. Un robinet vertical, mobile, assure un écoulement d&#8217;eau constant.<br />
<em>2° Chambres de logement.</em> – Deux chambres meublées, contenant trois lits, sont <em>mises gratuitement</em> à la disposition des travailleurs pour lesquels les frais de séjour en ville pourraient être une charge trop lourde ou dont les expériences nécessiteraient une surveillance constante. Le service en est assuré par la gardienne de l&#8217;établissement moyennant une somme fixe de 7 francs par mois. Sauf l&#8217;éclairage et le chauffage, la Société scientifique fournit les draps, les couvertures, les serviettes.<br />
<em>3° Annexe de Guéthary (Basses-Pyrénées).</em> – La Société avait compris, depuis longtemps, l&#8217;importance de se procurer avec rapidité les animaux qu&#8217;on rencontre sur certaines grèves. Grâce à la générosité de l&#8217;un de ses membres les plus actifs, M. Durègne, la Société a pu installer une petite succursale de ses laboratoires à Guéthary. Là, sur la plage même, une modeste construction, en pierres, munie de chaises, tables, étagères, peut abriter plusieurs travailleurs. Un marin y est attaché. On y peut travailler sur place, ou bien encore, en une demi-journée, recevoir à Arcachon les animaux les plus variés et les conserver.<br />
<em>4° Chambre à photographie.</em> – Chambre noire spacieuse, munie d&#8217;eau, de gaz à l&#8217;intérieur, de tables, étagères.<br />
<em>5° Un observatoire météorologique,</em> installé et placé sous le contrôle immédiat de la Commission météorologique du département de la Gironde. Depuis plus de quinze ans, la Société paye le jardinier chef de la ville, chargé de relever les observations. Ces relevés rigoureux ont permis plusieurs études climatiques importantes.<br />
<em>6° Laboratoire de l&#8217;Université de Bordeaux.</em> – Par suite d&#8217;une convention récente, la Station zoologique, sans rien perdre de son autonomie, de son caractère d&#8217;œuvre essentiellement privée, a été annexée à l&#8217;Université de Bordeaux. En vertu de  cette convention la Station est à la veille d&#8217;aménager deux nouveaux laboratoires, l&#8217;un pour la Faculté de Médecine et de Pharmacie, l&#8217;autre pour la Faculté des Sciences. Ainsi, l&#8217;Université trouvera tout installé le complément indispensable à son enseignement des hautes études des sciences naturelles, et à la Station, l&#8217;occasion de faire utiliser ses ressources.<br />
<em>7° Aquarium et bassins.</em> – L&#8217;aquarium (Pl. III) comprend trente-deux bacs vitrés, de 1 à 2 mètres de capacité, dont l&#8217;éclairage est disposé de manière à permettre l&#8217;observation des animaux qui y sont acclimatés.<br />
En outre de ces bacs, six vastes bassins, mesurant de 10 à 25 mètres cubes, sous un abri cou-vert, sont destinés à conserver les animaux de grande taille qui ne s&#8217;accommoderaient pas d&#8217;une captivité plus rigoureuse.<br />
Un courant d&#8217;eau de mer continu, alimenté par une pompe à vapeur, entretient dans ces bacs et ces bassins les conditions les plus favorables possibles à la longue conservation des animaux vivants que les pêcheurs attachés à l&#8217;établissement prennent dans le bassin ou au large.<br />
Aquarium et bacs forment ainsi une importante réserve pour les animaux d&#8217;études.</p>
<p style="text-align: center;"><strong>Musée &#8211; Bibliothèque.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">LE MUSÉE <em>(Pl. IV), </em>où sont déposées au fur et à mesure les trouvailles faites dans la région, est installé dans une vaste et large pièce lumineuse. Il possède une des plus riches collections conchyliologiques locales de province. Les échantillons, dus pour la plupart aux dragages d&#8217;Alexandre Lafont, facilitent singulièrement les déterminations et indiquent les lieux de recherches.<br />
Le musée donne, autant que possible, par des exemplaires sûrement déterminés, le résumé complet de la faune et de la flore locales. Citons, comme principal objet, une pièce unique <em>(Pl. IV)</em>, un crâne de <em>Ziphius cavirostris </em>(Cuvier) : ce cétacé, extrêmement rare, n&#8217;a été trouvé qu&#8217;une seule fois sur les côtes occidentales de la France. Il n&#8217;est représenté dans les musées français que par trois exemplaires : un crâne à Arcachon recueilli sur les bords du bassin, un crâne au Muséum de Paris et un squelette à Marseille. Ces deux derniers individus proviennent de la Méditerranée (Fischer).<br />
L&#8217;histoire de l&#8217;huître fossile et moderne, les procédés de l&#8217;ostréiculture occupent une partie importante du musée. Il en est de même pour l&#8217;ethnographie du résinier, pour l&#8217;histoire et les procédés de l&#8217;ensemencement des dunes, pour l&#8217;archéologie régionale, pour la géographie du bassin, des côtes voisines, etc. Enfin, une vitrine d&#8217;une collection ornithologique locale, avec d&#8217;autres curiosités de provenances étrangères, complète le musée.<br />
LA BIBLIOTHÈQUE <em>(Pl. I)</em> occupe également un vaste appartement très clair. Un peu négligée, à l&#8217;origine, devant les exigences de l&#8217;organisation des laboratoires, elle s&#8217;est considérablement enrichie depuis quelques années. Pour l&#8217;année 1900, la Société lui consacre une somme de près de 1,000 francs. Elle est plus particulièrement riche en ouvrages de déterminations, tant français, qu&#8217;anglais et allemands. Nombreux sont les périodiques, tant français qu&#8217;étrangers (Archives des laboratoires de Naples), dont le service est assuré.<br />
A signaler une remarquable série de voyages scientifiques. Un catalogue, en partie double, facilite les recherches bibliographiques.</p>
<p style="text-align: center;"><strong>Service des pêches.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;outillage de la Station est sur ce point remarquable. Le service de la petite pêche, qui se pratique dans le bassin, est assuré par un bateau, propriété de la Station : l<em>&#8216;Hippocampe</em>. A l&#8217;origine, c&#8217;était l&#8217;<em>Amphioxus</em>, en souvenir des travaux de Paul Bert. La manœuvre en est faite par deux marins attachés à la Station.<br />
Mais ce n&#8217;est pas tout. « Que penserait-on d&#8217;une Station qui aurait à sa disposition cinq bateaux à vapeur, occupés à draguer jour et nuit, en pleine mer, jusqu&#8217;à 80 brasses, et dont l&#8217;un rapporterait chaque jour le produit de la pêche de tous les autres ? » C&#8217;est ce qui est réalisé, depuis plus de quinze ans, pour notre Station, grâce à l&#8217;extrême bienveillance de la « Société des Pêcheries de l&#8217;Océan ». Bien plus, tout travailleur inscrit aux laboratoires peut, sur la demande du Président ou du Directeur, être embarqué, assister à la grande Pêche au chalut et recueillir ainsi une foule d&#8217;échantillons rares, intéressants et toujours frais.<br />
« C&#8217;est là, dit M. Gruvel, il faut en convenir, un avantage extrêmement précieux pour les biologistes qui désirent recueillir sur place et préparer eux-mêmes leurs matériaux d&#8217;études. J&#8217;ai eu, l&#8217;année dernière, à deux reprises différentes, l&#8217;occasion de jouir de cet heureux privilège. La première fois en compagnie de plus de cent élèves de la Faculté Sciences, la seconde en tout petit comité. » Cette année encore, la Station a pu organiser deux excursions zoologiques semblables pour les élèves de la Faculté des Sciences, sous la direction de M. Gruvel. Il n&#8217;est nul besoin d&#8217;insister sur l’importance instructive et pratique de ces excursions.<br />
Grâce à cette organisation exceptionnelle, la Station zoologique d&#8217;Arcachon est en mesure de fournir toute l&#8217;année aux professeurs des établissements d&#8217;enseignement, publics ou privés, la plupart des animaux marins nécessaires aux travaux pratiques et aux démonstrations de cours.<br />
La Station, comme elle le prouve en ouvrant gratuitement ses laboratoires à tous les naturalistes, n&#8217;est animée par aucun esprit de lucre ; elle cherche seulement, par la vente des animaux, à couvrir une partie des frais que nécessite l&#8217;entretien des marins attachés à l&#8217;établissement. Un catalogue imprimé, à la disposition de ceux qui en font la demande, établit les prix de vente et d&#8217;expédition. Il est aisé de se convaincre que nos prix de vente sont de beaucoup inférieurs à ceux des autres Stations similaires, celle de Naples, par exemple, le modèle du genre(2).<br />
La liste est déjà longue des recherches sorties de la Station zoologique d&#8217;Arcachon depuis sa création. Depuis l&#8217;année 1896, grâce à ses ressources, la Société scientifique publie chaque année un Bulletin : <em>Travaux des laboratoires de la Station zoologique</em>, contenant, soit in extenso, soit en résumé, les travaux poursuivis dans ses laboratoires. Chaque bulletin renferme, outre des dessins dans le texte, des planches hors texte.<br />
Dans chaque fascicule annuel, on trouve l&#8217;index bibliographique de tous les travaux de la Station (137 jusqu&#8217;à ce jour).<br />
Comme nous l&#8217;avons dit, toutes les ressources des laboratoires sont gratuitement à la disposition des travailleurs. En retour, ils s&#8217;engagent à faire mention, dans leurs travaux, du nom de la Station dans laquelle les travaux ont été poursuivis, et à nous fournir, soit un mémoire, soit une note résumée de ces travaux pour le bulletin annuel.</p>
<p>(1) Communiqué à l&#8217;Association française pour l&#8217;avancement des sciences.</p>
<p style="text-align: justify;">(2) Voici la liste et le nombre exact des expéditions faites en 1898 et 1899, dont douze envois à l&#8217;étranger (6 en Hollande, 6 en Angleterre) : 1 Alcyonum ; 350 Astéries ; 13 Actinies ; 410 Arénicoles ; 317 Aphrodites ; 1 Ange de mer ; 79 Aplysies ; 1,418 Crabes ; 18 Cassidaires ; 22 Calmars ; 11 Cassis saburon ; 33 Cérianthes ; 10 Dentales ; 4 Haliotis ; 24 Holoturies ; 1,325 Hippo-campes ; 100 Myes ; 100 Nephtys ; ;2,291 Oursins ; 25 Ophélies ; 1 Pennatule ; 6 Patelles ; 4 Pieuvres ; 11 Pagurus Bernhardus ; 66 Pecten ; 984 Roussettes ; 4 Raies ; 135 Sipuncles ; 918 Seiches ; 42 Synaptes ; 4 Syngnathes ; 15 Scaphandres ; 35 Solen ; 5 Torpilles ; 12 Trogues ; 4 Tritons ; 1 Vérétille ; 6 lots de fucus ; 2 lots d&#8217;éponges ; 5 lots d&#8217;Ascidies ; 1 lot de Tubulaires ; 166 litres d&#8217;eau de mer ; 5 kilos de sable.<br />
Soit, au total : 8,799 animaux et 16 lots divers.</p>
<p style="text-align: center;">__________________________________________________________________________________________<br />
Bordeaux. – Imprimerie G. GOUNOUILHOU, rue Guiraude, 11.</p>
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: center;"><strong>Les planches</strong></p>
<p style="text-align: center;">
<div id="attachment_255" class="wp-caption aligncenter" style="width: 309px"><a title="La couverture de la plaquette du Dr Lalesque" href="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2009/11/lalesque_couverture.jpg" rel='gb_imageset[une-communication-du-dr-lalesque-1900]'><img class="size-medium wp-image-255 " title="La couverture de la plaquette du Dr Lalesque" src="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2009/11/lalesque_couverture-299x450.jpg" alt="La couverture de la plaquette du Dr Lalesque" width="299" height="450" /></a><p class="wp-caption-text">La couverture de la plaquette du Dr Lalesque</p></div>
<div id="attachment_256" class="wp-caption aligncenter" style="width: 288px"><a title="Planche 1" href="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2009/11/lalesque_planche1.jpg" rel='gb_imageset[une-communication-du-dr-lalesque-1900]'><img class="size-medium wp-image-256 " title="Planche 1" src="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2009/11/lalesque_planche1-278x450.jpg" alt="Planche 1" width="278" height="450" /></a><p class="wp-caption-text">Planche 1</p></div>
<div id="attachment_257" class="wp-caption aligncenter" style="width: 294px"><a title="Planche 2" href="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2009/11/lalesque_planche2.jpg" rel='gb_imageset[une-communication-du-dr-lalesque-1900]'><img class="size-medium wp-image-257 " title="Planche 2" src="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2009/11/lalesque_planche2-284x450.jpg" alt="Planche 2" width="284" height="450" /></a><p class="wp-caption-text">Planche 2</p></div>
<div id="attachment_258" class="wp-caption aligncenter" style="width: 304px"><a title="Planche 3" href="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2009/11/lalesque_planche3.jpg" rel='gb_imageset[une-communication-du-dr-lalesque-1900]'><img class="size-medium wp-image-258 " title="Planche 3" src="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2009/11/lalesque_planche3-294x450.jpg" alt="Planche 3" width="294" height="450" /></a><p class="wp-caption-text">Planche 3</p></div>
<div id="attachment_259" class="wp-caption aligncenter" style="width: 305px"><a title="Planche 4" href="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2009/11/lalesque_planche4.jpg" rel='gb_imageset[une-communication-du-dr-lalesque-1900]'><img class="size-medium wp-image-259 " title="Planche 4" src="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2009/11/lalesque_planche4-295x450.jpg" alt="Planche 4" width="295" height="450" /></a><p class="wp-caption-text">Planche 4</p></div>
<p style="text-align: left;"><a href="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2009/11/PlaquetteLalesque.pdf">Télécharger la plaquette du Dr Lalesque</a></p>
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