Paul Bert et Arcachon

Posté par admin le 21 01 2011

Un bien curieux personnage que ce Paul Bert.

Curieux, attachant et surtout brillant.

Il naît à Auxerre le 19 octobre 1833. Son père, Joseph, est avoué avant de devenir conseiller à la Préfecture de l’Yonne, et la famille est aisée. Il a un frère aîné, Jules, de dix ans plus âgé que lui qui poursuit des études de droit quand il meurt à 23 ans d’une phtisie galopante.

Ce drame fait de lui un fils unique auquel ses parents n’osent rien refuser.

« Son tempérament impétueux mit bien souvent à l’épreuve la patience de sa mère. Elle lui donnait sans cesse en exemple son frère Jules, bien en vain. Les rapports de Paul avec son père furent, par contre, rarement marqués d’affection. Ils étaient également autoritaires, et Joseph Bert n’aimait pas qu’on lui résistât, ce dont son fils, il faut l’avouer, ne se privait guère[1]. »

A 19 ans, Paul Bert, monte à Paris entreprendre des études supérieures. Il s’inscrit tout d’abord dans une école préparatoire pour se présenter au concours d’entrée à l’Ecole Polytechnique. Mais très vite, il comprend qu’il se trompe de voie, n’aimant guère les mathématiques et, sur les conseils de son père, s’engage dans des études de droit. Quatre ans plus tard, en 1857, il soutient deux thèses, l’une en droit romain et l’autre en droit français, qui lui permettent d’obtenir sa licence et lui donnent le titre d’avocat. Mais il n’a aucune affinité pour ce métier. Son adhésion à la Société des Sciences Historiques et Naturelles de l’Yonne et surtout sa rencontre avec le docteur Pierre Gratiolet, très grand médecin natif de Sainte-Foy la Grande qui avait fait son droit avant de faire des études de médecine, lui font découvrir son intérêt pour les sciences naturelles. Il s’inscrit alors à la faculté de Médecine de Paris. En 1860, il soutient une licence ès-sciences naturelles devant un jury dont Claude Bernard fait partie et auquel il n’hésite pas à tenir tête. Le 8 août 1863, il devient docteur en médecine en soutenant une thèse intitulée De la greffe animale.

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21jan

Sur Paul Lacoin et quelques uns de ses apparentés…

Posté par admin le 24 12 2009

Nous avons déjà vu ce que notre Musée-Aquarium devait à Xavier Mouls, le premier curé d’Arcachon.

Un autre grand responsable de sa construction a été Paul Lacoin qui a dirigé l‘Exposition internationale de pêche et d’aquiculture d’Arcachon ayant nécessité l’édification de ce Musée-Aquarium.

Il nous faut donc s’intéresser à lui.

La première partie de l’étude, Une institution respectable, la Société Scientifique d’Arcachon, liste les vingt-deux membres fondateurs ayant participé à la création de cette institution. Les deux derniers, le numéro 21, Elisa Lévêque de Vilmorin née Bailly et le numéro 22, Henry Lévêque de Vilmorin, sont les deux seuls à ne pas bénéficier du moindre commentaire de présentation.

Une mère et son fils.

Peut-être sont-ils punis pour être arrivés les derniers ?

Pourtant ce ne sont pas les moins surprenants.

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24déc

Sur Ernest Esclangon

Posté par admin le 23 12 2009

Ouvrons si vous le voulez bien, une petite parenthèse pour mieux faire connaissance avec ce savant.

En 1905, un an avant d’être intronisé au sein de la Société Scientifique, il avait donc été nommé astronome-adjoint à l’Observatoire de Bordeaux. Cette même année-là, le 30 août, il y avait eu une éclipse totale de soleil. Et notre jeune astronome-adjoint, n’avait pas hésité à payer de sa personne pour tenter de l’observer de plus près. Depuis la nacelle d’un ballon.

Il avait rédigé un compte-rendu de cette expérience, publié par le Bureau des Longitudes, que vous trouverez ci-après.
Une façon pour nous d’élever le débat.

A la Société Scientifique, il avait rejoint René Quinton qui allait de son côté, au printemps 1908, se découvrir une soudaine passion pour la conquête de l’air.

Une passion envahissante.

Lors de leurs réunions à la Société Scientifique d’Arcachon, celle-ci n’aurait-elle pas déteint sur son collègue Esclangon ? Parce que ce dernier signait, dans les Comptes rendus hebdomadaires des séances de l’Académie des Sciences, Juillet-Décembre 1908, Tome 147, un article assez inattendu de la part d’un astronome : Le vol plané sans force motrice.

Il récidivait, au mois de Janvier suivant, en confiant cette fois à la Revue des Idées, une nouvelle étude sur un sujet comparable : La navigation et le planement des oiseaux.

Il faut bien comprendre qu’ils n’étaient pas très nombreux les gens, en général, et les scientifiques, en particulier, à s’intéresser à la conquête de l’air à cette époque-là, avant la guerre de 14.

Nous pouvons imaginer René Quinton et Ernest Esclangon agacés d’observer les hippocampes modifier, dans les bacs de l’Aquarium d’Arcachon, la profondeur à laquelle ils évoluent, en ayant l’air de ne pas y toucher, alors qu’au même moment l’homme, lui, avait tant de mal à s’abstraire de la pesanteur.

BUREAU DES LONGITUDES.

ÉCLIPSE TOTALE DE SOLEIL DU 29-30 AOUT 1905.

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23déc

René Quinton

Posté par admin le 19 10 2009

René Quinton, savant naturaliste, physiologiste et biologiste.

En 1896, l’observation d’une vipère engourdie par le froid lui révélera une vocation de biologiste qu’il va appuyer sur une conception tout à fait originale et qu’il résumera dans un texte intitulé : Les deux pôles foyers d’origine. Origine australe de l’homme.

« Un problème grandiose hante son cerveau : « Quel est l’ordre d’apparition des espèces vivantes ? Où ont-elles pris naissance ? A travers leur évolution quelles traces gardent-elles en leur être intime du milieu originel qui les immergeait. » A ces questions, par un effort de synthèse qu’il poursuivra toute sa vie, il donne une réponse : le milieu dans lequel vit la cellule d’un animal a même composition chimique et même température que le milieu dans lequel est née, à son origine, l’espèce à laquelle il appartient. Du moins, cela est vrai approximativement, pour les animaux à sang chaud, dont l’organisme est capable de lutter contre l’abaissement de la température. Ainsi il peut, par l’étude chimique et thermique de leur sang établir dans le temps, l’ordre d’apparition des espèces, indiquer par avance la température d’une espèce quand on sait celle d’une espèce contemporaine… Il faut lire, dans les travaux de Quinton, cette sorte de poème épique que constitue pour lui l’apparition dans le temps des espèces successives, leur naissance au pôle, leur descente vers l’équateur, la genèse de l’oiseau, le dernier né, postérieur à l’homme. »

Le monument Quinton à Cheaumes en Brie

Le monument Quinton à Cheaumes en Brie

En savoir plus  (texte mis à jour : le 13 novembre 2009)

19oct

Ernest Esclangon

Posté par admin le 14 10 2009

Ernest Esclangon est un savant bien atypique qui aura été membre de la Société Scientifique d’Arcachon depuis le 17 juin 1906, il a alors 30 ans, et où il avait sans doute été intronisé par son ami le docteur bordelais Jean Sellier, jusqu’à sa mort intervenue en 1954.

Pour mieux le découvrir, écoutons ce qu’en disait le Docteur Georges Fleury lors de l’assemblée du 27 février 1955 de cette société savante :

Au cours de l’année passée nous avons eu à déplorer le décès de M. Ernest Esclangon, membre honoraire de notre Société.
A l’assemblée générale du 24 avril 1932 le président Jules Lalesque s’exprimait ainsi : « Membre de la Société depuis plus de vingt ans, M. Esclangon nous a rendu des services techniques importants ; c’est pourquoi en raison d’une collaboration qu’on ne saurait oublier, il a été décidé d’inscrire parmi les membres honoraires de la Société notre éminent collègue, actuellement directeur de l’Observatoire de Paris. »
Membre de l’Institut, ancien président de l’Académie des sciences, directeur honoraire de l’Observatoire de Paris, commandeur de la Légion d’honneur, Ernest Esclangon est mort le 28 janvier 1954 à l’âge de 78 ans.
En 1899, dès sa sortie de l’Ecole normale supérieure, il travaille à l’Observatoire de Bordeaux. En 1902, à la faculté des sciences de cette ville, il est chargé du cours de mécanique rationnelle. En 1904, il est reçu docteur ès sciences mathématiques. En 1905 il est nommé astronome-adjoint à Bordeaux ; en 1919 directeur de l’Observatoire de Strasbourg ; en 1921 directeur de l’Observatoire de Paris, poste qu’il conservera jusqu’en 1944.
Ernest Esclangon est l’auteur de nombreux ouvrages de mathématiques pures, de phy-sique et d’astronomie.
Pour les profanes et pour les français son nom reste attaché à l’invention de l’horloge parlante.
La Société scientifique s’incline respectueusement au souvenir du savant qui en servant la science a bien servi son pays.

Combien d’Arcachonnais savent que l’inventeur de l’horloge parlante a été fidèle pen-dant si longtemps à cette Société scientifique d’Arcachon dont on veut aujourd’hui démolir les murs ?
Si nous devions leur conseiller un ouvrage, nous choisirions sans hésiter le somptueux bouquin qu’Alfred Ungerer a consacré en 1931 aux Horloges astronomiques et monumentales les plus remarquables de l’antiquité jusqu’à nos jours et pour lequel il a demandé une préface à Ernest Esclangon.

Ernest Esclangon, Mison (04200) 17 mars 1876, Eyrenville (24560) 28 janvier 1954.

14oct