Le professeur Jolyet malmené

Posté par admin le 09 10 2017

Le Professeur Jolyet dont l’histoire a été contée sur notre site était un illustre savant, directeur de la Station marine, qui mourut à Arcachon le 4 novembre 1922 où il fut inhumé.

Comme vous pouvez le constater, sa sépulture est dans un bien triste état. Il serait judicieux que les services techniques d’Arcachon fassent quelque chose. Vous ne croyez pas ?

Mais ce n’est malheureusement pas tout.

À la suite à la décision du conseil municipal d’Arcachon (maire:  Ramon Bon) du 11 avril 1923, l’ancienne rue du Débarcadère fut baptisée rue du Professeur-Jolyet, « en considération des services rendus à la ville ». Le soin de l’inaugurer, le 25 novembre 1923, fut confiée au Professeur Sigalas, doyen de la faculté de Médecine de Bordeaux.

Non content de vouloir démolir la Station Marine et le Musée-Aquarium, les investisseurs avides, avec la complicité des édiles arcachonnais ont tout simplement annexé une bande de cinq mètres de large tout au long de la rue du Professeur-Jolyet pour augmenter la surface de leur construction (multipliée par le nombre d’étages). Comme cette rue fait en moyenne douze mètres de large, ce sont tout simplement 42 % de la rue qui passent aux mains des bétonneurs.

Pour juger par vous-même télécharger le dossier complet au format pdf ICI

Tout naturellement, les arbres qui on fait l’erreur de se développer harmonieusement sur cette emprise seront  impitoyablement abattus.

Nous sommes désolés pour la mémoire du Professeur Jolyet.

09Oct

Ernest Esclangon à la Société scientifique d’Arcachon

Posté par admin le 14 09 2017

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Combien d’Arcachonnais savent que l’inventeur de l’horloge parlante a été fidèle pendant si longtemps à cette Société scientifique d’Arcachon dont on veut aujourd’hui démolir les murs ?

Ernest Esclangon est un savant bien atypique qui aura été membre de la Société Scientifique d’Arcachon depuis le 17 juin 1906, il a alors 30 ans, et où il avait sans doute été intronisé par son ami le docteur bordelais Jean Sellier, jusqu’à sa mort intervenue en 1954.

Pour mieux le découvrir, écoutons ce qu’en disait le Docteur Georges Fleury lors de l’assemblée du 27 février 1955 de cette société savante :

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14Sep

Paul Bert et Arcachon

Posté par admin le 07 09 2017

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Un bien curieux personnage que ce Paul Bert qui a travaillé dans ce Musée-Aquarium que l’on veut réduire en gravats.

Paul Bert

Curieux, attachant et surtout brillant.

Il naît à Auxerre le 19 octobre 1833. Son père, Joseph, est avoué avant de devenir conseiller à la Préfecture de l’Yonne, et la famille est aisée. Il a un frère aîné, Jules, de dix ans plus âgé que lui qui poursuit des études de droit quand il meurt à 23 ans d’une phtisie galopante.

Ce drame fait de lui un fils unique auquel ses parents n’osent rien refuser.

« Son tempérament impétueux mit bien souvent à l’épreuve la patience de sa mère. Elle lui donnait sans cesse en exemple son frère Jules, bien en vain. Les rapports de Paul avec son père furent, par contre, rarement marqués d’affection. Ils étaient également autoritaires, et Joseph Bert n’aimait pas qu’on lui résistât, ce dont son fils, il faut l’avouer, ne se privait guère[1]. »

A 19 ans, Paul Bert, monte à Paris entreprendre des études supérieures. Il s’inscrit tout d’abord dans une école préparatoire pour se présenter au concours d’entrée à l’Ecole Polytechnique. Mais très vite, il comprend qu’il se trompe de voie, n’aimant guère les mathématiques et, sur les conseils de son père, s’engage dans des études de droit. Quatre ans plus tard, en 1857, il soutient deux thèses, l’une en droit romain et l’autre en droit français, qui lui permettent d’obtenir sa licence et lui donnent le titre d’avocat. Mais il n’a aucune affinité pour ce métier. Son adhésion à la Société des Sciences Historiques et Naturelles de l’Yonne et surtout sa rencontre avec le docteur Pierre Gratiolet, très grand médecin natif de Sainte-Foy-la-Grande qui avait fait son droit avant de faire des études de médecine, lui font découvrir son intérêt pour les sciences naturelles. Il s’inscrit alors à la faculté de Médecine de Paris. En 1860, il soutient une licence ès-sciences naturelles devant un jury dont Claude Bernard fait partie et auquel il n’hésite pas à tenir tête. Le 8 août 1863, il devient docteur en médecine en soutenant une thèse intitulée De la greffe animale.

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07Sep

René Quinton – Biographie

Posté par admin le 30 07 2017

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René Quinton en 1908 (Wikipedia)

Quand on veut démolir un bâtiment public encore faut-il savoir à quoi et à qui l’on s’attaque.

Quand on entre dans le Musée-Aquarium d’Arcachon, une des premières choses qui saute aux yeux est une plaque en marbre scellée sur le mur. Laquelle mentionne la liste des membres bienfaiteurs dont la plupart ont assidûment fréquenté ses lieux. Et parmi ces noms, il y a celui de René Quinton en face duquel est gravée la date de 1907. Lire la suite

30Juil

Louis Boutan – Biographie

Posté par admin le 25 06 2017

Louis Marie-Auguste BOUTAN (1859-1934)

  • Biologiste
  • Pionnier de la photographie sous-marine

Il naquit à Versailles le 6 mars 1859. Il est le fils d’Augustin Boutan, Inspecteur Général de l’Instruction Publique. Il fait des études de biologie et d’histoire naturelle à l’Université de Paris et devient préparateur adjoint à la Sorbonne à l’âge de 20 ans. En 1880, il est nommé chef-adjoint  par le ministère de l’Instruction publique, et chargé d’une mission en Australie : organiser la section française à l’exposition universelle de Melbourne. Il y reste dix-huit mois, parcourt le continent et identifie de nombreuses nouvelles espèces animales. Il étudie, au cours du même voyage, les progrès du phylloxéra dans le vignoble australien, la flore des plateaux désertiques et, dans le détroit de Torrès, les mollusques producteurs de nacre et de perles. Lors du voyage du retour, il collecte un nombre important de bénitiers.

Rentré en France, il devient, le 9 mars 1883, préparateur à la Faculté de Paris et attaché au laboratoire de zoologie expérimentale de Henri de Lacaze-Duthiers.

À l’invitation de ce dernier, il se rend en 1884 au Laboratoire Arago de Banyuls-sur-Mer. Il va y étudier sur place, pendant six étés, la biologie marine. En 1886, il apprend à plonger et obtient son doctorat ès-Sciences à Paris avec une thèse intitulée « Recherches sur l’anatomie et le développement de la fissurelle. Comparaison de la fissurelle avec les types voisins ». Utilisant le scaphandre pour étudier les animaux dans leur milieu naturel, il regrette alors de ne pouvoir en ramener des images. C’est au cours de ces recherches qu’il fut littéralement émerveillé par la découverte des paysages sous-marins « avec leurs prairies aux hautes herbes, leurs escarpements de rochers aux cavités peuplées de toute une faune ».

Le 1er mars 1888, il est nommé au poste de Maître de Conférences en Zoologie à la Faculté des Sciences de Lille. En 1889, il assure l’enseignement des Sciences Naturelles à l’école professionnelle d’Armentières. Dès son installation dans le Nord, il assiste le Professeur Paul Hallez dans la mise en place d’un petit laboratoire de recherches au Portel et se met à pratiquer à l’aide d’une simple barque de pêcheur, de multiples dragues. Son goût pour l’aventure et les missions de recherches reprenant le dessus, il organise un voyage de trois mois pour étudier les mollusques des côtes de la Mer Rouge et, sur la plage d’Ataka, il  complète sa documentation sur les huîtres perlières.

En 1892, Louis Boutan décide de photographier la vie sous-marine. Il fait construire en 1893, avec son frère Auguste, une boîte étanche pour un appareil de type Détective à 6 plaques de 9cm x 12cm, avec lequel il prend plusieurs clichés en pose entre 3,5 et 11 m de fond. Encouragé par ces premiers résultats, il fait construire ensuite un gros appareil amphibie à plaques de 18 x 24 cm et muni d’un objectif plus lumineux avec lequel il prend des photos instantanées. Il compense parfois l’absorption de la lumière solaire en profondeur avec un flash où un fil de magnésium brûle dans de l’oxygène, avec un temps de pose inférieur à la seconde. Il prendra enfin une photo télécommandée à l’aide d’un électroaimant et de deux arcs électriques étanches, en instantané à 50 m de profondeur. En 1893, il fit des explorations sous-marines dans les fonds des environs de Banyuls à l’aide de scaphandres, inaugurant l’éclairage artificiel et la photographie sous-marine. L’ensemble de ses travaux le fera considérer par la suite comme un précurseur dans le domaine de la photographie sous-marine.

En 1904, il est nommé en Indochine et envoyé en mission à Hanoï. Il doit notamment faire des études sur l’amélioration du riz et la culture des huîtres perlières, un sujet attractif pour ce passionné de la mer. Si Louis Boutan est très motivé par ce travail dont il a la charge officielle, il a aussi l’opportunité de s’adonner à d’autres recherches, sur lesquelles nous reviendrons.

En janvier 1907, lors d’une expédition dans le nord du Laos, Boutan acquiert un gibbon femelle aux joues blanches (Hylobates leucogenys) qu’il baptise « Pépée ». Boutan est fasciné par la dextérité de cet animal à marcher debout, son agilité, et surtout son chant mélodieux et envoûtant. De retour à Hanoï avec l’animal capturé, il se met en quête de percer le mystère de l’origine de ses vocalisations.

Son retour définitif en France, avec Céline son épouse et Pépée, se fait en 1908 ; la mission française est en effet supprimée par le gouvernement contre l’avis de l’Académie des Sciences. Louis Boutan entreprend des études comparées sur les capacités mentales de son gibbon et celles d’enfants âgés de deux à dix ans. Son but est alors de comprendre comment s’articulent le langage et la pensée abstraite. Il participe ainsi à l’émergence de la psychologie de l’enfant et jette, d’une certaine manière, les bases de la psychologie expérimentale.

Le 1er février 1910, il est nommé Professeur de Zoologie et de Physiologie Animale à la Faculté des Sciences de Bordeaux.

Dès 1914-1915, Louis Boutan participe à l’effort de guerre. C’est durant cette période que Louis et son frère Auguste vont travailler notamment à l’élaboration d’un appareil de plongée pour l’armée : le scaphandre autonome.

A la paix, il reprit ses travaux sur les mollusques porteurs de nacre et s’intéressa à la production artificielle des perles, sujet dont il avait été l’un des premiers initiateurs. Ses capacités de travail, son efficacité, son goût pour l’enseignement et ses travaux pour la défense nationale, sont les traits essentiels qui ressortent des fiches de renseignements généraux jusque dans les années vingt où l’on apprend sa nomination, en 1921, au poste de Directeur de la Station Biologique d’Arcachon.

En 1924, Louis Boutan, âgé de 65 ans, participe au Congrès des Pêches Maritimes de Boulogne. Il y rencontre le Professeur Bourniol d’Alger et décide de permuter avec lui : il prend la chaire de Zoologie Générale à la Faculté des Sciences d’Alger. Il est nommé dans le même temps Directeur de la Station d’Aquaculture et de Pêches de Castiglione, et Inspecteur technique des pêcheries algériennes.

Sa carrière s’achève après qu’il eut été nommé Professeur honoraire à la Faculté des Sciences : le 9 décembre 1929.  Il se retire alors à Tighzirt-sur-Mer, une région de Kabylie près d’Alger, où il avait fait construire  « sa perle » : « Djouara ». Il y décède le 6 avril 1934.

 

D’après Arnaud FELICI, nov. 2001
Mémoire de Maîtrise d’Histoire

Faculté des Lettres et Sciences Humaines
de l’Université de Perpignan

http://biologie.univ-lille1.fr/Culture-et-Patrimoine/grands-scientifiques-honores-UFR/

Consultez quelques oeuvres de Louis Boutan :

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25Juin