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	<title>Sauvons le Musée-Aquarium d&#039;Arcachon &#187; Les chercheurs ayant fréquenté le Musée-Aquarium</title>
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		<title>Paul Bert et Arcachon</title>
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		<pubDate>Fri, 21 Jan 2011 10:03:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[La Société Scientifique – la Station Biologique]]></category>
		<category><![CDATA[Les chercheurs ayant fréquenté le Musée-Aquarium]]></category>
		<category><![CDATA[Paul Bert]]></category>
		<category><![CDATA[Bert]]></category>

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		<description><![CDATA[Un bien curieux personnage que ce Paul Bert.
Curieux, attachant et surtout brillant.
Il naît à Auxerre le 19 octobre 1833. Son père, Joseph, est avoué avant de devenir conseiller à la Préfecture de l’Yonne, et la famille est aisée. Il a un frère aîné, Jules, de dix ans plus âgé que lui qui poursuit des études [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Un bien curieux personnage que ce Paul Bert.</p>
<p>Curieux, attachant et surtout brillant.</p>
<p>Il naît à Auxerre le 19 octobre 1833. Son père, Joseph, est avoué avant de devenir conseiller à la Préfecture de l’Yonne, et la famille est aisée. Il a un frère aîné, Jules, de dix ans plus âgé que lui qui poursuit des études de droit quand il meurt à 23 ans d’une phtisie galopante.</p>
<p>Ce drame fait de lui un fils unique auquel ses parents n’osent rien refuser.</p>
<p>« Son tempérament impétueux mit bien souvent à l’épreuve la patience de sa mère. Elle lui donnait sans cesse en exemple son frère Jules, bien en vain. Les rapports de Paul avec son père furent, par contre, rarement marqués d’affection. Ils étaient également autoritaires, et Joseph Bert n’aimait pas qu’on lui résistât, ce dont son fils, il faut l’avouer, ne se privait guère<a href="#_ftn1">[1]</a>. »</p>
<p>A 19 ans, Paul Bert, monte à Paris entreprendre des études supérieures. Il s’inscrit tout d’abord dans une école préparatoire pour se présenter au concours d’entrée à l’Ecole Polytechnique. Mais très vite, il comprend qu’il se trompe de voie, n’aimant guère les mathématiques et, sur les conseils de son père, s’engage dans des études de droit. Quatre ans plus tard, en 1857, il soutient deux thèses, l’une en droit romain et l’autre en droit français, qui lui permettent d’obtenir sa licence et lui donnent le titre d’avocat. Mais il n’a aucune affinité pour ce métier. Son adhésion à la Société des Sciences Historiques et Naturelles de l’Yonne et surtout sa rencontre avec le docteur Pierre Gratiolet, très grand médecin natif de Sainte-Foy la Grande qui avait fait son droit avant de faire des études de médecine, lui font découvrir son intérêt pour les sciences naturelles. Il s’inscrit alors à la faculté de Médecine de Paris. En 1860, il soutient une licence ès-sciences naturelles devant un jury dont Claude Bernard fait partie et auquel il n’hésite pas à tenir tête. Le 8 août 1863, il devient docteur en médecine en soutenant une thèse intitulée <em>De la greffe animale</em>.</p>
<p><span id="more-733"></span></p>
<div id="attachment_738" class="wp-caption alignleft" style="width: 219px"><a title="Josephina Clayton à l’époque   de son mariage." href="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2011/01/PB01w.jpg" rel='gb_imageset[paul-bert-et-arcachon]'><img class="size-medium wp-image-738 " title="Josephina Clayton à l’époque   de son mariage." src="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2011/01/PB01w-298x450.jpg" alt="Josephina Clayton à l’époque   de son mariage." width="209" height="315" /></a><p class="wp-caption-text">Josephina Clayton à l’époque   de son mariage.</p></div>
<p>Claude Bernard le prend alors comme préparateur de son cours de médecine expérimentale. Parallèlement, il poursuit des études en sciences naturelles et la soutenance, le 13 janvier 1866, de sa thèse <em>Recherches expérimentales pour servir à l’histoire de la vitalité propre des tissus animaux</em> lui vaut de devenir docteur ès sciences naturelles.</p>
<p>Mais l’année précédente, le 16 février, le docteur Pierre Gratiolet mourait, laissant une famille dans le besoin. Paul Bert était nommé tuteur des trois enfants. Au même moment, il faisait connaissance, dans l’Yonne, de Josephina Clayton d’origine écossaise, fille d’un pharmacien. Sans doute n’était-ce qu’une simple coïncidence, mais son grand-père maternel à lui, Henry Massy, était aussi d’origine écossaise.</p>
<p>Josephina n’avait pas 19 ans, il allait en avoir 32. Elle était anglicane, il était catholique.</p>
<p>« Le 17 avril 1865, il avait épousé à Auxerre une jeune Ecossaise de grande beauté, mais de fortune nulle<a href="#_ftn2">[2]</a>. »</p>
<p>De grande beauté, son biographe nous met l’eau à la bouche.</p>
<p>Mais pour nous intéresser à Paul Bert nous nous sommes assurés, le CPDAC ne reculant devant aucun sacrifice, de quelques photographies originales, sans doute inédites, provenant des papiers personnels d’un ami d’enfance de Paul Bert, Alfred Thiénot qui sera colonel au 57<sup>ème</sup> Régiment d’Infanterie<a href="#_ftn3">[3]</a> de ligne. Peut-être s’agit-il du fils d’Edme, Nicolas Thiénot (1791-1858), lui-même colonel au 20<sup>ème</sup> de ligne et mort à Auxerre où il s’était retiré.</p>
<p>Claude Bernard, soi-même, est le témoin de mariage de Paul Bert.</p>
<p>Qui, le 30 janvier de l’année suivante, dûment diplômé, est nommé chargé de cours de zoologie et de physiologie comparée à la Faculté des Sciences de Bordeaux.</p>
<p>Bordeaux, où le jeune couple s’installe.</p>
<p>Trois mois plus tard, le 11 avril 1866, Paul Bert est intronisé à la Société des Sciences Physiques et Naturelles de Bordeaux dont il devient membre titulaire.</p>
<p>Il se lance alors dans des tas de recherches scientifiques qui l’amènent jusqu’à Arcachon, au siège de la Société Scientifique, où il s’établit un petit laboratoire de deux pièces, qu’il finance lui-même :</p>
<p>« Il consacrait tous les loisirs que lui laissait l’enseignement de la Zoologie à des recherches originales sur l’Anatomie comparée. Il avait même installé, à ses frais personnels, un petit laboratoire d’études maritimes<a href="#_ftn4">[4]</a>. »</p>
<p>Une Société Scientifique qui vit dans l’effervescence de la préparation de sa prochaine Exposition Internationale de pêche et aquiculture, mais qui prend quand même le temps de l’accueillir comme membre, sous le numéro 54. Quatre de ses collègues de la Société des Sciences Physiques et Naturelles de Bordeaux y siègent déjà : le docteur Léopold Micé (n° 14) professeur à l’Ecole de Médecine et fondateur d’une école privée, Ernest Royer (n° 17) directeur de la dite école, par ailleurs président de la Société des Sciences Physiques et Naturelles de Bordeaux, Daniel Guestier (n° 35) négociant et Paul Béro (n° 48) ingénieur de l’Ecole Centrale des Arts et Manufactures. Ce qui lui aura permis de bénéficier facilement des deux parrainages indispensables, exigés par les statuts.</p>
<div id="attachment_739" class="wp-caption alignright" style="width: 198px"><a title=" Paul  Bert" href="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2011/01/PB06.jpg" rel='gb_imageset[paul-bert-et-arcachon]'><img class="size-medium wp-image-739 " title=" Paul  Bert" src="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2011/01/PB06-313x450.jpg" alt=" Paul  Bert" width="188" height="270" /></a><p class="wp-caption-text"> Paul  Bert</p></div>
<p>L’image de Paul Bert dans l’inconscient collectif est restée celle d’un quinquagénaire un peu fort à la chevelure telle une crinière soulignée d’une moustache que l’on nous dit coupée à l’américaine.</p>
<p>Ce n’est pas celle que vont connaître les Arcachonnais.</p>
<p>L’homme est encore jeune.</p>
<p>Nous possédons deux portraits du couple, pris par un photographe arcachonnais, Antoine Petit-Breuilh. Quand Paul Bert arrive à Bordeaux, au début de l’année 1866, sa jeune épouse est enceinte de deux mois. Elle accouchera, à Bordeaux, le 31 juillet d’une fille qui portera le même prénom que sa grand-mère maternelle, Henriette.</p>
<div id="attachment_740" class="wp-caption alignleft" style="width: 169px"><a title="Henriette Bert, âgée de 3 ans et demi." href="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2011/01/PB05.jpg" rel='gb_imageset[paul-bert-et-arcachon]'><img class="size-medium wp-image-740 " title="Henriette Bert, âgée de 3 ans et demi." src="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2011/01/PB05-265x450.jpg" alt="Henriette Bert, âgée de 3 ans et demi." width="159" height="270" /></a><p class="wp-caption-text">Henriette Bert, âgée de 3 ans et demi.</p></div>
<p>Sur ces deux photos elle est délivrée, ce qui permet de dater les clichés de l’automne 1866.</p>
<p>« Le jeune professeur est un homme brun, les cheveux assez longs, partagés par une raie dégageant le front ; le regard est franc, volontaire, le nez droit, la bouche protégée par une moustache assez courte, l’expression attentive. Il a l’aspect des paysans du Morvan, ne haïssant personne mais ne se laissant pas intimider<a href="#_ftn5">[5]</a>. »</p>
<p><img class="size-medium wp-image-742 alignright" title="PB03V" src="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2011/01/PB03V-450x207.jpg" alt="PB03V" width="270" height="124" />Le premier cliché n’est pas signé par le photographe. Sans doute n’en aura-t-il pas été satisfait. Il est légèrement sous-exposé. Le revers du second porte les noms des personnages représentés. Tout laisse croire, sans que nous en ayons la certitude, que cette mention est de la main même de Paul Bert.</p>
<p>Paul Bert, professeur à la faculté mais aussi assidu aux réunions de la Société des Sciences Physiques et Naturelles de Bordeaux, prend alors l’habitude de publier les résultats de ses différentes recherches et il le fait le plus souvent dans les mémoires de cette société savante. La liste de leurs titres montre la diversité de ses centres d’intérêt et l’avidité de sa curiosité.</p>
<div id="attachment_744" class="wp-caption alignleft" style="width: 221px"><a title="Paul Bert et sa femme" href="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2011/01/PB02.jpg" rel='gb_imageset[paul-bert-et-arcachon]'><img class="size-medium wp-image-744  " title="Paul Bert et sa femme" src="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2011/01/PB02-274x449.jpg" alt="Paul Bert et sa femme" width="211" height="345" /></a><p class="wp-caption-text">Paul Bert et sa femme</p></div>
<div id="attachment_745" class="wp-caption alignright" style="width: 228px"><a title="Deuxième cliché" href="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2011/01/PB03.jpg" rel='gb_imageset[paul-bert-et-arcachon]'><img class="size-medium wp-image-745 " title="Deuxième cliché" src="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2011/01/PB03-272x450.jpg" alt="Deuxième cliché" width="218" height="360" /></a><p class="wp-caption-text">Deuxième cliché</p></div>
<p>Durant l’année 1866, il publie :</p>
<p><em>Recherches sur les mouvements de la sensitive (</em>Mimosa pudica<em>,</em> <em>Linn.)</em></p>
<p><em>Note sur la mort des poissons de mer dans l’eau douce</em>, dans laquelle il ne manque pas de préciser : « Le magnifique aquarium d’Arcachon, où se conservent dans le plus parfait état de santé les poissons, même de haute mer, m’a permis de faire, pour m’éclairer sur cette difficulté, les expériences suivantes<a href="#_ftn6">[6]</a> : » ;</p>
<p><em>Note sur l’action élémentaire des anesthésiques (éther et chloroforme) et sur la période d’excitation qui accompagne leur administration ;</em></p>
<p><em>Note sur la présence, de l’</em>Amphioxus lanceolatus<em> dans le bassin d’Arcachon, et sur ses spermatozoïdes</em> qu’il débute par : « Au commencement du mois de mars, M. Fillioux, pharmacien à Arcachon, me montra, conservé dans l’alcool, un petit animal capturé sur un des bancs du bassin, dans une promenade zoologique faite avec M. Lafont, d’Arcachon, naturaliste distingué. Ma joie fut grande en reconnaissant le fameux et paradoxal <em>Amphioxus lanceolatus</em><a href="#_ftn7"><em><strong>[7]</strong></em></a> » et qu’il termine par : « Dans la note actuelle, j’ai seulement voulu donner à la découverte qu’ont faite MM. Fillioux et Lafont la publicité qu’elle mérite<a href="#_ftn8">[8]</a>. » Longtemps plus tard, en souvenir des travaux de Paul Bert, la première embarcation dont se munira la Société Scientifique d’Arcachon s’appellera <em>L’Amphioxus.</em></p>
<p><em><img class="size-medium wp-image-748 alignright" title="PB03V2" src="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2011/01/PB03V2-274x449.jpg" alt="PB03V2" width="192" height="314" />Notes diverses sur la locomotion chez plusieurs espèces animales ;</em></p>
<p><em>Note sur la présence, dans la peau des holoturies, d’une matière insoluble dans la potasse caustique et l’acide chlorhydrique concentré ;</em></p>
<p><em>Note sur un signe certain de la mort prochaine chez les chiens soumis à une hémorragie rapide ;</em></p>
<p><em>Note sur quelques points da la physiologie de la lamproie (</em>Petromyzon marinus<em>, Linn.).</em></p>
<p>Le 26 juillet, il écrit à Louis Pasteur une lettre qui, si elle laisse deviner la légitime ambition de son auteur, montre aussi la pauvreté de l’Université, déjà !, et prouve par opposition tout l’intérêt de la démarche des quelques Arcachonnais qui avaient créé cette Société Scientifique :</p>
<p>« Très Honoré Monsieur, les deux petites brochures que vous recevez en même temps que cette lettre me donnent une occasion de me rappeler à votre bienveillant souvenir. Je suis installé à Bordeaux, j&#8217;y ai été parfaitement reçu, et je crois pouvoir dire, sans nulle vanité, que mon cours a été favorablement accueilli. Mais les moyens matériels de travail me font presque absolument défaut ; je n&#8217;ai qu&#8217;un demi-préparateur, et une faction beaucoup plus faible de garçons de laboratoire, ce qui n&#8217;est que justice, car de laboratoire, point. Et ce n&#8217;est pas là ce qui me manque le plus. Les conseils, la fréquentation des maîtres me font plus défaut que je ne l&#8217;eusse imaginé. Je suis le maître ici, et c&#8217;est un rôle auquel je n&#8217;étais pas suffisamment préparé. Combien il eut été préférable pour moi que le désir par vous obligeamment manifesté eut pu être accompli, et que j&#8217;eusse trouvé à l&#8217;École normale, avec une position si haut placée dans l&#8217;estime publique, cet appui dont je ressens tant le besoin. Permettez-moi d&#8217;espérer que, si les circonstances devenaient favorables, votre bienveillant secours ne me ferait pas défaut. Si j&#8217;avais en main les destinées, j&#8217;arrangerais les choses en telle sorte que M. Larage donnerait sa démission à la fin de 1867, ce qui me permettrait – si toutefois je vous agréais encore – de rentrer à Paris avec le <span style="text-decoration: underline;">titre de Professeur</span> de Faculté et non de chargé de cours. Mais si pareille vacance arrivait bien plus tôt, et que vous voulussiez bien vous souvenir de moi, je n&#8217;hésiterais pas. J&#8217;ai reçu, il y a deux semaines, de bonnes nouvelles de M. Bernard, que l&#8217;ouverture d&#8217;un abcès dans l&#8217;intestin avait beaucoup soulagé [...]. Pardonnez-moi cette longue lettre, Très Honoré Monsieur, et n&#8217;y voyez pas seulement, je vous prie, l&#8217;expression de mon intérêt personnel, je vous ai été profondément reconnaissant de la bienveillance honorable que vous m&#8217;avez spontanément témoigné et j&#8217;ai été heureux d&#8217;avoir une occasion de vous présenter mes remerciements et mes respects.</p>
<p>Paul Bert, 60, rue de l&#8217;Église Saint Sevin<a href="#_ftn9">[9]</a>. »</p>
<p>L’Exposition Internationale de pêche et d’aquiculture qui a ouvert ses portes le 2 juillet 1866 et dans les allées de laquelle on rencontre souvent Paul Bert, doit se terminer le 30 septembre. Mais devant son succès, il est décidé de la prolonger jusqu’à la fin octobre. Toutefois, le 21 octobre, se tient dans la grande salle du Casino Mauresque la cérémonie de remise des récompenses décernées aux exposants les plus méritants par un jury qui, pour l’occasion, a rédigé plusieurs rapports. L’un d’entre eux l’aurait été par Paul Bert, ce qui laisse penser qu’il faisait partie de ce jury. Cependant, il nous a été impossible de trouver la moindre trace de ce rapport dans quelque bibliothèque que ce soit. Dans ce texte, Paul Bert aurait écrit en parlant du Musée-Aquarium d’Arcachon :</p>
<p>« Là, et là seulement, le zoologiste, observant les animaux marins, vivants et libres, pourra se faire une idée exacte de leur apparence extérieure, étudier leurs allures, leurs instincts, leurs guerres et leurs amours ; là, et là seulement, le physiologiste, recherchant les fonctions de leurs organes et les conditions de leur existence, pourra établir fructueusement ses expériences et forcer la vie à lui révéler les secrets de la vie ; là, et là seulement<sub>,</sub> l’embryologiste, suivant pendant des mois et des années l’évolution des êtres, pourra découvrir la série des modifications morphologiques, parfois si étranges, qu’ils subissent dans le cours de leur existence, métamorphoses que la science, il y a vingt ans, soupçonnait à peine, et dont la connaissance sape aujourd’hui sur tant de points l’édifice des vieilles classifications… – Et, comme toute bonne pratique doit procéder de la science, l’aquiculture, à qui sera ainsi enseignée l’histoire complète des habitants des eaux, pourra, grâce à elle, éviter de dispendieux essais, trop souvent infructueux. »<strong> </strong></p>
<p>Le 15 novembre 1866, la Société des Sciences Physiques et Naturelles de Bordeaux renouvelle son bureau et Paul Bert entre dans son Conseil d’Administration.</p>
<p>L’année suivante, il organise, à Bordeaux, dans les locaux de la gare Saint-Jean, sous le titre général de <em>La Machine Humaine,</em> des conférences destinées aux employés du chemin de fer. Dans l’une d’entre elles, s’appuyant sur son expérience personnelle « il dénonça solennellement la misère des laboratoires de recherches scientifiques et des collections dans les Universités françaises, alors que les Universités allemandes regorgent de ressources. « Sans parler de Bordeaux, une des villes les plus mal installées… et bien inférieure à Nancy, par exemple, j’ai vu les plus illustres physiologistes français travailler en plein Paris, dans un taudis infect, décoré du nom de laboratoire. »<a href="#_ftn10">[10]</a> »</p>
<p>Justifiant par là, encore une fois, la démarche des Arcachonnais qui après avoir créé leur Société Scientifique venaient au même moment de la pourvoir du Musée-Aquarium que nous connaissons.</p>
<p>La même année, il publie :</p>
<p><em>Mémoire sur la physiologie de la seiche (</em>sepia officinalis<em>, Linn.)</em> qu’il termine par une déclaration dont nous ne pouvons pas faire l’économie :</p>
<p><span style="color: #ff0000;">« Les expériences dont les résultats viennent d&#8217;être rapportés ont été exécutées dans le laboratoire annexé à l&#8217;Aquarium de la Société scientifique d&#8217;Arcachon. Il n&#8217;est pas déplacé, je pense, d&#8217;entrer ici dans quelques détails touchant cette belle institution scientifique.</span></p>
<p><span style="color: #ff0000;">Elle se compose de trois parties : un musée, un aquarium, un laboratoire.</span></p>
<p><span style="color: #ff0000;">Au musée, qui devra recueillir toutes les productions du riche bassin d&#8217;Arcachon, est annexée une salle où des conférences ont été faites pendant la dernière saison des bains.</span></p>
<p><span style="color: #ff0000;">L&#8217;aquarium comprend trente et quelques bacs vitrés, de 1 à 2 mètres de capacité, dont l&#8217;éclairage est disposé de manière à permettre l&#8217;observation facile des animaux qui y sont contenus.</span></p>
<p><span style="color: #ff0000;">En outre de ces bacs, six vastes bassins, mesurant de 10 à 25 mètres cubes, sont destinés à conserver les animaux de grande taille et ceux qui ne s&#8217;accommoderaient pas d&#8217;une captivité plus rigoureuse.</span></p>
<p><span style="color: #ff0000;">Un courant d&#8217;eau de mer continu, puisé à quelques mètres de distance (car l&#8217;établissement est installé sur le bord même du bassin), entretient dans ces bacs et ces bassins les conditions les plus favorables possibles à la longue conservation des animaux vivants.</span></p>
<p><span style="color: #ff0000;">Enfin, le laboratoire, que la Société va encore agrandir, a déjà fourni un emplacement suffisant pour les recherches simultanées de plusieurs anatomistes ou expérimentateurs.</span></p>
<p><span style="color: #ff0000;">Tel est, en quelques mots, cet établissement, fondé par les seuls efforts de l&#8217;initiative privée, nonobstant de mesquines rivalités locales. Tel il est, ouvert généreusement à tous les hommes de science, que la Société convie, par tous les moyens de publicité dont elle dispose, à venir profiter des coûteux sacrifices qu&#8217;elle a faits.</span></p>
<p><span style="color: #ff0000;">En exposant les faits qui précèdent, je n&#8217;ai pas seulement cédé au sentiment de gratitude inspiré par le secours que j&#8217;ai reçu dans mes travaux, j&#8217;ai la certitude de faire un acte utile à mes confrères en science naturelle, à ceux surtout qui sont engagés dans la voie expérimentale. En venant à Arcachon, ils éviteront les ennuis, les pertes de temps et les petits déboires que connaissent tous ceux qui ont essayé d&#8217;aller travailler seuls sur le bord de la mer. Ils y trouveront des facilités de travail qu&#8217;il est impossible à un homme isolé de se procurer ; et, enfin, ils y seront reçus par le président et les membres de la Société scientifique avec une expansion et un désir d&#8217;être utile dont j&#8217;ai personnellement éprouvé les bienveillants effets.                                                                     .</span></p>
<p><span style="color: #ff0000;">Il en coûte à ma reconnaissance de terminer ces quelques lignes sans citer un seul nom propre ; mais, faut-il le dire, je devrais en citer trop. Chacun, dans l&#8217;accomplissement de cette œuvre utile, a mis son argent, son temps, son dévouement. II n&#8217;a rien moins fallu que ce concours exceptionnel de forces pour triompher des difficultés immenses, aggravées par des oppositions qu&#8217;il me serait désagréable de qualifier. Ainsi a été fondé, ainsi est entretenu, ainsi est ouvert aux savants, par de simples particuliers, un établissement scientifique qui n&#8217;a son analogue nulle part en Europe ; un établissement d&#8217;utilité publique de l&#8217;ordre de ceux dont, dans d&#8217;autres branches, la création incombe à l&#8217;État. Une telle chose faite, et faite en France, dispense de tout commentaire louangeur.</span></p>
<p><span style="color: #ff0000;">Paris, le 1<sup>er</sup> novembre 1867<a href="#_ftn11">[11]</a>. »</span></p>
<p>Si ça n’est pas là un magnifique certificat de monument historique en bonne et due forme, c’est à rien n’y connaître.</p>
<p>Et s’il vous plaît, un certificat qui n’est pas signé de n’importe qui.</p>
<p>Quatre ans plus tôt, n’avait-il pas écrit dans une lettre personnelle :</p>
<p>« Avant d’être naturaliste, je me sens citoyen, et j’applaudis à celle loi de Solon qui notait d’infamie tout citoyen resté inactif au sein des discordes civiles<a href="#_ftn12">[12]</a>. »</p>
<p>Arcachonnais, nous ne pouvons qu’applaudir avec lui.</p>
<p>« Chacun, dans l’accomplissement de cette œuvre utile, a mis son argent, son temps, son dévouement. Il n’a rien moins fallu que ce concours exceptionnel de forces pour triompher des difficultés immenses, aggravées par des oppositions qu’il me serait désagréable de qualifier. »</p>
<p>Nous n’aurons pas les scrupules de ce grand homme.</p>
<p>C’est un triumvirat qui s’oppose aujourd’hui à la préservation de ce monument historique, triumvirat constitué de l’Université de Bordeaux, de la Société Scientifique d’Arcachon et de la Mairie d’Arcachon.</p>
<p>Les décideurs de ces organismes qui entendent dénier tout caractère historique à ce Musée-Aquarium seraient bien inspirés de mettre leurs idées et leurs actions en perspective avec celles d’un homme comme Paul Bert. Parce que s’ils ne le font pas, ils peuvent être assurés que le peuple d’abord et l’histoire ensuite, le feront pour eux.</p>
<p>Quelque temps avant cette déclaration, le 22 octobre 1867, Paul Bert est nommé suppléant de Pierre Flourens alors souffrant, à la chaire de physiologie au Muséum d’Histoire Naturelle de Paris.</p>
<p>Paul, Josephina et Henriette Bert quittent alors Bordeaux pour Paris. Paul ne sait pas qu’il y reviendra, trois ans plus tard, dans des circonstances dramatiques.</p>
<p>Mais encore en 1867, il publie, toujours dans les mémoires de la Société des Sciences Physiques et Naturelles de Bordeaux :</p>
<p><em>Sur la mort dans l’eau douce des poissons de mer (deuxième note)</em> pour laquelle il se présente comme « ancien professeur à la Faculté des Sciences de Bordeaux, professeur suppléant au Muséum d’histoire naturelle de Paris. »</p>
<p>Le 21 novembre lors du renouvellement du bureau de cette société savante bordelaise, il abandonne son Conseil d’Administration tout en restant adhérent et se disant professeur à la Faculté des Sciences de Paris.</p>
<p>Et en 1868, il publie dans les mémoires de cette société :</p>
<p><em>Les animaux voient-ils les mêmes rayons lumineux que nous ?</em></p>
<p>Professeur à Paris, il habite rue des Ecoles où naît, le 23 juin 1869, sa deuxième fille, Pauline. Mais c’est dans son Yonne natale qu’il va s’intéresser à la politique locale, à la veille même de l’effondrement du second Empire. C’est l’époque aussi où il va prendre goût aux livres se constituant une importante bibliothèque qui finira par atteindre plus de vingt mille volumes et qui passait pour être l’une des plus complètes sur la guerre de 1870.</p>
<p>En juin 1870, il est candidat aux cantonales dans le canton d’Aillant-sur-Tholon et il est battu au second tour, n’obtenant que 29,50% des voix.</p>
<p>Le 30 septembre suivant, dans la débâcle, il est nommé Secrétaire général de la préfecture de l’Yonne, mais il n’aura même pas le temps d’être officiellement installé dans son poste, ayant rejoint Bordeaux pour se mettre à la disposition du gouvernement qui s’y est réfugié.</p>
<p>Le 15 janvier 1871, il est bombardé préfet du Nord. Le 25, il atteint Lille avec beaucoup de difficultés après avoir pris un bateau à Bordeaux. Trois jours plus tard, la France signe l’armistice et le 7 février, Paul Bert est contraint d’abandonner son poste de Préfet.</p>
<p>Le 1<sup>er</sup> mai suivant, il est élu conseiller municipal d’Auxerre et en septembre de la même année, il prend sa revanche à Aillant-sur-Tholon dont il devient le conseiller général.</p>
<p>La fin du second Empire avait poussé à la retraite le père de Sophie Wallerstein, l’ancien banquier Léopold Javal, qui s’était installé en son château d’Arès, sur les bords du Bassin d’Arcachon. Pourtant, c’est à Paris qu’il meurt le 28 mars 1872 en laissant vacant son siège de député d’Auxerre qu’il occupait depuis quinze ans.</p>
<div id="attachment_754" class="wp-caption alignleft" style="width: 200px"><a title="Paul Bert au moment de son entrée à la Chambre des Députés." href="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2011/01/PB04.jpg" rel='gb_imageset[paul-bert-et-arcachon]'><img class="size-medium wp-image-754 " title="Paul Bert au moment de son entrée à la Chambre des Députés." src="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2011/01/PB04-272x450.jpg" alt="Paul Bert au moment de son entrée à la Chambre des Députés." width="190" height="315" /></a><p class="wp-caption-text">Paul Bert au moment de son entrée à la Chambre des Députés.</p></div>
<p>Paul Bert n’est pas homme à s’effrayer du cumul des mandats. Il se présente aux élections législatives partielles organisées le 9 juin 1872, et il parvient à empêcher Emile Javal, fils aîné de Léopold, ingénieur des Mines qui s’était fait médecin ophtalmologiste dans le but de guérir sa sœur d’un vilain strabisme, de s’asseoir à l’Assemblée Nationale dans le siège de son père<a href="#_ftn13">[13]</a>.</p>
<p>Il va rester député de l’Yonne jusqu’à sa mort.</p>
<p>Chercheur précoce, la quarantaine à peine entamée, l’essentiel de son œuvre scientifique est maintenant achevée. Ses derniers travaux concernent surtout la pression barométrique et les conséquences de sa variation sur les êtres vivants. Il publie chez Masson, en 1873 : <em>Recherches expérimentales sur l&#8217;influence que les modifications dans la pression barométrique exercent sur les phénomènes de la vie. </em>Il complètera ce travail en publiant, cinq ans plus tard, et toujours chez Masson : <em>La Pression barométrique, recherches de physiologie expérimentale</em>, un ouvrage de plus de mille pages qui fera l’objet d’une réédition par le C.N.R.S. en 1979.</p>
<p>On se souvient que trois aéronautes, Joseph Crocé-Spinelli, Théodore Sivel et Gaston Tissandier avaient souhaité mettre en pratique, à l’aide de leur ballon <em>Zénith</em>, les expériences de laboratoires faites par Paul Bert. Après avoir tenté le « plus loin », accompagnés de Claude Jobert et d’Albert Tissandier, en décollant le 23 mars 1875 de l’usine à gaz de la Villette pour atterrir le lendemain dans la ferme de Monplaisir à Lanton, ils s’étaient, cette fois seulement tous les 3, attaqués au « plus haut ». Le 5 avril suivant, ils s’envolaient de l’usine à gaz de la Villette à bord du <em>Zénith</em> avec lequel ils atteignaient l’altitude de 8 600 mètres. Malheureusement, quand le ballon s’était posé dans l’après-midi dans la petite commune de Ciron, dans l’Indre, la nacelle contenait les corps sans vie de Joseph Crocé-Spinelli et de Théodore Sivel. Seul Gaston Tissandier avait pu en réchapper.</p>
<p>Les attaques dont Paul Bert fera l’objet après cette catastrophe semblent avoir quelque peu douché son enthousiasme de chercheur scientifique.</p>
<p>Ami intime de Léon Gambetta, le 20 mars 1876 il a une troisième fille qu’il prénomme Léonie et qui sera la filleule laïque du grand tribun. Il entre dans son gouvernement le 14 novembre 1881 comme ministre de l’Instruction publique et des Cultes. Le 26 janvier suivant, le gouvernement tombe. Paul Bert ne sera resté ministre que neuf semaines.</p>
<p>Après la mort de Léon Gambetta, intervenue le 31 décembre 1882, il devient président du parti de l’Union Républicaine.</p>
<p>A la tête de ce parti, il va entreprendre la réforme de l’enseignement public. Il sera, avec Jules Ferry, le fondateur de l’école obligatoire, gratuite et surtout laïque. Il déposera devant l’Assemblée de nombreuses propositions de loi et sera le rapporteur de la majorité des projets de l’époque relatifs à l’enseignement primaire et supérieur.</p>
<p>Le 24 novembre 1884, on le rencontre à nouveau Arcachon. C’est le journal local qui nous le rapporte :</p>
<p>« Il est bon de rappeler que M. Paul Bert, a, il y a vingt ans, trouvé à Arcachon les éléments qui lui étaient nécessaires pour l’accomplissement de travaux de physiologie des animaux marins. Depuis cette époque, il s’est toujours intéressé aux succès de notre station, et il n’a pas voulu quitter le département de la Gironde sans avoir visité Arcachon<a href="#_ftn14">[14]</a>. »</p>
<p>Le 31 janvier 1886, il est nommé résident général en Annam et au Tonkin. Il quitte Paris le 12 février. Huit mois plus tard, le 11 novembre 1886, il meurt de dysenterie à Hanoï.</p>
<p>Il avait 53 ans.</p>
<p>Avec sa ma mort s’ouvre alors le temps des hommages.</p>
<p>Hommages tardifs.</p>
<p>Le pays s’aperçoit qu’il vient de perdre un grand homme.</p>
<p>Qui n’était même pas décoré de la Légion d’Honneur, ce qui le rend éminemment sympathique.</p>
<p>En 1898, à Arcachon, le Conseil Municipal décide de donner à l’école communale, alors située dans la rue François Legallais, le nom de Paul Bert.</p>
<div id="attachment_755" class="wp-caption alignright" style="width: 325px"><a title="Ecole Paul Bert en 1910." href="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2011/01/PB07.jpg" rel='gb_imageset[paul-bert-et-arcachon]'><img class="size-medium wp-image-755 " title="Ecole Paul Bert en 1910." src="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2011/01/PB07-450x321.jpg" alt="Ecole Paul Bert en 1910." width="315" height="225" /></a><p class="wp-caption-text">Ecole Paul Bert en 1910.</p></div>
<p><span style="font-family: Arial; font-size: x-small;">Si de très  nombreuses villes françaises ont donné à l’une de leurs rues, de leurs places,  de leurs écoles ou à leur collège ou leur lycée le nom de  Paul Bert pour honorer ce grand homme, à la démarche similaire d’Arcachon  s’ajoutait la reconnaissance de l’avoir vu fréquenter et défendre son  Musée-Aquarium.</span></p>
<p>Il avait dit, dans un discours prononcé à l’occasion d’un banquet que lui avaient offert les instituteurs et les institutrices de France : « L’école d’abord. Je la souhaite belle, je la souhaite splendide. Je voudrais voir en elle, jusque dans le plus petit des hameaux de France, la plus belle des maisons du village. Je voudrais qu’elle soit ce qu’était pour nos pères, aux âges de foi, l’Eglise, la plus belle maison aussi du village. Car elle est comme l’Eglise, à la fois un lieu consacré et un symbole<a href="#_ftn15">[15]</a>. » L’école de la rue François Legallais ne devait pas être la plus belle maison de la ville puisque la municipalité décidait, en 1905, de la reconstruire cours Tartas.</p>
<div id="attachment_756" class="wp-caption alignleft" style="width: 325px"><a title="Ecole Paul Bert en 2010." href="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2011/01/PB08.jpg" rel='gb_imageset[paul-bert-et-arcachon]'><img class="size-medium wp-image-756 " title="Ecole Paul Bert en 2010." src="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2011/01/PB08-450x254.jpg" alt="Ecole Paul Bert en 2010." width="315" height="178" /></a><p class="wp-caption-text">Ecole Paul Bert en 2010.</p></div>
<p>Cette école Paul Bert reste pour beaucoup d’Arcachonnais, et pour d’autres aussi comme pour Jean-Paul Sartre par exemple, l’école communale de leur enfance.</p>
<p>Et si demain la Mairie mène jusqu’au bout son funeste projet de démolition de notre Musée-Aquarium, elle va faire des Arcachonnais, non seulement des vandales, ce qui n’est pas très glorieux, mais aussi de fieffés hypocrites pour laisser croire qu’en donnant à leur école le nom de Paul Bert, ils se seraient libérés de ce qu’ils lui devaient.</p>
<p>Et s’ils ne veulent pas ajouter le ridicule à la bêtise, il leur faudra donc débaptiser leur école communale.<img class="size-medium wp-image-759 alignright" title="PB09" src="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2011/01/PB09-450x367.jpg" alt="PB09" width="270" height="220" /></p>
<p>Une fois mort, Paul Bert fera donc l’objet de nombreuses commémorations sous différentes formes. Une souscription nationale permettra l’érection d’une imposante statue à son effigie au milieu du pont qui enjambe l’Yonne à Auxerre. Le statuaire était Emile Peynot. Coïncidence qui n’est pas sans nous interpeller, le Musée-Aquarium d’Arcachon, si cher à Paul Bert, se trouve aujourd’hui domicilié place du docteur Bertrand Peyneau.<br />
Paul Bert repose au cimetière d’Auxerre dans une sépulture due à Frédéric Bartholdi, celui-là même qui a pourvu New York de la liberté éclairant le monde.</p>
<p>Le statuaire a fait graver comme épitaphe deux mots dans la pierre : Science et Patrie. Aujourd’hui, l’Université de Bordeaux, la Société Scientifique d’Arcachon et la Mairie d’Arcachon entendent ensemble substituer à ces deux concepts de Science et Patrie, ceux moins respectables de Spéculation et Profit.</p>
<div id="attachment_763" class="wp-caption aligncenter" style="width: 459px"><a title="Staue de Paul Bert à Auxerre" href="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2011/01/Pb11.jpg" rel='gb_imageset[paul-bert-et-arcachon]'><img class="size-medium wp-image-763  " title="Staue de Paul Bert à Auxerre" src="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2011/01/Pb11-449x289.jpg" alt="Staue de Paul Bert à Auxerre" width="449" height="289" /></a><p class="wp-caption-text">Staue de Paul Bert à Auxerre</p></div>
<p>La France ne perd pas sa mémoire, elle la vend.</p>
<div id="attachment_764" class="wp-caption aligncenter" style="width: 460px"><a title="La tombe de Paul Bert" href="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2011/01/PB10.jpg" rel='gb_imageset[paul-bert-et-arcachon]'><img class="size-medium wp-image-764  " title="La tombe de Paul Bert" src="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2011/01/PB10-450x329.jpg" alt="La tombe de Paul Bert" width="450" height="329" /></a><p class="wp-caption-text">La tombe de Paul Bert</p></div>
<p style="text-align: right;">Janvier 2011</p>
<p style="text-align: right;">Jean-Pierre Ardoin Saint Amand</p>
<hr size="1" /><a href="#_ftnref1">[1]</a> Léon Dubreuil, <em>Paul Bert</em>, Librairie Félix Alcan, Paris-1935, p. 8.</p>
<p><a href="#_ftnref2">[2]</a> Ibid., p. 16.</p>
<p><a href="#_ftnref3">[3]</a> Régiment qui n’est pas sans rappeler quelques souvenirs à votre serviteur, du temps où il était cantonné au camp de Souge.</p>
<p><a href="#_ftnref4">[4]</a> D<sup>r</sup> Edgar Bérillon, <em>L’œuvre scientifique de Paul Bert</em>, Picard-Bernheim, Paris-1887, p. 74.</p>
<p><a href="#_ftnref5">[5]</a> Stéphane Kotovtchikhine, <em>Paul Bert et l’Instruction publique,</em> Editions Universitaires de Dijon, Dijon-2000, p. 36n.</p>
<p><a href="#_ftnref6">[6]</a> <em>Mémoires de la Société des Sciences Physiques et Naturelles de Bordeaux</em>, Tome IV, 1<sup>er</sup> Cahier (suite), Chez J.-B. Baillière, Paris-1866, p. 47.</p>
<p><a href="#_ftnref7">[7]</a> Ibid., p. 55.</p>
<p><a href="#_ftnref8">[8]</a> Ibid., p. 58.</p>
<p><a href="#_ftnref9">[9]</a> Stéphane Kotovtchikhine, <em>Paul Bert et l’Instruction publique,</em> op. cit. p. 35n.</p>
<p><a href="#_ftnref10">[10]</a> Léon Dubreuil, <em>Paul Bert</em>, op. cit., p.18.</p>
<p><a href="#_ftnref11">[11]</a> <em>Mémoires de la Société des Sciences Physiques et Naturelles de Bordeaux</em>, Tome V, Chez J.-B. Baillière, Paris-1867, p. 137-138.</p>
<p><a href="#_ftnref12">[12]</a> Lettre adressée en 1863 à Pierre Savatier-Laroche, ancien député d’Auxerre, in P. De la Brosse, <em>Une des grandes énergies françaises, Paul Bert</em>, Imprimerie d’Extrême-Orient, Hanoï-1925, p. 62.</p>
<p><a href="#_ftnref13">[13]</a> Emile Javal s’en consolera en parvenant à se faire élire député de l’arrondissement de Sens, en 1885.</p>
<p><a href="#_ftnref14">[14]</a> <em>L’Avenir d’Arcachon</em> du dimanche 30 novembre 1884.</p>
<p><a href="#_ftnref15">[15]</a> <em>Discours prononcé par M. Paul Bert à l’occasion du banquet qui lui a été offert par les instituteurs &amp; les institutrices de France, le 18 Septembre 1881</em>, Librairie Picard-Bernheim et Cie, Paris-1882, p. 28.</p>
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		<title>Sur Paul Lacoin et quelques uns de ses apparentés…</title>
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		<pubDate>Thu, 24 Dec 2009 17:18:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ernest Esclangon]]></category>
		<category><![CDATA[Intérêt historique]]></category>
		<category><![CDATA[Le Musée Aquarium]]></category>
		<category><![CDATA[René Quinton]]></category>
		<category><![CDATA[Esclangon]]></category>
		<category><![CDATA[Lacoin]]></category>
		<category><![CDATA[Quinton]]></category>
		<category><![CDATA[Vilmorin]]></category>

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		<description><![CDATA[Nous avons déjà vu ce que notre Musée-Aquarium devait à Xavier Mouls, le premier curé d’Arcachon.
Un autre grand responsable de sa construction a été Paul Lacoin qui a dirigé l&#8216;Exposition internationale de pêche et d’aquiculture d’Arcachon ayant nécessité l’édification de ce Musée-Aquarium.
Il nous faut donc s’intéresser à lui.
La première partie de l’étude, Une institution respectable, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Nous avons déjà vu ce que notre Musée-Aquarium devait à Xavier Mouls, le premier curé d’Arcachon.</p>
<p>Un autre grand responsable de sa construction a été Paul Lacoin qui a dirigé l<em>&#8216;Exposition internationale de pêche et d’aquiculture d’Arcachon</em> ayant nécessité l’édification de ce Musée-Aquarium.</p>
<p>Il nous faut donc s’intéresser à lui.</p>
<p>La première partie de l’étude, <strong><em>Une institution respectable, la Société Scientifique d’Arcachon</em></strong><strong>, </strong>liste les vingt-deux membres fondateurs ayant participé à la création de cette institution. Les deux derniers, le<strong> </strong>numéro 21, Elisa Lévêque de Vilmorin née Bailly et le numéro 22, Henry Lévêque de Vilmorin, sont les deux seuls à ne pas bénéficier du moindre commentaire de présentation.</p>
<p>Une mère et son fils.</p>
<p>Peut-être sont-ils punis pour être arrivés les derniers ?</p>
<p>Pourtant ce ne sont pas les moins surprenants.</p>
<p><span id="more-573"></span>En 1842, Pierre, Louis, François, Lévêque de Vilmorin, en abrégé, Louis de Vilmorin, s’était marié, avec Elisa Bailly, de dix ans plus jeune que lui (elle n’avait pas 17 ans, le jour de son mariage) à laquelle il avait fait quatre enfants.</p>
<p>Elle était la fille d’Etienne Bailly, maire et conseiller général de Château-Renard, dans le Loiret, – mais elle avait préféré se marier à Paris, plus chic – et la petite-fille de Philippe-Xavier Leschevin dit Leschevin de Précourt, obscur littérateur<a href="#_ftn1">[1]</a>.</p>
<p>Il était le petit-fils de Philippe Victoire de Vilmorin, lequel, en épousant Adélaïde Andrieux, avait embrassé le métier de son beau-père, Pierre Andrieux, botaniste et fleuriste de Louis XV. Avec son épouse, Philippe Victoire de Vilmorin avait créé la maison Vilmorin-Andrieux, qui allait devenir Vilmorin-Andrieux et Cie.</p>
<div id="attachment_575" class="wp-caption alignleft" style="width: 350px"><a title="Rapport de Paul Lacoin destiné à  l’Empereur François-Joseph. (Recto)  (Collection particulière)" href="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2009/12/Lacoin01.jpg" rel='gb_imageset[sur-paul-lacoin-et-quelques-uns-de-ses-apparentes%e2%80%a6]'><img class="size-medium wp-image-575 " title="Rapport de Paul Lacoin destiné à  l’Empereur François-Joseph. (Recto)  (Collection particulière)" src="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2009/12/Lacoin01-340x450.jpg" alt="Rapport de Paul Lacoin destiné à  l’Empereur François-Joseph. (Recto)  (Collection particulière)" width="340" height="450" /></a><p class="wp-caption-text">Rapport de Paul Lacoin destiné à  l’Empereur François-Joseph. (Recto)  (Collection particulière)</p></div>
<p>Louis de Vilmorin avait travaillé dans l’entreprise familiale où il était un spécialiste en biologie et en chimie. De nature maladive et atteint de cruelles infirmités, il était mort prématurément, le 22 mars 1860, à l’âge de 43 ans, en laissant une jeune veuve de 34 ans qui souffrait des bronches. Le médecin de celle-ci lui avait alors conseillé un long séjour réparateur à Arcachon où elle était venue s’installer, très certainement, avec ses enfants.</p>
<p>L’aîné, Henry, âgé de 20 ans, adhérait donc avec sa mère à la Société Scientifique d’Arcachon, en 1863, au moment de sa création.</p>
<p>La seconde, Marguerite, épousait le 15 février de la même année à Saint-Pandelon, un petit village landais au Sud de Dax, Paul Lacoin. Celui-ci appartenait à une famille autrefois installée à Bayonne où son grand-père avait été armateur et fabriquant de cordages. Son père, Lucien-Salvat Lacoin, était monté à Paris où il s’était installé avocat. Paul Lacoin était le second d’une fratrie de quatre composée de trois garçons et d’une fille. Félix, son frère aîné, était avocat, comme son père. Son autre frère, Léon, était magistrat et sera maire de Saint-Pandelon de 1886 à 1917.</p>
<p>Lui-même avait fait des études d’agronomie et était sorti ingénieur de la prestigieuse école d’Agronomie de Grignon. C’est sans doute ce qui l’avait fait rencontrer Marguerite de Vilmorin, issue d’une famille qui faisait déjà la pluie et le beau temps dans l’agronomie française.</p>
<p>Il rentrait de Londres où il avait appartenu, l’année précédente, à la Commission Impériale déléguée à l’exposition universelle qui s’était tenue dans la capitale anglaise. Commission dans laquelle il était inspecteur chargé plus particulièrement des problèmes liés à l’agriculture.</p>
<p>Le jeune ménage rejoignait alors Elisa de Vilmorin, à la santé fragile, qui semblait s’ennuyer à  Arcachon.</p>
<p>Paul Lacoin, que son mariage avait fait « propriétaire agriculteur », publiait, en 1864, une première plaquette intitulée, <em>Arcachon et l’Inscription maritime</em>. Nous pouvons légitimement penser qu’il avait alors adhéré à la Société Scientifique, parrainé par sa belle-mère, membre de la première heure.</p>
<p>Parce que le 27 août 1865, il était désigné par son assemblée générale comme directeur de l’exposition internationale de pêche et d’aquiculture que celle-ci projetait d’organiser l’année suivante.</p>
<p>Sans doute avait-il était choisi, bien qu’il n’eût pas encore 25 ans, pour sa compétence et son expérience tirée de l’exposition de Londres, mais il est probable aussi que l’influence de sa belle-mère au sein de cette Société ait été directement proportionnelle à l’important niveau de sa fortune<a href="#_ftn2">[2]</a>. (Elle avait déjà été, par ailleurs et peut-être pour la même raison, la première femme jamais membre de la Société Botanique de France.)</p>
<div id="attachment_576" class="wp-caption alignright" style="width: 344px"><a href="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2009/12/Lacoin02.jpg" rel='gb_imageset[sur-paul-lacoin-et-quelques-uns-de-ses-apparentes%e2%80%a6]'><img class="size-medium wp-image-576" title="Rapport de Paul Lacoin destiné à  l’Empereur François-Joseph. (Verso)  (Collection particulière)" src="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2009/12/Lacoin02-334x450.jpg" alt="Rapport de Paul Lacoin destiné à  l’Empereur François-Joseph. (Verso)  (Collection particulière)" width="334" height="450" /></a><p class="wp-caption-text">Rapport de Paul Lacoin destiné à  l’Empereur François-Joseph. (Verso)  (Collection particulière)</p></div>
<p>A l’issue de cette exposition fort réussie, il aura la difficile tâche de rédiger un rapport que Napoléon III avait demandé, à Biarritz le 7 octobre 1866, lors de l’audience qu’il avait accordée à quelques représentants de la Commission générale organisatrice : <em>Rapport à l’Empereur, sur l&#8217;Exposition internationale de pêche et d’aquiculture d’Arcachon</em>, Panckoucke et Cie, Paris-1867.</p>
<p>Un rapport<a href="#_ftn3">[3]</a> qui se contente essentiellement d’expliquer que le monopole de la pêche accordé aux inscrits maritimes, en contrepartie de l’obligation qu’ils avaient de servir la flotte militaire, était la cause première du peu de productivité de la pêche française.</p>
<p><em>« Parce qu’il fait des gens de mer une corporation fermée qui se recrute de père en fils, mais où n’entrent pas, et d’où se hâtent de sortir s’ils parviennent à s’y développer, les hommes qui pourraient être le centre d’associations. »</em></p>
<p>Une position déjà défendue, en 1861, par le curé Mouls en épilogue de sa plaquette sur les huîtres.</p>
<p>Toutefois, tout ce qui comptait alors dans le monde était bien sûr destinataire d’un exemplaire  de ce rapport d’une exposition aussi importante. A commencer par l’Empereur François-Joseph d’Autriche, le mari de Sissi<a href="#_ftn4">[4]</a>. Paul Lacoin avait envoyé l’exemplaire qu’il lui destinait par l’intermédiaire de son ambassadeur à Paris, le propre fils de Metternich, Richard Klemens prince de Metternich-Winneburg.</p>
<p>La fin de l’exposition, le 31 octobre 1866, sonnait le signal du départ d’Arcachon pour la famille de Vilmorin. Elisa se devait de reprendre la direction de la maison de commerce, aidée en cela par son fils Henry à qui elle entendait transmettre le flambeau. Mais le 3 août 1868, elle s’éteignait à Verrières-le-Buisson, fief historique de la famille.</p>
<p><em>« Femme dont le tendre dévouement a soutenu son mari, aidé même dans ses travaux et a su verser sur ses souffrances le baume des plus douces consolations.</em></p>
<p><em>A laissé </em><em>dans l’histoire de sa famille, une trace lumineuse, souvenir d’une rare distinction et d’une grande charité</em><a href="#_ftn5"><em><strong>[5]</strong></em></a><em>. »</em></p>
<div id="attachment_578" class="wp-caption alignleft" style="width: 369px"><a title="Henry Lévêque de Vilmorin" href="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2009/12/Lacoin06.jpg" rel='gb_imageset[sur-paul-lacoin-et-quelques-uns-de-ses-apparentes%e2%80%a6]'><img class="size-medium wp-image-578 " title="Henry Lévêque de Vilmorin" src="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2009/12/Lacoin06-359x450.jpg" alt="Henry Lévêque de Vilmorin" width="359" height="450" /></a><p class="wp-caption-text">Henry Lévêque de Vilmorin (6)</p></div>
<p>Son fils Henry  (1843 -1899) assumait alors la responsabilité de l’entreprise Vilmorin-Andrieux &amp; Cie.</p>
<p><em>« Agronome et chercheur infatigable, il s’est rendu célèbre en inaugurant, à partir de 1873, l’amélioration des Blés par la méthode des croisements raisonnés qui ont donné la magnifique série des blés hybrides à grand rendement dont l’emploi a eu une répercussion si heureuse sur la culture du blé en France. […]</em></p>
<p><em>Il continua les travaux de son père sur la pomme de terre et publia la seconde édition du catalogue méthodique et synonymique des variétés. […]</em></p>
<p><em>Il fut le premier Vice-Président de la Société Nationale d’Horticulture de France.</em></p>
<p><em>Parlant la plupart des langues européennes, il voyagea en Angleterre, en Italie, en Russie, aux Etats-Unis etc…</em></p>
<p><em>Membre du Jury de toutes les réunions agricoles et horticoles internationales.</em></p>
<p><em>A l’étranger, il ne représentait pas seulement la maison Vilmorin, mais la France et la science dans ce qu’elles ont de meilleur. […]</em></p>
<p><em>Il s’occupa également d’œuvres sociales avec le Comte Albert de Mun. Une étude qu’il publia sur l’arrêt du travail du Dimanche dans les fabriques de sucre (1879) montre assez toute l’importance qu’il attachait au bien-être matériel et moral de l’ouvrier.</em><a href="#_ftn7"><em><strong>[7]</strong></em></a><em> »</em></p>
<p>Il épousait, en mars 1869, Louise Darblay dont il allait avoir sept enfants.</p>
<p>L’aînée, Elisabeth, née en 1870, se mariait en septembre 1896 avec Marc d’Estienne d’Orves. A leur tour, ils avaient 5 enfants, dont le second, Honoré d’Estienne d’Orves, est entré dans l’histoire, polytechnicien, héros de la Seconde Guerre Mondiale, martyr de la Résistance.</p>
<p>Le second, Philippe de Vilmorin, né en 1872,  deviendra chef, dès la fin 1899, de la maison Vilmorin-Andrieux &amp; Cie. Il fera six enfants à son épouse dont l’aînée se fera connaître sous le nom de Comtesse Mapie de Toulouse Lautrec et la seconde ne sera autre que la non moins célèbre, Louise de Vilmorin.</p>
<p>Henry de Vilmorin mourait à 56 ans, le 23 août 1899, à Verrières-le-Buisson, dont il était le maire depuis 15 ans après être entré au conseil municipal dès 1871. Son fils aîné le remplacera, un temps, à la mairie de Verrières-le-Buisson.</p>
<p>Si le climat arcachonnais n’avait pas été vraiment favorable à la santé défaillante d’Elisa de Vilmorin, il allait se montrer beaucoup plus propice à la fécondité du jeune couple Lacoin.</p>
<p>Et ainsi naissait à Arcachon, le 9 février 1864, Elisa, Marguerite, Marie Lacoin qui mourra quasi centenaire, à Bayonne, en 1963.</p>
<p>Elle sera suivie de Louis, Marie, Paul Lacoin, né le 3 mars 1865, toujours à Arcachon. Celui-ci fera l’Ecole Centrale, dirigera des forges et fonderies d’abord aux Aciéries de Longwy avant de passer chez de Dietrich à Lunéville.</p>
<p>Dans les années 1910, il s’intéressera à la conquête de l’air et publiera plusieurs ouvrages sur ce sujet dont, en 1911, une <em>Construction des appareils d’Aviation</em>. Il est amusant de constater que beaucoup des personnalités qui ont joué</p>
<div id="attachment_586" class="wp-caption alignright" style="width: 368px"><a title="Ouvrage de Louis Lacoin publié en 1911" href="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2009/12/Lacoin03.jpg" rel='gb_imageset[sur-paul-lacoin-et-quelques-uns-de-ses-apparentes%e2%80%a6]'><img class="size-medium wp-image-586 " title="Ouvrage de Louis Lacoin publié en 1911" src="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2009/12/Lacoin03-358x450.jpg" alt="Ouvrage de Louis Lacoin publié en 1911" width="358" height="450" /></a><p class="wp-caption-text">Ouvrage de Louis Lacoin publié en 1911</p></div>
<p>un rôle dans la gestion de la Société Scientifique ont eu un lien, plus ou moins ténu, avec la conquête de l’air d’avant 1914. Nous avons déjà rencontré Ernest Esclangon en train d’observer une éclipse à partir d’un ballon, René Quinton, personnage essentiel de l’aviation naissante et maintenant Paul Lacoin, père de ce Louis Lacoin.</p>
<p>Après avoir été professeur à Centrale, il finira sa carrière comme ingénieur en chef du matériel et de la traction de la Compagnie d&#8217;Orléans.</p>
<p>Viendra ensuite Charles, Félix, Henri, Salvat Lacoin, né le 24 juillet 1866 à Verrières-le-Buisson, où sa mère, on la comprendra, avait préféré se réfugier dès le début de l’Exposition Internationale d’Arcachon qui occupait tant son mari.</p>
<p>Et enfin, <a href="http://gw5.geneanet.org/index.php3?b=verseau&amp;lang=fr;m=P;v=auguste+emile+gustave">Auguste, Emile, Gustave</a>, Lacoin, dit Auguste Lacoin de Vilmorin, qui naîtra à Paris, le 7 avril 1869, où la famille s’était donc installée pour avoir quitté Arcachon après la fin de cette Exposition Internationale.</p>
<p>Paul Lacoin était aussi l’oncle de Maurice Lacoin, le plus jeune des quatre fils de son frère aîné, Félix Lacoin.</p>
<p><em>« Né le 25 octobre 1877 à Dax, Maurice Lacoin, après des études secondaires au collège Stanislas, entre à l&#8217;École Polytechnique en 1896. Il en sort en 1898 dans le corps du Génie maritime. Entré à la Compagnie des Chemins de fer de Paris-Orléans, il y atteint le rang d&#8217;adjoint au</em></p>
<div id="attachment_587" class="wp-caption alignleft" style="width: 364px"><em><em><a title="Etude de Maurice Lacoin,  Président de la Cellulose du Pin." href="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2009/12/Lacoin04.jpg" rel='gb_imageset[sur-paul-lacoin-et-quelques-uns-de-ses-apparentes%e2%80%a6]'><img class="size-medium wp-image-587 " title="Etude de Maurice Lacoin,  Président de la Cellulose du Pin." src="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2009/12/Lacoin04-354x450.jpg" alt="Etude de Maurice Lacoin,  Président de la Cellulose du Pin." width="354" height="450" /></a></em></em><p class="wp-caption-text">Etude de Maurice Lacoin,  Président de la Cellulose du Pin.</p></div>
<p><em>directeur général. Il devait y jouer un rôle important assurant notamment l&#8217;électrification de la ligne Paris-Vierzon et y organisant les ateliers et la formation du personnel, jouant en ces deux domaines un rôle d&#8217;initiateur. De 1927 à 1930, il est secrétaire général de la Société André Citroën. Il assume ensuite de nombreuses activités, notamment : présidence de grandes sociétés (Société Neyret-Beylier de 1931 à 1947, Cellulose du Pin depuis 1940), formation professionnelle. On lui doit de nombreux articles et plusieurs ouvrages sur des questions sociales, économiques et techniques, en particulier un ouvrage sur Chaptal comme ministre de la Production industrielle sous le Premier Empire. Maurice Lacoin fut également le premier président de l&#8217;Association de Cadres dirigeants de l&#8217;industrie</em><a href="#_ftn8"><em><strong>[8]</strong></em></a><em>. »</em></p>
<p>On lui doit aussi des <em>Etudes sur la formation du sol de la Gascogne et la restauration de la forêt landaise</em>. Delmas, Bordeaux-1948.</p>
<p>Toutes ses occupations lui avaient quand même laissé le temps de faire pas moins de 10 enfants à son épouse. La 3<sup>ème</sup>, Elisabeth, surnommée Zaza<a href="#_ftn9">[9]</a>, sera la tendre amie de Simone de Beauvoir.</p>
<p>Marguerite de Vilmorin devenue Madame Paul Lacoin de Vilmorin, grande spécialiste de l’art floral et à laquelle nous devons un livre sur <em>Les Bouquets</em>, Librairie et Imprimerie Horticoles, Paris-1904, s’éteindra, le 27 juin 1912, à Tours.</p>
<div id="attachment_590" class="wp-caption aligncenter" style="width: 349px"><a title="Ouvrage de Mme Lacoin de Vilmorin" href="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2009/12/Lacoin07c.jpg" rel='gb_imageset[sur-paul-lacoin-et-quelques-uns-de-ses-apparentes%e2%80%a6]'><img class="size-medium wp-image-590 " title="Ouvrage de Mme Lacoin de Vilmorin" src="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2009/12/Lacoin07c-339x450.jpg" alt="Ouvrage de Mme Lacoin de Vilmorin" width="339" height="450" /></a><p class="wp-caption-text">Ouvrage de Mme Lacoin de Vilmorin</p></div>
<p>Son mari la suivra, six ans plus tard, le 2 mai 1918, à Pau.</p>
<p>En cette veille de Noël, pour remercier toutes les dames, et elles sont nombreuses, qui ont déjà signé la pétition demandant la sauvegarde de l&#8217;œuvre de son mari, Madame Paul Lacoin leur offre cet élégant bouquet tiré de son ouvrage :</p>
<p style="text-align: center;"><a title="Bouquet" href="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2009/12/Lacoin08.jpg" rel='gb_imageset[sur-paul-lacoin-et-quelques-uns-de-ses-apparentes%e2%80%a6]'><img class="aligncenter size-medium wp-image-591" title="Lacoin08" src="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2009/12/Lacoin08-300x450.jpg" alt="Lacoin08" width="300" height="450" /></a></p>
<hr size="1" /><a href="#_ftnref1">[1]</a> Qui savait ce que c’était qu’appartenir à une société savante si l’on en croit la page de garde de son dernier ouvrage publié deux ans avant sa mort et sur laquelle il se présente comme membre des Académies de Dijon, Turin et Besançon ; des Sociétés des Sciences Naturelles de Wétéravie ; de Physique et d’Histoire Naturelle de Genève ; d’Histoire naturelle et de Minéralogie d’Iéna ; des Sciences et Arts de Grenoble, Lille et Trève ; et des Sociétés d’Agriculture et de Pharmacie de Paris.</p>
<p><a href="#_ftnref2">[2]</a> Le <em>Rapport à l’Empereur, sur l&#8217;Exposition internationale de pêche et d’aquiculture d’Arcachon </em>juge nécessaire de ne mentionner, afin de remerciements, que six souscripteurs, sans doute les plus généreux : M. Lacoin père, M. Vilmorin, M. Rhoné-Pereire, M. le Duc de Cambacérès, Monseigneur Donnet et M. Thouvenel.</p>
<p><a href="#_ftnref3">[3]</a> Qui a été numérisé par Google et qui est accessible à l’adresse suivante :</p>
<p><a href="http://books.google.fr/books?id=uZ8TAAAAYAAJ&amp;dq=lacoin+exposition+internationale+aquiculture&amp;printsec=frontcover&amp;source=bl&amp;ots=7kykG3o79c&amp;sig=x0VimQOD7Dj1YyUBHWdIAuM3tkE&amp;hl=fr&amp;ei=iuIsS83THJC64QbhhaydCQ&amp;sa=X&amp;oi=book_result&amp;ct=result&amp;resnum=1&amp;ved=0CAoQ6AEwAA#v=onepage&amp;q=&amp;f=false">http://books.google.fr/books?id=uZ8TAAAAYAAJ&amp;dq=lacoin+exposition+internationale+aquiculture&amp;printsec=frontcover&amp;source=bl&amp;ots=7kykG3o79c&amp;sig=x0VimQOD7Dj1YyUBHWdIAuM3tkE&amp;hl=fr&amp;ei=iuIsS83THJC64QbhhaydCQ&amp;sa=X&amp;oi=book_result&amp;ct=result&amp;resnum=1&amp;ved=0CAoQ6AEwAA#v=onepage&amp;q=&amp;f=false</a>.</p>
<p><a href="#_ftnref4">[4]</a> Celle-ci, rappelons-le, viendra villégiaturer une semaine à Arcachon au mois d’août 1890, sans prendre la peine, croit-on savoir, de visiter le Musée-Aquarium.</p>
<p><a href="#_ftnref5">[5]</a> Georges Trébuchet, Christian Gautier, <em>Une Famille, une Maison, Vilmorin-Andrieux</em>, L’Historique de Verrières, Verrières-le-Buisson-1982, p. 38.</p>
<p><a href="#_ftnref6">[6]</a> Ibid., p. 39</p>
<p><a href="#_ftnref7">[7]</a> Ibid. p. 39-43.</p>
<p><a href="#_ftnref8">[8]</a> François Russo, <em>Maurice Lacoin (1877-1963)</em> in Revue d’histoire des sciences et de leurs applications, Année 1965, Volume 18, p. 113.</p>
<p><a href="#_ftnref9">[9]</a> Morte à 22 ans, elle est enterrée avec son père au cimetière de Saint-Pandelon.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Sur Ernest Esclangon</title>
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		<pubDate>Wed, 23 Dec 2009 17:13:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ernest Esclangon]]></category>
		<category><![CDATA[René Quinton]]></category>
		<category><![CDATA[Esclangon]]></category>
		<category><![CDATA[Quinton]]></category>

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		<description><![CDATA[Ouvrons si vous le voulez bien, une petite parenthèse pour mieux faire connaissance avec ce savant.
En 1905, un an avant d’être intronisé au sein de la Société Scientifique, il avait donc été nommé astronome-adjoint à l’Observatoire de Bordeaux. Cette même année-là, le 30 août, il y avait eu une éclipse totale de soleil. Et notre [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #0000ff;">Ouvrons si vous le voulez bien, une petite parenthèse pour mieux faire connaissance avec ce savant.</span></p>
<p><span style="color: #0000ff;">En 1905, un an avant d’être intronisé au sein de la Société Scientifique, il avait donc été nommé astronome-adjoint à l’Observatoire de Bordeaux. Cette même année-là, le 30 août, il y avait eu une éclipse totale de soleil. Et notre jeune astronome-adjoint, n’avait pas hésité à payer de sa personne pour tenter de l’observer de plus près. Depuis la nacelle d’un ballon.</span></p>
<p><span style="color: #0000ff;">Il avait rédigé un compte-rendu de cette expérience, publié par le Bureau des Longitudes, que vous trouverez ci-après.<br />
Une façon pour nous d’élever le débat.</span></p>
<p><span style="color: #0000ff;">A la Société Scientifique, il avait rejoint René Quinton qui allait de son côté, au printemps 1908, se découvrir une soudaine passion pour la conquête de l’air.</span></p>
<p><span style="color: #0000ff;">Une passion envahissante.</span></p>
<p><span style="color: #0000ff;">Lors de leurs réunions à la Société Scientifique d’Arcachon, celle-ci n’aurait-elle pas déteint sur son collègue Esclangon ? Parce que ce dernier signait, dans les Comptes rendus hebdomadaires des séances de l’Académie des Sciences, Juillet-Décembre 1908, Tome 147, un article assez inattendu de la part d’un astronome : <em>Le vol plané sans force motrice.</em></span></p>
<p><span style="color: #0000ff;">Il récidivait, au mois de Janvier suivant, en confiant cette fois à la Revue des Idées, une nouvelle étude sur un sujet comparable : <em>La navigation et le planement des oiseaux</em>.</span></p>
<p><span style="color: #0000ff;">Il faut bien comprendre qu’ils n’étaient pas très nombreux les gens, en général, et les scientifiques, en particulier, à s’intéresser à la conquête de l’air à cette époque-là, avant la guerre de 14.</span></p>
<p><span style="color: #0000ff;">Nous pouvons imaginer René Quinton et Ernest Esclangon agacés d’observer les hippocampes modifier, dans les bacs de l’Aquarium d’Arcachon, la profondeur à laquelle ils évoluent, en ayant l’air de ne pas y toucher, alors qu&#8217;au même moment l’homme, lui, avait tant de mal à s’abstraire de la pesanteur.</span></p>
<p align="center">
<p align="center">BUREAU DES LONGITUDES.</p>
<p align="center">
<p align="center">
<p align="center">ÉCLIPSE TOTALE DE SOLEIL DU 29-30 AOUT 1905.</p>
<p align="center">________________</p>
<p><span id="more-557"></span></p>
<p align="center"><strong>OBSERVATIONS FAITES A BORDEAUX ET EN BALLON</strong></p>
<p align="center"><strong>PENDANT </strong><strong>L&#8217;ÉCLIPSE DU 30 AOUT 1905 ;</strong></p>
<p align="center"><strong> </strong></p>
<p align="center">PAR  M. ERNEST ESCLANGON.</p>
<p align="center">Astronome adjoint à l&#8217;Observatoire de Bordeaux.</p>
<p align="center">
<p align="center">_______</p>
<p align="center">
<p>Les observations de l&#8217;éclipse du 3o août 1905 devaient être importantes surtout dans la zone de totalité où s&#8217;étaient rendus un grand nombre d&#8217;astronomes, mais au point de vue purement scientifique devait-on se désintéresser de l&#8217;éclipse dans les zones où elle n&#8217;était que partielle ? A Bordeaux, au moment de la plus brande phase, les 923 millièmes de la surface solaire devaient être recouverts par la Lune ; cette circonstance était particulièrement favorable à l&#8217;exécution de certaines observations dont je montrerai le but dans un instant.</p>
<p>Aussi M. Rayet, directeur de l&#8217;Observatoire, accepta-t-il avec empressement l&#8217;offre gracieuse de <em>l&#8217;Aéro-Club </em>du Sud-Ouest et du journal <em>La </em><em>Petite Gironde </em>de mettre, le jour de l&#8217;éclipse, un ballon à la disposition de l&#8217;Observatoire.</p>
<p>Avant de quitter Bordeaux pour se rendre à Burgos, M. Rayet voulut bien me confier le soin d&#8217;élaborer un programme d&#8217;observations.</p>
<p>Après examen, et d&#8217;accord avec les aéronautes qui devaient m&#8217;accompagner, il fut décidé que nous ferions le 3o août une ascension de grande altitude, condition indispensable pour mener à bien les observations en projet. La conduite de l&#8217;aérostat devait être confiée à M. Briol, un des aéronautes les plus distingués de l&#8217;Aéro-Club et dont la grande habileté, consacrée par de nombreuses ascensions, était pour nous un précieux élément de succès.</p>
<p>L&#8217;ascension du 3o août comportait, en effet, des difficultés particulières ; outre la grande altitude à laquelle nous nous proposions de nous élever, il fallait de plus, et au moment de l&#8217;éclipse, nous maintenir à une hauteur sensiblement constante. Or, cette condition était précisément très difficile à réaliser, car, outre la difficulté qu&#8217;il y a habituellement à se maintenir à un niveau constant, le refroidissement occasionné par l&#8217;éclipse devait, d&#8217;autre part, avoir comme conséquence immédiate une chute continue de l&#8217;aérostat, chute qu&#8217;il fallait combattre par un jet de lest continu et bien mesuré.</p>
<p>Enfin, M. Maurice Martin, rédacteur à <em>La Petite Gironde, </em>et auquel était due en fait l&#8217;initiative de cette ascension scientifique, devait nous accompagner comme représentant de ce journal, et s&#8217;offrait gracieusement, du reste, à nous aider dans l&#8217;exécution de nos observations.</p>
<p>Les recherches que je m&#8217;étais proposé d&#8217;entreprendre étaient d&#8217;ordres différents.</p>
<p>En premier lieu, j&#8217;avais résolu de faire des observations actinométriques à haute altitude au moment de la plus grande phase. L&#8217;importance d&#8217;une grande altitude dans ce genre d&#8217;observations est trop connue pour que je la discute longuement ici. Il suffira de rappeler que l&#8217;absorption atmosphérique diminue d&#8217;autant plus qu&#8217;on s&#8217;élève davantage et qu&#8217;à 3ooo<sup>m</sup> elle se trouve déjà réduite dans des proportions considérables. De plus, en opérant en ballon, on évite un inconvénient très fréquent dans les stations élevées, à savoir les courants d&#8217;air souvent chargés d&#8217;humidité qui, cheminant sur les flancs des montagnes, rendent peu comparables des observations faites même à court intervalle de temps. Quant à l&#8217;intérêt des mesures actinométriques obtenues à l&#8217;instant de la plus grande phase, il résultait de cette circonstance qu&#8217;à ce moment la partie du Soleil non éclipsée était constituée presque exclusivement par les bords du disque, tout en restant assez importante pour impressionner convenablement les thermomètres actinométriques. De plus, la surface non éclipsée passant par un minimum varie peu au moment de la plus grande phase ; la radiation solaire reste donc sensiblement constante pendant un intervalle de temps assez long pour permettre au thermomètre actinométrique d&#8217;atteindre un équilibre suffisant.</p>
<p>Des observations comparatives faites avant et après la fin de l&#8217;éclipse auraient donné ensuite la relation existant entre le rayonnement total et le rayonnement particulier aux bords solaires. Comme la hauteur apparente du Soleil devait varier entre ces deux observations extrêmes, il y avait 1à une nouvelle raison pour opérer à grande altitude de façon à diminuer l&#8217;importance de l&#8217;absorption atmosphérique qui devenait variable, et pouvoir faire ainsi avec quelque sûreté les corrections nécessaires.</p>
<p>En second lieu, je me proposais d&#8217;étudier la polarisation de la lumière émise par la couronne solaire ; mais ici, le fait que l&#8217;éclipse n&#8217;était pas totale diminuait beaucoup l&#8217;intérêt de cette étude qui devait surtout trouver sa place dans la zone de totalité. Enfin, j&#8217;avais décidé de rechercher, au cas où j&#8217;en aurais le loisir, si la proportion de lumière atmosphérique polarisée reste constante avec la marche de l&#8217;éclipse et si la dissymétrie solaire qui en résulte n&#8217;introduit pas des perturbations sensibles dans la direction normale des plans de polarisation. Mais, à mon point de vue, ces recherches devaient rester d&#8217;ordre secondaire.</p>
<p>Le ballon à bord duquel nous devions prendre place, la <em>Belle Hélène, </em>cube 1600<sup>m</sup> et appartient à M. Baudry, président de l&#8217;Aéro-Club du Sud Ouest, que je tiens à remercier ici pour l&#8217;extrême obligeance dont il fit preuve à notre égard pendant la préparation de notre ascension. Les cordes de suspente durent être allongées de 1<sup>m</sup>,5o afin d&#8217;être certains que, de la nacelle, nous verrions le Soleil au commencement de l&#8217;éclipse. Le premier contact se produisant à 11<sup>h</sup>43<sup>m</sup> (temps vrai), le Soleil devait se trouver très haut sur l&#8217;horizon dans les premières phases de l&#8217;éclipse et la précaution n&#8217;était pas inutile. Nous comptions atteindre avec un temps favorable une altitude de 3500<sup>m</sup> à 4000<sup>m</sup>.</p>
<p>Le Directeur du Conservatoire des Arts et Métiers avait bien voulu nous confier l&#8217;actinomètre de Violle qui fait partie des collections de cet établissement, et M. Violle lui-même voulut bien, en ces circonstances, nous donner de précieux conseils et d&#8217;utiles indications dont nous le remercions vivement. La sphère extérieure de l&#8217;actinomètre mesure o<sup>m</sup>, 3o de diamètre et peut contenir 10<sup>kg</sup> de glace environ, quantité suffisante pour plusieurs heures d&#8217;observations. La nacelle de la Belle-Hélène<em> </em>fut aménagée spécialement pour recevoir cet instrument. Dans ce but une petite table, de o<sup>m</sup>, 4o de côté, fut placée au centre et fixée solidement aux traverses de fond par des vis ; la partie supérieure fut recouverte d’un plateau métallique dont la surface fut plombaginée pour faciliter les déplacements horizontaux de l&#8217;actinomètre, déplacements que les mouvements de rotation du ballon devaient rendre nécessaires.</p>
<p>Comme polarimètres, j&#8217;avais à ma disposition un polarimètre de Cornu, propriété de l&#8217;Observatoire, et un polarimètre d&#8217;Arago, emprunté à la Faculté des Sciences. Mon intention était de les utiliser presque exclusivement comme polariscopes, et, dans le polarimètre d&#8217;Arago, j&#8217;avais supprimé la pile de glaces. Une étude préliminaire et comparative de ces instruments m&#8217;avait montré que, dans les conditions toutes particulières où nous devions être placés, c&#8217;est-à-dire pour observer au voisinage immédiat du disque solaire, le polarimètre d&#8217;Arago semblait préférable à celui de Cornu. Avec une lumière un peu vive, on apprécie plus aisément les changements de teinte que les différences d&#8217;éclairement, de sorte que le premier de ces deux appareils permet dans ces conditions de déceler des quantités très faibles de lumière polarisée indiscernables avec le second.</p>
<p>Enfin, des baromètres, des thermomètres et des hygromètres enregistreurs complétaient notre outillage scientifique.</p>
<p>Quant aux hauteurs atteintes, la mesure devait en être obtenue par triangulation. Dans ce but, deux stations furent organisées : l&#8217;une à l&#8217;Observatoire même, sous la direction de M. Kromm ; l&#8217;autre, à Bordeaux, sur la terrasse d&#8217;un bâtiment appartenant à M. Bayard, architecte, confiée à M. Godard. Ces deux stations étaient séparées par une distance horizontale de 3379<sup>m</sup>,5 ; les instruments employés étaient des théodolites et permettaient d&#8217;évaluer simultanément l&#8217;azimut et la hauteur.</p>
<p>Malheureusement, le 3o août fut loin d&#8217;être au point de vue du temps ce que nous aurions désiré. Ce fut une journée particulièrement orageuse, coupée d&#8217;averses et de bourrasques ; le vent soufflait avec une certaine violence. Le commencement de l&#8217;éclipse devant se produire à midi (temps moyen de Paris),  nous avions décidé de partir vers 11<sup>h</sup>15<sup>m</sup> de façon à nous équilibrer à la hauteur voulue avant le premier contact. Mais, au moment où le gonflement venait d&#8217;être terminé, une forte averse mouilla entièrement le ballon et, outre le retard considérable qu&#8217;elle apporta à notre départ, elle devait nous empêcher d&#8217;atteindre les altitudes que nous avions espérées, car cette surcharge inattendue diminuait d&#8217;autant la quantité de lest que nous pouvions emporter. Après un faux départ, dans lequel une rafale nous ramena assez violemment sur le sol et faillit briser les instruments, nous partîmes enfin à midi dans une éclaircie. La <em>Belle-Hélène </em>s&#8217;éleva dans une trouée de nuages qui, marchant avec nous, nous permit de voir le Soleil au moins pendant quelque temps. Je montai rapidement l&#8217;actinomètre préalablement rempli de glace. Les opérations marchaient régulièrement et je faisais quelques déterminations préliminaires, lorsqu&#8217;un accident brisa le thermomètre actinométrique. Je fus mis ainsi dans l&#8217;obligation d&#8217;interrompre ce genre d&#8217;observations. On peut cependant, de ces expériences malheureusement interrompues, tirer cet enseignement important qu&#8217;avec un aménageaient convenable et une nacelle spacieuse, les observations actinométriques sont parfaitement réalisables en ballon avec l&#8217;appareil de Violle, et que, malgré les mouvements de rotation toujours lents de l&#8217;aérostat, il est possible de maintenir le tube d&#8217;insolation dans la direction de la radiation. Peut-être y aurait-il lieu, toutefois, d&#8217;adapter à cet actinomètre un dispositif spécial permettant de lui donner une plus grande mobilité. Il y aurait, de plus, avantage à en réduire les dimensions de façon à le rendre plus maniable, et cela sans nuire beaucoup à la précision qu&#8217;il comporte.</p>
<p>L&#8217;instant de la plus grande phase approchant, je m&#8217;appliquai alors aux observations polarimétriques ; je fis usage du polarimètre d&#8217;Arago et observai surtout au voisinage des pointes du croissant solaire. Je me servais de lunettes légèrement fumées et je m&#8217;étais assuré par des expériences préalables qu&#8217;elles n&#8217;introduisaient aucune polarisation étrangère. Malgré la difficulté de l&#8217;observation, je pus reconnaître qu&#8217;au voisinage immédiat du bord solaire, et par conséquent dans la région coronale, la polarisation était sensible mais peu considérable. Par comparaison avec des observations préliminaires sur la sensibilité de l&#8217;instrument que j&#8217;utilisais, je trouvai que la proportion de lumière polarisée ne devait pas dépasser 1/20. <sub> </sub>Des cirrus très élevés que nous ne pûmes surmonter nous cachèrent ensuite le Soleil qui resta voilé jusqu&#8217;à la fin de l&#8217;éclipse. Ils nous donnèrent l&#8217;occasion de contempler une superbe couronne d&#8217;interférences que le faible éclat du Soleil éclipsé rendait ainsi très apparente. On sait que c&#8217;est là un phénomène assez rare en raison de l&#8217;éclairement considérable produit par un Soleil normal.</p>
<p>Comme le ciel restait limpide dans le Nord-Est j&#8217;en profitai pour faire quelques observations sur la polarisation atmosphérique. J&#8217;observai dans une région située à 9o° du Soleil et sensiblement dans le même azimut. La quantité de lumière polarisée était relativement faible ce jour-là et de plus elle se montra variable avec la phase de l&#8217;éclipse. Voici les résultats obtenus avec le photo-polarimètre de Cornu :</p>
<p>Heures.                                        Proportion de lumière polarisée<br />
h  m</p>
<p>1.30&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;.. 0,35</p>
<p>1.50&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;.. 0,29</p>
<p>2.10&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;.. 0,24</p>
<p>2,30&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;.. 0,19</p>
<p>La phase maximum s&#8217;étant produite à 1<sup>h</sup>20<sup>m</sup>, on voit que la proportion de lumière polarisée diminuait à mesure que le Soleil reparaissait davantage.</p>
<p>Il est assez difficile d&#8217;expliquer cette variation très sensible de la polarisation atmosphérique, d&#8217;autant plus que, généralement, la quantité de lumière polarisée augmente graduellement du milieu de la journée au soir. Est-ce là un phénomène constant ou bien doit-il être attribué à des circonstances étrangères à l&#8217;éclipse ? Il est à remarquer que la <em>Belle-Hélène </em>ne cessa de s’élever à partir de 1<sup>h</sup>20<sup>m</sup>, c&#8217;est-à-dire à partir de l&#8217;instant correspondant à la phase maximum.</p>
<p>La disparition graduelle du Soleil avait occasionné un refroidissement considérable et une chute continue du ballon qui, en raison de la trop petite quantité de lest dont nous disposions, fut fort difficile à combattre. Voici d&#8217;ailleurs un Tableau indiquant les altitudes et les températures correspondant aux heures données dans la première colonne :</p>
<p>Heures.                                          Altitudes</p>
<p>&#8212;&#8211;                                           au-dessus du niveau</p>
<p>Temps moyen Paris.                     de la mer.                    Températures.</p>
<p>h   m</p>
<p>12,  2&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;.. 267                                    0</p>
<p>12.  7&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;.. 612                                     «</p>
<p>12.15&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;. &#8230;&#8230;&#8230;&#8230; 963                                     «</p>
<p>12.25&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;. &#8230;&#8230;&#8230;.. 1102                                     «</p>
<p>12.30&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;. &#8230;&#8230;&#8230;.. 1144                                  11,6</p>
<p>12.35&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;. &#8230;&#8230;&#8230;.. 1198                                  11,4</p>
<p>12.45&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;. &#8230;&#8230;&#8230;.. 1335                                  11,0</p>
<p>12.47&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;. &#8230;&#8230;&#8230;.. 1325                                  10,7</p>
<p>12.57&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;. &#8230;&#8230;&#8230;.. 1194                                     «</p>
<p>1.  5&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;. &#8230;&#8230;&#8230;.. 1075                                    0</p>
<p>1.  8&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;. &#8230;&#8230;&#8230;.. 1006                                     «</p>
<p><strong>1.14</strong>&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;. &#8230;&#8230;&#8230;&#8230; 792                                     «           <strong> phase</strong></p>
<p><strong>1.19</strong>&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;. &#8230;&#8230;&#8230;&#8230; 846                                    7,2         <strong>maximum</strong></p>
<p>1.25&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;. &#8230;&#8230;&#8230;&#8230; 887                                  10,7</p>
<p>1.32&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;. &#8230;&#8230;&#8230;.. 1140                                     «</p>
<p>1.39&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;. &#8230;&#8230;&#8230;.. 1140                                  10,6</p>
<p>1.45&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;. &#8230;&#8230;&#8230;.. 1140                                     «</p>
<p>1.47&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;. &#8230;&#8230;&#8230;.. 1305                                  10,8</p>
<p>1.54&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;. &#8230;&#8230;&#8230;.. 1305                                    9,8</p>
<p>2.  0&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;. &#8230;&#8230;&#8230;.. 2086                                    9,5</p>
<p>2.  7&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;. &#8230;&#8230;&#8230;.. 2241                                     «</p>
<p>2.15&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;. &#8230;&#8230;&#8230;.. 1605                                    9,9</p>
<p>2.20&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;. &#8230;&#8230;&#8230;.. 1470                                  11,6</p>
<p>2.27&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;. &#8230;&#8230;&#8230;.. 1914                                    8,0</p>
<p>2.31&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;. &#8230;&#8230;&#8230;.. 2266                                    6,0</p>
<p>2.34&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;. &#8230;&#8230;&#8230;.. 2504                                    6,3</p>
<p>2.42&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;. &#8230;&#8230;&#8230;.. 1950                                    9,4</p>
<p>3.11&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;.          Atterrissage.</p>
<p>On voit combien le refroidissement fut considérable au moment de la plus grande phase. A partir de cet instant le ballon s&#8217;éleva pour ainsi dire continuellement pour atteindre sa plus grande hauteur à 2<sup>h</sup>34<sup>m</sup> à la fin de l&#8217;éclipse. Les températures étaient évaluées à l&#8217;aide d&#8217;un thermomètre fronde.</p>
<p>Vers 2h, nous pûmes constater un phénomène fort rare en ballon ; nous ressentîmes un vent assez fort dans la nacelle, et la flamme qui, suspendue au corps de l&#8217;aérostat, s&#8217;était jusque-là maintenue immobile, s&#8217;agita violemment. Nous traversions sans doute une surface de discontinuité séparant deux couches d&#8217;air de vitesses différentes, et le vent que nous ressentions prouvait combien peut être limitée la zone de transition, puisque la nacelle et le ballon semblaient se trouver dans deux couches distinctes.</p>
<p>L&#8217;atterrissage eut lieu à 3<sup>h</sup>11<sup>m</sup> sous l&#8217;habile conduite de notre pilote, au delà de Bergerac, à plus de 120<sup>km</sup>, à l&#8217;est exactement du point de départ.</p>
<table border="0" cellspacing="0" cellpadding="0">
<tbody>
<tr>
<td align="left" valign="top">Les hauteurs ont été   déduites des indications fournies par un baromètre holostérique et corrigées   à l&#8217;aide des mesures de triangulation.</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p>Le ballon était pointé simultanément et tous les quarts d&#8217;heure par MM. Kromm et Godard. Le premier pointé eut lieu à midi, le dernier 1<sup>h</sup>15<sup>m</sup>. A ce moment, le ballon se trouvait à 40<sup>km</sup> du point de départ. Les hauteurs fournies par la triangulation ne concordent d&#8217;ailleurs pas avec les indications barométriques, mais les différences observées se produisent toujours dans le même sens et croissent régulièrement avec l&#8217;altitude, ce qui permet de faire dans de bonnes conditions les corrections nécessaires. Les hauteurs déduites de l&#8217;observation du baromètre sont trop fortes et l&#8217;erreur atteint près de 100<sup>m</sup> à 1000<sup>m</sup> d&#8217;altitude. Ceci montre que, dans les ascensions où l&#8217;on tient à quelque précision dans l’évaluation des hauteurs, les indications fournies par le baromètre sont insuffisantes et il faut de toute nécessité recourir alors aux méthodes de triangulation.</p>
<p>On vient de voir combien le temps fut défavorable à nos projets et à nos observations. La pluie au départ fut une circonstance particulièrement fâcheuse. Elle nous obligea à mettre dans la nacelle les sacs de lest qui auraient trouvé naturellement leur place sur le pourtour extérieur si le temps eût été sec. L&#8217;embarras qui en résulta ne fut pas étranger à l&#8217;accident qui amena la rupture du thermomètre actinométrique. De plus, à cause même de la surcharge considérable que nous avions reçue de ce fait, nous ne pûmes monter qu&#8217;à 2500<sup>m</sup>, tandis que nous aurions atteint facilement sans cela une altitude de 3500<sup>m</sup> à 4000<sup>m</sup>, et dépassé les couches de nuages qui nous cachèrent le Soleil à partir de 1<sup>h</sup>15<sup>m</sup>, c&#8217;est-à-dire un peu avant l&#8217;instant de la plus grande phase.</p>
<p>Mais cette ascension n&#8217;aura pas été inutile. En dehors des observations que nous avons pu obtenir, elle nous a convaincu que les mesures actinométriques faites en ballon, surtout par des temps calmes, sont susceptibles d&#8217;une précision presque aussi grande que sur la terre ferme. Or l&#8217;intérêt de ces mesures en temps ordinaire, et à plus forte raison pendant les éclipses, est indiscutable. M. Violle, dont la grande autorité en cette matière est incontestable, en a, à maintes reprises, signalé l&#8217;importance. Aussi j&#8217;espère pouvoir, au cours de futures ascensions, entreprendre de nouvelles recherches dans ce sens et faire en ballon, à des intervalles de temps rapprochés et des altitudes différentes, de nombreuses déterminations actinométriques. Peut-être pourrait-on obtenir par cette voie des déterminations plus précises de la constante solaire et de l&#8217;absorption atmosphérique.</p>
<p>Je ne terminerai pas sans adresser <em>à l&#8217;Aéro-Club du Sud-Ouest </em>mes plus vifs remerciements pour l&#8217;empressement qu&#8217;il voulut bien apporter à l&#8217;organisation de cette ascension scientifique. Cette vaillante Société comprit qu&#8217;à l&#8217;occasion de l&#8217;éclipse elle pouvait faire œuvre utile. En mettant à la disposition de l&#8217;Observatoire de Bordeaux le plus bel aérostat dont elle dispose elle montra combien elle était désireuse de contribuer, et dans toute la mesure de ses moyens, aux recherches scientifiques dont l&#8217;éclipse du 3o août pouvait être l&#8217;objet. Nous devrions l&#8217;en féliciter si nous n&#8217;avions à la remercier.</p>
<p>Pendant que s&#8217;accomplissaient dans la nacelle de la <em>Belle-Hélène </em><em>les </em>observations dont on vient de parler, on exécutait à l&#8217;Observatoire même des observations d&#8217;un autre genre ; mais ici encore le mauvais état du ciel ne permit pas de réaliser le programme que l&#8217;on s&#8217;était tracé. Outre les nuages existant dans le ciel avant le commencement de l&#8217;éclipse, d&#8217;autres se formèrent sur place à la faveur du refroidissement qui se produisit au moment de la phase maxima. Le premier contact qui devait se produire à 0<sup>h</sup>0<sup>m</sup>12<sup>s</sup> ne put être observé. Le dernier contact qui, d&#8217;après les calculs de M. Kromm, devait avoir lieu à 2<sup>h</sup>35<sup>m</sup>46<sup>s</sup>,6, fut observé par M. Doublet à l&#8217;équatorial de 14 pouces et par M. Godard dans une lunette de 1o8<sup>mm</sup> appartenant à M. Bayard. Ils ont obtenu pour l&#8217;heure de ce contact :</p>
<p style="text-align: center;">Temps moyen Paris.</p>
<p style="text-align: center;">h     m   s</p>
<p>MM. Doublet &#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;. 2.35.43</p>
<p>Godard&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;. 2.35.48</p>
<p>ce qui concorde parfaitement avec l&#8217;heure prévue.</p>
<p>Des aides volontaires ayant bien voulu prêter leur concours à l&#8217;Observatoire, on put faire également pendant l&#8217;éclipse des observations météorologiques et magnétiques dont les résultats sont indiqués dans le Tableau suivant :</p>
<p>Heures                                     Température                    Etat                                  Variation de la</p>
<p>&#8212;                                             extérieure<a href="#_ftn1">(1)</a>.             hygrométrique<a href="#_ftn2">(1)</a>.   déclinaison magnétique<a href="#_ftn3">(2)</a>.</p>
<p>Temps moyen Paris.</p>
<p>h   m                                         o</p>
<p>11.55&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;..             19,4                         0,67                     +0,1</p>
<p>0.  5&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;.             19,4                         0,60                      -0,1</p>
<p>0.15&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;.             19,2                         0,58                      -0,6</p>
<p>0.25&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;.             18,8                         0,66                      -1,1</p>
<p>0.35&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;.             18,4                         0,61                      -1,3</p>
<p>0.45&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;.             18,4                         0,59                      -0,1</p>
<p>0.55&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;.             18,1                         0,61                      -0,1</p>
<p>1.  5&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;.             17,9                         0,64                      -0,1</p>
<p><strong>1.15</strong>&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;..             17,6                         0,65                      -0,2  phase maximum</p>
<p>1.25&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;.             17,4                         0,67                      -0,1</p>
<p>1.35&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;.             17,0                         0,73                     +0,2</p>
<p>1.45&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;.             17,5                         0,68                     +0,2</p>
<p>1.55&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;.             19,0                         0,63                     +0,8</p>
<p>2.  5&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;.             19,2                         0,61                     +0,7</p>
<p>2.15&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;.             19,4                         0,60                      -0,1</p>
<p>2.25&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;.             19,8                         0,57                     +0,1</p>
<p>2.35&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;.             20,3                         0,56                     +0,9</p>
<p>2.45&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;.             20,4                         0,54                     +0,9</p>
<p>Le signe – dans la colonne « Variation de la déclinaison magnétique » indique que la déclinaison diminue.</p>
<p>Le refroidissement produit par l&#8217;éclipse est nettement caractérisé par un abaissement qui atteint 2° dans la température extérieure, mais l&#8217;état hygrométrique a subi des variations irrégulières dues surtout à l&#8217;état troublé de l&#8217;atmosphère. En particulier, l&#8217;averse qui s&#8217;est produite à 1<sup>h</sup>30<sup>m</sup> a eu comme conséquence immédiate un relèvement assez brusque de l&#8217;état hygrométrique.</p>
<p>Il paraît difficile de dégager une loi dans la variation de la déclinaison magnétique. Il s&#8217;est produit un minimum 40 minutes avant la phase maxima, la déclinaison a crû ensuite d&#8217;une façon à peu près régulière jusqu&#8217;à la fin de l&#8217;éclipse.</p>
<p>Le baromètre n&#8217;a pas indiqué de variation sensible.</p>
<p>Il a été fait enfin des observations photométriques en vue d&#8217;obtenir la variation d&#8217;éclairement du ciel avec la phase de l&#8217;éclipse. La méthode employée est une méthode photographique, mais les résultats obtenus ont été faussés par une variation continuelle de la nébulosité.</p>
<p>Toutes ces observations ont été considérablement facilitées par le concours complaisant de MM. Bayard, Rivière, Sciota, de M<sup>mes</sup> Baudeuf, Chateney, Ducos, Gelis, et l&#8217;Observatoire ne saurait trop les en remercier.</p>
<hr size="1" /><a href="#_ftnref1">(1)</a> Observations faites par M. Sciota, instituteur.</p>
<p><a href="#_ftnref3">(2)</a> Observations faites par M. Rivière, instituteur.</p>
<p><a href="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2009/12/Ballonesclangon.pdf">Télécharger la communication d&#8217;Ernest Esclangon </a></p>
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		<title>René Quinton</title>
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		<pubDate>Mon, 19 Oct 2009 16:34:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Les chercheurs ayant fréquenté le Musée-Aquarium]]></category>
		<category><![CDATA[René Quinton]]></category>
		<category><![CDATA[Quinton]]></category>

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		<description><![CDATA[René Quinton, savant naturaliste, physiologiste et biologiste.
En 1896, l&#8217;observation d&#8217;une vipère engourdie par le froid lui révélera une vocation de biologiste qu&#8217;il va appuyer sur une conception tout à fait originale et qu&#8217;il résumera dans un texte intitulé : Les deux pôles foyers d&#8217;origine. Origine australe de l&#8217;homme.
« Un problème grandiose hante son cerveau : [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>René Quinton, savant naturaliste, physiologiste et biologiste.</p>
<p>En 1896, l&#8217;observation d&#8217;une vipère engourdie par le froid lui révélera une vocation de biologiste qu&#8217;il va appuyer sur une conception tout à fait originale et qu&#8217;il résumera dans un texte intitulé : Les deux pôles foyers d&#8217;origine. Origine australe de l&#8217;homme.</p>
<p>« Un problème grandiose hante son cerveau : « Quel est l’ordre d’apparition des espèces vivantes ? Où ont-elles pris naissance ? A travers leur évolution quelles traces gardent-elles en leur être intime du milieu originel qui les immergeait. » A ces questions, par un effort de synthèse qu’il poursuivra toute sa vie, il donne une réponse : le milieu dans lequel vit la cellule d’un animal a même composition chimique et même température que le milieu dans lequel est née, à son origine, l’espèce à laquelle il appartient. Du moins, cela est vrai approximativement, pour les animaux à sang chaud, dont l’organisme est capable de lutter contre l’abaissement de la température. Ainsi il peut, par l’étude chimique et thermique de leur sang établir dans le temps, l’ordre d’apparition des espèces, indiquer par avance la température d’une espèce quand on sait celle d’une espèce contemporaine… Il faut lire, dans les travaux de Quinton, cette sorte de poème épique que constitue pour lui l’apparition dans le temps des espèces successives, leur naissance au pôle, leur descente vers l’équateur, la genèse de l’oiseau, le dernier né, postérieur à l’homme. »</p>
<p style="text-align: center;">
<div id="attachment_175" class="wp-caption aligncenter" style="width: 460px"><a title="Le monument Quinton à Cheaumes en Brie" href="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2009/10/Quinton10.jpg" rel='gb_imageset[rene-quinton]'><img class="size-medium wp-image-175 " title="Le monument Quinton à Cheaumes en Brie" src="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2009/10/Quinton10-450x289.jpg" alt="Le monument Quinton à Cheaumes en Brie" width="450" height="289" /></a><p class="wp-caption-text">Le monument Quinton à Cheaumes en Brie</p></div>
<p><a href="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2009/10/museeaquarium02a1.pdf"></a><a href="http://www.sauvonslemuseeaquarium.org/wordpress/wp-content/uploads/2009/10/Renequinton.pdf">En savoir plus  (texte mis à jour : le 13 novembre 2009)</a></p>
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		<title>Ernest Esclangon</title>
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		<pubDate>Wed, 14 Oct 2009 20:15:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ernest Esclangon]]></category>
		<category><![CDATA[Les chercheurs ayant fréquenté le Musée-Aquarium]]></category>
		<category><![CDATA[Esclangon]]></category>

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		<description><![CDATA[Ernest Esclangon est un savant bien atypique qui aura été membre de la Société Scientifique d’Arcachon depuis le 17 juin 1906, il a alors 30 ans, et où il avait sans doute été intronisé par son ami le docteur bordelais Jean Sellier, jusqu’à sa mort intervenue en 1954.
Pour mieux le découvrir, écoutons ce qu’en disait [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ernest Esclangon est un savant bien atypique qui aura été membre de la Société Scientifique d’Arcachon depuis le 17 juin 1906, il a alors 30 ans, et où il avait sans doute été intronisé par son ami le docteur bordelais Jean Sellier, jusqu’à sa mort intervenue en 1954.</p>
<p>Pour mieux le découvrir, écoutons ce qu’en disait le Docteur Georges Fleury lors de l’assemblée du 27 février 1955 de cette société savante :</p>
<p><span style="color: #0000ff;">Au cours de l’année passée nous avons eu à déplorer le décès de M. Ernest Esclangon, membre honoraire de notre Société.<br />
A l’assemblée générale du 24 avril 1932 le président Jules Lalesque s’exprimait ainsi : « Membre de la Société depuis plus de vingt ans, M. Esclangon nous a rendu des services techniques importants ; c’est pourquoi en raison d’une collaboration qu’on ne saurait oublier, il a été décidé d’inscrire parmi les membres honoraires de la Société notre éminent collègue, actuellement directeur de l’Observatoire de Paris. »<br />
Membre de l’Institut, ancien président de l’Académie des sciences, directeur honoraire de l’Observatoire de Paris, commandeur de la Légion d’honneur, Ernest Esclangon est mort le 28 janvier 1954 à l’âge de 78 ans.<br />
En 1899, dès sa sortie de l’Ecole normale supérieure, il travaille à l’Observatoire de Bordeaux. En 1902, à la faculté des sciences de cette ville, il est chargé du cours de mécanique rationnelle. En 1904, il est reçu docteur ès sciences mathématiques. En 1905 il est nommé astronome-adjoint à Bordeaux ; en 1919 directeur de l’Observatoire de Strasbourg ; en 1921 directeur de l’Observatoire de Paris, poste qu’il conservera jusqu’en 1944.<br />
Ernest Esclangon est l’auteur de nombreux ouvrages de mathématiques pures, de phy-sique et d’astronomie.<br />
Pour les profanes et pour les français son nom reste attaché à l’invention de l’horloge parlante.<br />
La Société scientifique s’incline respectueusement au souvenir du savant qui en servant la science a bien servi son pays.</span></p>
<p>Combien d’Arcachonnais savent que l’inventeur de l’horloge parlante a été fidèle pen-dant si longtemps à cette Société scientifique d’Arcachon dont on veut aujourd’hui démolir les murs ?<br />
Si nous devions leur conseiller un ouvrage, nous choisirions sans hésiter le somptueux bouquin qu’Alfred Ungerer a consacré en 1931 aux Horloges astronomiques et monumentales les plus remarquables de l&#8217;antiquité jusqu&#8217;à nos jours et pour lequel il a demandé une préface à Ernest Esclangon.</p>
<p>Ernest Esclangon, Mison (04200) 17 mars 1876, Eyrenville (24560) 28 janvier 1954.</p>
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