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Victoire ! ! !

Nous avons gagné la guerre !!!

Notre adversaire a rendu les armes sans condition.

Il a signé son acte de reddition dans l’après-midi du vendredi 18 octobre 2019, à Bordeaux.

Son projet de Pôle Océanographique Aquitain est purement et simplement abandonné.

Même chose pour le projet du Carlton en béton.

Le littoral d’Arcachon ne sera pas saccagé, une nouvelle fois, par des milliers de mètres carrés de béton.

En 1945, le littoral de Royan a été massacré par l’aviation anglaise.

En 1960, celui d’Agadir a été détruit par un tremblement de terre.

Arcachon a été heureusement épargné par les bombardements et les tremblements de terre.

Son littoral n’a eu à subir que les assauts de la promotion immobilière.

On a souvent que ce que l’on mérite.

Et les générations qui nous suivent doivent savoir désormais que ce littoral arcachonnais, tout au long des années 2010, a manqué être vandalisé au nom de l’épannelage.

L’épannelage, une trouvaille redoutable.

Les orgues de Staline de nos adversaires.

Mais surtout, surtout, notre cher Musée-Aquarium est sauvé.

Il devrait désormais être préservé.

Mais comme toute guerre celle-ci ne laisse derrière elle que des ruines.

La Station Marine n’est plus entretenue depuis plus d’une dizaine d’années.

Tout y va à vau-l’eau.

La ville a perdu la propriété de la Maison Universelle présentement à l’abandon.

 

On aurait mieux fait d’écouter nos propositions, celles du Collectif Populaire de Défense des Aquaria Convoités.

Conserver le Musée-Aquarium et l’immeuble en pierre de taille situé derrière lui, face à la mer. Les rénover et raser tout le reste des constructions sises sur la parcelle Peyneau.

Et construire, en forme de fer à cheval qui aurait entouré le Musée-Aquarium et l’aurait mis en valeur comme un écrin, un Pôle Océanographique Aquitain, flambant neuf, moderne, dans une architecture arcachonnaise à taille humaine, avec au maximum trois étages.

Que de temps et que d’argent on aurait pu ainsi éviter de gaspiller.

Nous avons gagné la guerre parce que nous défendions le bon sens.

D’aucuns avaient jugé judicieux de s’en affranchir.

Si bien qu’à vaincre sans péril, nous triomphons sans gloire.

 

Écoutons notre adversaire, le docteur Manuel Tunon de Lara, président de l’Université de Bordeaux, qui s’est exprimé dans la livraison de Sud Ouest datée du 19 octobre :

 

« À Peyneau nous allons rénover l’existant et l’existant ce n’est pas grand-chose. »

Sûr qu’il vaut mieux entendre cela que d’être sourd.

Peyneau ce n’est pas grand-chose sauf qu’il y a sur cette parcelle le plus vieil aquarium public du monde encore en activité dans sa configuration d’origine.

Vraiment pas grand-chose.

 

« Le Musée-Aquarium de Peyneau est très mal en point. On ne pourra absolument pas faire à Peyneau ce que l’on avait imaginé dans l’autre bâtiment. »

Et qu’avait-on imaginé ?

De faire nager une pinasse dans un aquarium.

Sûr qu’en construisant leur Musée-Aquarium nos anciens n’avaient pas envisagé cette idée loufoque d’y faire nager leurs pinasses dans les aquarium.

Ce n’étaient pas des universitaires, ils devaient manquer d’instruction.

Et puis ils investissaient leur argent, pas l’argent public.

 

« Sur Arcachon, le projet est maintenant de restaurer la station marine sur la Place Peyneau, avec un aménagement a minima sur le Petit port pour avoir accès aux embarcations. »

Un universitaire, ça enseigne, ça n’apprend pas.

Voilà un nouveau projet sur le Petit port sans concertation préalable aucune avec les riverains ou les associations qui se sont battus bec et ongle contre le projet précédent.

Ne perdons pas de temps.

Il est à craindre que les mêmes causes produisent les mêmes effets.

Nos amis et alliés de CDROM risquent bien d’être obligés de recourir à nouveau à leur avocat pour se faire entendre.

 

Le président de l’Université finit sur l’opposition des Arcachonnais à son projet :

« Une partie des habitants ne le voulait pas certes, ceux qui étaient masqués par le projet, et des opposants à toute construction. »

Ceux qui étaient masqués par le projet ce sont ceux dont les fenêtres donnaient sur la mer lesquelles allaient être aveuglées par le mur de béton de ce POA.

Et ils étaient contre !

Alors que tout le monde comprend bien qu’ils auraient dû remercier l’Université de les spolier.

 

Et il continue :

« Mais je crois que beaucoup étaient plus défavorables à la construction de l’hôtel qu’au POA. »

Ce n’est pas vrai.

Il n’y avait qu’un seul requérant contre le permis de construire de cet hôtel alors que contre celui du POA, il y avait pléthore.

Au Collectif Populaire de Défense des Aquaria Convoités nous n’étions pas, au départ, contre l’hôtel ou contre toute construction, nous étions essentiellement opposés à la démolition du Musée-Aquarium.

Et alors que nous partîmes cinq cents, par un prompt renfort nous nous vîmes trois mille en arrivant au Petit port.

Le Président de l’Université de Bordeaux préfère dire que beaucoup étaient contre la construction de l’hôtel 5 étoiles plutôt que de dire que beaucoup étaient contre la démolition du Musée-Aquarium. Sans doute pour ne pas prendre le risque d’être assimilé aux barbares qui voulaient massacrer sans vergogne notre patrimoine.

Mais il ne trompe personne.

 

Maintenant il nous faut voir devant.

Il faut relever ces ruines que nous ont laissées l’impéritie notoire de tous ceux qui de près ou de loin ont initié et soutenu pendant si longtemps ce projet catastrophique.

Et qui ont ainsi causé un lourd préjudice à la ville d’Arcachon, lourd préjudice pour lequel ils ne seront pas sanctionnés.

Ni dans leurs postes de travail, ni dans leurs mandats électifs.

Nous avons une pensée particulière pour les 27 conseillers municipaux de l’équipe majoritaire dont pas un seul pendant dix ans n’a levé le petit doigt pour simplement s’interroger sur l’opportunité d’un tel projet. Et qui ont regardé sans rien dire le maire perdre la propriété de la Maison Universelle dans une succession de procédures judiciaires aussi ineptes les unes que les autres. Et qui aujourd’hui vont nous dire qu’ils ne sont pas responsables, que ce n’était pas un projet de la ville, ni du maire, mais de l’Université.

Leur aspiration : l’irresponsabilité.

A quoi servent-ils ?

Ils sont à désespérer de la démocratie.

 

Nous allons surveiller de près cette reconstruction pour nous assurer qu’elle respectera bien notre cher Musée-Aquarium.

La surveiller et pourquoi pas y participer ?

Notre combat de dix ans ne nous en donnerait-il pas le droit ?

 

                                                                                  Comité de direction du CPDAC.

                                                                                   Arcachon, le 20 octobre 2019.

Vous pouvez lire l’article de Bruno Béziat dans Sud Ouest du 21 octobre 2019 avec les réactions des uns et des autres en cliquant ici.

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Dans notre combat pour la préservation du Musée-Aquarium d’Arcachon nous sommes tout à coup confrontés à une nouvelle donne après l’abandon des projets d’hôtel 5 étoiles et de Pôle Océanographique Aquitain qui auraient entraîné sa destruction.

 

Il nous faut donc amender notre stratégie pour prendre en compte cette situation inédite.
De plus, nous sommes présentement en période pré-électorale, à moins de six mois des élections municipales, époque traditionnelle de tous les possibles.
Au Collectif Populaire de Défense des Aquaria Convoités, nous avons tout de suite réfléchi aux lendemains qui nous attendent dans l’espoir de les voir chanter.
Nous exposons ci-dessous nos idées dans le fol espoir qu’elles pourraient être reprises par plusieurs des listes de candidats susceptibles d’entrer en compétition.
 
1) Au sujet du Musée-Aquarium lui-même.
 

La première chose qu’il conviendrait de faire serait de le faire protéger au titre des Monuments Historiques, seule solution pour en assurer définitivement la pérennité.

Il serait donc bon que la Mairie, l’Université de Bordeaux et la Société Scientifique unissent leurs efforts pour obtenir ce classement même si cette démarche oblige quelques-uns à manger leur chapeau.
Auxquels pourraient se joindre l’ASSA (l’Association de Sauvegarde du Site d’Arcachon) et même la SHAA, (la Société Historique et Archéologique d’Arcachon et du Pays de Buch) qui ne peuvent pas rester insensibles au devenir du patrimoine culturel de notre ville.
A quel titre ce classement ?
Depuis que notre collectif se bat pour le défendre, c’est-à-dire depuis dix ans maintenant, après toutes les études qu’il a conduites à son sujet, cet aquarium a été reconnu par beaucoup, et même par exemple par son propriétaire et exploitant, comme le plus ancien de France.
C’est une erreur.
Ce n’est pas le plus vieux de France, c’est le plus vieux du monde.
Celui qui revendique officiellement ce statut c’est celui de Brighton en Angleterre :

Brighton Aquarium is the oldest aquarium still operating in the world.


À tort.

L’aquarium de Brighton a ouvert ses portes au public le 10 août 1872, celui d’Arcachon le 14 juillet 1867.
 
Ensuite, il faut régler le problème de la propriété de cet aquarium.
Une grande partie des locaux sis sur la parcelle Peyneau appartiennent à la Société Scientifique pour les avoir fait édifier à l’aide de ses propres moyens.
Par contre, elle n’est pas propriétaire du terrain sur lequel ils ont été construits.
D’où le sérieux contentieux né entre la Société Scientifique d’Arcachon et l’Université de Bordeaux.
L’ancien maire d’Arcachon, le regretté docteur Robert Fleury avait accédé à la présidence de cette Société Scientifique en 2004.

Le procès-verbal du conseil d’administration du 26 avril 2004 précisait :
 « Le vice-Président Robert Fleury, à la demande de plusieurs membres du Conseil d’Administration, accepte de se présenter à la présidence.
Dans le cas de son élection, il précise que sa présidence sera limitée dans le temps au commencement des travaux du pôle océanographique s’ils ont lieu sur le site actuel.

Dans le cas contraire, il s’opposerait à toute expropriation, démantèlement ou même délocalisation de la Société Scientifique, par tous les moyens légaux.

Il demande l’appui des membres du Conseil d’Administration. »
Le conseil d’administration avait accepté ces conditions à l’unanimité moins une abstention.

C’était l’époque où ce conseil d’administration comptait parmi ses membres deux arcachonnais.

Deux anciens maires : Messieurs Robert Fleury et Pierre Lataillade.

Qui veillaient à ce que ce conseil défende essentiellement les intérêts de la Société Scientifique.
Le docteur Fleury est décédé, Pierre Lataillade est tombé malade et les universitaires se sont empressés de noyauter ce conseil d’administration en éliminant un à un les opposants.
Et ce conseil d’administration défend aujourd’hui les seuls intérêts de l’Université de Bordeaux au détriment de cette pauvre Société Scientifique.
On en est arrivé à ce malheureux projet de Pôle Océanographique Aquitain construit sur le domaine public maritime s’appuyant sur plein de dérogations aussi improbables les unes que les autres.
Au Collectif Populaire de Défense des Aquaria Convoités nous avons comparé ce projet à celui de Notre-Dame-des Landes.
Et comme celui-ci, le Notre-Dame-des-Landes arcachonnais s’est lamentablement vautré dans un vilain caca.
Entraînant un tas de gaspillages pour lesquels bien sûr, personne ne sera jamais sanctionné.
Maintenant il faut regarder devant.
Il faut tourner la page et faire à la fois la paix des braves et la part du feu.
Quelle est la meilleure solution ?
Il faut régler une fois pour toutes ce problème de propriété.
Définir ce qui est à la Société Scientifique et ce qui est à l’Université de Bordeaux.
Une transaction équitable serait que la Société Scientifique abandonne tous ses droits de propriété sur les locaux dont elle a financé par le passé la construction.
A l’exception du seul Musée-Aquarium construit en bois en 1866.

Pour lequel la propriété serait partagée en deux avec l’Université.
A l’Université, la nue-propriété, à la Société Scientifique, l’usufruit.
Et cela faisant l’objet d’un acte notarié établi en bonne et due forme.
En droit français, les grosses réparations sont à la charge du nu-propriétaire ce qui soulagera la Société Scientifique.
Cette solution aura l’insigne avantage d’assurer la pérennité de cette société savante.
 
La pérennité du Musée-Aquarium sera ainsi assurée par sa protection au titre de monument historique, celle de la Société Scientifique par l’usufruit qu’elle aura du précédent.
 
La Société Scientifique pourra alors envisager un avenir à la fois plus serein et plus ambitieux.

Son Musée-Aquarium restauré pourra espérer recevoir au moins 100 000 visiteurs par an, contre 10 000 actuellement.
Et cent mille visiteurs par an, elle l’a déjà connu par le passé.
 
2) au sujet de la Maison Universelle qui lui fait face de l’autre côté du boulevard de la Plage.
 

Cette maison était il n’y a pas si longtemps encore la propriété de la ville.

La tambouille invraisemblable qui a entouré le projet de nouveau POA a fait que la ville a perdu cette propriété.

Quand on fait une grosse ânerie, la perte pour la ville ne doit pas être loin d’atteindre 3,5 millions d’€uros, on passe à la caisse.
Une solution consisterait dès lors à la préempter.
Depuis le temps que les adjoints aux finances successifs nous rabâchent que les finances de la ville sont particulièrement saines, ce ne devrait être qu’une simple formalité.
Une fois achetée, il faudra lui trouver une utilité.
Quelque chose en lien, soit avec le Musée-Aquarium, soit avec l’Université de Bordeaux.
Pourquoi pas une maison des étudiants ?
Comme cela avait déjà été imaginé.
Si cette préemption s’avérait impossible, il faudra absolument que la ville s’oppose à sa démolition.
C’est à l’évidence un élément remarquable du bâti (ERB).

Qu’il faut absolument conserver.
Si l’on considère notre première préconisation réalisée, le Musée-Aquarium devenu monument historique, la Maison Universelle se retrouve alors située dans le périmètre de protection d’un monument historique.

Où l’on ne peut plus faire tout ce que l’on veut.

Il serait bon que les propriétaires actuels, qui ont touché ou qui vont toucher un fort dédommagement financier de la part de la ville compte tenu de l’état déplorable dans lequel cette maison leur a été rendue, utilisent celui-ci pour la rénovation de leur bien.
 
La préservation et la restauration de cette maison à l’aspect remarquable, ne pourra que mettre en valeur le Musée-Aquarium rénové de neuf situé juste en face.
 
3) au sujet du site du Petit Port.

Le Collectif Populaire de Défense des Aquaria Convoités n’a pas vocation à s’intéresser au Petit Port, loin des préoccupations pour lesquelles il s’est rassemblé.
Mais il a soutenu le combat contre les différents permis de construire du POA, lequel POA, par sa taille  et par son caractère tellement inesthétique, aurait massacré à coup sûr l’endroit.
Alors que si on complétait en direction de la mer la couverture du parking semi-enterré, on pourrait ainsi créer une superbe esplanade donnant sur le port.

Laquelle pourrait être utilement bordée de commerces rendant l’endroit particulièrement sympathique.

 

4) au sujet d’un projet d’hôtel 5 étoiles.

Si un projet d’envergure d’un hôtel 5 étoiles redevenait d’actualité, sa meilleure localisation resterait, comme nous l’avons déjà préconisé par le passé, sur l’emplacement de l’ancien Casino Mauresque.